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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 19:40

C’est un flot contenu, dans les yeux, dans la gorge,

On ne sait pourquoi, mais il est là à attendre,

On sent qu’au-dedans lentement il se rengorge,

Et jaillira bientôt sur nos joues pour s’y répandre.

 

C’est comme une étreinte intime, un étau,

Dans le ventre, dans la viande, qui serre,

Plus à chaque seconde un tour nouveau,

Qui noue, tord, y emmêle nos viscères.

 

C’est comme un bruit sourd, audible par nous seul,

Un rythme qui frappe, régulier et angoissant,

Lente chamade qui nous prend et nous esseule,

Puis nous emporte là-bas, en son vide assonant.

 

C’est comme un murmure qui revient sans cesse,

Une antienne tenace et secrète,

Dans la liturgie obscure d’une intime confesse,

Menace messianique discrète.

 

On ne sait pourquoi, c’est ainsi, ou que trop,

Nul n’y peut, cela vient d’un coup, par mégarde,

En ces instants pesants, ces instants fardeaux,

Où la vie nous semble sombre, étroite et si hagarde.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 20:25

Ce reflet, son image,

Là, sur ce vieux miroir,

Étalant son ramage

Comme s’étale sa moire.

 

Une femme si belle

En ce regard vieilli,

Qui danse ribambelle,

Sur ces yeux envieillis.

 

Les parfums de sa peau,

Fragrances alentour,

En subtils dépôts,

Brume et bruine tour à tour.

 

La laitance dans ses yeux,

Crépuscule des larmes,

Éphélides des cieux

En l’étrange du charme.

 

Son corps, vals et vallées,

De plaines et collines,

Par sa main survolées,

Par ses doigts qui câlinent.

 

Et le temps qui les fuit,

De quart d’heure en quart d’heure,

Qui faucarde et s’enfuit,

Implacable faucardeur.

 

Impatiente gourmande,

Enfiévrée de désir,

En ses yeux qui demandent,

Que s’épande le plaisir.

 

De stupre et de folie,

De caresses osées,

En le vaste d’un lit,

Sur les draps reposés.

 

La chamade d’un cœur,

Son angine sournoise,

En l’abside du chœur,

Qui fredonne et le toise.

 

Trahison de son corps,

Pamoison de son âme,

La faiblesse en décor,

En dépit de son pâme.

 

Magnifique sublime

En altesse d’ailleurs,

Pathétique, pantomime,

D’un vieil homme veilleur.

 

Ces yeux bleus ce visage,

Ce regard enfiévré,

Que des yeux dévisagent

De passion enivrés.

 

Jeune femme et princesse,

Dans les heures et l’attente,

D’une bête qui ne cesse

De vouloir pour amante.

 

Ce reflet, ce mirage,

En sa veille mémoire,

Qui referme ses pages

Comme se ferme un grimoire.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:10

Elle avance, ondoyante,

La rivière qui s’agite,

Dansante serpentante,

En l’éther et en son gîte.

 

Danse de l’amont,

Coule vers l’aval,

Borde l’artimon,

Vagues sur la cale.

 

Forçats de la nuit,

Papillons du jour,

Brise de l’ennui,

Ombres des ajours.

 

Pavillon de mer,

Valse de la houle,

Sur ses crêtes amères,

La saumure s’écoule.

 

Traces dans ciel,

Volent les oiseaux,

Dessous l’arc en ciel,

Par-dessus les eaux.

 

Mille et un sabords,

Bouche des canons,

S’éloigne le port,

Ligne d’horizon.

 

Voile de l’écume,

Chantent les risées,

Toile de la brume,

Soleil irisé.

 

Planent les goélands,

Glisse la marée,

Prennent leur élan,

Coques amarrées.

 

Vent sur la jetée,

Dunes de rosée,

Hunes agitées,

Ancres arrosées.

 

Tourbillons salés,

Tanguent les navires,

Péniches halées,

Barques qui chavirent.

