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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 21:15

 

On vient de s’asseoir chacun derrière son nom, son carton, son beau carton écrit avec la langue qui dépasse pour faire beau et chic, d’ailleurs on va tous l’emporter ce souvenir du jour mémorable, et le foutre dans un tiroir duquel il ne ressortira que pour aller dans une poubelle, un jour de grand rangement ! On est là à attendre, à regarder les couverts en se remémorant en douce l’utilisation des fourchettes, couteaux et autres conneries ménagères. On se regarde, on se cherche l’attitude idoine pour passer dans le décor ; on a pris les photos et on admire les cadeaux de l’impétrant au royaume des cieux. Il y a plus de vingt ans il aurait eu droit à une montre, un stylo plume et un peu de fric pour sa conversion, maintenant ça vaut plus, il compte sa thune le mouflet, dans sa tenue si blanche avec sa gueule de… de premier communiant ! Faut pas rêver seigneur, sa rédemption c’est du pipeau, du chiqué, ça va pas durer, dans une heure son âme comme son aube seront…tachées ! Là il fait le convaincu, mais pas vaincu pour longtemps, petit à petit il va se lâcher, redevenir un de son âge, il va traîner par terre, dire des conneries, se battre avec ses cousins jaloux et boutonneux, bref il va reprendre la procession des cons, et finir premier un jour de classement.

 

Là bas, en face, trônant en bout de table la bombec qui s’agite, c’est ma belle mère, la mère de, de mon épouse qui m’a donné des enfants, les boutonneux. Elle va et vient la rombière en chef, sans cesse, débitant les mêmes conneries depuis des lustres, avec son rire puant et aigrelet, sa suffisance assurée et envahissante… Maîtresse de maison, qui règne aujourd’hui pour cette communion à la con, tradition profane s’il en est ! Cérémonie païenne au prétexte dévot, réunion des goinfres, des apostats qui se réclament d’en haut et ne peuvent à peine décoller de leur plancher si terne ! On va bouffer dans le brouhaha des cons.

 

A côté c’est le mari, le beau père, le dabe, le dominé qui n’a jamais rien dit, qui sourit de sa veulerie éternelle et s’en va régulièrement fumer sa sèche en douce, comme un gosse qui a peur, peur de sa… de sa mère ! Il picole en douce au moindre prétexte, s’accrochant aux regards connivents pour les amener aux bouteilles et boire m’importe quoi. Il n’a que ça pour tenir, c’est son loisir, d’ailleurs il ne sait pas pourquoi il boit, il l’a jamais su, mais rien qu’à voir sa femme on le comprend, on sourit et l’excuse. Sa clope pend au bec et s’éteint sans cesse, il rallume plus qu’il ne fume, ses cousues sont roulés à la main, un tabac gris d’avant guerre qui pue et arrache les bronches… une clope d’une autre époque, une clope de pauvre type qu’on pardonne d’être si transparent… un gentil con qui dit jamais non.

 

Pas loin, c’est ce grand connard de beau frère ! Lui c’est le truisme social, l’aîné dans toute son insignifiante splendeur, aux phrases creuses, le roi des poncifs éternels, qui ressortent à chaque rencontre, ces mots passe partout qui rebattent les oreilles et entrent pour ressortir aussitôt au risque de pourrir le peu d’intelligence qu’il nous reste ! Oui c’est un con, un grand con formidable, un con géant d’insignifiance, un monument insigne de connerie, sculpté dans le stuc de la platitude des jours qui passent, ce marbre controuvé des décors en pâte, ce monde en deux dimensions des journées qui se répètent ! Un cas ce beauf, une pièce de musée, l’œuvre absolue du monde décadent de la bêtise et de lieux communs… un odieux tranquille qui occupe l’espace quotidien parmi les autres …tous les autres !

 

La pétasse qui se marre aux couleurs fades d’un maquillage bon marché et voyant, c’est sa femme au grand con, ma belle sœur, qui m’adore et que je me force à embrasser ! Une pas méchante mais si bête, si primaire, une gentille qui confond intelligence et niaiserie, un tas de viande qui s’avachit petit à petit avec le temps, dont les traits se renforcent pour devenir plus outrés chaque jour, la faisant entrer peu à peu dans la fadeur des autres en décor absolu et sans relief… dans le tableau des jours de marché et de fêtes de fin d’année.

