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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 14:39
 
 (commencer lecture après la courte introduction)

 

 

marche.jpg

C’est un dimanche, fin de carême,

Un gris d’avril teint de novembre,

L’émir céleste en son harem

Reste discret garde la chambre.

 

La rue, les gens, et ce parfum,

Arcades, fragrances d’une femme,

Tel un murmure, tel un refrain,

Comme à l’instar d’un vague à l’âme.

 

Une émotion, des souvenirs,

Quand les chalands eux vont et viennent,

Tel un regain, un devenir,

Une silhouette sous la persienne.

 

En le décor des nues façades

Sur cette place si dégagée,

Dessous les cieux, leur ton maussade,

Ce flou parfum s’est propagé.

 

La messe est dite, sonnent les cloches,

A la volée d’un vieux bourdon,

Cette senteur semble l’approche,

Des heures passées, du grand pardon.

 

Sur le parvis sont des fidèles,

Dessus la croix, le supplicié,

Rameaux de gui, quelques chandelles,

Les commensaux, le disgracié.

 

Flaveur de pain, parfum de femme,

De chocolat, de musc rare,

Qui m’envahissent, puis se réclament,

De cette mémoire, d’où ils s’égarent.

 

Comme un tracé, comme un chemin

Une ruelle bien dessinée,

Où se déroule le parchemin,

D'une mystérieuse destinée.

 

Une jeune fille, presqu’une enfant,

Une femme âgée, une maîtresse,

Son port altier ou triomphant,

Le provocant d’une bougresse.

 

Là, des effluves, des sentiments,

Secret passage au sein des rues,

Sans requérir l’assentiment

De ces badauds pour l’incongru.

 

Un court instant, les yeux fermés,

J’ai retrouvé cette inconnue,

Par la senteur bien affirmée,

Fut la moiteur de son corps nu.

 

C’est un dimanche, fin de semaine,

Un mois d’avril parfumé d’ambre,

Jour d’un printemps si peu amène,

Où les frimas font antichambre.

(08/04/2012)

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 18:23

Chaque jour qui passe emplit plus encore ma bouche de cette amertume qui vous pousse à vomir, de cette acidité terrible...chaque jour je regrette d'avoir été lâche alors qu'il suffisait d'oser, ce qui m'aurait éviter de voir ce que je vois et savoir ce que je sais...

Comment peut-on agir, être ainsi? Je ne pensais pas que des êtres humains pouvaient êtrecapable d'autant de perfidie, de machiavélisme,... d'être aussi sales, noirs, menteurs, calculateurs, cyniques, odieux, pervers, sadiques...inhumains!

Ils seraient à plaindre dit-on... j'éprouve un dégoût jamais ressenti en 54 ans d'existence!

Et me retiens de ne pas leur vomir dessus!

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 14:36

Façade d’aujourd’hui pour des fondations d’hier

 

 

Dans l’épaisseur de sa nuit intérieure il attend depuis si longtemps un rayon improbable, une lueur à suivre, une étoile guide pour échapper à ce crépuscule sans fin. Sans cesse Jean repousse tant bien que mal ces démons du dedans, dans un combat éternel commencé il ne sait quand mais qui ajoute chaque jour cicatrices sur cicatrices. Il attend, il attend il ne sait qui, il ne sait quoi, répétant cet espoir comme une antienne, une mélopée de survie qui l’enivre et atténue la douleur… Il attend ce souffle tiède au creux de l’oreille, ce regard qui instille silencieux le besoin de vivre ! Il attend, oui il attend un incertain réveil, une aube nouvelle signifiant qu’enfin la nuit s’en retournera ailleurs ! Il attend ces mots qui bouleversent et tailladent la chair, ces mots de jamais qui savent faire frémir les viscères de l’âme, ces mots qui versent les larmes, ces mots inouïs qui savent dire et réveiller l’indicible ! Oui ! Il attend, et toujours attend, comme un enfant perdu dans la pénombre et se cache en lui, comme un petit qui pleure en silence pour ne pas attirer les ogres ! Comme une âme fragile qui se terre et se meurt du dedans parce que dehors il fait nuit, brune épaisse et terrible, sorgue de forêt, de moyen âge, où le mal a fieffé la campagne et les bois pour dépecer et engloutir ceux qui s’y perdent. Alors il attend cette main chaude qui prendra la sienne pour s’en retourner dans la lueur reposante d’un demain sans ombres maléfiques et au sommeil sans démons !

