Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 14:04

 

 

Ecoute ! Entends la scansion de ceux qui arrivent du fin fond des âges ! Ecoute leurs pas, ce martèlement de la marabunta, la migration des êtres, des boiteux des culs de jatte et des ingambes, la migration des cons des salopards et tutti quanti ! Les voilà qui s'amènent, et la file s’allonge, jour après jour ! Un à une, ils, elles, s'ajoutent s'y adjoignent et s’additionnent, c’est sabbat mais  il n’y aura nibe à la synagogue, encore moins accroupette à la mosquée, et sûr qu'il y aura du rab d’hosties à l'heure d'la communion, quand l'autre  taré aura fini de faire joujou avec sa clochette et son pinard à deux balles !

Ils se traînent, la queue à l’air, en érection, et se la regardent réjouis, avec aux lèvres un sourire de benêt, tout en gardant bien les fesses serrées ! Au cas où!  Les gros, les maigres, les vicieux et les naïfs ! Toute l'engeance est là! Le défilé va, bat son plein, sapiens est à la fête, les maquereaux aux dents blanches  se suivent et se ressemblent, d’hier à aujourd’hui, et leurs putains ont beau accoucher leurs bâtards dans la colonne, la chenille avance ! C'est le branle bas de combat à tire larigot et la retraite  des empaffés !

Ecoute ! Entends le cri des chiards, des marmots, des petits de leur race, de ces futurs invertis de la raison et du bonheur, de ces primo-enculés de l'instant et des lendemains prometteurs, qui, encore attachés au placenta de leur matrones, gueulent à n’en pouvoir mais et réclament déjà pitance! C'est des enragés ces crevards! Il ne pensent simplement qu'à grailler, rien d'autre! Même sans ratiches! Tout le monde se suit et s’ensuit, s’essuie, l’un derrière l’autre, l’un après l’autre, l‘un contre l’autre, long défilé de monstres à la gueule de coin et de travers, des gentils aussi, du pareil au même, tous de la chienlit, du pus, de la gangrène ! Les catins d’autrefois et les putains de ce jour, aux cuisses ouvertes qui dévorent les dollars, les yens et les euros ! Tandis que les macs comptent et recomptent la thune en distribuant des taloches en vois-tu en voilà et des coups de bite à qui mieux mieux !  Dans la rue de la salope... l’humanité s’enfile !  A sec!

Ecoute ! Entend le bruit de la hache qui tournoie et qui taille, qui coupe, qui étête, à grands coups dans l’air, tournoyante, le bourreau est à l'oeuvre, fait son travail avec application  et savoir faire, avec soin, chacun son tour, pas de bousculade, le temps presse, il faut vider l’enfer ! Des vieux, des jeunes, des pédés, des hétéros, des travelos, des chafouins, des faux culs, des timides,  des frustrées,des bourgeois, des miteux , de celles qui retiennent leur descente d’organes, et des autres qui ont les couilles plus grosses que leur ventre !

Ecoute, chlakkk que ça fait quand il leur tranche le cou, les détronche ! Un bruit bref, cursif et merveilleux, qui envoie au loin leurs caboches d’enfoirés, de tordus, de pas net! Et le reste qui s'effondre sur place en gigotant! Avancez beaux messieurs et belles dames ! Avancez la maison ne fait pas crédit mais accepte tout le monde! Au suivant bordel ! On n’a pas que ça à faire ! Toute cette engeance y passera, vindju, tout le monde, pas d’exception à la règle, pas de favoritisme, pas d'entregent, personne n’a le blanc seing  immaculé!