 

C’est la réunion des fades, des gens, c’est le repas des commensaux du monde qui avancent, qui s’éloignent de Cro magnon et s’approchent chaque jour plus de Néanderthal, en pensant tout savoir ; c’est le suicide des ignorants qui croient, qui croient que rien ne peut leur advenir parce qu’ils bouffent, pètent, baisent et vivent ensemble… c’est Sodome et Gomorrhe à rebours et en grand, en technicolor, en relief et son dolby ! C’est la foire des abrutis, la polka des enivrés indolents qui vieillissent en pensant devenir plus intelligents, alors qu’ils s’embouquent plus à chaque seconde dans ce port sans sortie de leur banalité ! Y a que le verni qui change, le bois est pourri lui… jusqu’à la moelle, de l’aubier à la sève ce n’est que pourriture sous écorce d'ostentation !

 

Ca y est le copain du beauf a retiré sa cravate, m’en doutais dès le début, ça pouvait pas tenir ! Lui c’est l’ancien beau, le gâté par la nature qui a mal tourné, le doué du foot qui dribblait les cons gras du bide et se tapait les greluches qui gravitaient les soirs d’après match… il avait un petit talent qui lui suffisait, ça lui permettait d’exister un peu dans sa planète gazonnée… belle tronche et facilité, il se voyait pro, mais bon, il se voyait à force de s’entendre dire qu’il avait du talent, c’est tout. Là il joue encore, de temps en temps, devant sa télé, avec une bière et son gosse qui croit que son père en sait plus que tous les entraîneurs du monde ! Sa petite gueule elle a vieilli, elle a gonflé comme ses abdos ! Il vit de son passé comme d’une rente, de ses buts si lointains qu’il remarque à chaque communion, mariage ou baptême…il en finit pas de courir après ces matchs de districts comme un ancien combattant de la défense passive qui s’invente un Verdun plus douloureux  après chaque demi ingurgité. Il a fait long feu avec son costard patte def et sa chemise au grand col… il a pas tenu une heure avant de la tacher et de virer sa cravate Mickey à la con ! Il a le bedon qui dépasse de sa taille mannequin et il a beau serrer son falzard…ça déborde ! Il y pense au régime, mais il a pas le courage pas la volonté, et puis il est trop…con ! Son CV s’arrête à sa licence d’antan, à ses buts du dimanche et sa ptite gloriole vernaculaire… c’est un con, un vrai, un de ceux qui se regardent dans la glace chaque matin et sourit en se voyant…c’est un con qui bande en racontant ses souvenirs !

 

Sa femme au sportif elle fait pitié, elle le regarde encore au travers du filtre de son amour, faut surtout pas lui dire que son époux c’est une copie, une sous marque, sinon elle s’écroule et vieillit d’un coup ! Elle le suit, c’est pas la plus belles de celles qu’il a baisées derrière les tribunes ou à la sorties des bals, non c’est une brave, une gentille, une fin de carrière, une assurance vie tranquille toutes options pour un con en fin de partie jour de jubilé. Elle est pas mal si on regarde vite, dans le contexte, elle a un reste de charme dans son ingénuité plate, des seins qui commencent à tomber, un cul qui moule bien son pantalon du dimanche. Mais bon, elle est là par habitude, comme le soigneur bénévole sur les terrains d’arrière pays, elle fait partie du décor et tant qu’elle aura ses œillères et vivra aux ordres de son con d’ancien champion, ça ira.

 

On va bouffer et attendre toute l’après midi jusqu’à la tombée de la nuit, on va se repaître, se remplir le ventre, rire bêtement, parler pour ne rien dire, on va faire semblant, faire semblant de s’aimer pour donner le change, pour faire croire qu’on est bien, pour justifier la dépense ! Oui, on va faire péter la panse, se mettre en spectacle, dire les dialogues convenus, rire aux bons endroits et lâcher la bienséance pour faire, pour faire le con, l’humain social, faire fuser les mots, les grivoiseries en preuve d’intelligence, être entre soi, entre…cons !

 

Les gosses en beaux habits vont se rouler par terre et se bâfrer, ils vont aller au bout de leur folie, livrés à eux-mêmes, graines de cons en attente de vernalisation, tandis que les hommes se laisseront aller à l’atavisme et chercheront à devenir plus homme, plus ridicule et con.

