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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 12:10
 
Joue ! Tango du dedans,

Tes yeux noirs si profonds,

En leur regard ardent

Les pudeurs s’y défont.

 

Regarde ! Là, ce doux visage,

Son tracé, sa pâleur,

Si lointain de ton âge,

Juvénile et moqueur.

 

Cogne ! Interdite passion,

Rondes et bousculades,

Pulsation des scansions

Percutions et chamades.

 

Ecoute ! Ce tempo intime,

Métronome amoureux,

Viscéral verbatim

D’un récit langoureux.

 

Serre ! Angine si discrète,

Constrictions et douleur,

Anonymes et secrètes

Affidées du malheur.

 

Approche ! Tes lèvres lisses,

Pulpe suave d’un baiser,

Fruit mature aux délices

Capiteuses et osées.

 

Chante ! La messe intérieure

Des amours interdites,

En le chœur des prieurs

Leur confesse est maudite.

 

Pleure ! Tiède mélancolie,

Lamentos et fredons,

Sanglots d'une mélodie,

Mélopée du pardon.

 

Crie ! Au travers le temps,

Nonobstant les distances,

Que sans cesse tu l’attends,

Par delà l’existence.

 

Regains impératifs,

Souvenirs mélodieux,

Présent contemplatif

D’un passé compendieux.

 (25/12/2011)

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 00:01

 

(Pour lire avec la musique attendre la 43ème sec, prononcer les syllabes soulignées

 

 

DSCF0921.JPGJe te donnerai tous les mots et plus encore,

La bestiale furie d’un désir incomparable,

Ces mots les plus fous, d'iceux qui s’adressent au corps

Hurlent au ventre, gémissent, et séduisent le diable.

 

Insoucieux des ragots, ignorant des rumeurs,

Enivré, passionné de toi et de ton corps,

Saoul de ta chair, de ton antre et de ses humeurs,

Toute, je te prendrai, sans témoin ni recors,

 

De l’église interdite tu seras le mirage,

L’évanescence soufrée d’une vierge souillée,

Pour laquelle, l’union des chairs se voudra l’hommage,

L’offrande de nos êtres enlacés agenouillés.

 

En l'insane, seront l’enfer et le paradis,

En nos âmes, le maelström et la brise douce,

Car il ne sera point, de chemins interdits,

Ni de traverses illicites sous la lune rousse.

 

Au bûcher des plaisirs tout entier de folie,

Ma foi et mon âme, là, j’immolerai,

Tout entier de plaisirs, au bûcher des folies,

C’est consumé par les flammes, que je t’aimerai.

 

Empli de mes péchés, infâme et pestilent,

Jusqu’à la déréliction, pénitent de nous,

Dans la procession j’irais, hâve flagellant,

Là où mal et grâce dans les plaies vives se nouent.

 

A genoux, face aux juges, en leur cérémonie,

Déniant le blasphème, refusant le pardon,

Radieux, à jamais voué aux gémonies,

De ma chère oblative, aux dieux, ferai le don. 

 

Ce bonheur interdit je devrai renier,

De contrition, d’attrition, de mea culpa,

Je meurtrirai ma chair sans pourtant oublier

La brûlure merveilleuse, que me firent tes appas.

(22/12/2011)

 (Les mots en italiques étaient  une contrainte, points obligés de départ de ce poème) 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 16:20

Tic tac, quand l’attente se fige,

Semblant vouloir perdurer,

Hôte impromptu, qui nous oblige,

Las nous contraint, à l’endurer.

 

En notre gorge, notre poitrine,

Le va et vient d’un balancier,

Alentissant dans sa combine,

Son balancement circonstancié.

 

Une procession allant à l’amble,

Dans sa démarche syncopée,

Ce lent tangage, qui lui ressemble,

A la chaloupe, d’un éclopé.

 

Chemin sans fin, faisant la trace,

A peine planté de candélabres,

Se refermant, telle une impasse,

Sur un lointain qui se délabre.

 

Il n’est que l’ombre des hier,

Pâles souvenirs des anciens jours,

Chinoises sombres sous nos paupières,

Vestiges obscurs, de nos détours.

 

Toutes ses heures, qui se traînent longues,

Sans goût, ni saveurs et parfums,

Sans phrases, ni paroles et diphtongues,

Ces heures, de nos instants défunts.

 

Des hurlements, bien silencieux,

Dans ce dédale de nos pensées,

Insupportable, cercle vicieux,

Semblant ne faire, que commencer.

