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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:11

34380-1.jpg   Ils s’étaient retrouvé dans un bar, comme à chaque fois qu'ils avaient rendez-vous, pas vraiment à l’aise au départ car soucieux des regards extérieurs et des possibles connaissances qui les auraient reconnus. Cependant ils étaient heureux  de ces retrouvailles, et très vite oublièrent le regard des autres. Leurs mains avaient joué, gaminé, s’était longuement attardées dans des attouchements innocents, des caresses simples mais  significatives, initiatrices de l’apparition d’un désir plus prégnant. Ensuite, ils avaient plaisanté, surtout elle, frivole, gamine parfois, provocante et mordante, insouciante et excentrique, prêtes à ces jeux enfantins qui embellissent la vie et font rester en retrait les contingences pesantes de l’existence des grands. Puis naturellement, ils avaient quitté le bar pour rejoindre cet hôtel de la périphérie, où amants de passages et ouvriers partageaient des chambres identiques et  spartiates, ternes et sans âme.

Comme souvent il l‘avait regardée marcher devant lui, allante et légère, dans sa démarche aérée et découplée, se retournant sans cesse un sourire aux lèvres, comme une adolescente  à qui l’amour donne du pétillant et la joie d’être et de vivre. Elle était si belle lorsqu'elle le devançait ainsi; innocente et enivrée de l’instant et de ce qui allait advenir.

Elle avait joué ainsi, espliège comme une enfant heureuse, jusqu’à ce qu’ils pénètrent dans la chambre et referment la porte, tirant le volet pour estomper la fadeur du lieu et créer, une autre lumière, une autre atmosphère, un nouvel espace.

Cette fois-ci ne fut pas comme les précédentes, au lieu que de l’enlacer, de l’embrasser, de laisser parler leurs fougues et leurs désirs réciproques, ils se regardèrent longuement, dans une certaine émotion, chacun se nourrissant, nourrissant son attente de ce quelque chose de singulier qu’ils n’arrivaient à définir. C’est alors, à l’instant où il s’apprêtait à s’approcher d’elle pour l’embrasser, qu’elle se mit à se déshabiller... à se déshabiller différemment des autres fois. Et d’un coup, aussi surprenant que cela put paraître, la chambre revêtit un autre aspect, une autre atmosphère, un nouvel éclairage.

Chaque geste qu’elle faisait était comme un coup de pinceau, un trait de fusain, une trace de sanguine. Elle se dessinait par ses mouvements, ôtant un à un ses vêtements, dans une grâce magnifique et légère, comme une main effleurerait la toile ou le papier.

Chaque effet qu’elle enlevait inscrivait son corps, sa chair, sa silhouette, dans la réalité, lui donnant forme, forme à ses formes épurées... c’était comme si elle révélait par le dessin de ses gestes une partie de son être, de sa beauté nue, et que l’ajout de chacune de ces parties, chacune d’entre-elles, en se complétant, constituerait à la fin, une œuvre... une émotion absolue et totale.

Il la regardait naître et s’enfanter, comme on regarde un peintre faire, agir, créer, comme on regarde un sculpteur donner la vie à la matière, offrir l’illusion du mouvement à l’immobilité.

L’espace était sa toile et la lumière son pinceau, l’éclat du jour en s’infiltrant par les interstices de la persienne faisait de l’instant un clair-obscur de maître hollandais... l’être, le corps, la vie, paraissant apparaître, naître de la pénombre, s’en distinguer plus à chaque seconde qui passait, à chaque mouvement qui la déshabillait.

Elle se dévêtait, lentement, avec cet air grave, mystérieux et sensuel à la fois, sentant en elle l’émoi d’une créatrice, mais aussi celui d’une spectatrice, elle se créait elle-même et en même temps en le désir d’un regard... Elle devenait chair, reliefs et contrastes, belle, autrement belle, nouvellement belle, car œuvre d’art d’un instant, mais aussi celle d’une mémoire et d’un désir.... inoubliable et prégnante souvenance... éternelle création, s’insérant, s’inscrivant dans l’espace et le temps, mais aussi en l’esprit, en les spasmes et les frissons siens... impalpable mais si tangible.

