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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 15:39

Je te cherche depuis toujours,

Au vrai, sans vraiment y croire,

Au fil du temps et des jours,

Je me mens, faisant accroire.

 

En des instants j’ai trouvé,

Un peu de toi en certaines,

De ces amours controuvées,

Il ne me reste que l’étrenne.

 

Et ce verbe bien trop petit,

Déclinant ses désinences,

L’ai conjugué, l’ai menti,

Convaincu des apparences.

 

Des baisers donnés, reçus,

Ou caresses douces lentes,

Des regards entraperçus,

Aux invites insolentes.

 

Je t’espérais, t’attendais,

Tel un enfant trop rêveur,

Dont le sommeil s’étendait,

Bien au-delà ses heures.

 

Je te savais, quelque part,

Présente, peut-être à venir,

Dedans ce colin Maillard,

Prisonnier des souvenirs.

 

J’ai laissé le temps passer,

A petit feu, lentement,

Le laissant me dépasser,

Pour t’attendre si longuement.

 

Là-bas, je me suis commis,

En ces ailleurs interlopes,

Ces insanes ennemies,

Aux animales enveloppes

 

Ephémères ébriétés,

Si grandioses et si fugaces,

D’une sensuelle société,

Dont les sens, vite se lassent.

 

En l’improbable possible,

Alors que je te cherchais,

Te voici, mais impossible,

Las, par nos vies empêchés.

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 13:10

Te souviens-tu de ce doux voyage ?
De ce voyage entreprit par mes lèvres,
Un soir de désir et de ciel d’orage,
Où nos âmes ont emmêlé leurs fièvres.

Sur le chemin de ta peau et ses ravines,
Ma bouche s’en était allée doucement,
Tout au long, au long d’une nuit câline,
Découvrir ton corps, et son linéament.

Te souvient-il comme elles se souviennent,
De cette longue errance, palpitante ?
Trépidante et tiède sur ta route pelvienne,
Te souvient-il, de cette bouche amante ?

C’était une nuit, une brune d’obscure passion,
Où la chamade frissonnait,
Fredonnait folle sur mes lèvres sa palpitation,
Tremblement d’un désir ânonné.

Te souviens-tu de ces longues caresses ?
De ces instants intenses et hurlants ?
Où ma langue dans une infinie paresse,
S’en fut là-bas, en ton ventre brûlant ?

Dans l’intimité des heures sombres,
La mollesse des peaux et des replis,
Ma bouche curieuse, en la pénombre,
De ton désir s’abreuva et s’emplit.

Te souvient-il de cette nuit, de cette nuit volée ?
Dérobée aux autres et dérobée au temps,
Où mes lèvres se sont égarées et immolées,
Sur l’autel d’un baiser, d’un baiser envoûtant.

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 11:05

Je crie, je hurle au-dedans,

Et personne ne l’entend,

Mais je crie, je crie pourtant

Je crie que je t’attends.

 

Je tourne en rond au-dedans,

Comme une bête folle,

Qui mord à pleines dents

Ce vide qui l’affole.

 

Je pleure, je verse au-dedans,

Des larmes silencieuses,

Des sanglots incidents,

Des larmes douloureuses.

 

Je traîne, j’erre au-dedans,

Comme perdu dans la foule,

Dans ce manque obsédant,

Qui agite sa houle.

 

Elle coule, elle coule au-dedans,

Cette lave brûlante,

Ce feu, incendie si ardent

De mes longues attentes.

 

Il danse, valse au-dedans,

Ce chagrin si dolent,

Ce tourment redondant,

Ce dansant cerf-volant.

 

Tu vis, tu es au-dedans,

De caresses et de vagues,

Telle une mer inondant

Mon esprit qui divague.

 

Ils sont là, tous au dehors,

Indifférents et impavides,

Si sûrs d’eux et si forts,

De leurs vides gourmands et avides

 

Où es-tu? Où sommes nous ?

Là-bas, si lointaine,

En les terres en les noues,

De cette aube incertaine.

 

Où es-tu toi que j’aime ?

Partie un soir en me disant,

Que c’est moi que tu aimes,

Mais qu’aimer, est insuffisant.