 

Clepsydre sale si asséchée,

D’où ne s’écoulent que les poussières,

Fines cendres grises bien dépêchées,

En ces instances colinéaires.

 

Il en sera, d’autres aurores,

Quand bien même ces longues nuits,

Ces sabliers des petites morts,

Regain sableux, de notre ennui.

  

 (21/12/2011)

 

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 15:14

 

  (Lire à 20ème sec)

 

C’est un ciel matelassé,

Lourd, épais de nuages,

De nues grises enlacées

Figées sans remuage.

 

Une toile encotonnée

Aux replis de cobalt,

Coulures abandonnées

D’un chiffon de basalte.

 

La lumière s’y emmêle,

Se cherche et s’y égare,

Labyrinthe pêle-mêle,

L'empiégeant sans égard.

 

Crépuscule avancé

Dans l'avancée du jour,

De pénombre élancée,

Nonobstant les ajours.

 

Son lourd manteau pesant

Aux reflets de grisaille,

Si vaste et s’imposant ,

Malgré les entremailles.

 

Le voici là posé,

De reliefs écrasants,

Méandres composés

D'ellipses se brisant.

 

Incise de la brune

En l'azur faux-fuyant ,

D'où s'exhibe la lune,

Sur ce jour s’enfuyant .

 

Grasses, gorgées de flocons,

Gravides parturientes,

Les nues, nuages féconds,

S'amassent sommeillantes.

 

Etale et prisonnière,

Cherchant à s’évader,

De la nuit des ornières,

Lumière embrigadée.

 

Le ciel est empesé,

De gris et de coton,

L’hiver vient apposer

Le terne dedans ses tons.

 

(19/12/2011)

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 13:04

De la mort j’ai l’idée d’acceptable, ne la voyant plus comme l’ultime solution des détresses et déprimes, mais plutôt comme une échappatoire, une sortie de secours, une porte de service, qui me permettrait de tirer ma révérence, simplement, sans tralala, serviteur madame ! Serviteur !

Non pas une fuite, mais un accusé de réception à la vie et ses envoyeurs, une fin de non-recevoir, à l’instar d’un type gavé et repu, ou sans appétit, qui, à la fin de repas, refuse cordialement sa part de dessert... Non merci...je n’ai plus faim !

La nécessité, l’impérieuse envie de vivre ! Ce combat magnifique et loué, de celui qui s’accroche à la vie en toutes circonstances ! Méritoire combat, digne des éloges, sublime exemple et d’exemplarité... pourtant n’aurions-nous le droit de dire baste ! Stop ! Pouces ! Je n’agrée plus cela ! Je n’en veux plus... jouer ! Restez entre vous, gens de mauvaises volontés ! Ne vous préoccupez plus de moi, faites comme si ! Je déserte l’arène, vous laisse le combat des Horace contre les Curiace, et ma place, au fronton de la postérité !

Certes, je n’ai pas vu les pires horreurs, les vilénies extrêmes et abominables, les penser me suffit déjà ! Et puis je crois, il me semble, en avoir assez vu pour dire que le reste ne m’intéresse plus ! Mais ! Oui mais allez-vous me dire ! Mais il ya tant à éprouver de l’autre côté de l’ombre ! Tant de gens et d’émotions à côtoyer, de saveurs et de parfums inouïs et merveilleux, tant à partager donner et recevoir... certes répondrais-je laconiquement, certes... certes il est tant de choses inconnues à...connaître, reconnaître et découvrir, mais il est aussi d’autres choses en mémoire qui viennent bien vite oblitérer cela et me donnent envie de quitter le bal ! Le bal des malotrus !  Au bal des trous du cul je suis fatigué des enculades!

Le bien et le mal, indéfinis comparses, dont on ne sait qui est le mauvais reflet de l’autre, sinon par le consensus flou sur lequel nous nous accordons, que nous exhibons en référence, pour dire de vivre acceptablement, sans trop de discords et de mauvaise conscience... mais au vrai qui peut affirmer preuve en main qu’il détient la vérité des actes et pensées ? Qui peut se prévaloir de ce privilège, de cette certitude ? Qui peut se dire véritablement au dessus de tous et pouvoir asséner ce paradigme, cet axiome ?

Je n’ai plus l’envie de l’attendre ce messie, ce chantre du pardon, ni même d’embrasser mes bourreaux et encore moins le désir de tendre l’autre joue ! Laquelle d’ailleurs puisque les deux ont morflé ! Alors j’aimerais vous dire d’aller vous faire foutre ! Mais je suis trop bien élevé pour le faire... trop bien élevé comme si cela me grandissait d’aimer les autres et de chercher à les respecter !

