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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 22:52

J’ai pris ton regard et m’y suis glissé,

M’enivrant de son reflet, de son éclat capiteux,

Incapable de le fuir, de m’en détacher,

En toi je suis venu, par le chemin de tes yeux.

 

Tu m’as donné tes lèvres, les a entrouvertes,

Tièdes et vives, humides et gonflées,

Pleines de désir dans une tension alerte,

Lisses et glabres, turgides et ourlées.


J’ai su ton corps par le braille de ta peau,

Le lisant de mes doigts, à fleur de caresses,

Tournant tes pages sans dire un seul mot,

Lecteur de toi, dans une languide paresse.

 

Respirant ton souffle j’ai cessé de bouger,

Cherchant à ressentir de lui le moindre frisson.

De ton corps, de ton âme, de ton intimité,

Avec toi en l’instant, je voulais être à l’unisson.

 

J'ai goûté à tes lèvres à leurs fragrances acides,

Baiser si chaud, si plein d’onctuosité.

Dans le tournis flou d’une lente étreinte torride,

De ton désir de femme, je me suis enivré.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 22:42

Eh la mort  Viens on va danser ! On va gambiller jusqu’à en perdre la tête ! Viens la mort que je te donne un baiser, que je mordre à sang tes lèvres froides, viens que te serre à en perdre l’haleine dans le tournis de la musique qui fait rire et pleurer ! Oui viens la garce noire ! Viens que je te prenne contre le mur à grands coups de désir, pour un spasme sauvage et sans retour ! Viens salope ! Viens que je vois le blanc glacé de tes yeux sans vie, viens ! Viens camarde pour un cavalcade folle et enivrée, regards fixes l‘un dans l’autre comme une étreinte mystique, femme catin dans ta robe de nuit ! Viens la mort, viens que je jouisse du dernier instant et que mon sang se refroidisse à jamais dans cette étreinte bestiale et fougueuse ! Viens putain du néant, viens t’offrir encore une fois, sans tabou ni retenue, soulève le drap que j’entre en toi et m’y engloutisse, que je sente ton humeur amère et gelée, que ce feu qui me brûle s’éteigne au contact de ta frénésie gourmande et impavide !

Viens sur le trottoir des amours vénales et sans issues, des caresses acides qui entaillent et pénètrent jusqu’à l’âme ! Des soupirs éhontés et frénétiques ! Viens putasse, rouchie des enfers pour une danse vulgaire, corps contre corps, dans des gestes et des mimiques outrés, des rires sarcastiques et canailles ! Viens gaupe au visage trompeur, viens mettre ta main entre mes cuisses et saisir ce désir d’ailleurs ! Viens me faire jouir une dernière fois ! Viens putain de toujours te régaler de mon âme dans une convulsion ultime et nonpareille !

Viens on va faire grincer les lattes du parquet, remuer les dernières poussières, parmi les confettis et les guirlandes tombées ! Viens transpirer dans la fatigue des flonflons sur la piste déserte, au son d’un orchestre de fin de bal, viens t’écrouler avec moi et baiser comme des animaux sans vergogne, des amants vicieux et provocants, dans un stupre cursif et répugnant ! Allez la gueuse retrousse ton jupon obscur qu’avec vigueur je te foute! Viens cadavre que je crie en te prenant et bave à l’ultime instant lorsque mon âme jaillira par le bas ! Viens branler ma dépouille jusqu’à la dernière goutte et assécher mon ventre ! Viens ! oui viens la mort te repaître de ma viande et de l’esprit qui s’y cache ! Viens dévorer ma vie et que cesse enfin le bal et la mascarade du jour !

Que cesse la musique pour un silence parfait ! Que s’envolent les papiers gras du destin au vent de l’oubli et s’éteignent les lumières à jamais ! Ferme la porte de cette salle vide et sans lueur. Viens la mort, viens ! Il est temps de partir et d’aller danser ailleurs !

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 20:03

Des mots pour se dire et s’enivrer de soi, et des autres, pour sortir de la tripaille le nœud qui enserre et étreint l’âme sans cesse jusqu’à la faire vomir ! Des mots pour cracher sa douleur à la gueule d’un monde qui court sans attendre ni voir ou même regarder ! Des mots pour vider ce cloaque intérieur et reprendre une bouffée de vie entre deux miasmes !

