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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 12:59
 (12ème sec)

 

La rue, la pluie, la nuit,

Des images dans la tête,

Dans le corps des frissons,

Là-haut, des étoiles.

 

Elle marche, silhouette,

Élégante découplée,

Ici, et ailleurs,

Là-bas plus encore.

 

Sur sa peau un parfum,

Sur ses lèvres un baiser,

Traces légères,

Souvenirs d’autre part.

 

Elle va, au hasard,

Chemine, solitaire,

Lumière des rues,

Compagne de l’ombre.

 

Les vitrines éclairées,

L’écho de son pas,

En le désert du soir,

Sous la pluie, dans le froid.

 

Elle va, au devant,

Elle rentre, chez elle,

L’âme brûlante,

Braise de sa chair.

 

Tout est encore là,

Sous le vent,

En elle, si fort,

Dans son ventre.

 

Soliloque d’un cœur,

Regards et odeurs,

Sensuelle nocturne,

Hors sa honte et sa peur.

 

Putain sublime devenue,

Sans pudeur, ni vergogne,

D’un instant dérobé,

Au commun, et aux heures.

 

Sur ses lèvres la senteur,

Du plaisir, de l’outrance,

En ses cuisses l’humeur,

De désir et d’offrande.

 

Elle valse dans sa tête

Sous la bruine,

Cœur qui bat

Ballerine d'ailleurs.

 

Caresses volées,

Chapardées à la vie,

Uniques partagées,

Violentes et douces.

 

Offerte, sans retenue,

De morsures et de souffles,

Par les pleurs et les cris,

Les regards et les mots.

 

Toute à lui, pleine,

Ouverte mouillée,

Impudique folle,

Femme abandonnée.

 

Elle va, rentre chez elle,

Emplie de son amant,

D'une semence belle,

Liqueur d’un instant.

 

La rue, la pluie, la nuit,

Des mirages qui entêtent,

Dans le corps l’horizon,

Et là-bas, des étoiles.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:19
 
 Tu marches dans la ville,

Devant moi,

Silhouette nocturne

D’une rue piétonne.

 

Pavés luisants,

D’un hiver humide,

Parmi les vitrines,

Entre les chalands.

 

Tu marches, devant,

Parfois te retournes,

Les yeux souriants

La tête penchée.

 

Libre déliée,

Tu tournes dans la ville,

Ivre de tout,

Silhouette qui danse.

 

En ton ventre les instants,

Dans la rue les lumières,

Tu marches, tu glisses,

Devant, légère.

 

L’ombre du crépuscule,

Le soleil des candélabres,

Les néons argentés,

Tu t’arrêtes, puis te retournes.

 

La rue bouge des autres,

Et toi, là, tu me souris,

Au beau milieu d’elle

Si longue achalandée.

 

Tu marches dans la rue,

Et je te contemple,

Alentour des ombres

Qui vont et se bousculent.

 

Comme une enfant,

Insouciante libre,

Agile légère,

Tu danses dans la ville.

 

Quelques mètres devant,

Heureuse emportée,

Parmi tous les gens,

Tu avances différente.

 

Je te regarde vivre,

Sourire et bouger,

M’enivrant doucement,

Te laissant t’éloigner.

 

Tu marches devant moi,

Et parfois te retournes,

Désinvolte et légère,

Souriante et si belle.

 

En toi les amours volées,

Les instants d’autre part,

Dans une rue endeuillée,

Par la nuit quelque part.

 

Ballerine du désir,

Scène de la rue,

En toi les souvenirs,

Dans tes yeux entrevus.

 

Entonnoir de lumière,

Agitation des autres,

En la foule labyrinthe,

Tu frayes ton chemin.

 

Sous le manteau du soir,

En son tissu de froid,

Tu marches dans la ville,

Et je te regarde derrière.

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 12:16

 

 (Attendez démarrage de la musique 10sec)

 

 

Il y avait des gens, du vent,

Et la marée qui s’en venait,

Des mouettes dans l’évent,

Que les rafales nous amenaient.

 

Il y avait l’azur et les falaises,

Des bateaux flous, au loin sur l’onde,

Le sable mou comme une glaise,

Fluente et molle silice blonde.

