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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 09:59

P1000815a.JPG 

 

 

Nuit agitée, rêves confus,

Matin, j’entrouvre la fenêtre,

Rideau de brume sur la rue,

D’un petit jour venant de naître.

 

Sur la grisaille, des silhouettes,

Devant, un fil dans le travers,

En la découpe des fermettes,

La trouble face de l’avers.

 

Théâtre d’ombres et de rosée,

D’antennes floues et de toitures,

D’un gris décor là déposé,

En l’entrebail de l’ouverture.

 

Sur cet écran d’écume grise,

Elles étaient là, bien immobiles,

Comme ajoutées à cette mise,

D’une lumière encore fragile.

 

Figées et troubles en équilibre,

Comme apposées dessus la toile,

Coups de pinceau d’un geste libre,

Belles secrètes dessous leur voile.

 

Deux simples notes sur une portée,

Deux noires, deux croches silencieuses,

Musique écrite et rapportée,

Sur l’aube unie et si gracieuse.

 

En ce brouillard, presque accouplées,

Bougeant à peine sur ce fil,

Formes graciles et découplées,

Comme dessinées par un faufil.

 

Taches impromptues sur une épure,

Qui se détachent de la grisaille,

Perles de jour d’une guipure,

À l’entrelacs de fines mailles.

 

Je les fixais, tout interdit,

Par l’émotion de leur présence,

Dans la fraîcheur, comme engourdi,

Comme figé par l’innocence.

 

Elles étaient là, statues de ciel,

Équilibristes impassibles,

De cette brume consubstantielles,

De cet instant, inamissibles.

 

Il n’était plus ni temps, ni lieu,

Mais elles et moi, tout simplement,

En cette aurore, en son milieu,

Comme seuls, sublime peuplement.

 

C’était hier, je m’en souviens,

Au sortir d’une nuit si confuse,

En un doux brouillard diluvien,

Se fit cette émotion diffuse.

 

Par la croisée je les regarde,

Légères, côte à côte et si frêles,

Si rassurées et sans mégarde,

Ombres chinoises tourterelles.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 09:45

0--2759834_4-00.jpgJe tourne, je tourne en rond,

Derviche Derviche,

Avec mes pensées de plomb,

Derviche Derviche.

 

Ma tête ne tourne, ne tourne pas rond,

Derviche Derviche,

Prisonnière d’un tourbillon,

Derviche Derviche.

 

Mes mots tournent, tournent à l’envers

Derviche Derviche,

Et toi, tu les entends de travers,

Derviche Derviche.

 

Danse, danse le bal des incompris,

Derviche Derviche,

Danse qui donne le tournis,

Derviche Derviche.

 

Je tourne, tourne dans l’ivresse,

Derviche Derviche,

Vaste valse maladresse,

Derviche Derviche.

 

Je tangue, tangue moribond,

Derviche Derviche,

Aux mesures d’un accordéon,

Derviche Derviche.

 

Ronde, ronde solitaire,

Derviche Derviche,

Ronde dans le désert,

Derviche Derviche.

 

Ecoute, Ecoute ma chanson,

Derviche Derviche,

Sanglots de déraison,

Derviche Derviche.

 

Demain tourneur ne serai plus,

Derviche Derviche,

L’ourlet de plomb combien surplus,

Derviche Derviche.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 20:59

Comme un incendie,

Qui dévore et ravage,

Animal maudit,

Fauve, animé de rage.

 

Carnivore et brûlant,

Dans sa course animée,

Qui égorge en hurlant,

Et s’en vient décimer.

 

Sur les plaines des âmes,

Au crépuscule des peines,

Se déroulent des drames,

Et s’ourdissent les haines.

 

Flammes, le feu intérieur,

Attisé par les vents,

Meurtriers ingénieurs,

Assassins connivents.

 

Les langues incendiaires,

Qui lèchent les blessures,

Sur l’ horizon d’hier,

Les avides morsures.

 

Oranges et carmines,

Nos terres ensauvagées,

Quand ces braises illuminent,

Les vallées ravagées.

 

Vacarme des chamades,

De poitrines essoufflées,

Myocardes nomades,

Et paupières boursouflées.

 

Terre de feu, lit de sang,

Larmes grasses et rouges,

Ce pourpre qui descend,

De l’invisible bouge.