Des mots que l’on éjacule comme une colère priapique à force de trop se retenir ! Des mots putains, des mots catins qui écartent les cuisses, qui attendent le foutre comme la campagne altérée attend la pluie ! Des mots insultes comme des coups que l’on assène, sur des chairs fragiles et juvéniles en punition d’avoir osé, osé dire non, ou oui peut être !

Des mots, encore et toujours, câlins ou violence, des mots comme des larmes et des sourires, des mots qui jaillissent et giflent, ou caressent selon que l’on rit ou l’on pleure !

Oui des mots, des mots baisers, des mots morsure, sur des lèvres et des peaux sensibles, sur des cœurs et des âmes cibles…des mots, ces mots qui virevoltent et s’échappent, qui s’en vont puis reviennent et enfin sourdent, perlent, glissent et coulent; oui des mots, ces mots qui nous disent, nous mentent et nous appellent !

Ils sont nous ou ne sont pas, mais on les dit ou les entend, comme ils sont, ou que l’on voudrait qu’ils fussent ou soient ! Ils se nouent, s’attachent s’appellent et se complètent, parfois se refusent ou se taisent à la suite des ponctuations. Les mots imperfection des pensées qui se perdent et n’arrivent à se dire, les mots messagers imparfaits des êtres qui se cherchent dans le désir d’autrui. Les mots qui ne savent transporter en l’autre ce qui nous habite et ne font qu’essayer de nous résumer dans une grammaire si vite oubliée.

Une pensée qui n’existe que parce qu’ils sont là et essayent de lui faire prendre forme, de l’inscrire dans la mémoire de l’autre, une pensée à l’image des mots qui la défendent, informe et repliée, gigantesque ou brillante selon, que les mots sont nôtres ou pas !

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 22:45

172620.jpg

Sur ta peau ce dessin,

De ta chair la blessure,

La naissance de tes seins,

Leur contour, leur épure.

 

Tatouage sibyllin,

D’un soleil qui se lève,

Se dessine opalin,

Sous ce ciel qui l’enlève.

 

Mutuelle inscription,

Sanguine cicatrice,

Charnelle création,

Créateur, créatrice.

 

Nos baisers, nos morsures,

Carnivores enragés,

Affamés de luxure,

De caresses outragées.

 

En toi je m’assassine,

Je m’inscris, je me grave,

Symbolique vaccine,

De ce nous qui s’entrave.

 

Dans la plaie le stylet,

De son encre carmine,

Lentement instillée,

Sur ta peau nous dessine.

 

Je te veux, tu me prends,

Je te mords, tu me griffes,

Tu m’arrêtes, je reprends,

De tes dents, de mes griffes.

 

Palimpseste d’hier,

Parchemin d’aujourd’hui,

D’un crayon de lumière,

Je dessine ma nuit.

 

Au-delà de la vie,

De ces jours qui enchaînent,

Des stigmates l’envie,

Quand nos vies se déchaînent.

 

A jamais unifiés,

Par les mots, Dans les cris,

D’un amour sanctifié,

Dans les maux, par l’écrit.

 

(09/04/2011)

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 15:37

(Essayez aussi avec la musique comme précédemment)

 

la-femme-qui-pleure-dora-maar-pablo-picasso1.jpgÀ mes pieds et en larmes,

Femme déchirée,

De souffrance et de charme,

L’âme secouée.

 

Fragile et si humaine

De ton armure départie,

Si belle et si amène

En toi-même impartie.

 

De sanglots ta rivière,

Aheurtée, violente,

Sur ta peau le suaire,

D’une douleur flagellante.

 

Délicieuse supplique,

L’abandon du paraître,

Sensuelle réplique,

Dans le vrai de ton être.

 

Sans honte ni pudeur,

Au plus près de toi même,

Dans l’apprêt l’impudeur,

D’un instant de bohème.

 

Nue, sur un sol si froid,

Cilice expiatoire,

Catharsis dans l’effroi,

Dans l’étroit d’un couloir.