 

 

22/04/2011

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 09:55

 

Prends moi dans tes bras et protège moi du temps qui passe et des rides certaines, serre moi fort pour que je redevienne un enfant et que la douce chamade reprenne au rythme de mes émois. Parle moi doucement au creux de l’oreille d’un souffle tiède aux vibrations anciennes, et que reviennent les douceurs d’antan. Que je sente la chaleur de ta peau, la douceur de tes mots, que ta main rassure mon visage et que mon âme s’apaise dans les souvenirs d’enfant. Arrête le temps, referme l’horizon de ton regard brillant et laisse-moi entrer dans cette émotion si lointaine. Repeins ce paysage du jour aux couleurs de jadis, pastels d’hier de la palette d’enfance, premières esquisses d’émois encore à naître, et de troubles aux fusains à peine dessinés. Balance doucement nos corps blottis et enivre lentement mon esprit apeuré, onde lénifiante d’un bercement complice, qui peu à peu nous emportera, là bas, au carrefour des sentiments nouveaux, ceux que l’on découvre un jour lorsque l’orage des sens se calme et laisse paraître le renouveau.

 

Ensemble retrouvons le chemin du dedans qui mène lentement aux sursauts intérieurs, ces frissons inconnus qu’un jour nous avons découverts alors que notre chair n’était pas encore prête. Faisons à rebours le chemin de la vie, oblitérant peu à peu les blessures cruelles, retournons ensemble un instant là où sans le savoir nous étions heureux, allons rejoindre ce temps qui nous semblait trop long alors, chacun de notre côté avide de demain. Serre moi fort et partageons ce chemin des écoliers qui se cache en notre mémoire, retrouvons ensemble ses parfums aux essences aujourd’hui oubliées, perdons-nous dans la cohue des images qui se bousculent, offrons à notre corps vieilli le souffle court des courses effrénées.

 

Viens avec moi goûter les rires de printemps, les sourires d’été de ces temps souvenances où nous voulions grandir pour devenir maintenant. Viens! Je t’en supplie, fuyons un instant le jour convenu pour trembler ensemble à l’unisson d’un émoi disparu. Laissons les peurs, les doutes, le rassurant décors d’un quotidien qui se répète comme inscrit sur une portée, jouons autre chose que ce refrain social, rien qu’un instant ailleurs, dévêtus de nos forces et de leurs complices faiblesses, libres comme des enfants qui courent sans but dans la folie de leur joie et se jettent au sol pour savoir au contact de la terre qu’ils sont, qu’ils vivent, et que demain sera un autre aujourd’hui, aussi fort, aussi riche, sans augures sombres pour le troubler.

 

Restons sans bouger, enlacés, et attendons qu’en nous revienne cette faim merveilleuse de la vie, que nos corps se muent et reprennent leur acuité sensible, seconde après seconde faisons rejaillir la source de nos candeurs et buvons, inextinguible satiété, jusqu’à plus soif l’un de l’autre. Que glissent nos doigts et nos lèvres sur ces chemins que notre peau a secrètement tracés, colin maillard sensuel qui n’a ni perdant, ni gagnant, où l’on joue jusqu’à la nuit tombée sans avoir vu venir le crépuscule.

 

De nos gestes incertains faisons des battements de coeur qui remontent jusqu’à la gorge et empourprent les visages. Faisons briller nos yeux de regards infinis, voyons l’un dans l’autre et l’autre dans l’un en miroirs complices qui se reflètent éternellement. Versons ces larmes que nous n’osons plus nous offrir par ce que nous sommes devenus grands, qu’elles coulent lentement en témoin de ce qui se passe, pour adoucir nos désirs altérés et faire que reparte la flore de ce monde oublié en nous, si profond, si tabou.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 20:29

P1020259a.JPG 

 

 

Elles passent les heures incomplètes,

Si pleines des autres pourtant,

Qui s’ensuivent et se complètent

Puis se meurent en s’ajoutant.

 

Si pleines de tout, sauf de toi,

Comme invalides du temps,

Elles vont, s'en vont de guingois,

Tant bien que mal en boitant.

 

Je les accepte, les supporte,

Et comme si de rien n’était,

Je leur entrouvre ma porte

Ne pouvant les arrêter.