Tu parles d’une connerie ! La vérité c’est qu’il faut ne vivre que pour soi, malaise pour malaise mieux vaut vomir d’opulence que de vomir l’estomac vide ! L’aigreur me semble moindre !

Bon, attendre le repas dominical ne me va pas je crois, car cela me fait écrire des horreurs...ou peut être des vérités que l’on ne veut pas entendre...

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 15:54

On a volé le soleil, et le ciel tout autant,

Dérobé les étoiles, puis l’horizon ci-devant;

Il ne reste que le vide, et l’écho dissonant,

Des angoisses et peurs, qui résonnent au-dedans.

 

On a assassiné la lune, sous les yeux de Terre,

Souillé son cadavre, sans disperser de cendres,

Bafoué sa dépouille, sans la mettre en terre,

Pour que le rideau de l’aube, ne puisse plus descendre.

 

On a élevé le bûcher du dernier jour,

Prodrome du sabbat, d’une ultime nuit,

Incarnat de la colère, et du sang qui sourd,

Flammes des ravages, sur l’horizon qui luit.

 

De la vie, il ne reste rien d’autre qu’un combat,

Traces de la guerre, de la douleur, les sons éternels,

Ces cris de l’enfant abandonné, qui seul se débat,

Ses sanglots se propageant, infinis et sempiternels.

 

L’obscurité sans nom d’un nouvel enfer,

D’une voie sans issue, d’un chemin sans retour,

Ce noir purgatoire, dont on ne peut se défaire,

Le paradis perdu, d’une nuit sans détour.

 

C’est en ce jour que la dernière messe est dite,

Au chœur des nénies, le lamento de prières,

Ite missa est, la procession interdite,

La contrition des actes, d’une foi meurtrière.

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 08:33

Dans l’impatience grise d’un ciel,

De l’abandon de son azur,

En sa lueur circonstancielle,

Dessous sa haute démesure.

 

Dans les replis cobalt de sa couche,

Drapée de ses nuages épais,

Tourmente lointaine que rien ne touche,

Sur l’horizon d’un lit défait.

 

Sa profondeur, sa négligence,

D’une abondance chiffonnée,

Que la lumière dans sa tangence

Hésite à peine à griffonner.

 

Longue et plaine qui étale son nombre

A l’instar d’une main qui passe,

Passe et dépose, son étoffe d'ombre

Robe de pénombre qui enlace.

 

Les cicatrices et fissures

De ces terres longues altérées,

Ci-devant, s’exhibent en blessures

Meurtrissures des landes éthérées.

 

C’est dessous cette voûte provisoire

Pesant plafond cotons obscurs,

Qu’est la stridence de l’aiguisoir

De ce rémouleur qui l’écure.

 

Le vent repasse sa lame fine

Dessus la caillasse qu’il érode,

Ces plissés reliefs qu’il affine

Par ses caresses et sa maraude.

 

L’averse, en cinglante ambassade

D’une tempête encore éloignée,

Drosse ses vives embrassades

Vers d'autres rivages encoignés.

 

L’impromptue débandade du jour

De par cette nuit fausse et factice,

Qui d’un coup abaisse l’abat jour

D’une brune incongrue subreptice.

 

Le crachin étire sa tenture

Et dès lors étrécisse l’espace,

Obscurcissant la devanture,

D’une rue se faisant impasse.

 

Des ruisseaux renaissent des rus,

Ces enfants de fleuves à venir,

Qui s’écouleront par les enrues,

Vers les coursives de l’avenir.

 

En un instant, d’une sombre agitation,

Dans la grosseur d’un ciel confus,

Le crépuscule, ou son imitation,

Virent apposer, leur voile diffus.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 21:44

Mots acerbes, regards fous, violence,

Rien n’apaise, rien ne calme, flots de haine.

C’est au fond, que se cache l’enfance,

Aux tréfonds, que se traîne la peine.

 

Etre meurtri par la honte qui l’obsède,

Bourreau d’autrui, pour ne plus l’être de soi.

Envie de faire mal, pour unique remède,

Mais chaque coup donné, en retour le reçoit.

 

Intime tumulte, sans répit, ni caresse,

Déchirée dérobée, et souillée l’innocence.

Chaque geste, chaque mot, maladresse,

En un vent de colère, tourbillon de souffrance.

 

Vouloir le pardon, de ce que l’on a pas fait,

Laver son âme d’un péché non commis,

Sans cesse se fuir, pour vouloir oublier,

Oublier, maquiller, cet instant ennemi.

