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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 12:24

 

Un jour j'ai écouté ce morceau et me suis mis à écrire au rythme de la musique sans trop savoir où j'allais, je vous propose d'essayer cela...lisez en écoutant la musique, pas simple mais essayez...à partir 1min03.. moi je dansais sur mon fauteuil en écrivant... Cherchez votre rythme de lecture, faites des pauses si vous le sentez... savourez, sentez la montée de la musique avant l'instant de la lecture.. s'en venir la transition, l'explosion...dansez, en vous, dansez...bon voyage!

 

Ca bondit en moi et mes doigts se mettent à courir sur le clavier et ils tapent !!! Ils tapent cette émotion pleine d’images de souvenirs et c’est un feu qui court en moi ! L’incendie des peurs et des émois enflammés !

Et je tape, je tape sur les touches mais intérieurement c’est mon cœur qui cogne une chamade folle sur cette musique trépidante !

Des chemins des mots et des caresses, des regards, et mes doigts écrivent cela sur le refrain fou qui s’ébranle en moi et que rien ne peut retenir !

Mes doigts tapent, comme une course folle comme un élan d’enfance, un retour de ces instants qui ont fait vibrer l’âme et les viscères, qui ont emballé le cœur à le rendre fou et fait vomir le désir intérieur !!!

Mes doigts tapent et je ne peux regarder l’écran car ils dansent, ils dansent sur les touches sautant de l’une à l’autre et au-dedans ça tourne et tourne ! Oui j’ai envie de crier de hurler de pleurer et de danser !

Tapent mes doigts sur cette musique que je remets sans cesse, ballant en moi dans la lumière des larmes qui brillent, dans les sons qui font écho sur ma viande et vibrer à n’en plus finir ! Chante Salif et fait gémir mon âme, qu’elle se vide et s’étale sur le sol de ma désespérance pour s’endormir épuisée mais soulagée, qu’elle se meurt avec au fond un sourire merveilleux sur des images souvenirs !

Mon corps oscille et mes doigts s’affolent, ma tête dodeline et ma chair frissonne, que tape ma folie sur des notes d’ailleurs et que la saccade des touches écrive cette émotion venue d’au-delà de mes pensées ! Ô folie cachée ! Virevolte et embrase la pièce intime où la nuit est éternelle, que le feu allume la lueur tremblante des émotions recluses et enfin donne un ciel au lendemain ! Chante petit homme noir, chante ! Hurle et danse ma folie, libère en moi, de moi, cette peur incertaine, cette étreinte puissante qui empêche mon âme de s’étirer et de glisser dans les recoins d’un bonheur interdit ! C’est le fredonnement des tam tam, l’enveloppe et le souffle des paroles, c’est le crépuscule du sud qui s’en vient dans une complainte, celui de la souffrance du monde qui se dit sans se faire comprendre, et mes doigts continuent leur danse frénétique alignant les mots comme des pas ! Ils avancent dans un frisson ancien, inscrit depuis toujours dans cette mémoire des nôtres, qui s’en revient lorsque la peur ancestrale se réveille et dicte sa loi aux gènes !

Je crie ! Je hurle au-dedans ! Et mes yeux disent cette douleur, ils brillent et laissent verser les larmes de l’incompréhension, mes muscles se tendent et veulent broyer l’invisible, mais seuls mes doigts le peuvent alors ils tapent comme des aliénés sans entraves, dans leur délire  qui explose et ondule sur la musique qui jaillit puis s’écoule !

Mes lèvres reprennent ces mots inconnus mais elles les hurlent, déchirant le silence d’un aujourd’hui tranquille ! En boucle la musique comme un ivresse sempiternelle, en gorgée d’émotions, note après note, et mes doigts tapent, oui ils tapent à une vitesse folle, comme des marcheurs en pénitence, comme les processionnaires d’une course votive pour un demain d’apocalypse ! Ils tapent les doigts et suivent le chœur. Je mords dans le vide la violence des miens, des ceux qui me ressemblent, des ces images de moi dans les autres réfléchies ! Je dilacère ce que je suis parce que ce que je suis autrui me le décrit par ce qu’il est ! Me donnant envie de tout expulser d’un jet acide et violent à la face du monde !

