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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 15:55

C’est un feu trop longtemps accouvé,
Sous la cendre des attentes,
Qui lentement par les danses avivées,
Recouvre sa douceur ardente.

 

C’est une braise qui rougeoie, secrète,
Dans le souffle des tierces et des quartes,
Tandis qu’au bal des belles discrètes,
Les manières, devant les envies s’écartent.

 

Elles virevoltent au-dedans, les flammes,
Quand dehors, par la folie des danses,
Les corps alliciants bougent et se pâment,
Enlacés par la sourdine et sa mouvance.

 

Le sang se fait lave, et la cendre tison,
Les muscles se tendent, les yeux brillent,
Dans les ventres, le vent de l'irraison,
Souffle, sur ces brandons qui scintillent.

 

Il n’est plus de temps, plus de morale,
Le feu fol s’emballe et lèche les âmes,
S’attise dans les veines, feule son râle,
S’en vient mordre l’esprit qu’il entame.

 

Et tournent les corps, inlassablement,
Quand la chamade cogne assourdissante,
Cœur brûlant d’un nouvel embrasement,
En cette folle sarabande étourdissante.

 

Bientôt ne sera plus que le feu au dedans,
Incendie des convenances et des paraître,
Qui dans un Sabbat lascif et outrecuidant,
Fera en l’instant, les barrières disparaître.

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 12:34

 

 

Il y avait la mer,

Il y avait le vent,
Des parfums amers,
Un vieux paravent.

 

Un morceau de ciel
Un bout d’horizon,
Un vieil arc en ciel
Et quelques maisons.

 

Il y avait la pluie,
Il y avait les dunes,
Quelques parapluies,
Un croissant de lune.

 

Tes pas sur le sable
Les crêtes des lames,
Ce chemin passable
Et des vagues à l’âme.

 

Il y avait les mouettes,
Au loin des bateaux,
Des papiers girouettes,
Sur ce bleu manteau.

 

Ta silhouette fine,
Ton allure légère,
Hanches qui s’affinent,
Robe qui suggère.

 

Il y avait ton ombre,
Tes cheveux bouclés,
Un passage sombre,
Un trousseau de clés.

 

La chamade au ventre
L’infini du temps,
Ce feu du bas-ventre
L’espoir haletant.

 

Il y avait tes seins,
Il y avait tes yeux,
Si jolis dessins,
Desseins malicieux.

 

Un escalier de bois,
Un grand miroir doré,
Niché sous les toits,
Prêt à adorer.

 

Il y avait ces gens,
Il n’y avait que nous,
Nous dévisageant,
Dans ce rendez-vous.

 

Il y avait le temps,
Et tous ces mensonges,
Propos hésitants,
Promesses de songes.

 

Tes choix paradoxes,
Ta façon d’aimer,
D’aimer l’équinoxe,
Pour ne rien semer.

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 12:21


 

La nuit je surveille la lune et les nuages qui la cachent car je sais qu'un jour elle partira et que personne ne saura la retrouver. Je sais depuis toujours que le ciel n'est pas infini et qu'il s'arrête au-delà de mon regard, et qu'après, les rêves s'effacent derrière toutes les lunes qui se sont enfuies, depuis qu'un premier soir nous avons commencé à les épier !

 
Je sais qu'il y eut un premier matin, un premier jour et une originelle rosée, et que le soleil s'est levé pour la première fois dans le regard d'un homme étonné, par dessus l'initiale brume matinale. Ensuite tout s'est ensuivi dans le compte des jours et le décompte du temps, et que la lune a commencé à s'évader lorsque les regards s'égaraient à l'intérieur.

 


La fronde du temps s'est mise à tourbillonner pour chaque matin projeter dans la brune le soleil endormi, éborgnant la lune et les yeux de ceux qui la guettaient. Les éclats de lumière ont fait fuir les étoiles affolées et les hommes se sont arrêtés ne trouvant plus celle du berger. Je sais qu'un jour la nuit sera profonde au point d'enfouir la lune et ses compagnes nocturnes. Dans son épaisseur sombre je chercherai le quart, la demie ou la pleine, mais ne trouverai que la pénombre et l'ombre nouvelle en attendant la rousse.

 


Je sais que là dans l'infini des cieux, les lunes se cachent et que mes yeux ne savent voir au-delà des traces des étoiles défuntes, dont l'éclat n'est qu'un souvenir lointain. Je me brûle les pupilles aux couleurs chaudes des lueurs évidentes, mais je sais que la nuit est l'écran des spectacles célestes, et que lorsque la séance finit, la réalité s'en est allée, et que seules mes pensées croient encore la voir scintiller.


Alors chaque soir je surveille la lune et les nuages qui la masquent en espoir de saisir l'instant où elle ouvrira le crépuscule pour s'y lover et disparaître ! Et chaque matin la fronde tournoie balançant dans l'azur endeuillé le soleil somnolent, et moi  alors je pleure la disparition de la lune dans cette brûlure qui me fait ciller. Il en va ainsi des jours et des nuits de la naissance à la mort des quartiers séléniques et des regards fatigués.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 15:15
 

Des mots épars, perdus,

Egarés dans le vent,

Tel un cri éperdu

Dispersé par l’évent.