 

Il y avait ce cap lointain,

Nos pas qui s’inscrivaient,

Comme écrivant notre destin

Sur cette plage, à son chevet.

 

Il y avait les autres, ces gens,

Et malgré eux nous étions seuls,

Unis sous ce ciel obligeant

En le drapé de son linceul.

 

Il y avait la vie, tes lèvres,

Ton corps et le mien enlacés,

Ce belvédère et notre fièvre

Par la brise froide caressés.

 

Il n’y avait que nos regards,

Nos yeux brillants qui s’embrassaient,

Indifférents et sans égards,

De cette foule débarrassée.

 

Il y avait la mer et les vagues,

Leurs crêtes grises nimbées d’écume,

Et comme une invisible bague,

Nouvelle alliance en cette brume.

 

Il y avait nos cœurs et nos âmes,

Tel un ensemble ne faisant qu’un,

Une pulsation dedans ce calme,

Dessous ce ciel en baldaquin.

 

Il y avait ta main, dans la mienne,

Ton ombre, posée sur le sable,

Sur cette plage bohémienne,

Ombre chinoise inoubliable.

 

Il y avait toi, il y avait nous,

Ces gens, et bien d’autres encore,

Et pourtant il n’était que nous,

Toi et moi, seuls, unique corps.

19/04/2011

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 21:17

 

Raccourci d'un jour accueillant la nuit,
Obombrant en sa suite les reliefs austères,
Obscur satin par son voile de l'ennui,
Qui lent, le soir, s'appose et recouvre les terres.

Quand le jour lassé semble un crépuscule,
Et que se meurent silencieuses les vacances,
Quand les plages sont vides, majuscules,
Les soirées s'accourcissent, en leurs molles attenances.

La caresse de l'ombre se prolonge,
S'étend, fraîche, bien au-delà de nos horizons,
Jours d'été qui dans la nuit se forlongent,
Silhouettes de souvenirs et de pamoisons.

C'est une houle, une vague intérieure,
Comme une marée qui au-dedans se retire,
Sous le chant moqueur de l'oiseau rieur,
Qui en nos âmes sombres son envol étire.

Les pensées dans nos hier se perdent,
S'égarent, et se traînent en les instants nostalgiques,
Comme en les trembles se nichent les saperdes,
Où chagrinées les larves attendent léthargiques.

Vient le temps des nouvelles cicatrices,
Que le fil des jours, bien, ne saura repriser,
Blessures sensibles des âmes novices,
Par l'immédiat des nouveaux instants méprisées.

C'est dans la gorge que les larmes s'écoulent,
Quand dans le ventre, terrible, un étau se resserre,
Et bercé douloureusement par la houle,
Notre esprit, tristement, le passé met en terre.

Si lointaine s'estompe l'aube estivale,
Quand la nuit mate, complète, s'accouve sur les plaines,
Étouffant là, du jour le festival,
Sa musique, ses notes, ses fredons et ses rengaines.

Juillet s'en est allé, août à sa suite,
Bientôt, se poseront les pourpres, puis les ors,
A l'automne, sur les frondaisons en fuite,
En la pénombre froide des timides aurores.
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:08

P1020256Ce vide si grand, profond,
Si plein de ton absence,
De lui-même infécond,
Fécondant d’impuissance.

Grenier des souvenirs,
Reposoir des hier,
Des chagrins à venir
Des attentes meurtrières.

Sa rivière souterraine,
De murmures de sanglots,
Au-dedans qui se traîne,
Dans le plein de son flot.

Les paroles du passé,
Les images de jadis,
Maintenant ressassées,
Lassé salmigondis.

Une errance éternelle,
En soi même réfuté,
Volatile sans ses ailes
Goéland amputé.

La douceur, les fragrances,
Des parfums l’advenue,
D’une subite flagrance,
Te voici revenue.

La brume et l’horizon,
Le vent, le sable, les vagues,
Sur la plage, hors saison,
Nos âmes qui divaguent.

La côte, déserte, hyaline,
De falaises déchirées,
Ensablée et saline,
Longuement étirée.