 

On va s’extasier sur la quincaillerie, les bagnoles, les points retraite et les chèques resto, sur les exploits d’antan et les beuveries anciennes, on va se dire le passé en parfums avinés, on va blablater et croire que l’on est heureux. On va faire défiler le temps de la bobine du présent pour l’inscrire dans un tissu sans couleurs que celles que l’on a dans le cœur, délavées et estompées, oblitérées par le manque…d’espoir. On va pisser son ennui en jet continu jusqu’à la fatigue et les adieux attendus. Moi aussi je vais m’y mettre pour ne pas vomir, je vais enfiler mon costume d’apparat, ma livrée étincelante de con, deux trois verres et hop je vais devenir docteur es connerie, de la faculté de la consternation, mention très bien ! Oui je vais entrer dans la danse, marcher dans leurs pas pour survivre, pour appartenir à l’instant, à l’espèce…c’est du rituel, du lien sociétal qui fait qu’on reste des cons sapiens sapiens, de la branche trop longue des hominidés en goguette. Je vais les débiter les conneries menues et en couleurs, je vais les plagier les odieux, leur montrer la connerie au subjonctif avec accord du participe passé ! Je vais être le roi…  le roi des cons ! Je vais les emmener là où ils ne vont jamais, dans ce vertige abyssal de la bêtise incontinente, de la stupidité exacerbée ; je vais les forcer de l’intérieur pour voir jusqu’où ils peuvent aller dans l’abandon de leur dignité, de leur masque social… je vais jouer de la flûte à rats et on va tous se noyer dans la vinasse et la bonne humeur qui transpire…sous les bras.

 

Ca va être mémorable, bouffe, attentes et alcool à gogo pour griser la connerie tous ensemble. On va gincher sans pudeur, rire, se tripoter, pleurer aussi, se dire qu’on s’aime, suer, remettre sa chemise plein de fois dans son pantalon…et puis on ira dehors pour pisser ensemble sans vergogne, et un peu sur son froc. Oui on va abattre les murs de la retenue, on va se dessaper des oripeaux de la bienséance, on va redevenir primaire, sous la dépendance de notre cerveau reptilien. On va écouter notre hippocampe et notre hypothalamus, on va se vautrer dans la pulsion hormonale et faire semblant d’oublier, dans la transpiration et les odeurs du désir. Et puis la fatigue s’en viendra, ralentissant la fougue des cons, après toutes les danses de nos passés revisités, on ira s’asseoir pour raconter ces histoires quelconques, qu’on se répète inlassablement comme les contes traditionnels, mémoire orale de notre connerie. C’est là, dans la fatigue, le silence et les regards rougis par l’alcool, qu’apparaîtra à nos yeux notre propre inanité, et alors en quelques secondes nous nous fuirons en quittant les autres. Paroles convenues et embrassades, chacun remerciera l’autre en se promettant de se voir plus, et au retour chaque couple fera le juste bilan de cette journée, trouvant les autres décidément de plus en plus…cons !

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 09:18

L’été en la mémoire,

Sa chaleur, son soleil,

Les reflets de sa moire,

Sur l’air chaud, son éveil.

 

Sable fluant des hier,

Ce désert oublié,

En sa douce lumière

L’infini publié.

 

Son ciel étale et bleu,

A peindre les nuages,

Lazulite en tes yeux,

Les lapis d’une image.

 

Poussière et vent de sable,

Nomades et câpriers,

Cohortes inlassables,

Qui s'invitent à prier.

 

Ondes et rides de silice

Dessinées par le vent,

Ondoyantes et si lisses

Sous la main du levant.

 

Fluence, courbes et dunes,

Grains de sable et de peau,

Sur l’horizon, la lune,

Si belle en son halo.

 

En berbères du passé,

Dans le temps envoilés,

Nos destins embrassés,

Maintenant dévoilés.

 

Souvenirs d’orient,

De senteurs et mollesse,

Nos regards souriants,

Leur langueur, leur paresse.

 

Nos ombres, nos pas, nos traces,

Nos oasis lointaines,

Qui lentes se déplacent,

Émouvantes incertaines.

 

En la crevasse, l’eau fraîche,

Si limpide et secrète,

Qu’une pénombre pourlèche

De sa langue discrète.

 

Caravanes dépassées,

Méharis des plaisirs,

Au soleil du passé,

S’en reviennent nos désirs.

