Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 21:17

 

Raccourci d'un jour accueillant la nuit,
Obombrant en sa suite les reliefs austères,
Obscur satin par son voile de l'ennui,
Qui lent, le soir, s'appose et recouvre les terres.

Quand le jour lassé semble un crépuscule,
Et que se meurent silencieuses les vacances,
Quand les plages sont vides, majuscules,
Les soirées s'accourcissent, en leurs molles attenances.

La caresse de l'ombre se prolonge,
S'étend, fraîche, bien au-delà de nos horizons,
Jours d'été qui dans la nuit se forlongent,
Silhouettes de souvenirs et de pamoisons.

C'est une houle, une vague intérieure,
Comme une marée qui au-dedans se retire,
Sous le chant moqueur de l'oiseau rieur,
Qui en nos âmes sombres son envol étire.

Les pensées dans nos hier se perdent,
S'égarent, et se traînent en les instants nostalgiques,
Comme en les trembles se nichent les saperdes,
Où chagrinées les larves attendent léthargiques.

Vient le temps des nouvelles cicatrices,
Que le fil des jours, bien, ne saura repriser,
Blessures sensibles des âmes novices,
Par l'immédiat des nouveaux instants méprisées.

C'est dans la gorge que les larmes s'écoulent,
Quand dans le ventre, terrible, un étau se resserre,
Et bercé douloureusement par la houle,
Notre esprit, tristement, le passé met en terre.

Si lointaine s'estompe l'aube estivale,
Quand la nuit mate, complète, s'accouve sur les plaines,
Étouffant là, du jour le festival,
Sa musique, ses notes, ses fredons et ses rengaines.

Juillet s'en est allé, août à sa suite,
Bientôt, se poseront les pourpres, puis les ors,
A l'automne, sur les frondaisons en fuite,
En la pénombre froide des timides aurores.
Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:08

P1020256Ce vide si grand, profond,
Si plein de ton absence,
De lui-même infécond,
Fécondant d’impuissance.

Grenier des souvenirs,
Reposoir des hier,
Des chagrins à venir
Des attentes meurtrières.

Sa rivière souterraine,
De murmures de sanglots,
Au-dedans qui se traîne,
Dans le plein de son flot.

Les paroles du passé,
Les images de jadis,
Maintenant ressassées,
Lassé salmigondis.

Une errance éternelle,
En soi même réfuté,
Volatile sans ses ailes
Goéland amputé.

La douceur, les fragrances,
Des parfums l’advenue,
D’une subite flagrance,
Te voici revenue.

La brume et l’horizon,
Le vent, le sable, les vagues,
Sur la plage, hors saison,
Nos âmes qui divaguent.

La côte, déserte, hyaline,
De falaises déchirées,
Ensablée et saline,
Longuement étirée.

Éclats de coquillages,
La marée qui descend,
Laissant en son sillage,
Ce rivage renaissant.

De la terre vient la brise,
Tes cheveux dans ce vent,
Comme l’écume sous l’emprise
Des rafales l’élevant.

Au lointain les navires,
Embrumées silhouettes,
Sous les cieux où chavire,
L’équilibre des mouettes.

La muraille des falaises,
Belvédère de calcaire,
S’aboutant en alaises,
Où s’achèvent les terres.

Tes empreintes sur le sable,
Par les vagues effacées,
Revenantes inlassables,
Sans jamais se lasser.

Je me souviens de nous,
Du vent, du cap blanc nez,
De ce beau rendez-vous,
Dans tes yeux cérulés.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:59

Grand vide des rues inertes,

Dans le jour qui ne sait pas,

Et dans la ville déserte,

Ne résonne plus aucun pas.

 

Ombres des grandes tours

Au soleil couchant,

Et rien d’autre alentour,

Que ces noirs penchants.

 

Fuite molle d’un papier oublié

Prisonnier d’une impasse,

Coule le fleuve sous le tablier

Du vieux pont qui l’embrasse.

 

Insanes virgules de couleurs,

Graffitis ternes délavés,

Murs aux lamentations des douleurs,

Colères fauves enclavées.

 

Un horizon lointain qui rougeoie,

Sur le gris de la toile,

Quand sur la ville morte poudroie,

Une nuit sans étoiles.

 

Il n’est que voitures sans vie,

Dans les rues anonymes,

En simples signes de survie,

Sans aucun patronyme.