Éclats de coquillages,
La marée qui descend,
Laissant en son sillage,
Ce rivage renaissant.

De la terre vient la brise,
Tes cheveux dans ce vent,
Comme l’écume sous l’emprise
Des rafales l’élevant.

Au lointain les navires,
Embrumées silhouettes,
Sous les cieux où chavire,
L’équilibre des mouettes.

La muraille des falaises,
Belvédère de calcaire,
S’aboutant en alaises,
Où s’achèvent les terres.

Tes empreintes sur le sable,
Par les vagues effacées,
Revenantes inlassables,
Sans jamais se lasser.

Je me souviens de nous,
Du vent, du cap blanc nez,
De ce beau rendez-vous,
Dans tes yeux cérulés.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:59

Grand vide des rues inertes,

Dans le jour qui ne sait pas,

Et dans la ville déserte,

Ne résonne plus aucun pas.

 

Ombres des grandes tours

Au soleil couchant,

Et rien d’autre alentour,

Que ces noirs penchants.

 

Fuite molle d’un papier oublié

Prisonnier d’une impasse,

Coule le fleuve sous le tablier

Du vieux pont qui l’embrasse.

 

Insanes virgules de couleurs,

Graffitis ternes délavés,

Murs aux lamentations des douleurs,

Colères fauves enclavées.

 

Un horizon lointain qui rougeoie,

Sur le gris de la toile,

Quand sur la ville morte poudroie,

Une nuit sans étoiles.

 

Il n’est que voitures sans vie,

Dans les rues anonymes,

En simples signes de survie,

Sans aucun patronyme.

 

Par les nues le ciel est mouvement,

Et la cité, elle, est immobile,

Pétrifiée en son élèvement,

Sous cette mate voûte mobile.

 

Les odeurs solitaires se traînent

Dans le vent tiède des quartiers,

Etale courant qui les entraîne

Par vagues d’effluves entiers.

 

Il n’est plus vie, il n’est plus êtres

Dans la ville obscure endeuillée,

Rien plus n’est certain, ni peut être

En l’étrange de cette veillée.

 

Grand vide des âmes en peine,

Dans un jour qui ne se fait pas,

Où sur le devant de la scène,

Ne résonne plus notre pas.

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 22:36

Des vaches placides, noires et blanches, museau rose, qui paissent et ruminent dans une pâture ;

Un couvreur, en équilibre sur un toit, alignant des tuiles rouges ;

Une lèvre supérieure de femme dont le maquillage masque mal les rides ;

Un type, avec une chasuble fluorescente, qui court au petit matin, du mauvais côté de la route ;

Un merle qui remue frénétiquement l’humus cherchant de la vermine ;

Une route qui tourne, à l'aube, ou dans la nuit, et se perd dans la brume, ailleurs, autrement alignée ;

Un ciel gris, griffé par des ramures dénudées ;

Un Caddie rouillé, oublié dans un taillis, en bordure d’une cité ;

Un vol d’oies sauvages, là-haut, qui passe et cancane ;

Des éboueurs au crépuscule, en banlieue, qui finissent leur tournée ;

Des poubelles éparses, en quinconce sur un trottoir, dans la lueur des réverbères ;

Un cheval qui marche, s’approche de la clôture, dodelinant de la tête ;

Une jeune femme qui se retourne et puis sourit ;

Un pot d’échappement qui vibre et qui goutte, à l’arrêt d’un sémaphore ;

Un tas de fumier en hiver exhalant sa brume tiède,

De l’eau dans un caniveau qui contourne une canette et déborde sur la chaussée ;

Un tracteur qui laboure une terre meuble, et fait tourner sa charrue à six socs pour repartir dans l’autre sens ;

Un faucon crécerelle qui scrute, figé en l’air par l’agitation effrénée de ses ailes ;

Des gens quelconques attendant le bus ; assis, debouts, appuyés contre l'abri, sur les publicités;

Un serveur qui prend une commande en terrasse ;

Une vitrine éclairée la nuit et que personne ne regarde ;

Un gros type qui se cure le nez en attendant que le feu passe au vert ;

Des jeunes qui se parlent tout en scrutant leur téléphone portable ;

Une demoiselle, l’air ailleurs, assise dans un train, un casque sur les oreilles, écoutant de la musique ; qui grésille pour les autres.