Chante homme noir, chante ce que je crois être la misère des tiens comme elle est aussi la mienne car au-delà des mots, des couleurs et des coups notre souffrance est la même depuis qu’un jour la raison s’est égarée dans la chair !

 

Je regarde mes doigts qui courent, je regarde le temps qui les suit, la fuite est éperdue et les sons l’accompagnent, que chantent les douleurs et les plaintes lointaines, nul ne viendra car le mal est au-dedans et la porte est close ! Oui dansez cicatrices et blessures, c’est la sarabande de la peur et de sa chienne compagne l’incertitude douloureuse! Qui ? Qui osera croire que la musique est belle et que la danse un appel ? C’est la cérémonie païenne des démons intérieurs qui violent et se baffrent dans une mascarade sublime et envoûtante ! Qui osera dire un jour stop ? Alors continuons le bal et que courent les doigts, sur ces touches mécaniques, qu’ils sonnent la fin d’un morceau et ensuite s’en aillent de nouveau frapper caresser et meurtrir ! C’est la musique des mots et celle des autres, des maux, ceux de l’âme et aussi des esprits d’avant. C’est la course sur cette portée infinie d’un temps des hommes : blanche, noire, croche, silence et pause, rythme et pulsation, cris et lamento, scansion et allitération des sons et des paroles ! Chante petit homme mes doigts te suivent et tapent, ils tapent ta musique et ta voix pour dire qu’au-dedans résonne une peine qui envoûte et entraîne au loin, dans ce marécage caché, l’âme qui se pleure !

C’est le voyage intérieur sur ce chemin musical, la cascade infinie qui emporte tout ! Souvenirs et images, passé et présent dans un flot incroyable et de remous terrifiants. Plus rien ne peut arrêter la marche des doigts sur le clavier, ils avancent soldats d’une histoire à écrire, plutôt à répéter, ils dansent et trébuchent se relèvent et de nouveau gesticulent ! La bataille des mots, le combat des phrases, le sang du sens va jaillir et empourprer les idées ! Fluante hémorragie, poisseuse espérance, la vie danse à la cérémonie de l’horreur, l’homme a écrit le présent à l’encre de sa nausée parce que son histoire se répète bien que change le papier !

Tapent les doigts, l’histoire ne fait que de se réécrire ; alors chante petit homme blanc d’ébène, accompagne la fuite du temps et que ces phalanges musiciennes et danseuses suivent ton chant dans l’écriture infinie de la torture des hommes.

 

 

 

 
 
 
 

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 12:01
 (lire vers 23ème sec)

 

 

 

 

Entends-tu dans la brousse le chant ?

Ce murmure qui s’envient,

Entre les arbres, à travers champs,

Comme un étrange refrain.

 

Il coule des mille collines,

Tout doucement, jour après jour,

Ondes ivres et sanguines,

Sous un soleil sans abat-jour.

 

A la complainte se mêlent des cris,

Dans la mesure des coups,

Musique d’un registre non écrit,

 Qui se livre par après coup.

 

L’orchestre des machettes s’emballe,

Dans un crescendo de folie,

Fortissimo, cinglent les cymbales,

Quand le chœur chante l’hallali.

 

Les notes de haine entrent en les chairs,

Et des collines s’écoule le sang,

Sève des hommes qui abreuve la terre,

Et la soif des frères tout puissants.

 

Le vent chaud lèche les plaies,

L’on danse sur la terre sèche,

Sur la fréquence se complait,

L’appel que nul n’empêche.

 

Hutus, tutsis, casse-tête,

Découpe sous les côtes.

Tutsis, Hutus, machette,

Taille, taille la chicotte.

 

Entends-tu dans la brousse le silence, 

De ce grand vide des autres ?

Vacuité d’une si grande absence,

Où ceux qui restent se vautrent.

 

De sang et d’ébène la couleur,

Sous le soleil noir des ethnies,

Chante le vent, hurlent les douleurs,

Dans le silence des non-dits.

 

Le grand fleuve de rouge abreuvé,

S’assèche sous le vent,

Dans la chair de ceux éprouvés,

Frissonnent les tourments.