 

Par les nues le ciel est mouvement,

Et la cité, elle, est immobile,

Pétrifiée en son élèvement,

Sous cette mate voûte mobile.

 

Les odeurs solitaires se traînent

Dans le vent tiède des quartiers,

Etale courant qui les entraîne

Par vagues d’effluves entiers.

 

Il n’est plus vie, il n’est plus êtres

Dans la ville obscure endeuillée,

Rien plus n’est certain, ni peut être

En l’étrange de cette veillée.

 

Grand vide des âmes en peine,

Dans un jour qui ne se fait pas,

Où sur le devant de la scène,

Ne résonne plus notre pas.

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 22:36

Des vaches placides, noires et blanches, museau rose, qui paissent et ruminent dans une pâture ;

Un couvreur, en équilibre sur un toit, alignant des tuiles rouges ;

Une lèvre supérieure de femme dont le maquillage masque mal les rides ;

Un type, avec une chasuble fluorescente, qui court au petit matin, du mauvais côté de la route ;

Un merle qui remue frénétiquement l’humus cherchant de la vermine ;

Une route qui tourne, à l'aube, ou dans la nuit, et se perd dans la brume, ailleurs, autrement alignée ;

Un ciel gris, griffé par des ramures dénudées ;

Un Caddie rouillé, oublié dans un taillis, en bordure d’une cité ;

Un vol d’oies sauvages, là-haut, qui passe et cancane ;

Des éboueurs au crépuscule, en banlieue, qui finissent leur tournée ;

Des poubelles éparses, en quinconce sur un trottoir, dans la lueur des réverbères ;

Un cheval qui marche, s’approche de la clôture, dodelinant de la tête ;

Une jeune femme qui se retourne et puis sourit ;

Un pot d’échappement qui vibre et qui goutte, à l’arrêt d’un sémaphore ;

Un tas de fumier en hiver exhalant sa brume tiède,

De l’eau dans un caniveau qui contourne une canette et déborde sur la chaussée ;

Un tracteur qui laboure une terre meuble, et fait tourner sa charrue à six socs pour repartir dans l’autre sens ;

Un faucon crécerelle qui scrute, figé en l’air par l’agitation effrénée de ses ailes ;

Des gens quelconques attendant le bus ; assis, debouts, appuyés contre l'abri, sur les publicités;

Un serveur qui prend une commande en terrasse ;

Une vitrine éclairée la nuit et que personne ne regarde ;

Un gros type qui se cure le nez en attendant que le feu passe au vert ;

Des jeunes qui se parlent tout en scrutant leur téléphone portable ;

Une demoiselle, l’air ailleurs, assise dans un train, un casque sur les oreilles, écoutant de la musique ; qui grésille pour les autres.

Une file à la caisse d’un super marché, une file de gens absorbés par leurs pensées ;

Un gosse qui pleure, qui braille, qui occupe l’instant des autres ;

Une crotte de chien, molle, sur un trottoir, sale ;

Un gars accoudé à un comptoir sirotant sa bière, le gars, pas le comptoir ;

Une vieille femme trop maquillée, appesantie de bijoux et de caricature ;

Un lapin mort sur le bord d’un chemin, sec et décomposé, le lapin ;

Un pneu usé sur l’extérieur à force de toujours prendre des rond point ;

Une haie de troènes mitée et mal coupée, qui fait des vagues en son sommet et laisse passer les regards;
Un capot ouvert, un moteur chaud, qui sent l’huile minérale ;

De la mousse sur un toit ;

Des emballages usagés, décolorés, et du polystyrène, dans le fossé d’une route de campagne ;

Une mégère qui passe son tour dans une file d’attente comme si de rien n’était ;

Un adolescent qui crache par terre, après s’être raclé la gorge de tout son mieux ;

Une main qui caresse des lèvres vives sous la douche, et la buée qui se dépose sur la porte vitrée ;

Des gouttes d'eau sur les carrelages du mur, qui coulent doucement et s'étirent;
Des bouches qui mastiquent, des traces de lèvres sur un verre, des miettes sur la nappe, un couteau sale ;

Une chasse d’eau que l’on tire, un tourbillon de papier rose…ou blanc ;

Un autoradio qui beugle et fait vibrer les vitres et se taire les passants ;

Une gouttière déboîtée, en zinc corrodé, déformée par les chocs, en partie descellée du mur ;