 

Tu pleures et tu gémis

En ta chair immolée,

De spasmes tu frémis,

De frissons violée.

 

Une enfant qui renait,

Qui découvre son âme,

De sa vie la puinée,

Renaissance d’une femme.

 

À mes pieds tu t’immoles,

Éplorée, impudique,

Quittant ta farandole,

Dénudée, véridique.

 

(09/04/2011)

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 22:41

imagesCALOTWM4.jpg(Essayez avec musique du précédent poème)

 

Ta gorge mes mains,

Violence désir,

L’invincible chemin

D’indicibles plaisirs.

 

Là, plaquée contre le mur,

L’étoffe retroussée,

Mots insanes et morsures,

Paroles insensées.

 

Bêtes, tout entier de nous

Dévorantes de passion,

Caresses et gestes fous,

Délirantes volitions.

 

Les muscles de ton cou,

Tes lèvres entrouvertes,

Collet, tendre licou,

Garotte découverte.

 

Ton regard, son azur

La moiteur de ton antre,

Tes fesses ta cambrure

Les spasmes de ton ventre.

 

De l’étreinte l’étau

Lascive constriction,

D’un instant rubato

L’hâtive indistinction.

 

De souffles et de cris,

De soupirs et de plaintes,

L’un dans l’autre s’inscrit

En l’intime de l’étreinte.

 

Charnelle intrication

Si folle et violente,

Obscènes supplications

D’envies ambivalentes.

 

De folie, d’irraison,

Sans honte ni tabou,

Sans norme ni raison,

L’autre à l’une jusqu’au bout.

(08/04/2011)

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:49

 

 

  (Commencer lecture à 21ème seconde)

 

 

Entends l’ancestrale plainte, au-delà du temps,

Le murmure des ombres de l’histoire,

Ce lamento de par-delà les heures d’antan,

Qui se complaint en nos mémoires.

 

Bien après les ondes, preuve par trois,

Ils partirent explorer l’horizon,

Voguant sur la terre ronde dans l’étroit,

En quête d’une nouvelle raison.

 

Ouvrant la route de l’ouest par l’étrave,

Ils agrandirent la terre,

Refusant que le désespoir ne les entrave,

Vers le couchant ils voguèrent.

 

Plein de rêves d’or d’espoir et de morgue,

De faim de peur et d’abandon,

Un jour de la misaine vint le point d’orgue,

Terre ! terre ! en guise de fredon.

 

Au nom de la raison et du livre des prières,

Par décret du roi et la volonté du temple,

Ces étendues et leurs gens s’approprièrent,

Afin que leurs royaumes soient les plus amples.

 

Toujours plus avant, au profond des terres,

Ils cherchèrent l’or mais trouvèrent le sang,

Celui coulant par les plaies des cimeterres,

Plongés sans fin dans les flancs d’innocents.

 

Nuls frères en ces peaux de couleurs,

Même dans la controverse, les fils du soleil,

Ne purent trouver leur âme sœur,

Que seul un baptême pouvait rendre pareille.

 

Ils partirent un jour vers le couchant,

En quête d’une route nouvelle,

Mais assouvirent leurs noirs penchants,

Outre l’atlantique, via Compostelle.

 

 

 

 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:33

Flaque d’ombre et de gris,

Sur la ville macadam.

Flache qui stagne et luit ;

Sous vos pas madame.

 

Talons sur les trottoirs,

Échos qui rebondissent,

Se perdent dans le noir,

Impasses d’immondices.

 

Reflets de néons vitrines,

Bruits de caves et de bar,

Papiers caniveaux latrines,

Traces d’urine des lascars.

 

Coups recoins, crachats,

Girouettes de misère,

Pavés des entrechats,

Pantomime de colère .


Frissons de peau et de nuit,

Fatigue de maquillage,

Les yeux coulant d’ennui,

Rimmel dans leur sillage.

 

Langue pâteuse nicotine,

Senteurs goudron et de fumée,

Parfum d’alcool, âcre patine

 Sourds acouphènes enfumés.

 

Doublure lumière d'une rue,

Façades de pénombre,

Silhouette haute d’une grue,

Vestiges et décombres.


Courtes enjambées hâtives,

Clin d’œil des réverbères,

Lueurs claires et poussives,

Éclats de rires impubères.