Chaque soir allongé sur son lit il écoute ces musiques d’autrefois, ces notes qui font danser l’âme dans une ivresse souvenir, chez lui, à l’abri du monde d’aujourd’hui, en lui, caché des regards frustes d’un quotidien qui se répète comme une photocopie inlassable. Jean se terre pour être, Jean s’enfouit dans ce terrier de béton, se dépiautant chaque soir pour redevenir lui-même, avatar quotidien d’un printemps qui recommence inlassablement à l’abri du soleil et dont les rayons imaginaires.

Ces musiques de jeunesse, ces livres, ces rêves, ces idées qu’il range à peine dehors dans ses rayons intérieurs pour n’en sortir que le banal, l’acceptable dans cette existence de parade et de compromission. Jean l’ouvrier, Jean de la cité, fossile d’un âge oublié, Jean que fais tu dans cette grisaille alors que le soleil de demain devait éclairer les jours à venir ? Jean, oh Jean, que fais tu sur ce toit dans la nuit qui s’étale ? Pieds dans le vide et l’esprit torturé, qu’as tu fais de ta vie, ex voto d’un miracle impossible ?

Jean qui se lève, Jean qui pointe, Jean qui fait semblant sans cesse et se démasque chez lui, qui ouvre une boite festin de raviolis et regarde un film en noir et blanc parmi les canettes vides et la fumée bleutée de mégots ! Un plafond spectacle scène des souvenirs en couleurs pour des nuits qui se traînent et des insomnies putains ! Des songes éveillés, la vie qui se débobine, des sanglots oubliées qui sourdent en silence, des petits matins fripés et des gestes lents, des nausées de fausse cuite, une vie en fardeau, une vie comme un trait que l’on trace à la règle sur la feuille du temps, bien droit sans bavures ni méandres, sans détours, sans hésitation dans la géométrie de l’habitude.

Jean qui rit, Jean qui pleure, des éclats insignes de la banalité des jours d’autrui, des sourires en réponse aux sourires, des mots qui contrefont les mots, des gestes pour des gestes, un dialogue répétitif comme un texte d’ambiance, dans cette pièce d’un théâtre de rue. Des larmes, en silence, des larmes retenues, un chagrin interdit qui ne cadre pas parce qu’il ment aux autres pour survivre, car il se ment pour exister !

Et ceux là qui se tiennent ici en décor, qui attendent ce qui jamais ne viendra, comme les zombies d’un univers immobile, fades prêts à tout pour un rien, pour une miette d’avoir en espoir d’être, pour ce qu’ils ont et non plus pour ce qu’ils sont, car ils ne sont rien, ils ne sont plus ! Ils errent charognards de leurs pulsions, avides de ces frissons fugaces qui font bander les chairs affamées, jouisseurs cursifs des secondes, additionnant plaisirs et envies au mépris d’eux-mêmes, de ce qu’ils devraient être : des êtres humains. C’est comme une mauvaise odeur dont il ne peut se départir, comme ce relent de mort qui s’accroche à la peau... ils sont là les odieux, partout dans la cité qui résiste dans ses murs. Jean les contourne, les évite, mais chaque jour ils s’approchent, se rapprochent, dévorant à grandes dents abruties l’espoir, le possible…la vie ! Ils se baffrent, postillonnent et réclament dans leur bousculade incessante, oublieux des chemins parcourus avant eux ! Ils se battent dans la foire à l’encan de la possession des choses, grattant ce ticket à quatre sous d’une loterie sans véritable gros lot…chiens en bave dans ce combat sans vainqueur qu’est leur destin ! Moi ! Moi ! Entendez leur message, cette revendication première, oui moi ! Moi ! Ils conjuguent la vie à la première personne, si singuliers et si peu pluriels, de l’indicatif ils n’écrivent que le présent n’usant que d’une seule désinence, la ritournelle infinie du je pour un jeu sans musique ni règle, longue partie de solitaire. Jean gladiateur pitoyable que fais tu dans cette arène en costume de combat ? Jean pourquoi vouloir à tous prix devenir martyr d’une religion de façade sans temple ni église ni même fondations ?