 

Telle une proie qu’on abuse, en horrible bête,

D’un malin plaisir, d’une ignoble volonté.

Comme un objet dont on use, puis qu’on jette,

Ame fragile et meurtrie, confiante et éhontée.

 

Regards perdus, ailleurs, regards fuyants,

Vivre, s’enfuir au-dedans, réfugié de soi,

Fuir, éviter, tous ces yeux dérangeants,

Repousser à tout prix, les effractions du moi.

 

Quand le monde n’est plus que tournis,

Et que la vie, alors, devient tourmente,

L’obsession, cruelle, s’invite en amie,

Devenant de l’âme, l’irrépressible amante.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:42

Une attente, infinie,

Où s’allongent les heures,

D’un reclus, d’un banni,

Affligé de bonne heure.

 

Rien d’autre que cela

Car tout entier d’icelle,

D’icelle bien terne et là,

Si las sans étincelle.

 

Que faire pour oublier,

Ne plus attendre en vain ?

En vain se replier,

Accouver son couvain.

 

S’enfuir et s’en distraire,

Desserrer son étau,

De sa cage s’extraire,

A grands coups de marteau.

 

Ne plus tourner en rond,

Ni le martel en tête,

Migraine macaron,

L’encéphalo-esthète.

 

Des ronds, des ronds de jambe,

Crémeux, des ronds de flan,

Flambant l’héron enjambe,

Néron sur son bat-flanc.

 

La voici la voilà,

La tante malicieuse,

Dans tout son tralala,

Tatie, la veuve anxieuse.

 

Sentez ses harassantes,

Ces heures et ces minutes,

Par paquet de soixante,

Qui cognent l’occiput.

 

Mal de tête, mâle d’eunuque,

Privé de son parti,

La lame dessus la nuque,

De nos bijoux sertie.

 

Quand cessera enfin,

Ce moment monotone,

Ce corps né si affin,

Du cornet d’Ellington.

 

Une attente, sans recours,

Où se longent les heures,

Bas nylon banni court,

Latente de ce bonheur.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:37

L'an dernier j'avais commencé un roman assez spécial dans sa présentation et écriture; cela parlait d'un amour dans toute son absoluité, d'une passion sans égale. je voulais aller au bout des émotions, des mots, réussir enfin à traduire, transcrire ce que l'on ressent, ce qui nous si humain, vraiment humain quand on découvre le partage et le désir, le vrai désir, celui espéré si souvent et rarement abordé. J'avais la fougue, le biais grâce à ce texte, un texte épistolaire, une jeune femme ayant trouvé des lettres qu'elle lisait dans le désorde total; et puis je me suis rendu-compte à l'écoute d'une critique que je n'y ariverais pas, que c'était vain, et surtout faux, et d'un coup j'ai perdu la capacité de continuer, et même de le relire, il végétait sur mon disque dur... Et puis je me suis dit qu'il serait dommage de perdre  ces morceaux d'émotion assez forts je crois, et même s'ils étaientsans réalité,  et donc peut être que un jour je pourrais les remettre dans un autre roman, Qu'ils pourraient s'insérer dans une autre trame, pour un dessein différent, mais qu'ils serviraient, qu'il renforceraient,...je vous, pour le simple plaisir de la lecture, en offre un extrait, pris au hasard, vous jurerez et me direz si cela doit végéter à jamais sur le disque dur ou revivre autrement.

 

 

Mon Soleil,

 

Saurai-je trouver les mots ? Peut-on dire l’indicible ? Transcrire l’émotion si pure et sa carnation ? J’en doute, bien qu’il me semble que je doive essayer. Il est impensable que je n’écrive pas, que je n’essaie pas de transcrire ce que j’ai…ce que nous avons vécu ce jour.

Je ne sais par où commencer, par quel bout prendre cette chose qui est là en moi, et bouscule tout ! Tout cela est si vivant, si bouillonnant… si intense. Elle est, cette chose, comme un taureau furieux, un de ces monstres espagnols qu’on lâche tous les ans dans les rues de Séville et qui va au-devant de lui sans aucune préoccupation que de foncer, donnant çà et là des coups de cornes pour dégager sa route…tout entier de force et de colère. J’ai en moi une bête furieuse, qui ravage tout sur son passage, et il me semble impossible de la maîtriser, de maîtriser son élan, son allant. Rien ne paraît pouvoir lui résister, freiner sa course. Comment puis-je faire pour dire, dire sa puissante, sa puissance irréméable et dévastatrice ?