Une télécommande sur une table basse, et la télé qui est allumée pour personne ;

Un cachet d’aspirine effervescent, qui pétille comme du champagne, dans un verre en pyrex;

Une feuille morte qui s’accroche encore à sa branche, sous le vent de l’hiver ;

Un homme et une femme qui s’embrassent dans une voiture, au bord d’un chemin gras, non loin d’une autoroute ;

Un agriculteur, les mains dans les poches, devant sa ferme ;

Son chien qui aboie, dès que l’on passe devant cette ferme ;

Un panneau indiquant l’entrée d’une ville,

Un panneau indiquant la sortie d’une ville ;

Ente les deux, une ville ;

Une grue, immense, qui bouge dans le ciel qui bouge lui aussi ; ou pas.

Moi, qui vois tout cela ;

Des gens qui ont faim ;

Des gens qui ont froid ;

Des gens qui s’ennuient ;

Des gens qui bougent, qui dansent, qui pleurent, qui souffrent, qui ont peur ;

La terre qui tourne ;

La lune qui tourne aussi ; sur elle-même et autour de la terre.

Des têtes qui tournent et s’enivrent ;

Des têtes qui se détournent, des gens qui se retournent et s'en retournent;
Des gens qui meurent, d’autres qui naissent, certains qui renaissent ;


Moi qui procède et participe de tout cela, totalement, ou en partie… qui sait ?

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 22:04

Un jour ma fille tu auras vingt ans, car le temps, aux jours, aura ajouté des ans. Tu seras femme, petite femme devenue grande. Toi sang de mon sang, tu partiras, avec des peurs et des sourires, avide de demain et inquiète de ce qui s’y trouve, et moi, dans ma chamade envieillie, pour ton bonheur, je devrai cacher mes larmes.

Un jour ma fille, tu ne seras plus une enfant, et ma mémoire te cherchera tout au fond de moi. Dans les souvenirs, c’est moi que je trouverai surtout, et cet inexorable défilé de nous, ce sablier de la vie. Grains, grain après grain, qui s’écoulent, et jamais ne s’agglomèrent, qui s’en vont, emportant chacun, un peu de ce que nous étions.

Un jour tu seras maman, femme pleine de vie et d’allant, dans la plénitude des aujourd’hui souriants… tu viendras me voir forte, belle, rassurante, mais inquiète, en toi, de ma vieillesse, de mes rides chaque jour plus évidentes. Tu ne diras rien et me gourmanderas de ma tristesse. Les saisons passeront, dans la succession des faits et des jours.

Un jour ma fille tu seras vieille, et moi ne serai plus, c’est en toi que tu feras vivre et revivre un peu de ton père, tandis que tes enfants déjà n’en seront plus. En ton âme solitaire alors coulera aussi la même rivière, celle qui emporte des âmes les brindilles…là-bas, là-bas.

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 21:36

La lumière se dérobe,

Disparaît sous les nues,

A ses pieds gît sa robe,

Et paraît sa chair nue.

 

En la messe du matin

Heure officiante de l’aube,

Les murmures en latin

Le chant d’un chœur en aube

 

Son parfum, son encens

Dans la pénombre du cloître,

Ce vitrail indécent,

Son magnifique théâtre.

 

Cathédrale de lumière

Au lever du soleil,

Les nénies, les prières

De l’instant qui s’éveille.

 

La liturgie du jour,

Sa silhouette belle,

Ses formes et ses contours,

Image qui se révèle.

 

Gisant de marbre blanc,

Sa couronne et ses plaies,

Sa peau, son corps troublant,

Et ses cheveux défaits.

 

La nef et ses colonnes,

Le transept et sa croisée,

Les rayons qui jalonnent,

Ses jambes blanches, décroisées.

 

D’au travers les meneaux,

Des pinceaux de lumière

Qui traversent les vitraux,

Enlumineuse verrière.

 

Un lent regard qui monte,

Qui s’arrête sur sa chaire,

Sans pudeur et sans honte,

En la fraîcheur de l’air.

 

Un bénitier de pierre,

A l’entrée de ce temple,

Empli d’une eau si claire,

En son bassin si ample.

 

Son autel, son chevet,

Sa gloire et son retable,

Le dessein achevé,

D’un désir redoutable.