La nuit sent la mort et le vent caresse son visage, ses pieds balancent dans le vide. Les odieux plus chaque jour s’installent sans mesure ni respect, ils pépient puis réclament et enfin ils prennent, tout, tout ce qu’ils peuvent prendre dans ce monde d’abondance comme si demain était le dernier, et que jamais plus le soleil sur l’horizon de l’orient serait une aurore.

Jean regarde la ville qui scintille au loin tandis qu’en bas les zombies se réveillent et sortent de l’enfer. Ils ont faim, une faim insatiable, cannibale et sans limites

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 21:21

Si jamais je suivais ce parfum qui mène à vous, si je franchissais la distance qui me tient à l’abri de vous…alors plus rien ne tiendrait, et le monde s’effondrerait, me montrant alors qu’il n’y a plus rien à attendre des jours !

Si l’ivresse de l’instant se distillait sans cesse, et qu’aujourd’hui serait comme demain, et hier leur pareil ; si vous et moi devenions nous, et que les désinences s’ennuyaient au soleil de notre indifférence, prolongeant la conjugaison dans l’itération de ce pronom personnel, alors, la vie apparaîtrait sans fards, et fade oh combien, à l’ombre de ces jours là !

Une senteur peut elle réécrire le temps ? Raviver les instants et faire renaître le trouble en madeleine sensuelle et perfide ? Ouvre t elle les grilles des jardins intérieurs où poussent les émois souvenirs ? Ces fleurs qui se flétrissent si vite, si tôt, à peine respirées, qu’elles ne connaissent qu’une aube, une seule, et jamais de crépuscule, sinon celui du néant qui les englouties bien trop vitement ! Votre parfum madame, semble errer sur moi et me dire que cela ne fut point un rêve, mais un instant d’éternité ! Fragrances en preuve de vie et de culpabilité qu’il me faut estomper pour pouvoir continuer à exister dans la convention des jours et des heures qui s’y égrènent... senteur folie, ivresse, qui me ramène à vous, toujours à vous, et à toutes ces caresses impossibles à retenir que nous osâmes...que nous osâmes si brièvement et follement..

Je voudrais rembobiner les heures, ces fichues minutes qui s’écoulent inlassablement dans l’ennui du quotidien, et dérouler à nouveau leur fil... mais on ne revit jamais les heures à l’identique, moins encore à rebours, quant aux souffles qui les ont portées...

 J’ai sur moi, madame, un parfum qui m’enivre, qui m’entraîne sans qui j’y puisse résister vers cet instant de nous...et je dois continuer à vivre, sans cela, faire comme si les effluves, les odeurs, les senteurs, n’avaient point de passé, sinon qu’en les souvenances, sans possible retour... à jamais interdits.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 14:49
 (Attendre 22ème seconde de musique pour lire)

 

P1010950a.JPGLà sises, vos mains de chapelaine,

Si blanches fines et si douces,

Ce  veiné bleu de porcelaine

En la lueur d’une lune rousse.

 

Sur vos épaules la soie cinabre

D’une capuche capeline,

Que la lumière d’un candélabre,

Rend si fragiles et cristallines.

 

En les tréfonds, dessous l’abside,

Cette chandelle, là-bas dressée,

Dedans vos yeux si translucides

Semble vous dire, vous adresser.

 

Bien lentement vous approchez

En ce silence conventuel,

De cette flamme peu élochée,

Qui là ondoie, si sensuelle.

 

En votre ventre une émotion,

Comme un frisson, qui vous bouscule,

Sur ce chemin de la passion,

Où lent se pose un crépuscule.

 

Sur son pourtour sont des coulures,

Larmes opalines d'une bougie,

Perles de cire et cannelures,

D’une indolente hémorragie.

 

En oblation  belle mirande,

Cet ex-voto fruit du péché,

Pour vous ma sœur, ma révérende,

Qu’aucune foi peut empêcher.

 

Entre vos doigts, vos doigts serrés,

Ce cierge droit qui là s’écoule,

De larmes chaudes et incérées,

Figeant le temps qui se déroule.

 

Dessus vos mains si fines blanches,

De l’écoulement est le tracé,

Opalescence douce  qui s’épanche,

Qu'un ébranlement vient effacer.

 

Sont les secondes qui se débandent

Quand bien l’instant lui se poursuit,

Rompant l’office et son offrande,

En le couchant de ce jourd’hui.