 

Treuils et cabestans,

Larguent les amarres,

Parlent en pestant,

Rustres tintamarres.

 

Ondes et confluent,

Grouille le delta,

Sonde en l’affluent,

Rien n’en résulta.

 

Gris de l’estuaire,

Sédiments de sable,

Décante la mer

Les terres arables.

 

Ombre des falaises,

Mousse du tumulte,

Sombres côtes anglaises,

Brume qui occulte.

 

Ferries chalutiers,

Les bateaux se croisent,

Dockers et grutiers,

Décharge turquoise.

 

Cargos goélettes,

Rouille bastingage,

Felouques ailettes,

Câbles d’élingage.

 

Peinture azurée,

Ciel maritime,

Loin démesuré,

Sentiments intimes.

 

Elle avance, bruyante,

La rivière qui s’agite,

Vivante et haletante,

Hors les terres et en sa gîte.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 18:26

Comme un oiseau migrateur,

Qui un jour se pose fatigué,

D’un long voyage en hauteur,

Toutes grandes ailes déployées.

 

Parti un jour, à l’aube de l’hiver,

Pour un différent climat,

Chemin faisant, de l’endroit à l’envers,

En son vol il s’arrima.

 

Porté, suspendu en les thermiques,

Par les vents contraires amenuisé,

Sur la longue route des tropiques,

L’oiseau, lentement s’est épuisé.

 

Parti, en quête d’un havre nouveau,

Dans l’inconnu d’un lointain,

Battant, tire d’ailes d’un renouveau,

Sur le ciel de l’incertain.

 

Fuyant la disette et le froid,

Il s’en est allé calmement,

Par devers lui laissant l’effroi,

Il s’est envolé, autrement.

 

Jours et nuits, il a cherché le refuge,

L’endroit où il pourrait s’apposer,

Migrateur, fuyard, et non plus transfuge,

D’un monde aux regards imposés.

 

C’est sans forces, à bout, qu’un matin,

Par devers l’horizon, loin de tout,

C’est arrêté, terminé son chemin,

Fuite de lui, et des autres surtout.

 

Comme un oiseau émigré et si las,

Près de toi, contre toi,

Me suis apposé ici, juste là,

Si loin d’eux, sous ce toi(t).

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 20:15

Dévastation… dans le charivari et l’agitation des jours, il ne reste aux âmes inquiètes que la lisière, les terres brûlées ceintes par un horizon confus, qui, dans un incertain se perd. Repoussé au-delà des nouvelles jachères, le regard perdu cherche, recherche au loin, sur le dessin de l’amer, la silhouette floue du navire des lents demain.

Souffrance… au crépuscule des batailles, sur les champs dévastés, dans les plaintes et les gémissements, errent les cris et les âmes perdues. La poudre des mensonges imprègne encore de sa canaille l’air humide du jour qui se couche. Lentement, dans l’obscurité de la brune, à l’abri des regards, les espoirs se figent... et coagulent.

Regrets… l’on fouille la terre, la cogne et la déchire, ce le sol ensanglanté,gorgé de pourpre, pour y creuser des tombes, des trous communs à partager, et y enfouir, profondément, les cadavres des illusions perdues et déchiquetées. Le ciel est gris et les pensées si sombres... la pestilence, la pourriture des émotions, se sont emparées de l’air qu’elles épaississent, cet air que l’on respire, à contre cœur.

Répétition… Le bronze des statues, celui des commémorations, ne vient jamais à bout de l’éternel retour, aux larmes succède le vert de gris et les lichens jaunâtres... aux discours contrits, les pétales des couronnes fanées. Les erreurs s’additionnent, au passé s’ajoute l’aujourd’hui, par-dessus la patine, dans le respect des règles de bas calculs, et demain, malgré les retenues, on fera des mécomptes... la mauvaise addition.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:40

Céleste, Valdy, Ceciliabulle, Fathia, Dan, Corinne et au petit poussé...