 

Je triche et contrefais,

Leur donnant de l’importance,

Laissant croire en leur effet

Leur tire las ma révérence.

 

Mais il leur manque des secondes,

Des secondes longues et brèves,

Virevoltantes et vagabondes,

Vagabondes de leur trêve.

 

Et chaque jour elles passent,

Se déploient et s’éternisent,

En mon âme se prélassent,

Dans leur lente chalandise.

 

Elles ne sont qu’incomplétude,

Dans ce temps pesant qui traîne,

Qui entraine l’habitude,

L’habitude qui s’égrène.

 

Je te cherche dans l’intervalle,

Comme pour arrêter ce temps,

De l’amont jusqu’à l’aval,

Je te cherche à contretemps.

 

Elles passent les heures incomplètes,

Si vides de toi et de nous,

Qui s’ensuivent et se complètent,

Se détachent et puis se nouent.

 

 

(21/04/2001)

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 12:24

 

Un jour j'ai écouté ce morceau et me suis mis à écrire au rythme de la musique sans trop savoir où j'allais, je vous propose d'essayer cela...lisez en écoutant la musique, pas simple mais essayez...à partir 1min03.. moi je dansais sur mon fauteuil en écrivant... Cherchez votre rythme de lecture, faites des pauses si vous le sentez... savourez, sentez la montée de la musique avant l'instant de la lecture.. s'en venir la transition, l'explosion...dansez, en vous, dansez...bon voyage!

 

Ca bondit en moi et mes doigts se mettent à courir sur le clavier et ils tapent !!! Ils tapent cette émotion pleine d’images de souvenirs et c’est un feu qui court en moi ! L’incendie des peurs et des émois enflammés !

Et je tape, je tape sur les touches mais intérieurement c’est mon cœur qui cogne une chamade folle sur cette musique trépidante !

Des chemins des mots et des caresses, des regards, et mes doigts écrivent cela sur le refrain fou qui s’ébranle en moi et que rien ne peut retenir !

Mes doigts tapent, comme une course folle comme un élan d’enfance, un retour de ces instants qui ont fait vibrer l’âme et les viscères, qui ont emballé le cœur à le rendre fou et fait vomir le désir intérieur !!!

Mes doigts tapent et je ne peux regarder l’écran car ils dansent, ils dansent sur les touches sautant de l’une à l’autre et au-dedans ça tourne et tourne ! Oui j’ai envie de crier de hurler de pleurer et de danser !

Tapent mes doigts sur cette musique que je remets sans cesse, ballant en moi dans la lumière des larmes qui brillent, dans les sons qui font écho sur ma viande et vibrer à n’en plus finir ! Chante Salif et fait gémir mon âme, qu’elle se vide et s’étale sur le sol de ma désespérance pour s’endormir épuisée mais soulagée, qu’elle se meurt avec au fond un sourire merveilleux sur des images souvenirs !

Mon corps oscille et mes doigts s’affolent, ma tête dodeline et ma chair frissonne, que tape ma folie sur des notes d’ailleurs et que la saccade des touches écrive cette émotion venue d’au-delà de mes pensées ! Ô folie cachée ! Virevolte et embrase la pièce intime où la nuit est éternelle, que le feu allume la lueur tremblante des émotions recluses et enfin donne un ciel au lendemain ! Chante petit homme noir, chante ! Hurle et danse ma folie, libère en moi, de moi, cette peur incertaine, cette étreinte puissante qui empêche mon âme de s’étirer et de glisser dans les recoins d’un bonheur interdit ! C’est le fredonnement des tam tam, l’enveloppe et le souffle des paroles, c’est le crépuscule du sud qui s’en vient dans une complainte, celui de la souffrance du monde qui se dit sans se faire comprendre, et mes doigts continuent leur danse frénétique alignant les mots comme des pas ! Ils avancent dans un frisson ancien, inscrit depuis toujours dans cette mémoire des nôtres, qui s’en revient lorsque la peur ancestrale se réveille et dicte sa loi aux gènes !

Je crie ! Je hurle au-dedans ! Et mes yeux disent cette douleur, ils brillent et laissent verser les larmes de l’incompréhension, mes muscles se tendent et veulent broyer l’invisible, mais seuls mes doigts le peuvent alors ils tapent comme des aliénés sans entraves, dans leur délire  qui explose et ondule sur la musique qui jaillit puis s’écoule !