 

Crépuscule orangé,

Sur lequel en détail,

Se dessinent étrangers,

Nos caravansérails.

 

Mirages de nos instants,

Clepsydres et sabliers,

S’écoulant nonobstant,

Les norias oubliées.

 

Dans les nuits étoilées

Des déserts de jadis,

Ces mirages peu voilés

Sont nos ombres qui se glissent.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 23:07

La nuit lente s’envient

Versant sur l’horizon,

Son encre de chagrin

S’étale sur les maisons.

 

En ce ciel infini

Où s’étendent des ombres,

S’élèvent les nénies,

Chants de nos plaintes sombres.

 

Envieilli, fatigué,

Las, le jour s’apetisse,

Incapable d’endiguer,

Les flots noirs le vieillissent.

 

Doux lapis des yeux

Carmines lèvres ourlées,

Ce matin merveilleux

Déjà s’est envolé.

 

Grains de sable, vent de lumière,

Balayés par le temps,

S’allument dans les chaumières

Les lueurs de l’instant.

 

Jouvence, tendres amours,

Déjà oblitérées,

Au crépuscule d’un jour,

Par la brune enterré.

 

Sur la plaine vespérale,

Eperdu et bien seul,

Court, s’essouffle ce râle,

Que la nuit enlinceule.

 

Maintenant sont les vêpres,

Lointaines sont les mâtines,

Ce chemin d’une lèpre

Dans sa ligne serpentine.

 

Aujourd’hui s’est éteint

Comme hier son pareil,

S’enténèbre son teint,

Quand sa mort appareille.

 

Les soieries d’une peau,

Parchemin de vieillesse,

Implacables oripeaux

D’une ancienne jeunesse.

 

De pénombre l’averse,

Pluie de larmes et de peines,

Par-dessus les traverses

Où les âmes se trainent.

 

Demain sera, ou pas,

Renouveau flageolant,

Une suite de pas,

De nouveaux flagellants.

 

La procession des jours

Aux confins de la nuit,

Au-delà le détour

Où la raison s’enfuit.

 

La nuit froide son satin

Versant sur l’horizon,

Son voile de crachin

S’étend sur les saisons.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 20:47

Une belle fatigue, magnifique de courbatures et de paupières lourdes. Comme un tourbillon qui entraîne le corps dans un abandon, un alourdissement, que l’on ne cherche à vaincre, auquel on se soumet avec délice. Il sent son petit corps qui le quitte, dans la tiédeur de la chambre obscure… comme il est bien à la frontière du sommeil !

 

La lumière du soleil d’août traîne encore derrière les rideaux de la chambre, le crépuscule se prolonge, le jour semble se tenir en retrait attendant déjà que revienne son tour …. Une longue journée de vacances à courir dans la campagne attenante, à se débattre et se griffer les jambes et les bras dans les ronces vives et entremêlées des chemins étroits. Une longue journée qui perdure dans la brûlure tenace des piqûres d’orties, culottes courtes, bras nus, tout humide d’une sueur salée et abondante. Prurits d’été.

 

Les images s’en reviennent confuses avec leur saveur intérieure, il se revoit, se revit, tandis que la fatigue l’emporte là bas, dans ce pays rassurant des nuits au lendemain de vacances.

 

Les pieds qui s’enfoncent lentement au bord de la rivière, aspirés par la vase, et la lumière ardente du soleil qui transperce l’eau laissant transparaître les épinoches au ventre rouge. Les rides concentriques de la surface qui courent, fuyant les cailloux qui coulent et disparaissent. Les rires et les peurs, les chardons acérés, les fuites dans les hautes herbes, la bouche pleine de grains de blé, il a gambadé du matin jusqu’au soir, oubliant les heures et la réalité du temps. Oubliant les éraflures et les perles de sang sur ses cuisses malingres.

 

Son corps s’est enfui, détaché totalement de lui, ne reste que ce bien être qu’il cherche à faire durer, à savourer, à ralentir, étendre, pour le vivre le plus longuement possible, comme un bonbon que l’on se retient d’avaler, au fond de la gorge. Déglutir la saveur des souvenirs si proches sans se faire de suite dévorer par la nuit ! Retenir les instants et leurs couleurs de bonheur, les éclats de voix qui résonnent au-dedans, se laisser surprendre par les soubresauts impromptus d’un corps qui semble refuser l’abandon. Kaléidoscope onirique d’une journée de grandes vacances.