 

Entends-tu dans la brousse le cri ?

Ce fol lamento qui résonne,

Au dedans les âmes s’écrit,

Le scénario qui déraisonne.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 11:38

Chaque jour j’entends leur bruit de sape, les pics qui cognent au plus profond de mon âme et malgré tout je laisse faire, et elles creusent plus avant ce trou de la douleur, excavant le tréfonds, cette intime profondeur de l’être. Un jour tout s’écroulera sous leurs à-coups, goulet, goulot, galeries et fosses, tout s’affaissera dans un énième coup de poussière, mauvais grisou des regrets fermentés.
Il n’y a jamais eu de houille, aucun charbon dans ce sous sol charnel, dans cette âme de sédiments, aucune veine qui vaille que les questions ne s’escriment à fouiller ainsi ! Et pourtant depuis des années elles cognent, et cognent, charriant les berlines du matin au soir, me vidant l’esprit, la viande et l’espoir, amoncelant leurs sinistres terrils dans mon paysage intérieur.
J’en ai vu passer des galibots, des porions et des herscheurs, chaque nuit, chaque instant de doute, chaque moment de silence, dans un défilé d’industrie, de gueules noires, sous l’ombre des chevalements intimes. Je les connais ces paysages sombres, sous des cieux obscurs, ces longues files d’attente dans la nuit de l’insomnie, aux portes des ascenseurs de la pensée, cages qui tombent dans les vertiges angoissés d’un sommeil impossible.
Guenilles, sabots, toile de jute et peaux grasses d’une poussière amalgamée de sueur, elles défilent, noria des pourquoi, dans les entrelacs de mes songes, allant courbées dans les couloirs des éveils prolongés, abattant sans cesse l’anthracite. Elles me vident, peu à peu, lentement de ce que je suis, remontant à la surface les fossiles de ma vie, pour les trier sans scrupules devant mes yeux ébahis. Aucun étai, aucun boisage, la meute creuse et va de l’avant, oubliant son briquet, pour dévorer l’ouvrage, et rendre exsangue la veine.
Dans le sous sol des nuits, là où le soleil n’arrive à se glisser, les questions, armées de barres à mine, à la lueur des lampes à huile, abattent les parois de la raison, éboulant la roche tendre d’un sédiment fragile. Elles charrient leur ouvrage sans jamais devoir se fatiguer, entassant la houille et les débris mélangés, creusant la veine sans souci d’ébouler. Elles ahanent leur rythme et font vibrer ma viande, ma chair, mon esprit, dans un frisson insigne, tremblement de tête, mine après mine, dans la poussière des explosions secrètes.
A peine sont elles remontées, après avoir pataugé au retour dans l’humeur des infiltrations malsaines, elles s’écartent pour laisser passer la relève, l’équipe de jour qui déjà interpelle. C’est un ballet incessant de haveurs, un grignotement continuel des versants de mon âme, de sa voûte, de ce que je suis et dont je doute. Elles ne laisseront rien, je le sais, tant qu’il y aura une trace, un morceau, une once de poussière, les questions s’en reviendront pour l’extraire, et peu importe si un jour tout s’écroule.
Dans les plaines intérieures grandissent les monts de terre, ces collines sombres des sédiments sans valeur, monticules témoins des cicatrices internes, du pillage d’un or noir fossilisé, que des mineurs inlassables ont arraché à l’âme. Aux saisons d’une révolution assoupie, aux pieds des terrils des souvenirs amassés, de prairial à ventôse, l’insomnie et ses gueules noires, à l’encre maussade des questions, râturent inlassablement un autre germinal.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:44

Lire à partir la 48ème seconde de musique 
 
A la lueur d’une aube pâle,
Par l’écume arrosée,
Un moulin à aube, ses pales,
De brume et de rosée.

Brassant la rivière qui s’écoule,
En l’épais d’un brouillard,
 Une roue sur un axe s’enroule,
Brumeux colin-maillard.

Voici l’ombre du temps qui passe,
Dans sa clepsydre lente,
Par ses aubes de bois il brasse,
Les eaux douces qui serpentent.