Ecoute leurs pas de miséreux sur la terre durcie des âges, sur ce sol gorgé de sang et de larmes ! Entends la vermine qui rogne leurs entrailles et gargouille alors qu’ils sont encore vivants ! Putain la symphonie de merde ! Des borborygmes! On va leur fermer leur gueule à ces pourceaux, à ces musiciens du malheur, ces artistes de la souffrance, ces spécialistes des concerts de torture et de musique de chambre d’hôtel à bas prix ! Ca tranche ! Ca découpe, ça taillade, là où ça fait mal! D’un côté les corps qui s’agitent encore, comme  des canards sans tête, de l’autre les tronches étonnées qui écarquillent leurs yeux vitreux comme se demandant ce qui leur arrive !  Et tout ça bien en tas, trié et bien dégoulinant!

Regarde, mate le carnaval des trous du cul ! A poil ou en costume, en dentelle et tergal ! Viscose et visqueux, grande verg(u)e et petite bite, chatte velue et con  imberbe, coulant de sanie ou de sperme ! C'est ti pas beau ça!  On va tous leur raser le col, gratos, la dégauchisseuse est en marche ! Tout le monde y passe ! Bordel pas  de fayot, les anges, les démons, les vierges et les radasses, les incubes et les succubes, les  enculés, les enculeurs  et les pointeurs ! Assassins et victimes, innocents de mes deux et vrai(e)s coupables!  Même les ratons laveurs! On dessoude à froid ! Craccccc ! Un col qui pète, qui pisse le sang, une tête qui roule, impaire et passe! Rien ne va plus! Faites vos je!  Et une tête de crétin à ma droite ! Tranchée bien à ras, bien net ! Rien qui dépasse! On vous l'emballe!Qui n'en veut?

Ils ont beau pisser leur cerveau par l’urètre et chier leurs bons sentiments par le trou de balle, couiner comme des gorets en rut, râler, supplier: tous coupables, les bois de justice n'attendent pas ! La veuve a faim ! Pas âme qui vaille les circonstances atténuantes ! Exténuantes ! On va chicoter à tout va, trancher dans le vif ! Du noir au blanc, du jaune au rouge en passant par les camaïeux et les gris clairs! On va faire suer le burnous et faire pisser le rouge ! Chacun son tour comme à confesse, et pas  d’acte de contrition qui compte, attrition pour tout le monde bordel ! A-ttri-tion !

Ecoute la grande marche en avant ! Éntends la supplique des humains,  des sapiens,  des va nus pieds, des pisse vinaigre  du temps qui passe ! Ecoute la musique de leur pas cadencé ! Celle de leurs jérémiades et mea culpa ! Ils auront beau faire, dire, avouer, regretter, dénoncer, implorer, la hache a grand faim... tout le monde y passera !  On ratiboise gratuit aujourd'hui!

Et c’est dieu dans tout ça qui rigole, il se  poile  le Verbe ! Et à tous les temps! C’est jour d’inventaire de déballage et de grand ménage vindju ! On déstocke la marchandise et on compareles dates de péremption! On va passer la serpillière, la lance à incendie! Essorer le sang, la merde, les humeurs, le sperme et la mouille des chattes qui ont transpiré de plaisir ! Et pas question  de poubelle verte, jaune, ou je sais pas quoi! La voilà la chenille, elle se radine en oscillant, pas une tête qui dépasse, elle va l’amble comme un seul animal, un iule interminable et puant,  la route vers l’abattoir est longue, on chante, on chuinte dans la colonne ! On ondule ensemble, sublime défilé, c'est ti pas beau tout ça!  C'est ti pas beau!

Ca chie en marchant, ca pisse de partout, sa dégouline sur les cuisses et les jambes, maculant leurs varices et leur cellulite poilue; on évacue sa trouille et sa merde par où on peut, ça crache et transpire la sanie, l'odieux, et ça baise encore, pour dire de par perdre son temps et de se croire vivant!  C'est plus fort qu'eux, faut qu'ils se prouvent qu'ils sont toujours  des Hommes, des vrais de vrais!  Des tatoués de leur connerie insigne!

Ecoute la chanson du déluge, de la retraite finale, écoute les nénies du purgatoire! Ce soir tout sera vide, et de la bidoche bien fraîche on fera de l’engrais, du compost, pour les générations à venir, puis on recommencera le ménage, quand il n’y aura plus assez de place pour entasser tous ces cons  ces connasses et leur progéniture ! De toutes tailles et de toutes les couleurs !