Elle était là, presque nue, les bras écartés touchant à peine la paroi, la tête légèrement penchée et relevée, à peine haussée sur la pointe de ses petits pieds si bien dessinés, immobile, appuyée contre le mur, ce mur blanc, terne, univoque, d’une chambre d’hôtel, avec dans les yeux cet éclat troublant du désir, cette brillance insensée, comme si c’était à l’intérieur de ses prunelles que la lueur trouvait sa source... à ses pieds, épars, les vêtements desquels elle venait lentement de se défaire, n’ayant gardé qu’une chemine blanche, déboutonnée, qui lui descendait jusqu’aux hauts de ses cuisses et soulignait plus encore sa silhouette que si elle ne l’avait ôtée.

Là, comme posée sur cette surface tel un papillon magnifique, coloré aux teintes d’une palette de bruns et de gris, alternance d’ombre et de lumière sur un corps harmonieux si bellement délinéé.

Il la fixait, pris par une émotion nouvelle, dans une sorte de paralysie délicieuse et jubilatoire, n’entendant en lui que la scansion des battements de son cœur qui se propageaient en tout son être. Une étreinte lui enserrait la gorge si fortement qu’il lui était difficile de déglutir, et tout autant en son ventre un garrot se serrait. Quand bien même il avait vécu et éprouvé, aimé, désiré, ressenti, attendu, là, il lui semblait découvrir autre chose, une autre altérité, un autre lui-même, un autre temps où les heures ne s’écoulaient plus... une part cachée et sensible de son humanité qu’aucun événement, qu’aucune autre personne, n’avaient jusqu’alors été capables de faire résonner en lui. C’était un rêve éveillé, une acuité neuve des sens et de sa chair, une appétence singulière, nouvelle, de l’attente, et de son corollaire qu’est le désir.

Elle lui paraissait elle-même tout en étant autre à la fois, comme plus femme, plus mature et plus garce, nonobstant la finesse de son visage enfantin, nonobstant la petitesse de sa poitrine, nonobstant sa taille... là, incise dans ce treillis de lumière et de pénombre. Là, dans, sur l’alternance des contrastes, avec ce regard différent, ce regard si bleu, si profond, si intense, qui disait tant... tant, et ne faisait que d’appeler, de provoquer.

Elle se cambra lentement s’exhaussant un peu plus sur la pointe des pieds, ce qui fit se distinguer l’un de ses petits seins dessous la chemise de coton entrouverte. Un sein naissant, à peine galbé, d’une poitrine adolescente, presque pubère, mais un sein au téton de femme, au téton gonflé dans sa chair, dur ferme et tendu, tendu d’une excitation de femme, d’une femme qui séduit et provoque, d’une femme qui frissonne, qui désire et attend qu’on l’effleure, qu’on la caresse, qu’on la touche, qu’on la fouille puis la prenne.

Il ne résista pas à l’appel de ce corps qui se dévoilait tout en restant pudique, à l’envie de s’approcher, de s’approcher de cette être maintenant achevée, de cette œuvre ayant terminé de se peindre, de s’inscrire dans la réalité, dans le regard d’autrui, dans son regard à lui, et qui n’attendait plus que d’être touchée.

Il s’approcha lentement, tout en gardant son regard rivé au sien, entrant dans le faisceau de lumière, dans ce feuilleté d’ombre et d’éclaircies sur lequel elle s’était apposée et qui la couvrait tel un voile d’une mousseline translucide. Arrivé face à elle, il n’osa, dans un premier temps, la toucher, sinon peut être, du bout de ses cils, la respirant au plus près sans qu’il y ait de réel contact, la goûtant du bout de ses lèvres sans que ces dernières, bien que gourmandes ne la touchent.

Puis, ses mains s’approchèrent de son visage, de part et d’autre, l’effleurant à peine, et se mirent à suivre son dessin, tout en gardant son regard accroché au sien, au plus profond de son être, comme s’il entrait en elle par le regard tout d’abord avant que de s’y introduire par le biais de la chair.