Une file à la caisse d’un super marché, une file de gens absorbés par leurs pensées ;

Un gosse qui pleure, qui braille, qui occupe l’instant des autres ;

Une crotte de chien, molle, sur un trottoir, sale ;

Un gars accoudé à un comptoir sirotant sa bière, le gars, pas le comptoir ;

Une vieille femme trop maquillée, appesantie de bijoux et de caricature ;

Un lapin mort sur le bord d’un chemin, sec et décomposé, le lapin ;

Un pneu usé sur l’extérieur à force de toujours prendre des rond point ;

Une haie de troènes mitée et mal coupée, qui fait des vagues en son sommet et laisse passer les regards;
Un capot ouvert, un moteur chaud, qui sent l’huile minérale ;

De la mousse sur un toit ;

Des emballages usagés, décolorés, et du polystyrène, dans le fossé d’une route de campagne ;

Une mégère qui passe son tour dans une file d’attente comme si de rien n’était ;

Un adolescent qui crache par terre, après s’être raclé la gorge de tout son mieux ;

Une main qui caresse des lèvres vives sous la douche, et la buée qui se dépose sur la porte vitrée ;

Des gouttes d'eau sur les carrelages du mur, qui coulent doucement et s'étirent;
Des bouches qui mastiquent, des traces de lèvres sur un verre, des miettes sur la nappe, un couteau sale ;

Une chasse d’eau que l’on tire, un tourbillon de papier rose…ou blanc ;

Un autoradio qui beugle et fait vibrer les vitres et se taire les passants ;

Une gouttière déboîtée, en zinc corrodé, déformée par les chocs, en partie descellée du mur ;

Une télécommande sur une table basse, et la télé qui est allumée pour personne ;

Un cachet d’aspirine effervescent, qui pétille comme du champagne, dans un verre en pyrex;

Une feuille morte qui s’accroche encore à sa branche, sous le vent de l’hiver ;

Un homme et une femme qui s’embrassent dans une voiture, au bord d’un chemin gras, non loin d’une autoroute ;

Un agriculteur, les mains dans les poches, devant sa ferme ;

Son chien qui aboie, dès que l’on passe devant cette ferme ;

Un panneau indiquant l’entrée d’une ville,

Un panneau indiquant la sortie d’une ville ;

Ente les deux, une ville ;

Une grue, immense, qui bouge dans le ciel qui bouge lui aussi ; ou pas.

Moi, qui vois tout cela ;

Des gens qui ont faim ;

Des gens qui ont froid ;

Des gens qui s’ennuient ;

Des gens qui bougent, qui dansent, qui pleurent, qui souffrent, qui ont peur ;

La terre qui tourne ;

La lune qui tourne aussi ; sur elle-même et autour de la terre.

Des têtes qui tournent et s’enivrent ;

Des têtes qui se détournent, des gens qui se retournent et s'en retournent;
Des gens qui meurent, d’autres qui naissent, certains qui renaissent ;


Moi qui procède et participe de tout cela, totalement, ou en partie… qui sait ?

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 22:04

Un jour ma fille tu auras vingt ans, car le temps, aux jours, aura ajouté des ans. Tu seras femme, petite femme devenue grande. Toi sang de mon sang, tu partiras, avec des peurs et des sourires, avide de demain et inquiète de ce qui s’y trouve, et moi, dans ma chamade envieillie, pour ton bonheur, je devrai cacher mes larmes.

Un jour ma fille, tu ne seras plus une enfant, et ma mémoire te cherchera tout au fond de moi. Dans les souvenirs, c’est moi que je trouverai surtout, et cet inexorable défilé de nous, ce sablier de la vie. Grains, grain après grain, qui s’écoulent, et jamais ne s’agglomèrent, qui s’en vont, emportant chacun, un peu de ce que nous étions.