 

Sur votre peau laquée de sève,

Parfum d’encens et de semence,

Quand des complies le chant s’élève,

Point n’est encore votre allégeance .

 

C’est en votre âme que s’est dite,

Dans votre chair, l’intime messe,

Larmes liliales inédites,

Perles de sève et de caresses.

 

 

(24/03/2012)

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 14:28

 

  

P1020019a.JPGBouteilles à la mer

Paroles au loin jetées,

Salées ou bien amères,

Lointaines rejetées.

 

Un murmure ou un cri

Emporté par le vent,

Un appel un récri,

Silencieux bien souvent.

 

Tous ces mots qui s’égarent,

Errant ici et là,

Tandis que les regards

Se cherchent en l’au-delà.

 

Que de larmes contenues,

De sanglots anonymes,

Complaintes détenues

Tristesses unanimes.

 

Quand les peines sont muettes,

Les chagrins méprisés,

Il n’est plus d’alouettes

Sur nos miroirs brisés.

 

La plaine immensité

De la mer équanime,

Océane cécité

En la houle qui l’anime.

 

Les voici qui se trainent

Qui s’échouent ou se noient,

Ces propos de nos peines

Ces paroles sans voie.

 

Point de son, point d’écho

En les vagues étouffés,

Mais de flous quiproquos,

Ceints de rires épouffés.

 

Comme des mouettes aphones,

Volatiles sans gosiers,

Nos suppliques atones

S’atténuent parésiées.

 

La lune se dessine

La marée s’en revient,

Puis son onde assassine,

Caresse et circonvient.

 

Naufragées solitaires,

Des tous abandonnées,

Nos plaintes gens sans terre,

Dérivent étonnées.

 

Pour elles point de salut

Ni de dunes de pardon,

Quand devers ces talus

Ne sont que des chardons.

(17/03/2012)

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 15:51
  (Attendre la 15ème seconde de musique)

 

caravane_de_dromadaires_dans_le_desert_370271.jpgLes dunes et le soleil,

Si fin et si fluant,

Le sable nonpareil,

S’étale s’écoulant.

 

Des méharis sans nombre,

La chaleur écrasante,

Caravane sans ombre

A l'allure indolente.

 

Plus de temps ni de vent,

La plaine immensité,

Nul après, nul avant,

L'instante cécité.

 

Déplis replis et vagues,

Le désert intissé,

En cette bure rêche et vague

Là séante et plissée.

 

Un ciel égal et pur,

L’infini que l’on voit,

Par devers la guipure

De cet air qui ondoie.

 

Silence sécheresse,

Coulures de silice,

Molles enfants des caresses

Sur les pentes se glissent.

 

En ce jour allongé

Par le temps alenti,

L’enfilade élongée

S’étale ralentie.

 

Des traces sur le sable,

Vestiges d’un mirage,

Se traînent inlassables

Ecrivant son image.

 

Un satin de lumière

Sur cet erg apposé,

Sableuse cordillère

Etrangement composée.

 

Touffeur ondulation,

Unique paysage,

L’étrange élévation

De dunes sans visage.

 

Les chaudes halenées,

D’un invisible souffle,

Semblant se promener

Sans que rien ne l’essouffle.

 

La lune et le soleil,

Si hauts et si brillants,

Dans ces cieux sans pareil

Asséchés et brûlants.

 

(11/03/2012)

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:55

J'ai envie de vous faire écouter un morceau de musique qui pour moi est un des plus beau que j'ai entendu, évidemment cette émotion que je lui doit procède de beaucoup de choses, elel est liée à certains événements de ma vie...Au départ cette musique m'était totalement étrangère, voire agression pou rmon oreille de profane...mais elle était celle que les copains écoutée! Et forcément pour être dans le temps il fallait donc ..écouter et aimer surtout ce truc...je fis tout comme...le jazz rock était pour moi à l'époque un monde froid et incompréhensible..mais je me targuais d'en être et dès que je le pouvais je faisais montre de ma culture...ce qui déroutait bon nombre d'autresconnaissances plus férues de cloclo, ou de rock pur et dur, ou alors disciples de Led Zeppelin ou Deep  Purple... et ma copine de l'époque dut se farcir cette épreuve initiatrice, brave Catherine tant aimée et si vite perdue...pas à cause de ce morceau n'ayez crainte..quoi que :-)