Mes lèvres reprennent ces mots inconnus mais elles les hurlent, déchirant le silence d’un aujourd’hui tranquille ! En boucle la musique comme un ivresse sempiternelle, en gorgée d’émotions, note après note, et mes doigts tapent, oui ils tapent à une vitesse folle, comme des marcheurs en pénitence, comme les processionnaires d’une course votive pour un demain d’apocalypse ! Ils tapent les doigts et suivent le chœur. Je mords dans le vide la violence des miens, des ceux qui me ressemblent, des ces images de moi dans les autres réfléchies ! Je dilacère ce que je suis parce que ce que je suis autrui me le décrit par ce qu’il est ! Me donnant envie de tout expulser d’un jet acide et violent à la face du monde !

Chante homme noir, chante ce que je crois être la misère des tiens comme elle est aussi la mienne car au-delà des mots, des couleurs et des coups notre souffrance est la même depuis qu’un jour la raison s’est égarée dans la chair !

 

Je regarde mes doigts qui courent, je regarde le temps qui les suit, la fuite est éperdue et les sons l’accompagnent, que chantent les douleurs et les plaintes lointaines, nul ne viendra car le mal est au-dedans et la porte est close ! Oui dansez cicatrices et blessures, c’est la sarabande de la peur et de sa chienne compagne l’incertitude douloureuse! Qui ? Qui osera croire que la musique est belle et que la danse un appel ? C’est la cérémonie païenne des démons intérieurs qui violent et se baffrent dans une mascarade sublime et envoûtante ! Qui osera dire un jour stop ? Alors continuons le bal et que courent les doigts, sur ces touches mécaniques, qu’ils sonnent la fin d’un morceau et ensuite s’en aillent de nouveau frapper caresser et meurtrir ! C’est la musique des mots et celle des autres, des maux, ceux de l’âme et aussi des esprits d’avant. C’est la course sur cette portée infinie d’un temps des hommes : blanche, noire, croche, silence et pause, rythme et pulsation, cris et lamento, scansion et allitération des sons et des paroles ! Chante petit homme mes doigts te suivent et tapent, ils tapent ta musique et ta voix pour dire qu’au-dedans résonne une peine qui envoûte et entraîne au loin, dans ce marécage caché, l’âme qui se pleure !

C’est le voyage intérieur sur ce chemin musical, la cascade infinie qui emporte tout ! Souvenirs et images, passé et présent dans un flot incroyable et de remous terrifiants. Plus rien ne peut arrêter la marche des doigts sur le clavier, ils avancent soldats d’une histoire à écrire, plutôt à répéter, ils dansent et trébuchent se relèvent et de nouveau gesticulent ! La bataille des mots, le combat des phrases, le sang du sens va jaillir et empourprer les idées ! Fluante hémorragie, poisseuse espérance, la vie danse à la cérémonie de l’horreur, l’homme a écrit le présent à l’encre de sa nausée parce que son histoire se répète bien que change le papier !

Tapent les doigts, l’histoire ne fait que de se réécrire ; alors chante petit homme blanc d’ébène, accompagne la fuite du temps et que ces phalanges musiciennes et danseuses suivent ton chant dans l’écriture infinie de la torture des hommes.

 

 

 

 
 
 
 

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 12:01
 (lire vers 23ème sec)

 

 

 

 

Entends-tu dans la brousse le chant ?

Ce murmure qui s’envient,

Entre les arbres, à travers champs,

Comme un étrange refrain.

 

Il coule des mille collines,

Tout doucement, jour après jour,

Ondes ivres et sanguines,

Sous un soleil sans abat-jour.

 

A la complainte se mêlent des cris,

Dans la mesure des coups,

Musique d’un registre non écrit,

 Qui se livre par après coup.

 

L’orchestre des machettes s’emballe,

Dans un crescendo de folie,

Fortissimo, cinglent les cymbales,

Quand le chœur chante l’hallali.

 

Les notes de haine entrent en les chairs,

Et des collines s’écoule le sang,

Sève des hommes qui abreuve la terre,

Et la soif des frères tout puissants.