·           

Tourne au coin de la rue,

Hanches, gaine de femme,

Staccato lascif disparu,

Retour silence de l'infâme.

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 20:17

urinoir-las-vegas.jpgVous je ne sais pas ! Mais moi je fais le discret et je ne respire plus, en espérant qu’il se dépêche ! Ca me gêne mais faut dire que j’aime bien aussi, surtout si c’est moi qui arrive après, c’est une question de préséance. Dans ces cas là je prends mon temps et jubile le truc, je me sens l’éthologue de service, je scrute le moindre mouvement, le plus petit bruit, et j’en infère la situation, j’induis le comportement, de la recherche fondamentale in situ, presque ! C’est de l’anthropologie vulgaire, c’est le mot idoine, de l’analyse de terrain en quelque sorte vécue en direct et en douce. Vous voulez savoir je me doute et si j’annonce pas la couleur vous laissez tomber la lecture pour un auteur moins sibyllin et plus rigoureux sur la syntaxe !

C’est une chose que l’on vit souvent et qui nous ramène à la vérité de ce que nous sommes, qui nous met à nu comme grand père habilis il y a des milliers d’années de cela. C’est si fort, si vrai que l’on se sent si peu, que l’on retrouve une forme de modestie, de petitesse, d’animalité même oserais je dire ! En un clin d’œil on fait l’histoire à rebours, on voit défiler les siècles et les mutations pour se retrouver la culotte sur les chevilles bloquant sa respiration dans un chiotte de bistrot… comme un con ! Déjà on s’est retenu un sacré bout car déféquer c’est tabou et sacré, comme pour l’oreiller, on préfère chez soi ! Donc on a contrôlé jusqu’à plus pouvoir le côlon, et à bout d’arguments intérieurs on s’est fait à l’idée pressée de se vider dans un lieu public, de s’asseoir sur les empreintes culières des autres de passage ! Sacrée décision, sacrée concession, drapeau blanc et chapeau bas… faut le faire, j’en connais qui se bloquent le rectum au prix de coliques indicibles pour échapper à l’aventure ! Je reviens au sujet : on a consenti à s’asseoir sur cette lunette pas très catholique qui a vu des tas de culs, en gros plan et sans ambages, des fesses de toutes tailles aux hygiènes plurielles, bref l’on perd pour un instant toute cette dignité que l’on a mis une vie à ajuster. Souvent on fait dans la discrétion, dans la timidité, on cherche à raccourcir le protocole vu qu’on est pas à la maison et qu’on va pas jouir le truc façon freudienne ! On s’est assis sur le bord, position finement calculée pour que le colis aille à la poste mais que l’on ne se commette pas trop avec les vestiges supposés d’autrui. D’aucuns aux cuisses d’airain effleurent sans réellement se poser, du survol, des vrais canadairs ! Il n’y a plus qu’à laisser faire le réflexe, attendre le spasme, que la machinerie se mette en marche et l’on sera bientôt soulagé, dans toutes les acceptions du terme ! Mais, et oui ! Mais voilà que la porte s’ouvre et qu’un quidam sifflotant s’en vient agiter avec énergie la clenche de votre secrète retraite ! Bien que le verrou soit tiré et bien tiré (car vous avez vérifié deux mille fois avant d’oser vous déculotter) l’importun insiste de façon péremptoire vous plongeant dans une apnée record ! Vous bloquez la mécanique humaine, alerte rouge hormones de stress, silence radio ! Pourtant vous savez bien que la torpille a une certaine inertie et qu’un pétrolier, même intestinal, lorsqu’il est lancé ne s’arrête pas net. De plus y a des remous, des courants d’air intérieurs, de la brise mésentérique qu’on ne contrôle pas par le simple fait de la volonté ! La statue vivante qui ne bouge plus et envisage le pire, à la recherche de la maîtrise parfaite, anaérobie et immobilisme dans la panique des sphincters et autres orifices ! Du yoga sur faïence dans un réduit insane ! L’autre, l’affreux attend comme si de rien n’était, se lavant les mains prolongeant le supplice et l’apnée. La chair se rappelle aux contingences et peu à peu se détache de l’inflexible volonté, vous luttez de toutes vos forces contre cet esprit de liberté charnelle, sentant la honte envahir votre distinction. De l’art des flatulences discrètes et in odorantes, vaste projet de recherche pour l’avenir d’un jeune thésard ! Ca progresse dans la retenue et les borborygmes assourdis, vous ne respirez toujours pas et appréhendez la chute, le plouf exclamatif qui vous montrera indubitablement du doigt ! L’étron révélateur et inquisiteur. Torture inhumaine, aucun retour possible, un aller simple sans remboursement, tout le monde descend ! Là c’est magique, c’est la psychanalyse sans fard ni artifice, c’est une confrontation avec soi même, un miroir sans tain qui vous renvoie à vous-même… c’est sublime et déroutant, tandis que l’autre malvenu s’impatiente et le fait savoir ! Ce qu’il y a de magnifique c’est que vous faites tout pour vous taire et taire votre intimité alors que l’autre sait très bien que vous êtes là et ce que vous y faites ! Mais on a tous un peu d’autruche en nous ! Bon je ne vais pas prolonger pour prolonger, ça deviendrait scato et j’y perdais un peu de ma superbe ! Avec bien des précautions et des prévenances vous lâchez l’encombrant au grand plaisir de votre organisme et vous trouvez confronté à un nouveau problème : s’essuyer !