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:13

Vent glacial dans la nuit polonaise,

Un train, qui sur la neige se détache,

Au loin, les torchères de la fournaise,

Lèchent le ciel obscur et s’y attachent.

 

Agitation sur la rampe, bousculades,

Aboiements des hommes et des chiens,

Claquent les ordres, morsures en enfilade,

Sur ces pantins de peur privés de lien.

 

La locomotive crache ses nues,

Acres, épaisses et sombres,

Vide de son ventre le contenu,

Juifs errants que l’on dénombre.

 

Un à droite, un à gauche, à la suite,

Le tri des corps et des âmes,

La traque insane et sa poursuite,

Dans les impasses de l’infâme.

 

Alignements du hasard, schlague,

Sanglots, angoisses et morts,

L’horreur nocturne étale sa vague,

Sur la plaine et sans remord.

 

La noria des êtres s’étire dans la nuit,

En chacun l’effroi tisse sa toile,

L’enfer ouvre la gueule sale de son puit,

Puis la referme sur ces étoiles.

 

Nus, peau contre peau, dans l’indécence,

Les yeux vides qui se taisent.

Autre ghetto, mépris, indifférence,

Les chairs se vident, mais ne s’apaisent.

 

Promiscuité des êtres et des peurs,

Dans l’intrication étroite des corps,

L’on crie, l’on hurle, empli de terreur,

Quand se déverse l’invisible mort.

 

Yeux ouverts et sans vie,

Entrelacs de dépouilles,

Amalgame des sanies,

Sur le sol qu’elles souillent.

 

Cadavres que l’on traîne,

Mutilés et informes,

Suppliciés d’une haine,

Carnivores uniformes.

 

Gardes et chiourme tout autant,

Empilement de moribonds,

Le four à grand-faim et attend,

Que joue la porte sur ses gonds.

 

La graisse s’écoule puis s’enflamme,

Combustible vivant.

En les fumées se mêlent les âmes,

Emportées par le vent.

 

Vent glacial dans la nuit polonaise,

Un autre train, sur la neige se détache,

Au loin, les torchères de la fournaise,

Pourlèchent le ciel obscur et s’y rattachent.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:06

La nuit,

Sa ouate,

Son oubli,

Sa caresse sombre.

 

En son giron,

Les démons oubliés,

Les souvenirs câlins,

Son théâtre d’ombres.

 

Brume des pensées,

Sur un marais,

Un marais malin,

Cerné de pénombre.

 

La nuit,

Son vacarme,

Son silence,

Sa plaine d'ombre.

 

Sous son drap,

Les hier éveillés,

Les enfants mutins,

Étales leurs ombres.

 

Fatigue du corps,

Nuage d’ailleurs,

Martel burin,

Visage de pénombre.

 

La nuit,

Sa vastitude,

Son étroitesse,

Sa lenteur sombre.

 

Les angoisses secrètes,

Les sourires discrets,

Sa chamade catin,

Ses paroles d’ombre.

 

Tango intérieur,

Son parquet silencieux,

D’invisibles patins,

Au-dedans sa pénombre.

 

La nuit

Lente rivière,

Impalpable,

Silencieuse sombre,

 

Son voile,

Ses murmures,

Son battement refrain,

Sa valse sombre.

 

Les questions plurielles,

Les réponses muettes,

Ses rideaux de satin,

Velours de pleine ombre.

 

La nuit,

Sa hâte,

Son ralenti,

Sa paresse sombre.

 

En son giron,

Les instants oubliés,

Les espoirs câlins,

Son sépulcre d’ombre.

 

Brune des pensées,

Sur une plaine,

D’un prochain matin,

Bordé de pénombre.

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 09:30

Quoi que tu dises, penses ou fasses,
Au-delà de ton sourire si tendre,
Qui s’étale ou qui s’efface,
Elle sera là, en toi, à m’attendre.

  

Toujours discrète mais présente,
Au-delà de tes baisers si tendres,
Lèvres douces des amantes,
Elle sera là, en nous, à m’attendre.