 

Sidération folies,

Rires, silences et pleurs,

Résonne l’hallali,

Trompette son ampleur.

 

Caresses et baisers,

Regards et attentes,

Colère inapaisée,

Ivresse mésententes.

 

Amour, folle passion,

Insupportable vide,

Des faits la commission,

Par les passions avides.

 

Elle tourne dans sa cage,

De désir, bête folle,

D’un désir qui l’enrage,

Qui l’enrage et l’affole.

 

Intérieur parasite,

Magnifique douleur,

Ces instants qui hésitent,

Ralentissent les heures.

 

Il ronge et se repaît,

Brûle, les âmes et les chairs,

S’apaise et puis renaît,

Dévaste les jachères.

 

Sous la nuée ardente,

D’un volcan ravageur

En des terres irrédentes,

Son courroux si rageur.

 

Et la cendre se dépose,

Recouvrant les malheurs,

Grise lie où repose,

Nos anciennes douleurs.

 

Poudre et sang mêlés,

Linceul de poussière,

Mort et vie emmêlés ,

L’intérieur cimetière.

 

Comme des monstres possibles,

Sur les landes intimes,

Nos passions indicibles,

Languides nous déciment.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 11:46
(Lire à partir 1min19)

 

C’est la marche des ombres,

Celles issues des temps,

Qui avancent en nombre,

Au bord d’un étang.

 

Longs et lents défilés opaques,

Marabunta des âges,

Sur les pourtours confus d’un lac,

Non loin des amarrages.

 

Fleuve obscur qui coule,

Sur la ligne d’un horizon,

En son lit qui s’enroule,

Qui enlace les saisons.

 

Sur les bas reliefs de la lune,

Se glisse sa course,

Sous les capelages des hunes,

Brille la grande ourse.

 

Marche des pénitents,

Sur les berges du destin,

En des pas hésitants,

Vers un ultime festin.

 

Dentelle du crépuscule,

Sur l’ouvrage du jour,

Chenille qui s’articule,

Sur les plaines alentour.

 

Rien ne change rien n’y fait,

Dans la brune va la file,

Par le jour qui se défait,

Se font les songes qui défilent.
 

Ondulation mouvante et grise,

Reflets d’or sur la surface,

La procession de l’onde se grise,

Aube et nuit sont face à face.

 

C’est  la marche des ombres,

Dans le défilé des heures,

Des instants de pénombre,

Qui se succèdent sans heurt.

 

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 10:07

vagues-marseille-plus-belles-photos-vagues_177119.jpgEaux noires qui se déversent et bousculent,

Les voilà au-dedans, impitoyables torrents,

Flots sombres face auxquels tout se recule,

Balayé, écrasé, par cet implacable courant.

 

C’est une boue fluante qui vous aspire,

Masse sombre et lourde qui s’immisce,

Enveloppant tout ce qui dedans respire,

Puis dans l’âme lasse s’insinue et se glisse.

 

Une eau froide, si froide, mêlée de fange,

Qui ravage, écrase, et emprisonne.

Lave glacée qui piège et puis vous mange,

L’esprit meurtri qui déraisonne.

 

Rivière aux tumultes intérieurs,

Vase intime qui se dépose,

L’âme noyée cherche l’extérieur,

Pour fuir ce qui l’indispose.

 

La masse vous circonvient, vorace,

Vous enveloppe et vous entraîne,

Cogne dans votre tête, la fracasse,

En ses tréfonds vous y emmène.

 

Lentement tout s’empêtre puis se noie,

Dans cet amalgame, cet infini obscur,

Rêves et cauchemars en une seule poix,

Forme vorace et gluante qui perdure.

 

Elles vous happent et vous dévorent,

Petit à petit, votre intérieur vivant,

Masses épaisses, mates et incolores,

Qui s’écoulent du crépuscule au levant.

 

Rien n’arrête les eaux noires intérieures,

Flots poisseux des brunes sans atours

Vagues intimes d’une discrète fureur,

Qui de la nuit font un interminable jour.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 22:52

J’ai pris ton regard et m’y suis glissé,

M’enivrant de son reflet, de son éclat capiteux,

Incapable de le fuir, de m’en détacher,

En toi je suis venu, par le chemin de tes yeux.

