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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 14:17

Sens, ressens dans le vent et la bruine,

Au dernier soir du dernier jour,

Se poser, se déposer la pruine,

Dessus les anciennes amours.

 

Vois, revois dans l’aube du crépuscule,

A cet ultime instant du soir,

Quand la lueur des cieux se recule,

La brume fine de l’encensoir.

 

Écoute, en l’étendue de ta brune,

Dessus ces terres qui sont les tiennes,

En ces vallons et plaines des rancunes,

Ce long las sanglot de l’antienne.

 

Savoure, au banquet des souvenirs,

Ces mets oubliés par le temps,

Les fragrances que tu revois venir,

Commensaux des vieux jours d’antan.

 

Prends, saisis si tu le peux encore,

La main qui se refuse toujours,

A l’horizon du pays des morts,

Tiens, retiens la traîne du jour.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:26

La douleur d’un jour,

Et celle des lendemains,

Du jamais du toujours,

De futurs incertains.

 

Cursive lapidaire,

Prégnante et longue,

Assassine ou amère,

Tranchante ou oblongue.

 

Dans le jour, dans la nuit,

Subreptice, continue,

Qui revient, qui s’enfuit,

Éphémère, soutenue.

 

Le sablier des attentes,

Son sable, col étroit,

Chute fine vague lente,

D’estuaire en détroit.

 

La sécheresse des larmes

Des chagrins incarnés,

Dans l’intense vacarme

De douleurs décharnées.

 

Le présent sans futur,

Son avenir amputé,

L’invariable roture,

D’un destin chahuté.

 

Désespoir fausse couche,

Petits jours avortés,

Meurtrissure qui touche,

La mémoire emportée.

 

La dentelle barbelée,

D’un amour impossible,

Par des mots épelés

De sanglots compossibles.

 

Une nuit, un soleil,

La lumière, sa brûlure,

L’insomnie du sommeil,

Dans les yeux, la saumure.

 

En la gorge un garrot,

Son nœud, son étreinte,

D’un supplice lamparo,

D’une lueur qui éreinte.

 

Un vieux cœur lacéré,

Qui pulse sa douleur,

Sa douleur acérée,

Enserré rémouleur.

 

La douleur toujours,

De ceux sans lendemains,

En la nuit contre-jour,

D’impossibles certains.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:23

A gauche le terril, tel une colline,

Masse sombre tavelée de mousses,

Noir talus aux ombres violines,

Arasé dans des cieux qui le poussent.

 

Et le vent humide qui souffle,

Qui étale sa bruine épaisse,

Sur la toile d’un ciel qu’il maroufle,

Sans les couleurs qu’il délaisse.

 

Sis en le fond, à flanc de terre,

Alignés de ressemblance,

Des anciens corons qui se terrent,

En une sorte d’invraisemblance.

 

La voûte couturée de nuages,

Voile gris reprisé de blanc,

Sur le chemin de son halage,

 S’éloigne en ce beau semblant.

 

Les rafales vives se succèdent,

Emportant avec elles les cieux,

Par dessus ces terres qui concèdent,

Ce larcin d’un complice officieux.

 

La route devant plonge en toboggan,

Se précipite vers l’aval,

Et par un ou deux lacets arrogants,

Glisse et s’immisce dans le val.

 

Elle resurgit plus haut, étroite,

Bascule sur l’amont,

Pour ensuite sinuer adroite,

En le travers du mont.

 

Les terres sont grasses et retournées,

Et dessinent leurs enrues,

Sillons bruns d’ondes contournées,

Par la trace des charrues.

 

Au loin, sous le portique du ciel,

Les masses nuageuses défilent,

Incroyable instant existentiel,

En cette grisaille qui se faufile.

 

Il pleut sur la route de Lillers,

Et l’automne se traîne,

Dans ce vent habillé d’une averse,

Par ces nues qu’il entraîne.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 16:56

 

Cet étrange besoin de vous ,

Dans ce flou de l’absence,

Où s’éveillent malgré vous,

Le désir et les sens.

 

L’éternel des attentes

Qui s’en viennent nourrir,

La douleur attenante

Inhérente au plaisir.

 

Comme la traîne d’un deuil,

Si lente douloureuse,

Où les âmes se recueillent

Dolentes malheureuses

 

Silhouette dans la brume

D’un esprit désirant,

D’un foyer qui s’allume

En le ventre au-dedans.

 

Dans la chair vient renaître

Cet enfant du désir,

Dans le moi et dans l’être,

Où s’enfante le plaisir.

 

Intérieure l’image,

Les lèvres le sourire,

L’ondoyant d’un visage,

Le frisson d’un soupir.

 

Le souffle d’un baiser

En l’étrange du brouillard,

D’un baiser déposé

Par devers le regard.

 

Je cherche votre main,

Vanité de l’instant,

Mais je la cherche en vain

La cherchant nonobstant.

 

Des entrailles le brasier,

Qu’un souffle fait rougir,

Avide irrasassié

Si prêt à réagir.