Un jour tu seras maman, femme pleine de vie et d’allant, dans la plénitude des aujourd’hui souriants… tu viendras me voir forte, belle, rassurante, mais inquiète, en toi, de ma vieillesse, de mes rides chaque jour plus évidentes. Tu ne diras rien et me gourmanderas de ma tristesse. Les saisons passeront, dans la succession des faits et des jours.

Un jour ma fille tu seras vieille, et moi ne serai plus, c’est en toi que tu feras vivre et revivre un peu de ton père, tandis que tes enfants déjà n’en seront plus. En ton âme solitaire alors coulera aussi la même rivière, celle qui emporte des âmes les brindilles…là-bas, là-bas.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 21:36

La lumière se dérobe,

Disparaît sous les nues,

A ses pieds gît sa robe,

Et paraît sa chair nue.

 

En la messe du matin

Heure officiante de l’aube,

Les murmures en latin

Le chant d’un chœur en aube

 

Son parfum, son encens

Dans la pénombre du cloître,

Ce vitrail indécent,

Son magnifique théâtre.

 

Cathédrale de lumière

Au lever du soleil,

Les nénies, les prières

De l’instant qui s’éveille.

 

La liturgie du jour,

Sa silhouette belle,

Ses formes et ses contours,

Image qui se révèle.

 

Gisant de marbre blanc,

Sa couronne et ses plaies,

Sa peau, son corps troublant,

Et ses cheveux défaits.

 

La nef et ses colonnes,

Le transept et sa croisée,

Les rayons qui jalonnent,

Ses jambes blanches, décroisées.

 

D’au travers les meneaux,

Des pinceaux de lumière

Qui traversent les vitraux,

Enlumineuse verrière.

 

Un lent regard qui monte,

Qui s’arrête sur sa chaire,

Sans pudeur et sans honte,

En la fraîcheur de l’air.

 

Un bénitier de pierre,

A l’entrée de ce temple,

Empli d’une eau si claire,

En son bassin si ample.

 

Son autel, son chevet,

Sa gloire et son retable,

Le dessein achevé,

D’un désir redoutable.

 

Sa crypte au plus secret,

Sous l’abside et son chœur,

Nichée en le sacré,

En le sacré d’un cœur.

 

Ouverture meurtrière

D’où s’en vient la clarté,

Par le haut et l’arrière,

Lumineux aparté.

 

Si bellement dévoilée,

Aux matines solennelles,

Sous la nef étoilée,

La cariatide charnelle.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 21:31
Là, je le sens qui bat,
Qui cogne et se contracte,
Tambour d’un lourd combat,
Pulsions d’un dernier acte.

De ce mal qui l’enserre,
Ma poitrine est son chœur,
Douleur que mon sein serre,
Sain serrement de mon cœur.

Il se gonfle, puis expulse,
Résonne en mon poitrail,
Fou métronome qui pulse,
L’amour en mes entrailles.

D’un fort garrot qu’elle tresse,
D’une constriction puissante,
L’angine intime le presse,
S’empressant, oppressante.

De ce mal qui s’insère,
De propos et rancoeurs,
Doux leurre de mots sincères,
Sincèrement de mon cœur.

Là, j’ai le sang qui tape,
De son pouls peu amène,
En ma gorge fait étape,
En mes tempes se démène.

Mal de toi, de douleur,
A laquelle je me livre,
D’un serment de mon cœur,
Que son chœur te délivre.

Courir, plus vite, longtemps,
Dans une folle âpreté,
Qu’il s’affole, haletant,
À le faire s’arrêter.

Dans son sang, dans sa chair,
Asphyxié, déchiré,
Par l’ultime surenchère,
D’un désir expiré.

Garrotté par un lierre,
Ce serpent de mon cœur,
Vigne vierge geôlière,
Aux sarments constricteurs.

Elle est là qui le serre,
Si prégnante, si aigue,
Qui l’étouffe qui l’enserre,
Dévorante, exiguë.

Torturé, plein de sang,
De battements violents,
L’arythmie l’enlaçant,
L’enlacement l’étiolant.

De saccades en chamades,
Langoureux, lacéré,
Capricieux et nomade,
Amoureux, enserré.

Là, je le sais qui bat,
Rencogné, douloureux,
Prisonnier d’un débat,
D’un étau vigoureux.
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