 

Tu m’as donné tes lèvres, les a entrouvertes,

Tièdes et vives, humides et gonflées,

Pleines de désir dans une tension alerte,

Lisses et glabres, turgides et ourlées.


J’ai su ton corps par le braille de ta peau,

Le lisant de mes doigts, à fleur de caresses,

Tournant tes pages sans dire un seul mot,

Lecteur de toi, dans une languide paresse.

 

Respirant ton souffle j’ai cessé de bouger,

Cherchant à ressentir de lui le moindre frisson.

De ton corps, de ton âme, de ton intimité,

Avec toi en l’instant, je voulais être à l’unisson.

 

J'ai goûté à tes lèvres à leurs fragrances acides,

Baiser si chaud, si plein d’onctuosité.

Dans le tournis flou d’une lente étreinte torride,

De ton désir de femme, je me suis enivré.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 22:42

Eh la mort  Viens on va danser ! On va gambiller jusqu’à en perdre la tête ! Viens la mort que je te donne un baiser, que je mordre à sang tes lèvres froides, viens que te serre à en perdre l’haleine dans le tournis de la musique qui fait rire et pleurer ! Oui viens la garce noire ! Viens que je te prenne contre le mur à grands coups de désir, pour un spasme sauvage et sans retour ! Viens salope ! Viens que je vois le blanc glacé de tes yeux sans vie, viens ! Viens camarde pour un cavalcade folle et enivrée, regards fixes l‘un dans l’autre comme une étreinte mystique, femme catin dans ta robe de nuit ! Viens la mort, viens que je jouisse du dernier instant et que mon sang se refroidisse à jamais dans cette étreinte bestiale et fougueuse ! Viens putain du néant, viens t’offrir encore une fois, sans tabou ni retenue, soulève le drap que j’entre en toi et m’y engloutisse, que je sente ton humeur amère et gelée, que ce feu qui me brûle s’éteigne au contact de ta frénésie gourmande et impavide !

Viens sur le trottoir des amours vénales et sans issues, des caresses acides qui entaillent et pénètrent jusqu’à l’âme ! Des soupirs éhontés et frénétiques ! Viens putasse, rouchie des enfers pour une danse vulgaire, corps contre corps, dans des gestes et des mimiques outrés, des rires sarcastiques et canailles ! Viens gaupe au visage trompeur, viens mettre ta main entre mes cuisses et saisir ce désir d’ailleurs ! Viens me faire jouir une dernière fois ! Viens putain de toujours te régaler de mon âme dans une convulsion ultime et nonpareille !

Viens on va faire grincer les lattes du parquet, remuer les dernières poussières, parmi les confettis et les guirlandes tombées ! Viens transpirer dans la fatigue des flonflons sur la piste déserte, au son d’un orchestre de fin de bal, viens t’écrouler avec moi et baiser comme des animaux sans vergogne, des amants vicieux et provocants, dans un stupre cursif et répugnant ! Allez la gueuse retrousse ton jupon obscur qu’avec vigueur je te foute! Viens cadavre que je crie en te prenant et bave à l’ultime instant lorsque mon âme jaillira par le bas ! Viens branler ma dépouille jusqu’à la dernière goutte et assécher mon ventre ! Viens ! oui viens la mort te repaître de ma viande et de l’esprit qui s’y cache ! Viens dévorer ma vie et que cesse enfin le bal et la mascarade du jour !

Que cesse la musique pour un silence parfait ! Que s’envolent les papiers gras du destin au vent de l’oubli et s’éteignent les lumières à jamais ! Ferme la porte de cette salle vide et sans lueur. Viens la mort, viens ! Il est temps de partir et d’aller danser ailleurs !

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 20:03

Des mots pour se dire et s’enivrer de soi, et des autres, pour sortir de la tripaille le nœud qui enserre et étreint l’âme sans cesse jusqu’à la faire vomir ! Des mots pour cracher sa douleur à la gueule d’un monde qui court sans attendre ni voir ou même regarder ! Des mots pour vider ce cloaque intérieur et reprendre une bouffée de vie entre deux miasmes !