 

Les tartines de confitures, la menthe à l’eau, le vrombissement des insectes gourmands et plein d’ostentation, la soif terrible et le macadam bouillant. L’ombre des bois, et le vent qui caresse à rebrousse poil la toison des champs de blé. Il revit cette longue et belle journée d’août, souriant les yeux clos, happé par la fatigue, avec au ventre un petit quelques chose d’indicible, qui rend complexe et pluriel ce sentiment de bonheur. Il n’entend plus rien, sinon les babils de son rêve, et sans vraiment en avoir conscience murmure dans le silence de la chambre : « je ne veux pas grandir… »

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:46

Chemin faisant, le long d’une vie,

Jours après jours, heures après heures,

Comme une rivière dedans son lit,

Qui lentement s’écoule sans heurt.

 

De l’étiage aux inondations,

Eaux calmes ou turbulentes,

Entre les berges de l’émotion,

Le lent décours de nos attentes.

 

Un bras nouveau, l’autre aride et oublié,

Route sinueuse au travers des amples terres,

Chemin d’une vie sur la lande publiée,

Quand un jour se lève, et que l’autre s’enterre.

 

Dans les ondes d’une pierre qui éclabousse,

Le reflet troublé de la surface brisée,

Et le vent des saisons, de sa caresse douce,

Étale le temps soufflé par ses risées.

 

Chemin faisant, s’écoule la vie,

Heure après heure, jour après jour,

Comme une rivière dedans son lit,

Traverse la plaine, par mille détours.

 

De la source à l‘embouchure,

Par le long trajet des âges,

Jours pointillés, nuits de hachures,

En l’estompe des paysages.

 

Flots doux, lisses, vagues agitées,

Entre larmes et sourires,

D’une onde retenue, ou précipitée,

Couleuvre qui s’étire.

 

Entre les arches des ponts, jetés par-dessus,

Emportant branches et feuilles mortes,

Lambeaux d’existence et d’âmes déçues,

Le courant inexorable nous emporte.

 

Chemin faisant, petit à petit,

Instant après instant, heure après heure,

Comme une rivière dedans son lit,

Qui lente s’écoule, et lentement se meurt.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:50

Ecoute la rengaine, la chanson qui martèle,

Danse la folie, valse de l’humeur,

Les murmures se moquent et sourient.

 

Dispersion, en toi les mots épars,

Ribambelles et farandoles,

Dans les pensées la phrase s’égare,

Obscurs propos et fariboles.

 

Tac tac, tac tac, le train sur les rails

Tap tap, tap tap, les pas sur le bitume

Toc toc, toc toc, le bec de l’oiseau, qui picore la tête.

 

Détricote le cerveau, maille après maille.

Acre parfum, senteurs d’amertume.

Les idées poissent le remugle qui entête.

 

Voltige, les mots s’aheurtent

Vertige, les idées se bousculent

Odeur d’envie de meurtre

La violence, peu à peu, s’accumule.

 

Tac tac, tac tac, le train sur les rails

Tap tap, tap tap, les pas sur le bitume

Toc toc, toc toc, le bec de l’oiseau, qui picore la tête.

 

Imbroglio de paroles, tisse la toile

Raison, enfin, laisse les coutumes

Que vienne le temps, le temps de l’après fête.

 

Rappe ta colère, chante ton courroux

Danse le geste, et le mime des fous

Nul n’est prophète, nul n’est victime.

C’est l’encre de la colère qui décide de la rime.

 

Tac tac, tac tac, le train sur les rails

Tap tap, tap tap, les pas sur le bitume

Toc toc, toc toc, le bec de l’oiseau qui picore la tête.

 

Les mots se chevauchent, et les idées déraillent

Au baptême des phrases, c’est l’irraison qu’on exhume

L’oiseau de nuit, affamé, sans cesse picore, évide la tête.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 13:18

Ca ne parle qu’à vous,

Dans un murmure intime,

Une sorte de refrain,

De mauvais rendez-vous,

Une sourdine si infime

Sans pause ni frein.

 

Une homélie bafouillée,

Au son d’un mauvais bourdon,

Un truc intérieur à capella,

D’une raison affouillée

Par l’usure d’un fredon

Qui sans cesse donne le la.