Eh oui il va falloir vous torcher sans éclat, dans la discrétion la plus absolue et cela commence par le rouleau de papier qu’il faut dévider (qui chuinte évidemment à chaque tour !), découper la bonne longueur pour frotter délicatement et de façon efficiente, votre entre fesses ! Vaste affaire, périlleuse et bruyante aventure que vous ferez lentement, contrôlant le moindre de vos gestes, minimisant les bruits de chaque étape, au prix d’un ridicule énorme, ralenti et sans oxygène ! Enfin cela fait vous jetterez un œil sur le dépôt et tacherez de vous revêtir silencieusement tout en commençant à composer une mine de circonstance pour la sortie ! Car l’autre n’a pas bougé et attend votre place ! Le vacarme de la chasse d’eau semble annoncer la fin de votre calvaire mais vos narines s’en viennent rapidement le contredire et n’y pouvant rien vous sortez faisant bonne figure ! Passage au lavabo car vous êtes soigné tandis que l’autre se prépare à vivre votre supplice avec en sus des parfums évocateurs et envahissants ! Soit vous filez de peur de l’algarade in petto, soit vous traînassez par vengeance ! De toute façon vous retournez bien vite dans le monde où votre costume social vous attend !

On peut disserter à l’envi sur le problème, décrire les sujets et les fragrances, les peurs et les précautions. Mais ce serait du bla bla ! Pourtant il est deux autres cas, certes similaires dans la situation, mais différents dans la singularité, dont j’aimerais parler.

Pour le premier je ne peux qu’exprimer les sensations de l’intrus, du fâcheux qui indispose l’enfermée. J’ai bien écrit l’enfermée ! J’explique ! Ici c’est une femme qui entre car les WC sont mixtes et l’intrus est un homme, chacun ayant vu l’identité de l’autre va sans dire. La dame du fait de sa conception se doit de s’accroupir pour : trouvons une façon délicate, euphémisme de pisser ! Pour évacuer le résultat de la filtration rénale. Pour nous les hommes c’est un régal auditif, une revanche en décibel, un concerto en cataracte majeure, une secouée de salade en clapotis et vaguelettes indiscrètes ! Je ne sais pas ce que vit et ressent l’exécutante mis ça ne doit pas être caviar et faut assumer ! La cerise sur le gâteau si je puis dire c’est lorsque ensuite vous entrez dans le lieu d’aisance pour lui confier vos intérieurs surplus et y voyez le petit bout de papier toilette chiffonné qui s’agrippe à la faïence de la cuvette en témoin de cette différence sexuée !