 

Sa crypte au plus secret,

Sous l’abside et son chœur,

Nichée en le sacré,

En le sacré d’un cœur.

 

Ouverture meurtrière

D’où s’en vient la clarté,

Par le haut et l’arrière,

Lumineux aparté.

 

Si bellement dévoilée,

Aux matines solennelles,

Sous la nef étoilée,

La cariatide charnelle.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 21:31
Là, je le sens qui bat,
Qui cogne et se contracte,
Tambour d’un lourd combat,
Pulsions d’un dernier acte.

De ce mal qui l’enserre,
Ma poitrine est son chœur,
Douleur que mon sein serre,
Sain serrement de mon cœur.

Il se gonfle, puis expulse,
Résonne en mon poitrail,
Fou métronome qui pulse,
L’amour en mes entrailles.

D’un fort garrot qu’elle tresse,
D’une constriction puissante,
L’angine intime le presse,
S’empressant, oppressante.

De ce mal qui s’insère,
De propos et rancoeurs,
Doux leurre de mots sincères,
Sincèrement de mon cœur.

Là, j’ai le sang qui tape,
De son pouls peu amène,
En ma gorge fait étape,
En mes tempes se démène.

Mal de toi, de douleur,
A laquelle je me livre,
D’un serment de mon cœur,
Que son chœur te délivre.

Courir, plus vite, longtemps,
Dans une folle âpreté,
Qu’il s’affole, haletant,
À le faire s’arrêter.

Dans son sang, dans sa chair,
Asphyxié, déchiré,
Par l’ultime surenchère,
D’un désir expiré.

Garrotté par un lierre,
Ce serpent de mon cœur,
Vigne vierge geôlière,
Aux sarments constricteurs.

Elle est là qui le serre,
Si prégnante, si aigue,
Qui l’étouffe qui l’enserre,
Dévorante, exiguë.

Torturé, plein de sang,
De battements violents,
L’arythmie l’enlaçant,
L’enlacement l’étiolant.

De saccades en chamades,
Langoureux, lacéré,
Capricieux et nomade,
Amoureux, enserré.

Là, je le sais qui bat,
Rencogné, douloureux,
Prisonnier d’un débat,
D’un étau vigoureux.
Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 21:15

 

On vient de s’asseoir chacun derrière son nom, son carton, son beau carton écrit avec la langue qui dépasse pour faire beau et chic, d’ailleurs on va tous l’emporter ce souvenir du jour mémorable, et le foutre dans un tiroir duquel il ne ressortira que pour aller dans une poubelle, un jour de grand rangement ! On est là à attendre, à regarder les couverts en se remémorant en douce l’utilisation des fourchettes, couteaux et autres conneries ménagères. On se regarde, on se cherche l’attitude idoine pour passer dans le décor ; on a pris les photos et on admire les cadeaux de l’impétrant au royaume des cieux. Il y a plus de vingt ans il aurait eu droit à une montre, un stylo plume et un peu de fric pour sa conversion, maintenant ça vaut plus, il compte sa thune le mouflet, dans sa tenue si blanche avec sa gueule de… de premier communiant ! Faut pas rêver seigneur, sa rédemption c’est du pipeau, du chiqué, ça va pas durer, dans une heure son âme comme son aube seront…tachées ! Là il fait le convaincu, mais pas vaincu pour longtemps, petit à petit il va se lâcher, redevenir un de son âge, il va traîner par terre, dire des conneries, se battre avec ses cousins jaloux et boutonneux, bref il va reprendre la procession des cons, et finir premier un jour de classement.

 

Là bas, en face, trônant en bout de table la bombec qui s’agite, c’est ma belle mère, la mère de, de mon épouse qui m’a donné des enfants, les boutonneux. Elle va et vient la rombière en chef, sans cesse, débitant les mêmes conneries depuis des lustres, avec son rire puant et aigrelet, sa suffisance assurée et envahissante… Maîtresse de maison, qui règne aujourd’hui pour cette communion à la con, tradition profane s’il en est ! Cérémonie païenne au prétexte dévot, réunion des goinfres, des apostats qui se réclament d’en haut et ne peuvent à peine décoller de leur plancher si terne ! On va bouffer dans le brouhaha des cons.