 

Orphelins de parole,

Appels abandonnés,

Sans fleurs ni corolles,

Si seuls désordonnés.

 

Pronoms et désinences,

Adjectifs épithètes,

Sans même l’ordonnance

Ni même l’architecte.

 

Si pauvres infinitifs

De leurs accords privés,

Privés de subjonctif

De modes dérivés.

 

Car l’âme désignée

Faisant la sourde oreille,

Les voilà résignés

Aux faux semblants pareils.

 

De tous petits morceaux,

Des fragments repoussés,

Les voici fols et sots,

Ces fous petits poussés.

 

Singuliers ou pluriels,

D’aucuns même, invariables,

Consonnes et voyelles,

Syllabes si peu enviables.

 

Du premier groupe le verbe,

Privé de son présent,

Se tait de son adverbe,

Faisant le moins disant.

 

D’amour et de passion

Obsolète et prisée,

Dessus la négation,

La phrase s’est brisée.

 

Des mots, pendus, hagards,

Suspendus dans le vide,

Se dispersent et s’égarent

Pupilles impavides.

 

(28/04/2011)

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 14:21

Dans l’épure du jour et le murmure du vent,

Parmi les herbes communes baignées de rosée,

En silhouette sur les rouges du levant,

Une fleur étrange semble s’être apposée.

 

Rose sans épines, velours nimbé,

Carmins pétales sépales amers,

Par la fraîcheur de l’aurore enrobée,

La corolle d’un pistil trop vert.

 

Fière sur sa tige dans l’éclat du matin,

Son pollen poussière d’or elle abandonne,

Semis à la volée d’une invisible main,

Dans sa chevelure blonde qu’elle désordonne.

 

Teintes purpurines, reflets du soleil,

En sa tige s’écoule sa sève,

Calice de soie, robe de vermeil,

Dans la lueur du jour qui se lève.

 

Son mouvement semble une danse,

Dans l’immobile paysage,

Fleur qui oscille et qui balance,

Dans le silence de l’hommage.

  

Elle s’ouvre peu à peu à la lumière,

Dévoilant le secret de son âme,

Les mystères de sa chair trémière,

Arcanes d’une terrible femme.

 

Piège par ses fragrances subtiles,

Elle enivre par ses couleurs,

Prisme d’un arc en ciel futile,

Qui distille des odeurs.

 

Fausse princesse, cynique leurre,

Robe de soie, nectar venin,

Sourire mimétique trompeur,

Poison d’un morbide levain.

 

Sous la teinte coruscante du ciel,

Son contact déchire et vous blesse,

Âpre prurit et acide miel,

D’un bourgeon vampire des faiblesses.

 

En l’estompe grise du crépuscule,

Et des herbes assombries qui se touchent,

Là où le jour et la nuit s’articulent,

Une fleur vénéneuse se couche.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 14:17

Sens, ressens dans le vent et la bruine,

Au dernier soir du dernier jour,

Se poser, se déposer la pruine,

Dessus les anciennes amours.

 

Vois, revois dans l’aube du crépuscule,

A cet ultime instant du soir,

Quand la lueur des cieux se recule,

La brume fine de l’encensoir.

 

Écoute, en l’étendue de ta brune,

Dessus ces terres qui sont les tiennes,

En ces vallons et plaines des rancunes,

Ce long las sanglot de l’antienne.

 

Savoure, au banquet des souvenirs,

Ces mets oubliés par le temps,

Les fragrances que tu revois venir,

Commensaux des vieux jours d’antan.

 

Prends, saisis si tu le peux encore,

La main qui se refuse toujours,

A l’horizon du pays des morts,

Tiens, retiens la traîne du jour.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:26

La douleur d’un jour,

Et celle des lendemains,

Du jamais du toujours,

De futurs incertains.

 

Cursive lapidaire,

Prégnante et longue,

Assassine ou amère,

Tranchante ou oblongue.

 

Dans le jour, dans la nuit,

Subreptice, continue,

Qui revient, qui s’enfuit,

Éphémère, soutenue.

 

Le sablier des attentes,

Son sable, col étroit,

Chute fine vague lente,

D’estuaire en détroit.

 

La sécheresse des larmes

Des chagrins incarnés,

Dans l’intense vacarme

De douleurs décharnées.

 

Le présent sans futur,

Son avenir amputé,

L’invariable roture,

D’un destin chahuté.

 

Désespoir fausse couche,

Petits jours avortés,

Meurtrissure qui touche,

La mémoire emportée.

 

La dentelle barbelée,

D’un amour impossible,

Par des mots épelés

De sanglots compossibles.

 

Une nuit, un soleil,

La lumière, sa brûlure,

L’insomnie du sommeil,

Dans les yeux, la saumure.