 

Le vent chaud lèche les plaies,

L’on danse sur la terre sèche,

Sur la fréquence se complait,

L’appel que nul n’empêche.

 

Hutus, tutsis, casse-tête,

Découpe sous les côtes.

Tutsis, Hutus, machette,

Taille, taille la chicotte.

 

Entends-tu dans la brousse le silence, 

De ce grand vide des autres ?

Vacuité d’une si grande absence,

Où ceux qui restent se vautrent.

 

De sang et d’ébène la couleur,

Sous le soleil noir des ethnies,

Chante le vent, hurlent les douleurs,

Dans le silence des non-dits.

 

Le grand fleuve de rouge abreuvé,

S’assèche sous le vent,

Dans la chair de ceux éprouvés,

Frissonnent les tourments.

 

Entends-tu dans la brousse le cri ?

Ce fol lamento qui résonne,

Au dedans les âmes s’écrit,

Le scénario qui déraisonne.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 11:38

Chaque jour j’entends leur bruit de sape, les pics qui cognent au plus profond de mon âme et malgré tout je laisse faire, et elles creusent plus avant ce trou de la douleur, excavant le tréfonds, cette intime profondeur de l’être. Un jour tout s’écroulera sous leurs à-coups, goulet, goulot, galeries et fosses, tout s’affaissera dans un énième coup de poussière, mauvais grisou des regrets fermentés.
Il n’y a jamais eu de houille, aucun charbon dans ce sous sol charnel, dans cette âme de sédiments, aucune veine qui vaille que les questions ne s’escriment à fouiller ainsi ! Et pourtant depuis des années elles cognent, et cognent, charriant les berlines du matin au soir, me vidant l’esprit, la viande et l’espoir, amoncelant leurs sinistres terrils dans mon paysage intérieur.
J’en ai vu passer des galibots, des porions et des herscheurs, chaque nuit, chaque instant de doute, chaque moment de silence, dans un défilé d’industrie, de gueules noires, sous l’ombre des chevalements intimes. Je les connais ces paysages sombres, sous des cieux obscurs, ces longues files d’attente dans la nuit de l’insomnie, aux portes des ascenseurs de la pensée, cages qui tombent dans les vertiges angoissés d’un sommeil impossible.
Guenilles, sabots, toile de jute et peaux grasses d’une poussière amalgamée de sueur, elles défilent, noria des pourquoi, dans les entrelacs de mes songes, allant courbées dans les couloirs des éveils prolongés, abattant sans cesse l’anthracite. Elles me vident, peu à peu, lentement de ce que je suis, remontant à la surface les fossiles de ma vie, pour les trier sans scrupules devant mes yeux ébahis. Aucun étai, aucun boisage, la meute creuse et va de l’avant, oubliant son briquet, pour dévorer l’ouvrage, et rendre exsangue la veine.
Dans le sous sol des nuits, là où le soleil n’arrive à se glisser, les questions, armées de barres à mine, à la lueur des lampes à huile, abattent les parois de la raison, éboulant la roche tendre d’un sédiment fragile. Elles charrient leur ouvrage sans jamais devoir se fatiguer, entassant la houille et les débris mélangés, creusant la veine sans souci d’ébouler. Elles ahanent leur rythme et font vibrer ma viande, ma chair, mon esprit, dans un frisson insigne, tremblement de tête, mine après mine, dans la poussière des explosions secrètes.
A peine sont elles remontées, après avoir pataugé au retour dans l’humeur des infiltrations malsaines, elles s’écartent pour laisser passer la relève, l’équipe de jour qui déjà interpelle. C’est un ballet incessant de haveurs, un grignotement continuel des versants de mon âme, de sa voûte, de ce que je suis et dont je doute. Elles ne laisseront rien, je le sais, tant qu’il y aura une trace, un morceau, une once de poussière, les questions s’en reviendront pour l’extraire, et peu importe si un jour tout s’écroule.
Dans les plaines intérieures grandissent les monts de terre, ces collines sombres des sédiments sans valeur, monticules témoins des cicatrices internes, du pillage d’un or noir fossilisé, que des mineurs inlassables ont arraché à l’âme. Aux saisons d’une révolution assoupie, aux pieds des terrils des souvenirs amassés, de prairial à ventôse, l’insomnie et ses gueules noires, à l’encre maussade des questions, râturent inlassablement un autre germinal.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:44

Lire à partir la 48ème seconde de musique 
 
A la lueur d’une aube pâle,
Par l’écume arrosée,
Un moulin à aube, ses pales,
De brume et de rosée.