 

A côté c’est le mari, le beau père, le dabe, le dominé qui n’a jamais rien dit, qui sourit de sa veulerie éternelle et s’en va régulièrement fumer sa sèche en douce, comme un gosse qui a peur, peur de sa… de sa mère ! Il picole en douce au moindre prétexte, s’accrochant aux regards connivents pour les amener aux bouteilles et boire m’importe quoi. Il n’a que ça pour tenir, c’est son loisir, d’ailleurs il ne sait pas pourquoi il boit, il l’a jamais su, mais rien qu’à voir sa femme on le comprend, on sourit et l’excuse. Sa clope pend au bec et s’éteint sans cesse, il rallume plus qu’il ne fume, ses cousues sont roulés à la main, un tabac gris d’avant guerre qui pue et arrache les bronches… une clope d’une autre époque, une clope de pauvre type qu’on pardonne d’être si transparent… un gentil con qui dit jamais non.

 

Pas loin, c’est ce grand connard de beau frère ! Lui c’est le truisme social, l’aîné dans toute son insignifiante splendeur, aux phrases creuses, le roi des poncifs éternels, qui ressortent à chaque rencontre, ces mots passe partout qui rebattent les oreilles et entrent pour ressortir aussitôt au risque de pourrir le peu d’intelligence qu’il nous reste ! Oui c’est un con, un grand con formidable, un con géant d’insignifiance, un monument insigne de connerie, sculpté dans le stuc de la platitude des jours qui passent, ce marbre controuvé des décors en pâte, ce monde en deux dimensions des journées qui se répètent ! Un cas ce beauf, une pièce de musée, l’œuvre absolue du monde décadent de la bêtise et de lieux communs… un odieux tranquille qui occupe l’espace quotidien parmi les autres …tous les autres !

 

La pétasse qui se marre aux couleurs fades d’un maquillage bon marché et voyant, c’est sa femme au grand con, ma belle sœur, qui m’adore et que je me force à embrasser ! Une pas méchante mais si bête, si primaire, une gentille qui confond intelligence et niaiserie, un tas de viande qui s’avachit petit à petit avec le temps, dont les traits se renforcent pour devenir plus outrés chaque jour, la faisant entrer peu à peu dans la fadeur des autres en décor absolu et sans relief… dans le tableau des jours de marché et de fêtes de fin d’année.

 

C’est la réunion des fades, des gens, c’est le repas des commensaux du monde qui avancent, qui s’éloignent de Cro magnon et s’approchent chaque jour plus de Néanderthal, en pensant tout savoir ; c’est le suicide des ignorants qui croient, qui croient que rien ne peut leur advenir parce qu’ils bouffent, pètent, baisent et vivent ensemble… c’est Sodome et Gomorrhe à rebours et en grand, en technicolor, en relief et son dolby ! C’est la foire des abrutis, la polka des enivrés indolents qui vieillissent en pensant devenir plus intelligents, alors qu’ils s’embouquent plus à chaque seconde dans ce port sans sortie de leur banalité ! Y a que le verni qui change, le bois est pourri lui… jusqu’à la moelle, de l’aubier à la sève ce n’est que pourriture sous écorce d'ostentation !

 

Ca y est le copain du beauf a retiré sa cravate, m’en doutais dès le début, ça pouvait pas tenir ! Lui c’est l’ancien beau, le gâté par la nature qui a mal tourné, le doué du foot qui dribblait les cons gras du bide et se tapait les greluches qui gravitaient les soirs d’après match… il avait un petit talent qui lui suffisait, ça lui permettait d’exister un peu dans sa planète gazonnée… belle tronche et facilité, il se voyait pro, mais bon, il se voyait à force de s’entendre dire qu’il avait du talent, c’est tout. Là il joue encore, de temps en temps, devant sa télé, avec une bière et son gosse qui croit que son père en sait plus que tous les entraîneurs du monde ! Sa petite gueule elle a vieilli, elle a gonflé comme ses abdos ! Il vit de son passé comme d’une rente, de ses buts si lointains qu’il remarque à chaque communion, mariage ou baptême…il en finit pas de courir après ces matchs de districts comme un ancien combattant de la défense passive qui s’invente un Verdun plus douloureux  après chaque demi ingurgité. Il a fait long feu avec son costard patte def et sa chemise au grand col… il a pas tenu une heure avant de la tacher et de virer sa cravate Mickey à la con ! Il a le bedon qui dépasse de sa taille mannequin et il a beau serrer son falzard…ça déborde ! Il y pense au régime, mais il a pas le courage pas la volonté, et puis il est trop…con ! Son CV s’arrête à sa licence d’antan, à ses buts du dimanche et sa ptite gloriole vernaculaire… c’est un con, un vrai, un de ceux qui se regardent dans la glace chaque matin et sourit en se voyant…c’est un con qui bande en racontant ses souvenirs !