 

En la gorge un garrot,

Son nœud, son étreinte,

D’un supplice lamparo,

D’une lueur qui éreinte.

 

Un vieux cœur lacéré,

Qui pulse sa douleur,

Sa douleur acérée,

Enserré rémouleur.

 

La douleur toujours,

De ceux sans lendemains,

En la nuit contre-jour,

D’impossibles certains.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:23

A gauche le terril, tel une colline,

Masse sombre tavelée de mousses,

Noir talus aux ombres violines,

Arasé dans des cieux qui le poussent.

 

Et le vent humide qui souffle,

Qui étale sa bruine épaisse,

Sur la toile d’un ciel qu’il maroufle,

Sans les couleurs qu’il délaisse.

 

Sis en le fond, à flanc de terre,

Alignés de ressemblance,

Des anciens corons qui se terrent,

En une sorte d’invraisemblance.

 

La voûte couturée de nuages,

Voile gris reprisé de blanc,

Sur le chemin de son halage,

 S’éloigne en ce beau semblant.

 

Les rafales vives se succèdent,

Emportant avec elles les cieux,

Par dessus ces terres qui concèdent,

Ce larcin d’un complice officieux.

 

La route devant plonge en toboggan,

Se précipite vers l’aval,

Et par un ou deux lacets arrogants,

Glisse et s’immisce dans le val.

 

Elle resurgit plus haut, étroite,

Bascule sur l’amont,

Pour ensuite sinuer adroite,

En le travers du mont.

 

Les terres sont grasses et retournées,

Et dessinent leurs enrues,

Sillons bruns d’ondes contournées,

Par la trace des charrues.

 

Au loin, sous le portique du ciel,

Les masses nuageuses défilent,

Incroyable instant existentiel,

En cette grisaille qui se faufile.

 

Il pleut sur la route de Lillers,

Et l’automne se traîne,

Dans ce vent habillé d’une averse,

Par ces nues qu’il entraîne.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 16:56

 

Cet étrange besoin de vous ,

Dans ce flou de l’absence,

Où s’éveillent malgré vous,

Le désir et les sens.

 

L’éternel des attentes

Qui s’en viennent nourrir,

La douleur attenante

Inhérente au plaisir.

 

Comme la traîne d’un deuil,

Si lente douloureuse,

Où les âmes se recueillent

Dolentes malheureuses

 

Silhouette dans la brume

D’un esprit désirant,

D’un foyer qui s’allume

En le ventre au-dedans.

 

Dans la chair vient renaître

Cet enfant du désir,

Dans le moi et dans l’être,

Où s’enfante le plaisir.

 

Intérieure l’image,

Les lèvres le sourire,

L’ondoyant d’un visage,

Le frisson d’un soupir.

 

Le souffle d’un baiser

En l’étrange du brouillard,

D’un baiser déposé

Par devers le regard.

 

Je cherche votre main,

Vanité de l’instant,

Mais je la cherche en vain

La cherchant nonobstant.

 

Des entrailles le brasier,

Qu’un souffle fait rougir,

Avide irrasassié

Si prêt à réagir.

 

Comme une danse, un sabbat,

Comme un supplice ardent,

L’invisible combat,

Intime et débordant.

 

Dans le corps et la tête

Cette lave brûlante,

Cette folie qui entête,

Impudique et râlante.

 

Puis d’un coup le silence,

Le regard qui se perd,

De la main l’indolence,

En le vide si appert.

 

Cet étrange besoin de vous,

L'éternel de l’absence,

Où s’apaise malgré vous,

Ce désir par les sens.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:21

 

Il est un banc, quelque part, dans un jardin,

Où les âmes vont s’asseoir pour se confier,

Et que la rosée fraîche repeint chaque matin,

Attendant que le soleil s’en vienne la défier.

 

Il est un banc, là-bas, où les gens se disent,

Regardant au loin devant eux,

Ces émotions douloureusement apprises,

Pour ainsi, les couper en deux.

 

Il est un vieux banc, ailleurs, qui écoute,

Les confidences des êtres en peine,

Leurs peurs, leurs pleurs et leurs doutes,

Dans le lent crépuscule qui les emmène.

 

Il est un banc, ici, qui entend et se tait,

Qui sagement s’emplit des évidences,

De paroles d’hommes et de femmes tourmentés,

Sous la paresse des rayons qui dansent.

 

Il est un banc, quelque part, vieilli et muet,

De tant de choses entendues savant,

Qui jamais ne dira à quiconque ces secrets,

Douleurs d’âmes d’aujourd’hui et d’avant.

 

Sur ce vieux banc, un jour, tu es venue me dire,

Ta vie, cette existence si difficile à comprendre,

Tandis que la lumière douce s’en venait luire,

Se refléter dans tes cheveux et s’y surprendre.

 

Il est un banc, quelque part, dans un jardin,

Où l’une contre l’autre, nous avons pleuré,

Mêlant ainsi nos larmes, oubliant le dédain,

En cette brune naissante, nullement apeurés.

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