On avance bordel! Faut pas ralentir la queue !

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 11:57

Lui:  La cinquantaine inspecteur dans une grande ville  quelque part, cité aux nuits insanes et interlopes où règne une faune désabusée et carnasière mutation d'un monde en perdition. Il  s'est mis à boire et fumer lorsque sa femme est entrée  dans un centre spécialisé après une méningite fourdroyante qui l'a laissée paralysée et inerte, imperméable aux autres, au réel... depuis il travaille la nuit, le jour, le plus possible, sans trop croire à ce rôle qu'il joue dans ce monde sans régles que celles de l'hypocrisie, simplement pour ne plu spenser à ce qu'était sa vie , avant, avant qu'il ne perde tout désir, tout envie d'aimer...

 

Elle:  sans âge réel, difficle à cerner, belle, belel d'un charme indicible, brune, élancée, aux formes suffisantes pour plaire et troubler m'importe quel homme, mai sen même temps d'une froideur qui  les poussent ces derniers à ne pas s'approcher, ne pas oser resentir un attrait qui pourtant les dévore. On n esait rien de sonpassé, ni de ce qu'elle fait, sinon qu'elle ne sort que la nuit attirée qu'elel est par le sbas fonds, les âmes à la dérive,  les impasses où s'embouquen les âmes perdues et carnivores. Pas de sentiment, pas de passé, pas d'avenir, un présent san svraie émotion, sans désir de l'autre, une promeneuse... un témoin des abysses... mystérieuse et indéfinissable, sinon par  des contraires...

 

Cet autre:  Un tueur en série, qui va naître de drecoupement, un type inconnu, invisible, qui surgit et  détruit,se délecte du mal qu'il fait de la peur qu'il inspire et entretient, nourrit... Un monstre en proie aux affres d'un passé à qui il veut régler son compte, tout en cherchant à ce qu'ilperdure car luipermet d'être et de survivre aux dépens de ses victimes qui connaisent l'horreur dans toute sa splendeur, dans toute l'absoluité de la souffrance.

 

Les autres: Tous ces gens nécessaires à un ehistoires qui apparaissent au fil de l'écriture, et  embellisent l atrame, le décor, la psychologie des personnages principaux, tous ce sseconds rôles bien plus qu enécessaire à une histoire...tous ces vendredi qui font que ronbinson devient un personnage magnifique, et son lhistoire autre chose que celel de la survie d'un naufragé solitaire...

 

L'histoire: Un prétexte à la renconte de ses trois égarés dans la nuit, chacun pour un cause différente, un erencontre qui révélera à chacun qui il est et peut être  leur donnera un esolution, une réponse à cette interrogation universelle: pourquoi vit-on, qui sommes-nous vraiment, et où va-t-on ainsi?

 

"Maintenant il suffit de l'écrire ce roman, et là je ne sais pas si j'en serai capab e et surtout si j'en aurai la force, la foce et l'envie suffisantes de le rendre désirable aux autres!"

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 16:43

Je n’avais ni fleurs ni chocolats,

D’ailleurs je ne suis pas venu,

Et puis lachambre était vide,

Elle était bien malade je crois.

 

Il avait beaucoup plu ce jour là,

Canicule sous ce grand soleil brûlant,

Un samedi bisextile de décembre,

Jour de crêpes et de carnaval.

 

L’hôpital était fermé, évidemment,

Les gens allaient et venaient sur le quai,

Il était tôt pour un jour désert et férié,

Alors que minuit venait de sonner à peine.

 

Les fleurs que je n’avais pas,

Sentaient si bon l’éther et le camphre,

Dans cette belle boite de chocolats,

Poudre de cacao et lécithines de soja.

 

Elle n’était pas  dans la chambre 23,

Au deuxième, à gauche du rez de chaussée,

Pneumologie, ouvert à toute heure,

Service du professeur Machin and Co.