Dire que je t’aime devrait se suffire, se suffire à lui-même, mais cela est très, trop insuffisant cependant. Comme est pauvre ce verbe au regard de ce qui m’habite. Il n’est qu’un misérable verbe du premier groupe, miteux, usé, dépenaillé, privé de tout apparat par l’usage, l’usage que l’on en fait depuis si longtemps !

Ce n’est qu’un manant, un rustre, que je ne veux plus conjuguer, tant il me semble pauvre et appauvri, si scélérat, usé jusqu’à la corde, vidé de sa substance, et bien trop étroit pour que je le remplisse de la mienne ! Ce verbe d’usage et hors d’usage mon amour ! Il ne peut convenir pour traduire à ce que j’éprouve et cherche à te dire.

Je ne sais par où commencer, quel mot choisir en préambule, tout semble si confus et net à la fois ! Il me faut dire l’extraordinaire alors que celui-ci s’inscrit, se circonscrit au banal, dans le sens où ce que nous avons vécu cette après midi, beaucoup d’autres l’ont déjà vécu, et le vivent aussi. Cet instant a été singulier, parce qu’il fut le nôtre, mais dans sa situation, son décor, sa gestuelle, il ne le fut pas. Nous n’avons rien inventé, sinon cette émotion, et c’est cela qui importe. N’est-il que nous pour la comprendre ? La ressentir si forte et si fortement ? Abstrait du contexte, de notre subjectivité, reste-t-elle singulière et si belle ? J’en suis convaincu, pourtant, maintenant que j’essaie de l’écrire, je me rends compte que les mots ne sauront pas lui rendre sa particularité, son unicité ! Je me rends compte que cet animal furieux qu’est mon désir, mon étonnement, ce bouleversement, je ne peut le décrire tel qu’il est en moi, le traduire, le mettre en mots, sans qu’il ne se dilue, se désacralise….et que de ce fait, l’écrire ne fera que le banaliser, l’appauvrir, le rendre contingent et si platement humain.

Aujourd’hui nous avons refait l’amour, dans cet hôtel qui nous est coutumier maintenant, et de l’écrire ainsi… me peine, me frustre, car nous n’avons pas fait l’amour comme tous ces gens le font, comme toi et moi avons pu le faire auparavant, avec d’autres… comme nous l’avons déjà fait ensemble ces derniers temps ! J’enrage devant mon clavier ! Ô oui j’enrage de ne pouvoir trouver les mots, les phrases… d’être incapable de me départir de cette image de banalité qu’ils ramènent dès que je les pose sur l’écran, alors que ce que nous avons vécu n’a rien de banal, de commun.. rien à voir avec ces histoires d’adultères et de baise…avec ces histoires d’amour vulgaires, dans l’acception première de ce mot !

Comme est grand mon orgueil en l’instant de traduire ce qui nous a lié, relié dans cette chambre ! Je revendique cette fatuité, cette prétention à l’unique, à l’exception…l’exceptionnel ! Car ce que nous avons vécu dépasse ce que nous avions vécu, et qui déjà était hors norme, surhumain… Aucun de nos instants n’est comparable, aucun ne peut se confondre avec son précédent, ni ne pourra servir de référence au prochain.

Bien sûr chaque amant tient en lui ce discours, s’enorgueillit de la singularité de sa passion, se prévaut de vivre l’unique, mais j’emmerde les autres et leurs pitoyables passions, leurs médiocres amours, leurs chamades bringuebalantes et de pacotille ! Ma bête à moi est puissante, sauvage, animale et destructrice… elle ravage, elle bave, meugle, donnant de violents coups de cornes, embrochant mon cœur, mon âme, mes tripes. Elle n’a pas de répit, le goût du sang l’agace… elle est une boule de muscles bandés, que rien ne peut arrêter…ni la raison, ni la force, ni même la mort je crois. Je l’ai affrontée cette après midi, dans l’arène de tes bras, dans celle de ton ventre… combien magnifique fut ce combat, cette lutte corps-à-corps, corps à cœur et cœur à cœur !

Elle est là, toujours en moi, grattant le sol et ma poussière, prête à repartir au combat, couverte d’un sang magnifique et luisant. Je l’entends, j’entends son souffle, sa chamade, sa colère et son désir de bataille.

J’aurais voulu te dire par les mots ce qu’aujourd’hui j’ai ressenti et vécu… mais je n’ai pas su… demain peut être y arriverai-je ? Là, j’attends la nuit, je la sais sans sommeil, mais ne la redoute point.

 

 

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