Il suivait à distance le contour de ce visage si lisse, si jeune, au menton affiné et si bien dessiné. Elle bougeait doucement la tête dans une sorte d’ondulation légère, comme si elle ressentait et accompagnait cette caresse. Ses lèvres peintes d’un incarnat léger et brillant restaient entrouvertes, dévoilant à peine ses dents, en une espèce de cœur tiède et frissonnant. A chaque fois que ses doigts effleuraient sa peau elle ne pouvait réprimer une brève et forte inspiration accompagnée d’un aussi bref tressaut de son corps.

Il ne put,  à l’instant d’aborder les courbes de son cou, retenir son envie de le toucher, de le saisir, de suivre du bout des ses doigts la trace de ses tendons. Elle retint aussitôt sa respiration, gonflant sa poitrine et cambra plus encore ses lombes.

Un cou gracile, frêle, doux qui venait se poser naturellement sur de jolis et fins muscles trapèzes. Sous la pulpe d’un de ses doigts il sentit le relief d’un petit grain de beauté posé à la naissance de cette croisée des reliefs. Il l’effleura plusieurs fois, délicatement comme pour mieux le...voir, en ressentir sa douce et féminine beauté. Il ne serra pas  son étreinte comme il lui était arrivé de le faire, nul besoin de cela en cet instant de douceur, de découverte. Alors qu’il venait de placer ses mains sous son menton les refermant sur sa nuque délicate elle porta l’une des siennes à son cou et ne la retira point, la laissant ainsi ouverte tandis qu’il lui tenait la tête.

Toujours en la regardant dans les yeux, il s’approcha tout en attirant son visage vers le sien. Elle se haussa plus encore sur la pointe de ses pieds à les cambrer exagérément, posant son autre main sur son ventre à elle. Ouvrant sa bouche il l’embrassa  délicatement, goûtant à ses lèvres ourlées, à cette bouche si bien dessinée et posée, sans défaut, tiède, moelleuse et abandonnée. Elle si frivole, si enfant, si mutine, à la démarche légère de danseuse, elle si singulière dans ses jupons et ses jeans, ballerines aux pieds, caraco près du corps et bretelles de dentelle, elle de rouge vieilli et de noir vêtue, elle si désinvolte, était devenue femme totale, sans apparat, sans retenue... offerte et provocante, actrice d’un plaisir et à la fois spectatrice de celui-ci, putain d’elle-même et de l’instant, sans retenue, sans vergogne ni honte, sans jugement ni contrainte... elle donnait enfin sans calcul la pleine démesure de son être, mais aussi de son âme... aucunement soumise, totalement volontaire.

Il n’était qu’eux deux, dans cette fusion, cette confusion de leurs désirs, de leur amour. Il glissa sa main sur ses cheveux et dénoua le bandeau de soie qui les retenait les laissant couler jusqu’au bas de sa nuque. Puis l’insinua dessous la chemise pour empaumer l’un de ses petits seins au téton dardé qu’il fit rouler sous ses doigts. Sa peau était douce, tiède, ferme et lisse. Il écarta le pan de la chemise pour mieux voir ce qu’il avait de la main découvert, mieux voir cette poitrine à peine esquissée mais si pleine d’envie et d’amour.

Dans le rai de lumière venant de la persienne il vit ce sein menu et turgide, sa brune aréole boutonnée, mais aussi son ventre légèrement bombé à l’endroit de sa taille, petit ventre ferme à l’arrondi exagéré par la cambrure de ses reins. A chaque attouchement elle réagissait par un souffle, un cri, une apnée brève, tout en sursauta vivement, restant ensuite figée dans une sorte de spasme total de ses muscles. Lorsqu’il atteignit de ses doigts son bas ventre et caressa sa vulve elle ne put s’empêcher de le mordre.

Sur l’instant il se recula et essuya ses lèvres qui saignaient un peu et lui faisaient mal, puis il la prit dans ses bras pour la déposer sur le lit. Elle se laissa faire, et ferma les yeux. Elle resta ainsi qu’il l’avait posée, les yeux clos attendant qu’il la prenne, souhaitant que ce soit beau, fort, long et tendre... que s’écoule le temps sans qu’ils ne le ressentent passer. Qu’il lui permette d’être elle-même, absolument elle-même, au plus loin de l’offrande et de l’abandon.