Lueur matinale confuse,
S’irisant dans les larmes,
Chagrin d’une brune diffuse,
Sous les branches d’un charme.

Grise envoilée et diaphane,
La roue tourne inlassable,
Et la lune, en le ciel se fane,
Comme un astre effaçable.

Elle plonge, puis remonte et replonge,
Une à une ses pales,
Vive en cette eau qui s’élonge
Puis ensuite s’étale.

Remous et frissons de surface,
Tourbillons du moulin,
Mousse, bouillonnante interface,
Éphémères boulins.

Ténu, lové sous cette toile,
Le jour erre et se traîne,
Nocturne estampe qui s’entoile,
Dentelle de sa traîne.

Ombre, immobile navire,
Sur ce flot qui avance,
Où lourde son aube chavire,
Puis d’un coup se relance.

Amalgame de pierres et de chaux,
La muraille transpire,
Profil d’invalide manchot,
Dans l’ombre qui expire.


Tapis humide dessus l’herbage,
La brume, tenture claire,
Étale, glisse son robage,
Sous l’aube qui l’éclaire.

Guipure aux perles de rosée,
Dentelle du matin,
Soies d’araignée déposées,
Matinal satin.

Par devers le rideau l’onction,
Caresse du soleil,
Matutinale bénédiction,
D’un jour qui s’appareille.

En le silence inaugural,
D’une matinée ombreuse,
La roue, ses aubes lacrymales,
Sa valse ténébreuse.


 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 13:10
  (Attendre 27ème seconde)

Une rue, la pluie, la nuit,

Il rentre, seul,

Avec elle pourtant,

Sur lui, en lui.

 

Fin d’un aparté,

D’une parenthèse,

D’un instant volé

Scénario quelque part.

 

Chaque pas un oubli,

Qui l’éloigne,

De son souffle,

De sa peau.

 

Devant, derrière,

Son reflet se traîne,

Silhouette vagabonde

Sur des vitrines sombres.

 

Son histoire,

Leurs histoires

Qui se croisent

Se retrouvent et se perdent.

 

Femme, enfant,

Amante sublime,

Plaisirs haletants,

Impudiques folies.

 

Sur ses doigts,

Sur ses lèvres,

Son parfum, son odeur,

Fragrances d'abandon et d'ivresse.

 

Lui, là, redevenu,

Seul, en la nuit,

Dans la rue, seul,

Ombre de l’instant.

 

Jamais, plus jamais,

Ni son ventre ni ses lèvres,

Ni ses seins,

Ni son cou.

 

Il aime, que trop,

Pour s’enfuir, loin,

Loin d’eux mêmes,

Si loin d’elle.

 

Il pleut, dans la rue, dans sa nuit,

Il marche, s’en retourne,

Chez lui... chez lui,

Avec elle mais sans elle.

 

Incroyable passion,

Frénétique chamade,

Meurtriers frissons

Délicieuse noyade.

 

Chaque pas est souvenir,

Mémoire de là-bas,

De ces douces caresses

Et baisers carnivores.

 

Paroles musiciennes

De soupirs et de pleurs,

Si passionnelle antienne

De deux âmes en chœur.

 

Aucune autre, plus jamais,

Elle, seulement elle,

Confusément liée,

Intime consubstantielle.

 

Sa vie, la sienne,

Obstacles des jours,

Habitudes paroissiennes

Implacables contours.

 

Un hôtel, qui s’éloigne,

Un chagrin, singulier,

Solitude sommeil,

Si profonde, éternelle.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 12:59
 (12ème sec)

 

La rue, la pluie, la nuit,

Des images dans la tête,

Dans le corps des frissons,

Là-haut, des étoiles.

 

Elle marche, silhouette,

Élégante découplée,

Ici, et ailleurs,

Là-bas plus encore.

 

Sur sa peau un parfum,

Sur ses lèvres un baiser,

Traces légères,

Souvenirs d’autre part.

 

Elle va, au hasard,

Chemine, solitaire,

Lumière des rues,

Compagne de l’ombre.

 

Les vitrines éclairées,

L’écho de son pas,

En le désert du soir,

Sous la pluie, dans le froid.