 

Sa femme au sportif elle fait pitié, elle le regarde encore au travers du filtre de son amour, faut surtout pas lui dire que son époux c’est une copie, une sous marque, sinon elle s’écroule et vieillit d’un coup ! Elle le suit, c’est pas la plus belles de celles qu’il a baisées derrière les tribunes ou à la sorties des bals, non c’est une brave, une gentille, une fin de carrière, une assurance vie tranquille toutes options pour un con en fin de partie jour de jubilé. Elle est pas mal si on regarde vite, dans le contexte, elle a un reste de charme dans son ingénuité plate, des seins qui commencent à tomber, un cul qui moule bien son pantalon du dimanche. Mais bon, elle est là par habitude, comme le soigneur bénévole sur les terrains d’arrière pays, elle fait partie du décor et tant qu’elle aura ses œillères et vivra aux ordres de son con d’ancien champion, ça ira.

 

On va bouffer et attendre toute l’après midi jusqu’à la tombée de la nuit, on va se repaître, se remplir le ventre, rire bêtement, parler pour ne rien dire, on va faire semblant, faire semblant de s’aimer pour donner le change, pour faire croire qu’on est bien, pour justifier la dépense ! Oui, on va faire péter la panse, se mettre en spectacle, dire les dialogues convenus, rire aux bons endroits et lâcher la bienséance pour faire, pour faire le con, l’humain social, faire fuser les mots, les grivoiseries en preuve d’intelligence, être entre soi, entre…cons !

 

Les gosses en beaux habits vont se rouler par terre et se bâfrer, ils vont aller au bout de leur folie, livrés à eux-mêmes, graines de cons en attente de vernalisation, tandis que les hommes se laisseront aller à l’atavisme et chercheront à devenir plus homme, plus ridicule et con.

 

On va s’extasier sur la quincaillerie, les bagnoles, les points retraite et les chèques resto, sur les exploits d’antan et les beuveries anciennes, on va se dire le passé en parfums avinés, on va blablater et croire que l’on est heureux. On va faire défiler le temps de la bobine du présent pour l’inscrire dans un tissu sans couleurs que celles que l’on a dans le cœur, délavées et estompées, oblitérées par le manque…d’espoir. On va pisser son ennui en jet continu jusqu’à la fatigue et les adieux attendus. Moi aussi je vais m’y mettre pour ne pas vomir, je vais enfiler mon costume d’apparat, ma livrée étincelante de con, deux trois verres et hop je vais devenir docteur es connerie, de la faculté de la consternation, mention très bien ! Oui je vais entrer dans la danse, marcher dans leurs pas pour survivre, pour appartenir à l’instant, à l’espèce…c’est du rituel, du lien sociétal qui fait qu’on reste des cons sapiens sapiens, de la branche trop longue des hominidés en goguette. Je vais les débiter les conneries menues et en couleurs, je vais les plagier les odieux, leur montrer la connerie au subjonctif avec accord du participe passé ! Je vais être le roi…  le roi des cons ! Je vais les emmener là où ils ne vont jamais, dans ce vertige abyssal de la bêtise incontinente, de la stupidité exacerbée ; je vais les forcer de l’intérieur pour voir jusqu’où ils peuvent aller dans l’abandon de leur dignité, de leur masque social… je vais jouer de la flûte à rats et on va tous se noyer dans la vinasse et la bonne humeur qui transpire…sous les bras.