Il la regardait tout en se déshabillant, il allait lui faire l’amour, se donner à elle comme elle allait se donner à lui, dans cette semi pénombre magnifique où leurs corps se mêleraient, s’emmêleraient, se fondraient  en une œuvre unique de chair et de lumière, d’ombres et de soupirs, de plaisir et d’outrance. Elle était là immobile, emplie d’émotion, de délice, l’attendant humide sur ce drapé florentin digne de Vinci, Madonne nue d’un Michel Ange, clair obscur d’un autre instant de création.

 

  (07-08/10/2011)

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 20:28

Las, petitement, un jour se meurt,

De son ennui consubstantiel,

Lente agonie en la demeure,

En cet instant existentiel.

 

Etale son sang, là, se répand,

En l’univoque d’un arc en ciel,

De pourpres vifs en suspend,

Quand l’horizon enceint son ciel.

 

Pénible et longue fut sa traîne,

En l’apathie des heures qui passent,

Lancinante et cruelle peine,

De la langueur et de guerre lasse.

 

Il attend la nuit, son linceul,

Afin qu’il recouvre ses maux,

Qu’on le laisse alors, enfin seul,

Gisant, sous l’ombre des rameaux.

 

Livide, harassé et mourant,

Il voit venir son crépuscule,

Cet implacable, ce conquérant,

Obscur vainqueur qui le bouscule.

 

Impassible il attend sa fin,

Sans même se plaindre ni gémir,

Que là, sa mort s’en vienne enfin,

N’ayant de cesse de point frémir.

 

Bas, dans les cieux son sang se sèche,

Et la garance s’obscurcit,

Coagulant devenant rêche,

Puis dans le froid, il se durcit.

 

Le jour est mort dessous ce voile,

En les ténèbres de la nuit,

Sous cette voûte sans étoiles,

N’est que son âme qui lors s’enfuit.

(03/10/11)

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 16:19

PhotoFunia-4c674e.jpg 

(01/10/11)

Une place et ses lampions,

Le ciel en contrepoint,

La nuit telle un bâillon,

Le jour ne se tait point.

 

Décor sur l’horizon,

Perspective cavalière,

Les grues, leurs cargaisons,

L'ancienne poudrière.

 

Le ciel étale et bat

Sa plaine démesure,

Dessus son contrebas

Les nues sont sa mesure.

 

Au loin s’étend la mer,

Se mêle au crépuscule,

Ses ondes éphémères

Se suivent et se bousculent.

 

Reflets des lampadaires

Sur le miroir de l’eau,

La moire récipiendaire

De ce méli-mélo.

 

Petite femme légère

Dedans sa robe noire,

Sur la place étrangère,

A la tombée du soir.

 

Elle marche, et puis s’arrête,

Comme pour prendre la pose,

Sortant une cigarette,

S’étonnant de la chose.

 

Une femme, un enfant,

Chimère et plus encore,

Ce dessin triomphant,

Qu’est l’épure de son corps.

 

Ballerine de la nuit,

Danseuse crépusculaire,

Que la pénombre fuit

Au pied des réverbères.

 

Elle parle et puis sourit,

Provocante et rieuse,

Petit rat qui s’enfuit,

Etoile mystérieuse.

 

La voici qui repart,

Sur ce parvis de gré,

Dessus les vieux remparts

La lune s'en vient migrer.

 

En la brune équanime,

Son ombre se confond,

Synonyme anonyme,

S'y anime et s’y fond.

 

 

La place et ses lampions,

Le ciel est son pourpoint,

La nuit sombre haillon,

Posé sur son tiers-point.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 20:40

PhotoFunia-f9564-copie-1.jpgCapelages et gréements,

Le pont, les voiles, les mats,

En l’attente du vent,

Qui loin l’emmènera.

 

Sabords et bastingage,

Le roulis et la houle,

Dans le port elle s’engage,

La marée qui déroule.

 

Moulinent les cabestans

Et s’enroulent les drisses,

Car quand arrive le temps

Elles s’étarquent et se hissent.