 

Mutique marteau piqueur,

Tambourin du dedans,

Métronome inlassable

Et derviche penseur,

Qui se butte au redan

De questions inclassables.

 

Une histoire sans paroles,

Silencieuse confidence,

D’un battement de chœur,

Dans un acte sans rôle

Ni aucun pas de danse

Éternel haut le cœur.

 

Pulsation assourdie

Qui dévore la tête

Et résonne sans cesse,

D’un esprit alourdi,

Par l’écho qui l’entête

Et ne trouve de cesse.

 

Procession de martels,

Au chemin des enclumes,

En musique d’étameur,

Mauvais râles d’artels,

Associés d’amertume

Qui répètent leur clameur.

 

Vive valse hors des temps

Comme un tango frappeur

Sur le parquet des tempes,

En des pas haletants

De mauvais attrapeurs

Qui martèlent leurs étampes.

 

Crécelle monotone,

Dans le grenier des idées,

Et qui n’annonce rien,

Rengaine d’un automne,

Par les averses lapidé,

D’un crépuscule vaurien. .

 

C’est un ragot, en nous,

Une sourde pulsation,

Un soliloque pesant,

Qui s’attache et se noue,

Intérieure constriction,

Au-dedans s’imposant.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:39

 

 (laissez passer les 20 premières secondes de musique...)

 

 

C’est un ciel, un ciel gris

Un ciel lourd qui se prolonge,

Ciel d’un jour qui s’aigrit

Dans les plis des vagues,

D’un azur qui se forlonge

Plus qu’il ne divague.

 

Assis sur la dune molle

 Dans la cinglure du vent,

Sous les cieux qui s’affolent

Une chanson dans la tête,

Je regarde au loin devant

S’en venir une tempête,

 

Traces de sel et goémon,

Une plage obscure s’étale,

Sombre interminable piémont

D’où la marée se retire,

Oubliant sur son étal

Son écume qui respire.

 

Les embruns vitement procèdent,

S’engouffrent vers l’estuaire,

En des rafales qui se succèdent

D’une violente procession,

Quand dans le calme portuaire,

Se vit l’attente de l’accession.

 

La nuit et le jour s’emmêlent

Se mélangent puis se confondent,

Ouate brune qui se pommelle

Brutale et grasse sur l’horizon,

Où des couleurs se morfondent

En une noire retiraison.

 

La mer s’en est allée, lointaine,

Chantant là-bas ses épithètes,

Et ma silhouette quintaine

Que le sable sec fustige,

Sur la dune s’arrime et s’entête

Dans les élymes qui voltigent.

 

Quand l’onde se fait le miroir

De cette voûte qui se grise,

Parant de soufre son égrisoir,

C’est dans les crêtes de sa colère,

Qui l’éclaboussent de leur emprise,

Que l’océan devient l’amer.

 

Dans les bourrasques le goéland,

Navigue fol et par saccades,

De la jetée ce chambellan,

Se voit bouter loin du rivage,

Bien au-delà les estacades

Hors la portée des arrivages.

 

C’est dans la bousculade du tout,

Dans cette confusion des choses,

Sous l’orage qui hale tire et toue,

Qu’au loin, dans une déchirure,

S’en vient paraître l’apodose

Moire du soleil en sa parure.

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 21:30

(Dédié  à Valdy en cette semaine Pascale qui lui est chère)

 

 

 

 

Quelles formes ont les traces du passé dans l'âme de ceux qui les cherchent ? Comment peut on refaire ce chemin à contre biais si l'on ne sait les distinguer dans les méandres de la mémoire, ces imperceptibles souvenirs? Quelle couleur a ce ciel ancien ? Quels sont les dessins et les trajectoires des nuages qui le peuplent ? Y a t il dans cet azur dépassé des montgolfières qui précèdent le vent ? Et les rivières et torrents dans quel sens s'écoulent ils sur ces reliefs oubliés ? Peut on sans risque refaire le chemin sans suivre le plan du temps qui passe, dos au présent à rebours le regard au loin ? Peut-on remettre les pas dans les pas sans déborder de la trace, regarder l'écume reculer et faire se lever le soleil à l'ouest ? Les larmes peuvent elles doucement se déverser sur les joues du bas vers le haut et venir se perdre dans les yeux ? Aurore peut elle quitter le crépuscule et retourner à l'aube de sa vie pour voir enfin le soleil se dessiner sur un horizon sans brume ?