Brassant la rivière qui s’écoule,
En l’épais d’un brouillard,
 Une roue sur un axe s’enroule,
Brumeux colin-maillard.

Voici l’ombre du temps qui passe,
Dans sa clepsydre lente,
Par ses aubes de bois il brasse,
Les eaux douces qui serpentent.

Lueur matinale confuse,
S’irisant dans les larmes,
Chagrin d’une brune diffuse,
Sous les branches d’un charme.

Grise envoilée et diaphane,
La roue tourne inlassable,
Et la lune, en le ciel se fane,
Comme un astre effaçable.

Elle plonge, puis remonte et replonge,
Une à une ses pales,
Vive en cette eau qui s’élonge
Puis ensuite s’étale.

Remous et frissons de surface,
Tourbillons du moulin,
Mousse, bouillonnante interface,
Éphémères boulins.

Ténu, lové sous cette toile,
Le jour erre et se traîne,
Nocturne estampe qui s’entoile,
Dentelle de sa traîne.

Ombre, immobile navire,
Sur ce flot qui avance,
Où lourde son aube chavire,
Puis d’un coup se relance.

Amalgame de pierres et de chaux,
La muraille transpire,
Profil d’invalide manchot,
Dans l’ombre qui expire.


Tapis humide dessus l’herbage,
La brume, tenture claire,
Étale, glisse son robage,
Sous l’aube qui l’éclaire.

Guipure aux perles de rosée,
Dentelle du matin,
Soies d’araignée déposées,
Matinal satin.

Par devers le rideau l’onction,
Caresse du soleil,
Matutinale bénédiction,
D’un jour qui s’appareille.

En le silence inaugural,
D’une matinée ombreuse,
La roue, ses aubes lacrymales,
Sa valse ténébreuse.


 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 13:10
  (Attendre 27ème seconde)

Une rue, la pluie, la nuit,

Il rentre, seul,

Avec elle pourtant,

Sur lui, en lui.

 

Fin d’un aparté,

D’une parenthèse,

D’un instant volé

Scénario quelque part.

 

Chaque pas un oubli,

Qui l’éloigne,

De son souffle,

De sa peau.

 

Devant, derrière,

Son reflet se traîne,

Silhouette vagabonde

Sur des vitrines sombres.

 

Son histoire,

Leurs histoires

Qui se croisent

Se retrouvent et se perdent.

 

Femme, enfant,

Amante sublime,

Plaisirs haletants,

Impudiques folies.

 

Sur ses doigts,

Sur ses lèvres,

Son parfum, son odeur,

Fragrances d'abandon et d'ivresse.

 

Lui, là, redevenu,

Seul, en la nuit,

Dans la rue, seul,

Ombre de l’instant.

 

Jamais, plus jamais,

Ni son ventre ni ses lèvres,

Ni ses seins,

Ni son cou.

 

Il aime, que trop,

Pour s’enfuir, loin,

Loin d’eux mêmes,

Si loin d’elle.

 

Il pleut, dans la rue, dans sa nuit,

Il marche, s’en retourne,

Chez lui... chez lui,

Avec elle mais sans elle.

 

Incroyable passion,

Frénétique chamade,

Meurtriers frissons

Délicieuse noyade.

 

Chaque pas est souvenir,

Mémoire de là-bas,

De ces douces caresses

Et baisers carnivores.

 

Paroles musiciennes

De soupirs et de pleurs,

Si passionnelle antienne

De deux âmes en chœur.

 

Aucune autre, plus jamais,

Elle, seulement elle,

Confusément liée,

Intime consubstantielle.

 

Sa vie, la sienne,

Obstacles des jours,

Habitudes paroissiennes

Implacables contours.

 

Un hôtel, qui s’éloigne,

Un chagrin, singulier,

Solitude sommeil,

Si profonde, éternelle.

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