 

Elle va, au devant,

Elle rentre, chez elle,

L’âme brûlante,

Braise de sa chair.

 

Tout est encore là,

Sous le vent,

En elle, si fort,

Dans son ventre.

 

Soliloque d’un cœur,

Regards et odeurs,

Sensuelle nocturne,

Hors sa honte et sa peur.

 

Putain sublime devenue,

Sans pudeur, ni vergogne,

D’un instant dérobé,

Au commun, et aux heures.

 

Sur ses lèvres la senteur,

Du plaisir, de l’outrance,

En ses cuisses l’humeur,

De désir et d’offrande.

 

Elle valse dans sa tête

Sous la bruine,

Cœur qui bat

Ballerine d'ailleurs.

 

Caresses volées,

Chapardées à la vie,

Uniques partagées,

Violentes et douces.

 

Offerte, sans retenue,

De morsures et de souffles,

Par les pleurs et les cris,

Les regards et les mots.

 

Toute à lui, pleine,

Ouverte mouillée,

Impudique folle,

Femme abandonnée.

 

Elle va, rentre chez elle,

Emplie de son amant,

D'une semence belle,

Liqueur d’un instant.

 

La rue, la pluie, la nuit,

Des mirages qui entêtent,

Dans le corps l’horizon,

Et là-bas, des étoiles.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:19
 
 Tu marches dans la ville,

Devant moi,

Silhouette nocturne

D’une rue piétonne.

 

Pavés luisants,

D’un hiver humide,

Parmi les vitrines,

Entre les chalands.

 

Tu marches, devant,

Parfois te retournes,

Les yeux souriants

La tête penchée.

 

Libre déliée,

Tu tournes dans la ville,

Ivre de tout,

Silhouette qui danse.

 

En ton ventre les instants,

Dans la rue les lumières,

Tu marches, tu glisses,

Devant, légère.

 

L’ombre du crépuscule,

Le soleil des candélabres,

Les néons argentés,

Tu t’arrêtes, puis te retournes.

 

La rue bouge des autres,

Et toi, là, tu me souris,

Au beau milieu d’elle

Si longue achalandée.

 

Tu marches dans la rue,

Et je te contemple,

Alentour des ombres

Qui vont et se bousculent.

 

Comme une enfant,

Insouciante libre,

Agile légère,

Tu danses dans la ville.

 

Quelques mètres devant,

Heureuse emportée,

Parmi tous les gens,

Tu avances différente.

 

Je te regarde vivre,

Sourire et bouger,

M’enivrant doucement,

Te laissant t’éloigner.

 

Tu marches devant moi,

Et parfois te retournes,

Désinvolte et légère,

Souriante et si belle.

 

En toi les amours volées,

Les instants d’autre part,

Dans une rue endeuillée,

Par la nuit quelque part.

 

Ballerine du désir,

Scène de la rue,

En toi les souvenirs,

Dans tes yeux entrevus.

 

Entonnoir de lumière,

Agitation des autres,

En la foule labyrinthe,

Tu frayes ton chemin.

 

Sous le manteau du soir,

En son tissu de froid,

Tu marches dans la ville,

Et je te regarde derrière.

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 12:16

 

 (Attendez démarrage de la musique 10sec)

 

 

Il y avait des gens, du vent,

Et la marée qui s’en venait,

Des mouettes dans l’évent,

Que les rafales nous amenaient.

 

Il y avait l’azur et les falaises,

Des bateaux flous, au loin sur l’onde,

Le sable mou comme une glaise,

Fluente et molle silice blonde.

 

Il y avait ce cap lointain,

Nos pas qui s’inscrivaient,

Comme écrivant notre destin

Sur cette plage, à son chevet.

 

Il y avait les autres, ces gens,

Et malgré eux nous étions seuls,

Unis sous ce ciel obligeant

En le drapé de son linceul.

 

Il y avait la vie, tes lèvres,

Ton corps et le mien enlacés,

Ce belvédère et notre fièvre

Par la brise froide caressés.

 

Il n’y avait que nos regards,

Nos yeux brillants qui s’embrassaient,

Indifférents et sans égards,

De cette foule débarrassée.