 

Ca va être mémorable, bouffe, attentes et alcool à gogo pour griser la connerie tous ensemble. On va gincher sans pudeur, rire, se tripoter, pleurer aussi, se dire qu’on s’aime, suer, remettre sa chemise plein de fois dans son pantalon…et puis on ira dehors pour pisser ensemble sans vergogne, et un peu sur son froc. Oui on va abattre les murs de la retenue, on va se dessaper des oripeaux de la bienséance, on va redevenir primaire, sous la dépendance de notre cerveau reptilien. On va écouter notre hippocampe et notre hypothalamus, on va se vautrer dans la pulsion hormonale et faire semblant d’oublier, dans la transpiration et les odeurs du désir. Et puis la fatigue s’en viendra, ralentissant la fougue des cons, après toutes les danses de nos passés revisités, on ira s’asseoir pour raconter ces histoires quelconques, qu’on se répète inlassablement comme les contes traditionnels, mémoire orale de notre connerie. C’est là, dans la fatigue, le silence et les regards rougis par l’alcool, qu’apparaîtra à nos yeux notre propre inanité, et alors en quelques secondes nous nous fuirons en quittant les autres. Paroles convenues et embrassades, chacun remerciera l’autre en se promettant de se voir plus, et au retour chaque couple fera le juste bilan de cette journée, trouvant les autres décidément de plus en plus…cons !

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 09:18

L’été en la mémoire,

Sa chaleur, son soleil,

Les reflets de sa moire,

Sur l’air chaud, son éveil.

 

Sable fluant des hier,

Ce désert oublié,

En sa douce lumière

L’infini publié.

 

Son ciel étale et bleu,

A peindre les nuages,

Lazulite en tes yeux,

Les lapis d’une image.

 

Poussière et vent de sable,

Nomades et câpriers,

Cohortes inlassables,

Qui s'invitent à prier.

 

Ondes et rides de silice

Dessinées par le vent,

Ondoyantes et si lisses

Sous la main du levant.

 

Fluence, courbes et dunes,

Grains de sable et de peau,

Sur l’horizon, la lune,

Si belle en son halo.

 

En berbères du passé,

Dans le temps envoilés,

Nos destins embrassés,

Maintenant dévoilés.

 

Souvenirs d’orient,

De senteurs et mollesse,

Nos regards souriants,

Leur langueur, leur paresse.

 

Nos ombres, nos pas, nos traces,

Nos oasis lointaines,

Qui lentes se déplacent,

Émouvantes incertaines.

 

En la crevasse, l’eau fraîche,

Si limpide et secrète,

Qu’une pénombre pourlèche

De sa langue discrète.

 

Caravanes dépassées,

Méharis des plaisirs,

Au soleil du passé,

S’en reviennent nos désirs.

 

Crépuscule orangé,

Sur lequel en détail,

Se dessinent étrangers,

Nos caravansérails.

 

Mirages de nos instants,

Clepsydres et sabliers,

S’écoulant nonobstant,

Les norias oubliées.

 

Dans les nuits étoilées

Des déserts de jadis,

Ces mirages peu voilés

Sont nos ombres qui se glissent.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 23:07

La nuit lente s’envient

Versant sur l’horizon,

Son encre de chagrin

S’étale sur les maisons.

 

En ce ciel infini

Où s’étendent des ombres,

S’élèvent les nénies,

Chants de nos plaintes sombres.

 

Envieilli, fatigué,

Las, le jour s’apetisse,

Incapable d’endiguer,

Les flots noirs le vieillissent.

 

Doux lapis des yeux

Carmines lèvres ourlées,

Ce matin merveilleux

Déjà s’est envolé.

 

Grains de sable, vent de lumière,

Balayés par le temps,

S’allument dans les chaumières

Les lueurs de l’instant.

 

Jouvence, tendres amours,

Déjà oblitérées,

Au crépuscule d’un jour,

Par la brune enterré.

 

Sur la plaine vespérale,

Eperdu et bien seul,

Court, s’essouffle ce râle,

Que la nuit enlinceule.

 

Maintenant sont les vêpres,

Lointaines sont les mâtines,

Ce chemin d’une lèpre

Dans sa ligne serpentine.

 

Aujourd’hui s’est éteint

Comme hier son pareil,

S’enténèbre son teint,

Quand sa mort appareille.

 

Les soieries d’une peau,

Parchemin de vieillesse,

Implacables oripeaux

D’une ancienne jeunesse.

 

De pénombre l’averse,

Pluie de larmes et de peines,

Par-dessus les traverses

Où les âmes se trainent.

 

Demain sera, ou pas,

Renouveau flageolant,

Une suite de pas,

De nouveaux flagellants.

 

La procession des jours

Aux confins de la nuit,

Au-delà le détour

Où la raison s’enfuit.

 

La nuit froide son satin

Versant sur l’horizon,

Son voile de crachin

S’étend sur les saisons.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article