 

Il glissera sur l’onde,

Silencieux émouvant,

Vaisseau d’un nouveau monde

Emporté par l’évent.

 

Enfin le souffle adonne

Lui ouvrant cette route,

Confiant s’y abandonne,

Capitaine et sans doute.

 

Il s’embouque et s’en va,

Comme un oiseau s’envole,

Saint Domingue ou java,

La bourlingue d’Eole.

 

La misaine se hisse,

Mantille sur l’azur,

Elle, se tient à la lisse,

Du vide l’embrasure.

 

Chevelure dans le vent,

Les pupilles océanes,

Sirène dorénavant,

Dansante sévillane.

 

Les embruns le soleil,

Sur sa peau, sur ses lèvres,

En parure de vermeil

A la nacre de fièvre.

 

Elle part, sans un regard,

Le laissant sur la grève,

Tout semble bien trop tard,

C’est ailleurs qu’est le rêve.

 

S’éloigne le navire

Hirondelle des mers,

Sur l’onde qui chavire,

Goélette et chimère.

 

(29/09/2011)

 

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 11:25

 

 

Comme un point immobile,

 Infime et si ténu,

Sur ce lointain labile,

Y semble retenu.

 

Posé sur le couchant

Obscur grain de beauté,

A peine se détachant,

De l’onde abricotée.

 

Parti sans prévenir,

Porté par la marée,

En l’instant à-venir,

Parait s’être amarré.

 

Sur le sable durci,

L’écume mousse puis se pose,

Cherchant le raccourci,

Les vagues la déposent.

 

Lente, la brune s’en vient,

Lors dévoile son ombre,

De ce lent va et vient,

Elle efface l’encombre.

 

Il semble ne point bouger,

Par les reflets enceint,

De la lune engagée,

Engageant son dessein.

 

Là-bas est son destin,

A l'ailleurs se destine,

Sans même clandestin,

Sur le pont qui festine.

 

La chevelure au vent,

Et l’étrave qui tranche,

S’éloigne du levant,

L’étrange dame blanche.

 

L’azur est en ses yeux

Quand bien même la nuit,

S'y fondant sans adieu,

Sans adieu elle s’enfuit.

 

Reviendra-t-il un jour,

Toutes voiles dehors,

A la tombée du jour,

En l’approche du port ?   

 

 

  (27/09/2011)

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 17:16

 

commencer à lire au son du Duduk (21sec)

 

Quand les mots se perdent et s’égarent,

Se dérobant à la mémoire,

Errant seuls, perdus et hagards,

Comme toutes ces bêtes à l’abattoir.

 

Quand les paroles ne résonnent plus,

Se taisent, aphones et silencieuses,

Que leur écho ne s’entend plus,

Musique muette mystérieuse.

 

Quand la vie, là, semble se taire,

Ne plus rien dire et s’écouler,

Sous la férule du magister,

De ce silence à écouter.

 

Quand les murmures sont inaudibles,

Si loin déjà dans le passé,

Qu’ils ne sont plus inamissibles,

Par l’évidence sont effacés.

 

Quand la douleur se fait un cri,

Catilinaire, prosopopée,

Blasphématoire par le décri,

Du souvenir qu’elle vient happer.

 

Quand dans la nuit le jour se cache,

Comme pour gémir à l’intérieur,

Afin qu’ailleurs nul ne le sache,

Son lourd sanglot devient un pleur.

 

Quand les baisers sont des morsures,

Des coups de dents pleins de venin,

Que les serments sont des tortures,

Et les sourires sans lendemain.

 

Quand les promesses sont souillées,

Par des sentences patelines,

En les mensonges bafouillés,

C’est la confiance qu’on assassine.

 

Les mots salis et atterrés,

Ils gisent là, dans la souillure,

Les phrases se disent sans intérêt,

Contrefaisant belle figure.

 

 (25/09/2011)

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 18:18

(Lire à partir la 24ème seconde  de musique)

 

 

L’horizon sans soleil,

La nuit sans étoiles,

Un navire appareille,

Nonpareille est sa toile.

 

Plaine mer si étale

Sans reflet ni écume,

C’est en l’ombre que s’affalent,

Les regrets, l’amertume.

