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Ciel étale, dans sa froidure claire et bleue, le continent blanc se laissait entrevoir, il remontait le fil di jour voguant en ces eaux froides, sur une mer agréable. Tout avait changé en lui, il continuait de saisir les bruits et  murmures extérieurs, mais sans vouloir cette absoluité de comprendre, de comprendre maintenant, laissant faire les choses, acceptant les règles tacites des éléments, ayant compris qu’il n’était pas encore prêt, et que ceux-ci, un jour, l’accueilleraient au sein de leur invisible salle de concert... il lui fallait donner des preuves,  leur faire allégeance.

 

Plus il s’approchait du sud, plus la température baissait, malgré un superbe soleil qi s’était apposé  sur la toile immaculée des cieux. Il allait vers l’éternité du jour, là où l’Homme ne sait vivre, où tout est vrai, sans calcul ni mensonge... là où depuis toujours les choses sont, telles qu’en elles-mêmes, dans cette pureté régulière de la continuité. Depuis le matin un grand Labbe s’était posé sur le pont de la goélette, et paraissait vouloir le provoquer en s’installant ainsi sur ce nouveau territoire. Grand goéland de l’antarctique, au bec fort et au plumage brun, qui ne s’en laisse pas compter, prêt à tout pour chaparder... il était fatigué semblait-il, et n’avait de cesse de trouver de fureter, sans pour autant trop s’avancer. Cela était assez fascinant de la voir s’approcher, puis restant à bonne distance, attendre qu’il fasse mine de s’en aller pour le voir d’un bref coup d’ailes faire un bond et venir s’emparer du butin pour aussitôt, son aubaine dans le bec, repartir se percher sur le pavois. De là l’oiseau, le regardait tout en engloutissant ce qu’il venait de dérober.

 

Il allait ainsi, dans cet espace glacé, sur les traces des baleiniers qui aux XVIIème, hommes rudes et vigoureux qui affrontaient les éléments et le froid en quête d’une huile précieuse. Tout cela était révolu, maintenant ce n’était plus que du massacre industriel malgré la définition de zones de protection des grands cétacés. Parfois  l’un d’entre eux se manifestait par son souffle puissant qui semblait s’expectorer  de l’océan. Il apercevait alors cette masse énorme et sombre, gracieuse cependant, dôme lisse et mouvant, qui ondoyait, comme serpentant afin de reprendre son souffle, pour après s’enfoncer et disparaitre dans la profondeur des abysses glacés.

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