Quant au second, il traite de la promiscuité masculine en situation de braguette ouverte et d’urinoirs investis. Là c’est homérique, ça vaut tous les reportages animaliers, c’est édifiant sur le comportement des mâles de notre espèce ! Description : deux urinoirs, deux types avec la même urgence. La plupart du temps les quidams évitent de s’accoter, ils pissent à distance avec un espace de sécurité entre, c’est un vestige animal du côté du rhinencéphale. Ils turbinent en regardant l’engin avec des relevés discrets du chef de temps en temps. Rien que de plus naturel ! Non le mieux et c’est ce qui nous intéresse c’est lorsque les urinoirs disponibles sont connexes. Là c’est autre chose, c’est un spectacle qui vaut le déplacement, c’est de l’humain pur sucre ! Souvent celui qui arrive après cherche un pissatoire libre et non attenant à celui de l’autre, si ce n’est pas possible il feint une envie de garde robe et s’enferme dans les toilettes avec siège ! Mais si c’est occupé alors là y a rituel et carnaval des cons ! D’abord on rentre les coudes et fixe sa bistouquette comme hypnotisé par le jet jaunâtre qui en sort. Puis ce sont les regards en biais, cursifs, au compas, l’estime des queues, chacun découvre l’arme de l’autre, la jauge, la juge, l’envie ou en sourit. C’est dantesque et intérieur, c’est masculin et pitoyable mais c’est ainsi ! On regarde son truc, celui du voisin, le mur, le plafond, parfois on sifflote, bref de la parade instinctive et réflexe ! Il fut un temps on a bien du se renifler mutuellement l’entre jambe mais c’est passé de mode depuis des millénaires ! Lorsque arrive la fin de la vidange chacun y va de sa technique de la dernière goutte ! Certains secouent vigoureusement, de haut en bas, ou de droite à gauche, voir inversement ou encore en combinant ; d’autres pressent et égouttent en allant chercher au plus loin dans l’urètre par un massage appliqué et constricteur ces résidus de miction, enfin il est possible de conclure par un succession de contractions périnéales donnant une alternance de petits jets de plus en plus pauvres jusqu’à la sécheresse voulue ! On remballe se lave ou non les mains (pas souvent qu’ils se lavent la main complice les mecs !) et chacun repart conforté dans sa suffisance et étonné de la multiplicité des allures péniennes. Dommage pour vous mesdames mais cet instant caricatural et grotesque c’est réservé aux hommes, on vous laisse le petit papier !

Voilà j’avais envie de vous parler de ce petit coin où tombent les culottes et les masques ! Où chaque jour nous allons incontinent (c’est du vieux français) à la rencontre de notre identité, dans le recueillement primal ou le silence contrit, selon que l’on est chez soi ou dans cet espace réduit  et pas très net d’arrière boutique.

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 17:14

Prisonnier d’un dilemme,

Noir et blanc s’y confondent,

Implacable théorème,

C’est un cercle, pas une ronde.

 

La demeure ou la fuite,

Il n’est point de salut,

Point d’arrêt point de suite,

Point le choix farfelu.

 

Apparaître, disparaître,

S’en aller revenir,

S’effacer reparaître,

Refuser, puis venir.

 

Être sûr, incertain,

Convaincu, dans le doute,

Décision le matin,

Que le soir l’on redoute.

 

Des chamades et des larmes,

Des sanglots des sourires,

Des angoisses, fausse alarme,

Des envies de mourir.

 

Des mots crus, des mots doux,

Des appels, des silences,

Des propos aigre-doux,

Des chagrins d’importance.

 

La torture des attentes,

Les colères quiproquo,

Les étreintes haletantes,

Les murmures en écho.

 

Des morsures, des baisers,

Des coups et des caresses,

Des regards malaisés,

De cinglantes adresses.

 

Pied de grue pas de danse,

La valse-hésitation,

De refus en relances,

Dolentes palpitations.

 

Loin des yeux, loin du cœur,

Cécité volontaire,

Mais l’adage est moqueur,

Et l’aveugle, lui s’enterre.

 

Se taire et se maudire,

S’ignorer, oublier,

Aussitôt se dédire,

S’appeler, supplier.

 

Souffrir, se déchirer,

Convaincus, convaincants,

S’aimer, se désirer,

Éperdus délinquants.

 

Prisonnier d’un dilemme,

D’un chemin sans issues,

D’un amour sans barème,

D’un dessous sans dessus.

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