 

Tapie au plus profond, au plus intime,
Au-delà de ses caresses si tendres,
De ces frissons si doux, si légitimes,
Elle sera là, en lui, à m‘attendre.

 

Prête à bondir, prête à jaillir,
Au delà des moindres gestes si tendres,
Quand  l’on se sent prêt à faillir,
Elle sera là, en elle, à m’attendre.

 

Depuis toujours et à jamais,
Au-delà des vos intention si tendres,
Dans les instants qui n’en peuvent mais,
Elle sera là, en vous, à m’attendre.

 

Dans nos désirs, dans nos souffrances,
Au-delà des émotions si tendres,
De notre vie de notre enfance,
Elle sera là, en nous, à m’attendre.

 

Derrière chaque fait, chacun de nos actes,
Au-delà de nos propos si tendres,
En chaque paragraphe de nos pactes,
Elle sera là, en nous, à m’attendre.

 

Dans nos liens, nos amours, nos fêtes,
Au-delà des artifices si tendres,
Que l’on soit à terre ou au faîte,
Elle sera là, en moi, à t’attendre.

 

Hier, aujourd’hui, demain, toujours,
Au-delà des intentions si tendres,
Au fil des heures, au fil des jours,
La bête sera en nous, à attendre.

 

Prête à mordre, à dévorer, à tuer,
Les âmes douces, les âmes tendres,
Se repaître de chairs et s’en gaver,
Ne pouvant alors ne plus attendre

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 09:16

Allez viens ! Entre, entre en moi, viens vivre ce qui me brûle, toucher cette flamme qui lèche langoureusement mon âme. Viens chevaucher la chamade et goûter à la peur sans fin, viens te voir au travers de mon regard. Viens ! Entre quelques instants pour t’enivrer de toi même, de ton omniprésence dans le flot d’un sang qui tape, cogne et s’échauffe. Entre et enfonce toi au plus profond de ma chair là où tout se noue, où l’angoisse enfante ses filles qu’elle nourrit au sein de mes doutes. Viens voir la peur qui s’habille du tissu des questions, oripeaux d’un silence dont tu détiens la clé. Viens au théâtre du profond, sur la scène du mal, là où les acteurs intérieurs répètent inlassablement leur texte. Frappe les trois coups et lève le rideau, tu verras ton spectre qui hante mes instants.

Viens, entre, entre et installe toi, savoure ce désir de toi, ce besoin insatiable, vibre au frisson qui passe, onde qui bouscule, chaloupe les viscères, et à chaque passage s’amplifie. Entends ce murmure qui grandit du matin au soir et du soir au matin, flux et reflux de ton image et de tes mots, le son se scande et puis s’enfuit pour sans cesse revenir et se cogner à la raison.

Viens en moi, viens en ce temple que l’on a bâti pour toi, au mortier de larmes et de poussière de désir, agrégats sur agrégats, miettes d’un espoir aux fondations d’argile. Viens et écoute le chant des fidèles qui entonnent le requiem du désespoir pour sa parente défunte : l’attente. Viens, entre et revêt l’habit de lumière que l’on a tissé pour toi en fils d’amour sur le métier des regrets, parcourt ton église et enivre toi de cette dévotion offerte, l’âme invite et le coeur s’arrête. En ces lieux secrets tu es maîtresse, chaque goutte de vie est tienne liqueur, que ta bouche s’abreuve de cette sève profuse, fontaine intérieure d’où s’écoule le temps, le temps de l’autre à ta discrétion offert.

Viens, entre une fois en moi, visite le sanctuaire, promène toi dans les jardins de ton attente, sur les chemins de l’inquiétude et des jours qui passent sans toi. Flâne sur les pelouses de l’incertitude et rencontre au détour d’une idée le début d’une larme de rosée que ton absence a enfantée. Allez viens, rien qu’une fois, viens voir ce qui vit derrière celui qui attend, tu t’y verras , si belle et si autre, dans le miroir qui te reflète sans que tu y sois.

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