 

Comme une danse, un sabbat,

Comme un supplice ardent,

L’invisible combat,

Intime et débordant.

 

Dans le corps et la tête

Cette lave brûlante,

Cette folie qui entête,

Impudique et râlante.

 

Puis d’un coup le silence,

Le regard qui se perd,

De la main l’indolence,

En le vide si appert.

 

Cet étrange besoin de vous,

L'éternel de l’absence,

Où s’apaise malgré vous,

Ce désir par les sens.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:21

 

Il est un banc, quelque part, dans un jardin,

Où les âmes vont s’asseoir pour se confier,

Et que la rosée fraîche repeint chaque matin,

Attendant que le soleil s’en vienne la défier.

 

Il est un banc, là-bas, où les gens se disent,

Regardant au loin devant eux,

Ces émotions douloureusement apprises,

Pour ainsi, les couper en deux.

 

Il est un vieux banc, ailleurs, qui écoute,

Les confidences des êtres en peine,

Leurs peurs, leurs pleurs et leurs doutes,

Dans le lent crépuscule qui les emmène.

 

Il est un banc, ici, qui entend et se tait,

Qui sagement s’emplit des évidences,

De paroles d’hommes et de femmes tourmentés,

Sous la paresse des rayons qui dansent.

 

Il est un banc, quelque part, vieilli et muet,

De tant de choses entendues savant,

Qui jamais ne dira à quiconque ces secrets,

Douleurs d’âmes d’aujourd’hui et d’avant.

 

Sur ce vieux banc, un jour, tu es venue me dire,

Ta vie, cette existence si difficile à comprendre,

Tandis que la lumière douce s’en venait luire,

Se refléter dans tes cheveux et s’y surprendre.

 

Il est un banc, quelque part, dans un jardin,

Où l’une contre l’autre, nous avons pleuré,

Mêlant ainsi nos larmes, oubliant le dédain,

En cette brune naissante, nullement apeurés.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:05

(Essayez aussi sur la musique précédente)

 

 

Sur ces draps des parfums,

Des odeurs, celles d’hier,

Effluves d’un refrain

De ces aubes premières.

 

Effacés, cancellés,

Ce que furent nos instants,

Nos instants pastellés,

Irréels existants.

 

Déplissé ce drapé

Vieille couche adultère,

La vouloir dénappée

De ce qui l’oblitère.

 

De jadis le présent,

Les traces et les plis,

Que l’antan complaisant

Incident nous déplie.

 

Les chiffons du passé,

Ruchés ou bien rangés,

Négligés repassés,

Devenus étrangers.

 

Chemises empesées

Senteurs de naphtaline,

De vieilles fragrances boisées

S’éveillent et nous câlinent.

 

Etreintes oubliées,

Qui d’un coup s’en reviennent,

S’en viennent tourbillonner,

Anciennes valses de Vienne.

 

Les draps de nos ébats,

Froissés et parfumés,

Oblitérés là-bas,

Ici sont exhumés.

 

S’entrouvre la mémoire,

S’exhalent ses arômes,

S’échappant de l’armoire,

De naguère le fantôme.

 

Des silhouettes d’encre,

Eaux fortes imprégnées,

Curieuses lèvent l’ancre

Venant accompagnées.

 

Souvenirs de caresses,

De baisers, de regards,

D’une tiède mollesse,

Dans le temps qui s’égare.

 

Sur ce vieux lit d’effets,

En ses draps insolites,

Un ancien imparfait,

S’impose en nous s’invite.

25/04/2011

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 13:38

 

J’entends battre mon cœur

Et il me dit le temps,

Dans sa lente langueur

Alors que je t’attends.

 

Il me crie ce silence,

Si lourd et si pesant,

Celui de cette absence,

Si présente au-dedans.

 

Et je le laisse passer

Sans aucune faim de lui,

Le laissant trépasser,

Au fil de cet ennui.

 

Ces heures qui nous séparent

Secondes infinies,

En lesquelles je m’égare

Dans un morne tournis.

 

Et je gaspille la vie,

Qui semble ne rien valoir,

N’ayant nulle envie,

Que celle de te voir.

 

J’entends passer l’instant

Dans la mélancolie,

Qui piétine dedans

Mon bouquet d’ancolies.

 

Je me fiche des heures,

Dépensées et perdues,

Dans l’angoisse et la peur,

Des pensées éperdues.

 

Les journées décomptées

Sans souci de leur perte,

Ces jours si bien comptés,

Dans leurs trames désertes.

 

Je t’attends en mon cœur,

Et mon âme tout autant,

En la douce lenteur,

Où s’écoule ce temps.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 13:12

Dans la course des nuages

L’incarnat du soleil,

En l’étrange remuage

D’un matin qui s’éveille.

 

C’est l’aurore qui se pose

Qui s'étale et enrobe,

Communiante qui dépose

La fluence de son aube.