Des mots que l’on éjacule comme une colère priapique à force de trop se retenir ! Des mots putains, des mots catins qui écartent les cuisses, qui attendent le foutre comme la campagne altérée attend la pluie ! Des mots insultes comme des coups que l’on assène, sur des chairs fragiles et juvéniles en punition d’avoir osé, osé dire non, ou oui peut être !

Des mots, encore et toujours, câlins ou violence, des mots comme des larmes et des sourires, des mots qui jaillissent et giflent, ou caressent selon que l’on rit ou l’on pleure !

Oui des mots, des mots baisers, des mots morsure, sur des lèvres et des peaux sensibles, sur des cœurs et des âmes cibles…des mots, ces mots qui virevoltent et s’échappent, qui s’en vont puis reviennent et enfin sourdent, perlent, glissent et coulent; oui des mots, ces mots qui nous disent, nous mentent et nous appellent !

Ils sont nous ou ne sont pas, mais on les dit ou les entend, comme ils sont, ou que l’on voudrait qu’ils fussent ou soient ! Ils se nouent, s’attachent s’appellent et se complètent, parfois se refusent ou se taisent à la suite des ponctuations. Les mots imperfection des pensées qui se perdent et n’arrivent à se dire, les mots messagers imparfaits des êtres qui se cherchent dans le désir d’autrui. Les mots qui ne savent transporter en l’autre ce qui nous habite et ne font qu’essayer de nous résumer dans une grammaire si vite oubliée.

Une pensée qui n’existe que parce qu’ils sont là et essayent de lui faire prendre forme, de l’inscrire dans la mémoire de l’autre, une pensée à l’image des mots qui la défendent, informe et repliée, gigantesque ou brillante selon, que les mots sont nôtres ou pas !

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 22:45

172620.jpg

Sur ta peau ce dessin,

De ta chair la blessure,

La naissance de tes seins,

Leur contour, leur épure.

 

Tatouage sibyllin,

D’un soleil qui se lève,

Se dessine opalin,

Sous ce ciel qui l’enlève.

 

Mutuelle inscription,

Sanguine cicatrice,

Charnelle création,

Créateur, créatrice.

 

Nos baisers, nos morsures,

Carnivores enragés,

Affamés de luxure,

De caresses outragées.

 

En toi je m’assassine,

Je m’inscris, je me grave,

Symbolique vaccine,

De ce nous qui s’entrave.

 

Dans la plaie le stylet,

De son encre carmine,

Lentement instillée,

Sur ta peau nous dessine.

 

Je te veux, tu me prends,

Je te mords, tu me griffes,

Tu m’arrêtes, je reprends,

De tes dents, de mes griffes.

 

Palimpseste d’hier,

Parchemin d’aujourd’hui,

D’un crayon de lumière,

Je dessine ma nuit.

 

Au-delà de la vie,

De ces jours qui enchaînent,

Des stigmates l’envie,

Quand nos vies se déchaînent.

 

A jamais unifiés,

Par les mots, Dans les cris,

D’un amour sanctifié,

Dans les maux, par l’écrit.

 

(09/04/2011)

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 15:37

(Essayez aussi avec la musique comme précédemment)

 

la-femme-qui-pleure-dora-maar-pablo-picasso1.jpgÀ mes pieds et en larmes,

Femme déchirée,

De souffrance et de charme,

L’âme secouée.

 

Fragile et si humaine

De ton armure départie,

Si belle et si amène

En toi-même impartie.

 

De sanglots ta rivière,

Aheurtée, violente,

Sur ta peau le suaire,

D’une douleur flagellante.

 

Délicieuse supplique,

L’abandon du paraître,

Sensuelle réplique,

Dans le vrai de ton être.

 

Sans honte ni pudeur,

Au plus près de toi même,

Dans l’apprêt l’impudeur,

D’un instant de bohème.

 

Nue, sur un sol si froid,

Cilice expiatoire,

Catharsis dans l’effroi,

Dans l’étroit d’un couloir.

 

Tu pleures et tu gémis

En ta chair immolée,

De spasmes tu frémis,

De frissons violée.

 

Une enfant qui renait,

Qui découvre son âme,

De sa vie la puinée,

Renaissance d’une femme.

 

À mes pieds tu t’immoles,

Éplorée, impudique,

Quittant ta farandole,

Dénudée, véridique.

 

(09/04/2011)

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