Bref, lorsque j'eus mon bac et que je fus inscrit à la fac il fallut m'installer dans ma petite chambre universitaire. Seul dans ce nouveau monde immense de la cité universitaire et si étroit de ma chambre je devais survivre notamment le soir lorsque le crépuscukle s'en venait! Alors j'écoutai l'unique bande de mon magnétophone sur laquelle étaient enregistrés quelques morceaux insignes de notre groupe de copains de la cité! Et ce fameux morceau que je vous propose d'écouter, en faisait partie et donc je me le passais chaque jour soir n'ayant rien d'autre à faire dans cette chambre sinistre (ensuite je fis des connaissances et vécus un peu plus)... peu à peu il devint plus abordable, moins abscons, puis  magique, riche d'émotion, puissant , pluriel, incroyable... et depuis je ne me lasse pas de l'écouter, et de faire renaître éternellement l'émotion, le frisson intérieur... J'aime le jazz rock...vraiment maintenant, et certains morceaux sont pour moi des oeuvres d'art dignes des plus grandes oeuvres musicales...Bon courage à vous, et  sachez qu'il faut ou faudra du temps pour apprécier cela...donnez à ce morceau  sa chance...celle de vous plaire :-) pardon pour les autres rétifs à jamais!

 

 
Si vous avez aimé, à tout le moins réussi à écouter jusqu'au bout voici un autre groupe et morceau de jazz rock qui laissa aussi son empreinte en mon âme et ma chair...
 
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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 13:41

Chapitre.1 du roman: La boite de Pandore (2001)

 

L’air avait des senteurs d’enfer et des couleurs d’apocalypse, la chaleur pesante de l’été altérait l’atmosphère et le vent tiède portait en lui les parfums de la guerre. La nuit venait à peine de tomber mais à son obscurité naissante se mêlaient les fumées et les vapeurs de cette violence qui avait envahi la cité. Ses pieds pendaient dans le vide et brandillaient d’avant en arrière machinalement, tandis qu’il regardait alentour lui les feux qui constellaient la pénombre et rembrunissaient encore plus le ciel par leurs épaisses et grasses exhalaisons. Des odeurs de gaz lacrymogènes mélangées de senteurs d’hydrocarbures lui parvenaient aux narines bien qu’il fût là haut, au dessus de l’infernale mêlée dont il était le créateur, l’ange noir inspirateur, l’Agamemnon des prodromes de cettefin du monde civilisé !

Le vent chaud du sud caressait son corps, et ces halenées de barbarie, que la brise portait jusqu’à lui, rassérénaient son âme anéantie et repue, mais aussi désormais apaisée ! Il contemplait la folie des autres, le discord des hommes ; il s’emplissait de cette dégoûtante bêtise dont ils faisaient montre pour peu que l’on leur en donnât l’occasion, que l’on allumât la juste mèche ! Partout des feux rongeaient, véhicules, poubelles, mobilier urbain, lumières bengalies dans la nuit des fous, destructions gratuites et profanatrices d’une fête païenne pour une fin du monde attendue. Les bruits et plaintes des sirènes tourbillonnaient portés par l’air brûlant de l’été qu’alimentait la chaleur des multiples bûchers, torchères qui s’élevaient en nombre grandissant. Sa peau noircie par la suie qui se déposait à chaque coup de vent dégoulinait d’une sueur épaisse, elle luisait à la lueur montante des foyers d’incendie qui s’imposaient maintenant à la nuit.

En bas, aux pieds des bâtiments on se battait, on ouvrait les portes fragiles de la haine aveugle, libérant ces désirs intenses et sans limites ; on se livrait à la folie en prétexte de vengeance et d’ordre, de part et d’autre plus rien ne pouvait retenir ! Chacun se voyait en pourfendeur de l’injustice, tous avaient le fondé prétexte, et ainsi, pouvaient vomir cette violence si uniquement humaine qui ne demandait qu’à sortir !