 

Là-bas, sur l’horizon,

Oranges et sanguines,

Les pourpres ouvraisons

De la traîne induline.

 

Reflets d’ombres chinoises

Embrumées et rasantes,

Empesant les ardoises

De brumasse  écrasante.

 

Les voiles et dentelles

Des soieries matinales,

Disposées sur l’autel

En ce point cardinal.

 

La lente cérémonie,

D’un instant solennel,

A la douce harmonie,

D'élégance charnelle.

 

Soleil, Ô mon soleil,

Si beau en ta parure,

D’azur et de vermeil,

De blonde chevelure.

 

Chaque jour je t’attends,

Je t’espère, je te rêve,

Hors la nuit qui s’étend,

Sous ce voile qui se lève.

 

Parabole de lumière

En l'ascendance du jour,

Par-dessus les chaumières,

Matineux contre-jour.

 

Il n’est que toi, que toi,

Si belle insolation,

Lente, par-dessus les toits,

Ardente élévation.

 

Tu es là sans pareil(le),

En mes yeux, en mon âme,

Rayonnant en mon ciel,

En mes cieux qui se pâment.

 

Je t’espère, je t’attends,

En le brouillard des heures,

Dans l’espoir haletant

De lendemains meilleurs.

 

Chaque jour différent,

Cancellant les hier,

Par l’éclat afférent,

De son autre lumière.

 

Sur la fuite des nuages

En l’indigo du ciel,

Se dessine le voyage,

D’un soleil essentiel.

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 15:12

Fermer les portes et se cloîtrer en soi,

Vider le tiroir des souvenirs,

Émois liés par un ruban de soi,

Que l’on ne veut plus revoir venir.

 

Brouiller les images, les déchirer,

Et garder les yeux grands ouverts,

Pour au-dedans ne pas chavirer

Dans les tourmentes de l’hiver.

 

Éviter les rencontres madeleines,

Brèves délices douloureuses,

Les douces présences incertaines,

Et d’inquiétude si heureuse.

 

Fuir, se dérober, tourner la tête,

Pour ne jamais plus croiser ton regard,

Ni que ne soient plus les tête à tête,

En les rencontres, au jour des hasards.

 

Faire de l’attente l’instant supportable,

Quand la demeure se fait torture,

Que la solitude soit admirable,

Dans cette prison sans aucun mur.

 

Ne plus vouloir que reviennent les hiers

En l’immédiat des jours,

Ni lamento ni pleur et ni prière,

Dans l’ombre, en contre jour.

 

Nourrir le désir de l’absence,

Pour contenir la douleur,

Ce mal aigu de ta présence

Si intense de ses couleurs.

 

Se coudre à vif les paupières,

Puis saccager sa mémoire,

À jamais se priver de lumière,

Et seul, rester dans ce noir.

 

Avoir mal de te savoir impossible,

Vouloir tout effacer et surseoir,

Ces instants d’une émotion indicible,

Éternel crépuscule d’un soir.

 

Errer, longuement en la traîne du jour,

Dans une ébriété lourde et pesante,

Ce savoir ainsi, à jamais et toujours,

Sans fin, en cette vie agonisante.

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 12:33

Les mauves de son cache-col

Sur ce chandail grisé,

Violine d’un licol

Sur un ciel reprisé.

 

Un soleil qui se traîne,

Sur l’horizon perdu,

En la nuit qui l’entraîne,

Loin du jour éperdu.

 

La fin d’un instant,

Son parfum, son odeur,

Dans le souffle insistant,

D’un néant maraudeur.

 

Brouillamini du ciel

Écheveau de nuages,

Impressions tangentielles

Sur d’amarantes images.

 

Les collines disparaissent,

Recouvertes par la brune,

Qui étale la paresse

De sa vague sur ces dunes.

 

Et l’ombre court sur les terres,

Quand le ciel, lui, s’enfuit,

Emportant son mystère

À rebours de la nuit.

 

Puis, l’horizon se ferme,

Endeuillant ses couleurs,

Dans ce soir qui l’afferme

Devenu son bailleur.

 

Les nues, fantômes célestes,

Grise mantille de la lune,

Glissent, légères et lestes,

Célestes importunes.

 

Ombres et silhouettes

Inquiétantes chinoises,

Si nocturnes girouettes,

Mouvantes et sournoises.

 

Il n’est plus de repères,

De Zénith, de Nadir,

En l'obscur d’un repaire,

Qui revient s’agrandir.

 

Son regard dans l’azur,

Sa lumière matinale,

L’orient, sans mesure,

Son regain liminal.

 

Entre les cuisses du monde,

Du ventre de l’austère,

Où la clarté inonde,

S’accouche une autre terre.

 

Du jour et de la nuit,

Naît l’enfant du soleil,

L’un s’en vient, l’autre fuit,

Dans l’ailleurs s’appareille.

 

Les pourpres de son étole

Sur un champ d’ail grisé,

S’élèvent au capitole

D’un olympe irisé.

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