 

Il y avait la mer et les vagues,

Leurs crêtes grises nimbées d’écume,

Et comme une invisible bague,

Nouvelle alliance en cette brume.

 

Il y avait nos cœurs et nos âmes,

Tel un ensemble ne faisant qu’un,

Une pulsation dedans ce calme,

Dessous ce ciel en baldaquin.

 

Il y avait ta main, dans la mienne,

Ton ombre, posée sur le sable,

Sur cette plage bohémienne,

Ombre chinoise inoubliable.

 

Il y avait toi, il y avait nous,

Ces gens, et bien d’autres encore,

Et pourtant il n’était que nous,

Toi et moi, seuls, unique corps.

19/04/2011

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 21:17

 

Raccourci d'un jour accueillant la nuit,
Obombrant en sa suite les reliefs austères,
Obscur satin par son voile de l'ennui,
Qui lent, le soir, s'appose et recouvre les terres.

Quand le jour lassé semble un crépuscule,
Et que se meurent silencieuses les vacances,
Quand les plages sont vides, majuscules,
Les soirées s'accourcissent, en leurs molles attenances.

La caresse de l'ombre se prolonge,
S'étend, fraîche, bien au-delà de nos horizons,
Jours d'été qui dans la nuit se forlongent,
Silhouettes de souvenirs et de pamoisons.

C'est une houle, une vague intérieure,
Comme une marée qui au-dedans se retire,
Sous le chant moqueur de l'oiseau rieur,
Qui en nos âmes sombres son envol étire.

Les pensées dans nos hier se perdent,
S'égarent, et se traînent en les instants nostalgiques,
Comme en les trembles se nichent les saperdes,
Où chagrinées les larves attendent léthargiques.

Vient le temps des nouvelles cicatrices,
Que le fil des jours, bien, ne saura repriser,
Blessures sensibles des âmes novices,
Par l'immédiat des nouveaux instants méprisées.

C'est dans la gorge que les larmes s'écoulent,
Quand dans le ventre, terrible, un étau se resserre,
Et bercé douloureusement par la houle,
Notre esprit, tristement, le passé met en terre.

Si lointaine s'estompe l'aube estivale,
Quand la nuit mate, complète, s'accouve sur les plaines,
Étouffant là, du jour le festival,
Sa musique, ses notes, ses fredons et ses rengaines.

Juillet s'en est allé, août à sa suite,
Bientôt, se poseront les pourpres, puis les ors,
A l'automne, sur les frondaisons en fuite,
En la pénombre froide des timides aurores.
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:08

P1020256Ce vide si grand, profond,
Si plein de ton absence,
De lui-même infécond,
Fécondant d’impuissance.

Grenier des souvenirs,
Reposoir des hier,
Des chagrins à venir
Des attentes meurtrières.

Sa rivière souterraine,
De murmures de sanglots,
Au-dedans qui se traîne,
Dans le plein de son flot.

Les paroles du passé,
Les images de jadis,
Maintenant ressassées,
Lassé salmigondis.

Une errance éternelle,
En soi même réfuté,
Volatile sans ses ailes
Goéland amputé.

La douceur, les fragrances,
Des parfums l’advenue,
D’une subite flagrance,
Te voici revenue.

La brume et l’horizon,
Le vent, le sable, les vagues,
Sur la plage, hors saison,
Nos âmes qui divaguent.

La côte, déserte, hyaline,
De falaises déchirées,
Ensablée et saline,
Longuement étirée.

Éclats de coquillages,
La marée qui descend,
Laissant en son sillage,
Ce rivage renaissant.

De la terre vient la brise,
Tes cheveux dans ce vent,
Comme l’écume sous l’emprise
Des rafales l’élevant.

Au lointain les navires,
Embrumées silhouettes,
Sous les cieux où chavire,
L’équilibre des mouettes.

La muraille des falaises,
Belvédère de calcaire,
S’aboutant en alaises,
Où s’achèvent les terres.

Tes empreintes sur le sable,
Par les vagues effacées,
Revenantes inlassables,
Sans jamais se lasser.

Je me souviens de nous,
Du vent, du cap blanc nez,
De ce beau rendez-vous,
Dans tes yeux cérulés.

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