Il savourait en démiurge ce tableau qu’il n’avait osé espérer, cette horreur qu’il avait souvent crue possible tout en s’effrayant qu’un jour elle s’exprimât. Assis au bord de ce toit, sur cette barre de cité ghetto, il voyait ce que les hommes depuis toujours avaient redouté, cette peur que les anciens avait cachée dans les histoires et les contes, cette terreur que les dieux avaient emprisonnée et que lui, par esthétisme outré et dégoût profond, avait libérée. Il avait ouvert la boite de Pandore rien que pour voir, pour voir jusqu’où ils seraient capables d’aller ; avec quelles excuses ils brûleraient le monde et leur âme par là même !

Le vent brûlant halenait sa colère et la suie, les sirènes emplissaient la nuit, ses jambes allaient et venaient dans le vide tandis qu’il s’essuyait de l’avant bras régulièrement le visage. En bas chacun subissait les remous intimes du torrent de l’adrénaline, les muscles se raidissaient de peur ou de colère selon que l’on détruisait ou que l’on était détruit, les chamades cognaient dans les poitrines et les souffles rendaient les gorges acides et la salive amère. Comment en étaient ils arrivé là ? Comment la haine avait elle pu si facilement tomber le masque ?

Jean regardait la nuit et les fourmis en bas qui s’y débattaient, elles couraient et se mordaient, découpant la vie à grands coups de mandibules, elles avaient oublié la colonie et découvraient la violence individuelle qui ouvre grandes les portes de l’absurdité, cette folie délicieuse de la pulsion primale qui n’a aucune limite que celle du dégoût. Alors ils allaient se bâfrer jusqu’à plus faim de la peur et l’anéantissement de l’autre, de cette sensation de grandeur absolue, de cette frénésie des sens enivrés, tout au long de la nuit jusqu’à ce que le petit jour et la fatigue les ramèneraient chez eux repus et apaisés à peine !

La nuit était brûlante, habillé de canicule l’air s’enflammait des feux de la démence, l’été s’effaçait derrière les foyers de la destruction gratuite, Jean de là haut regardait la cité qui se consumait cherchant en lui comment tout cela avait pu surgir !

La cité dansait avec la mort, les âmes gambillaient dans la fumée des destructions voraces, on courait, on jetait, on pleurait et l’on criait ! C’était la musique des râles et des hurlements, pour un pas ivre avec la belle blafarde, on offrait son âme pour ce plaisir immédiat et animal, la fournaise décuplait les sens et la bave coulait dans l’ivresse dévastatrice. On dansait avec la mort sans savoir son dessein, on voyait le ciel dans le tourbillon des étoiles intérieures, on tranchait la nuit dans une valse guerrière, la camarde donnait grand bal et les prétendants faisaient montre d’impatience ! Tous s’unissaient sans le savoir dans cette farandole de la nuit du non retour, chacun se croyant le plus vrai dans la chorégraphie du mal ; tous oubliaient un instant que la raison les avait jusque là protégés d’eux-mêmes.

En face sur les vitres de l’immeuble tournoyaient multicolores et inquiétants les reflets des incendies ! La fin ne faisait que de commencer.

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 18:31

 

 (Lire à 45ème seconde)

Va et viens, claudicante,

Te voici, l'âme pénombre,

Sous de tristes hélianthes

Qui se fanent à l'ombre.

 

Chenille qui va l’amble,

Qui là-bas seule ondule,

S’ajoutent se ressemblent

Les allantes pendules.

 

Si longue serpentine,

Ci lente et mouvante,

Oblongue levantine

Qui s’étale mourante.

 

Noria des heures qui passent,

Futile duplicata,

Qui se suivent s’entrelacent,

Fragile marabunta.

 

Les bagnards vont au port,

Mais les îles sont lointaines,

L’idée noire s’incorpore

En la file incertaine.

 

Semelles et sabots

Qui cognent sur le sol,

L’aboiement des cabots,

Les arcades les consoles.

 

La foule et l’hallali,

Le serpent qui s’étire,

De l’insane est la lie

Qui ne peut s’assentir.

 

Longue est encore la route,

Le chemin douloureux,

Pour la chiourme en déroute

Pas de chiens langoureux.

 

Il pulse dans la tête,

Se heurte à l’horizon,

Cet écho qui entête,

Aheurtant la raison.

 

Quand le lien est la chaîne

Et l’instant pilori,

Par les jours qui s’enchaînent

Se décrie l’aporie.

 

Aux âmes déportées

Vanité du martyr,

Par les temps emportées

Leurs attentes s’étirent.

(08/03/2012)

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