 

C’est la brune commune,

La sorgue qui décide,

Enveloppe la lune,

L’élève en son abside.

 

Des vagues les lames,

Sises, sont émoussées,

Laissant le vague l’âme,

La coque éclabousser.

 

Si sombres et confondus,

Comme un tout invisible,

Emmêlés et fondus,

Mers et cieux infrangibles.

 

Au loin, lente elle se glisse,

Cette ombre mystérieuse,

Découvre les abysses,

Puis s’y plonge curieuse.

 

Pas un bruit, pas un chant,

Ni la mouette, ni le flux,

Ni même le tranchant,

De l’onde qui reflue.

 

Le voilà disparu,

Sans traces ni remous,

En les sombres enrues,

Des flots fuyants et flous.

 

Mer d’huile et de silence,

Intangible et profonde,

Geôlière de l'indolence,

Les âmes s’y morfondent.

(24/09/2011)

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 21:31

Tout est sale, sali, souillé, l’âme, les sentiments, les chemins...mais aussi les ruelles, le ciel et l’herbe des prairies... chaque endroit, chaque lieu, chaque mot prononcé, écrit ou murmuré... tout est sale, sali, souillé...tout.

Les paroles, les silences, les regards, les caresses, les baisers, tout est sale, sali... les rimes et les vers, la musique, les prosodies, les larmes versées, retenues, étouffées, tout est sale, sali... souillé

Les grains de sel, les grains de sable, les dunes et l’écume des vagues, la couleur de l’horizon, les reflets sur la mer, les reflets sur l’étang,  les fleurs de printemps, la neige et le gris du ciel...tout est sale, sali... souillé

L’attente, les chamades, les instants éternels, les promesses, les soupirs, les souffles et les cris...tout est sale, sali... souillé.

Les rêves, le passé, l’espoir, les lendemains  qui traînent, se traînent, la vérité, les serments, les aveux... tout est sale, sali...souillé... alors je ferme les yeux, me refusant à voir, au dehors comme au dedans, ou je regarde ailleurs, à tout le moins je fais semblant... je contrefais... me refusant à regarder vraiment...car tout est sale, sali... souillé... à jamais; ce goût de...dégoût, ce goût de rien, cet amer du vide, amertume du néant...dans les yeux, l’âme et le cœur.

Tout est sale, sali, souillé...

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 20:50

On a volé le soleil, et le ciel tout autant,

Dérobé les étoiles, et l’horizon loin devant.

Il ne reste que le vide, et l’écho dissonant,

Des angoisses et peurs, qui résonnent au-dedans.

 

On a assassiné la lune, sous les yeux de Terre,

Bafoué sa dépouille, dans les couloirs de l’enfer,

Souillé son cadavre sans disperser ses cendres,

Pour que le rideau du jour, ne puisse plus descendre.

 

On a allumé le bûcher des derniers jours, de l’ultime nuit,

Feux de la colère, du sang qui coule, rouge et qui luit.

Il ne reste que la guerre, et le son, éternel, du combat

Qui se propage, infini, dans le désert, tout autour, et là bas.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 14:05

Au rendez-vous des amants

Tu n’es pas venue

Moi non plus

Chacun avait le sien, évidemment !

Tu avais beau être là

J’avais beau l’être aussi

Au vrai, tu étais là-bas

Et moi, j’étais ici.

 

Au rendez-vous des amants

Nos mots se sont croisés,

Les miens s’en allant

Les tiens d’un autre côté.

Tu avais beau me dire,

J’avais beau ouïr

Nous ne nous entendions pas

Chacun n’écoutant que soi.

 

Au rendez-vous des amants

Nos cœurs ont palpité,

Dans un singulier battement

Dans un désordre duel,

Chacun de leur côté,

Sans passion mutuelle.

Au vrai tu m’attendais

Et moi, je t’espérais.

 

Au rendez-vous des amants

Toi et moi, sans le savoir

Nous nous sommes ratés,

Croyant être pourtant.

Chacun avait son miroir

De l’amour, et de l’autre son idée

Au vrai, tu m’attendais, différent,

Et moi je te voyais, autrement.

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