La marée peut elle échapper à la lune et fracasser la digue sur ses vagues au mépris de la gravité, ramener le sable et refaire la dune ? Les oiseaux de l'âme repartir d'où ils viennent dans une migration à l'envers et les saumons de l'enfance redescendre les rivières ? Le jour peut il remplacer la nuit et la nuit le jour en alternance de gris ? Et les petits matins se fiancer à la brune ? Peut-on avancer de dos comme si l'on ne cessait de repartir parce que l'on veut s'assurer qu'hier a vécu comme il se doit ? Et reconstruire aujourd'hui afin que demain on ne le regrette pas ? Sait-on faire tourner la roue dans le sens opposé et émoudre le grain pour en faire du blé ?

Si un jour l'on s'arrête pour regarder avec attention le ciel saurons-nous remonter aux sources du vent ? Faire que la poussière remplisse le sablier et que s'écoule à nouveau le temps ? Pourrons-nous sur l'horizon des jours, dessiner l'avenir par-dessus la toile de ce qui fut ? Et refaire l'esquisse de ce qui doit advenir ? Les voyages n'ont-ils qu'un sens nous éloignant pour toujours de ce que nous sommes parce que le temps ajoute les distances et jamais ne les soustrait ?

Faut-il entrer dans les pièces que la mémoire un jour a refermées ? Descendre des navires qui nous ont mené ailleurs et s'amarrer aux quais du retour ? Se retourner à l'appel des souvenirs et courir dans l'espoir de pouvoir les embrasser ? Les amours d'antan peuvent ils redonner les premiers baisers sur des lèvres aux commissures ridées ? Faut il reprendre les routes à l'inverse des autres et chercher dans les bas côté ce qu'un jour nous avons jeté dans l'espoir de savoir qu'en faire ? Aller des moissons aux semailles et refermer les labours, ressortir la paille et greffer les éteules, revoir les blés et leurs vagues d'or sous les caresses du vent. Suivre du regard l'ombre qui s'enfuit comme une écume impalpable sur les épis qui ondulent berçant la campagne qui s'éveille et s'endort ?

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 21:22

Des mots placides, des mots douceur,

Des mots d’émeri, des mots qui râpent,

Des mots liquides, des mots qui pleurent,

Des mots connerie, des mots qui frappent.


Des mots poussières, des mots de sable,

Des mots d’antan, des mots passants,

Des mots d’hier, des mots passables,

Des mots du temps, de Maupassant.


Des mots blessures, des mots qui fâchent,

Des mots silence, des mots non dits,

Que l’on susurre ou que l’on cache,

Des mots d’absence, des mots redits.


Des mots d’amour, des mots chamade,

Des mots couleurs et des mots gris,

Des mots d’humour, de rigolade,

Des mots rancœur, des mots aigris.


Des mots de toi, de mots de lui,

Des mots colère, des mots hardis,

De mots matois, des mots fortuits,

Des mots tonnerre, des mots pardi.


Des mots bien seuls, des mots perdus,

Des mots qui riment, des mots qui chantent,

Des mots linceuls, des mots rendus,

Des mots déprime, des mots qui mentent.


Des mots sans queue, des mots sans tête,

Des mots riants, des mots insanes,

Des mots tout bleu, des mots de fêtes,

Mots d’orient lettres persanes.


Des mots tremblants, des mots malades,

Des mots de peurs, des mots d’angoisse,

Des mots chantants, des mots ballade,

Des mots de chœur, des mots paroisse.


Des mots de pierre, des mots arides,

Des mots sucrés, des mots desserts,

Des mots rapière qui se dérident,

Des mots sacrés que l’on ressert.


Des mots chaleur, des mots d’été,

Des mots d’hiver, des mots glacés,

Des mots clameur, mots endettés,

Des mots divers et haut placés.


Des mots jaunis, des mots d’automne,

Des mots en fleurs et printaniers,

Des mots honnis et monotones,

Des mots ronfleurs, mots casaniers.


Des mots mêlés et des mots doux,

Des mots toisés, des mots heurtés,

Mots emmêlés et aigres-doux,

Des mots croisés et aheurtés.


Des mots sans fin, des mots qui glacent,

Des mots de charme, des mots mystère,

Des mots enfin, des mots surplace,

Des mots de carme, des monastères.

 

(Offrande à Celeste )

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Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
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