 

Ce n’était pas l’heure des visites,

Il y avait du monde dans la salle d’attente,

Plus encore  au bloc opératoire,

Je n’ai pas trouvé de journal pour patienter.

 

La panseuse me demanda le scalpel,

Un petit garçon efféminé pleurait,

Le facteur posa le courrier sur le champ,

Le patient ne l’était plus trop .

 

Il y avait du sang dans les gouttières,

Forcément avec ce violent orage,

L’anesthésiste remonta son pantalon,

Il rentrerait bredouille ce soir.

 

Je ne frappai pas à la porte fenêtre,

Puis voyant arriver le bus je sortis,

On venait d’amener le cœur dans de la glace,

D’ailleurs, elle préférait les rillettes,

 

Demain on sera presque mardi et des poussières,

Bien sûr il fera jour, parait-il d'après le journal!

Ne lui reste que quelques heuresçà et là à vivre,

Elle a refusé de fumer son dernier hareng .

 

Je reviendrai quand je ne pourrai pas,

Ca fait toujours plaisir tous ces retards,

Les malades sont de bons morts-vivants,

Vraiment j’ai bien aimé cet enterrement.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 19:19

Attention, ce poème est "pornographique", du moins c'est ce que dirait d'aucuns après l'avoir lu... je le mets donc  à votre disposition si vous m'en faites la demande...il ne reflète pas le contenu de ce blog évidemment... N'hésitez pas  à laisser vos commentaires ensuite.

 

 anais2-600x450-crop.jpg









































































Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:14

 

Mot après mot, je touche le clavier,

Tel un pianiste caressant le sien,

Me tais, le temps d’un rubato convié,

Le doigt en l’air, suspendu musicien.

 

L’étant, en l’instant qui passe et s’arrête,

De remous, calmes plats et tourbillons,

Quand sur les rives, seuls, les amants s’apprêtent,

A franchir, l’invisible portillon.

 

Là, sous le pont se repasse la cène,

L’instant du partage, l’étang d’un mensonge,

Quand sous cette arche les caresses obscènes,

Lentes se dessinent, douces se prolongent.

 

Pâles sont les eaux de la rivière qui coule,

Tandis que le temps semble s’arrêter,

Pour des amours si lointaines qui s’écoulent,

Les souvenirs consentent à s’apprêter.

 

Touche après touche, des mots la partition,

Qui s’accordent, se relient, puis se séparent,

S’évitent ou se choisissent par l’élection,

D’une prosodie dont chacun d’eux s’empare.

 

En l’onde imaginaire passant sous ce pont,

Sont les reflets de ce qui n’eut pas lieu,

La réflexion de vos mutins jupons,

Tout comme l’opale si profonde de vos yeux.

 

Onde serpentine entre ces deux rives,

S’approchant et s’éloignant toutefois,

Ivre bateau, en sa lente dérive,

Seul emporté par les eaux d’autrefois.

 

Les paroles s'oublient, les écrits demeurent,

Ne se baignant qu’une fois dans la même eau,

Les jours s’en vont, comme s’éloignent les heures,

Coule la scène, sous le pont Mirabeau.

(20/02/2012)

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 14:54

 

 

C’est une aube figée dans sa nuit qui se traine,

Un matin qui attend ce soleil inascible,

Matineux crépuscule de la brune qui l’entraine,

Le rendant chaque jour ainsi plus irascible.

 

Dans ce temps qui passe, ne sont que contrefaçons,

N’étant point de lumière sinon celle qui lui ment,

Qui copie ses manières, lui montrant sans façon,

Ce faux jour qui adhère laissant croire l’écoulement.

 

Quand bien même il vieillit, il n’est que la demeure,

Cette avance controuvée d’un surplace qui se grime,

En ces heures envieillies qui renaissent et se meurent,

Se lamentent et se suivent les instants anonymes.

 

Là, sise en son espoir, une différente aurore,

Aux éclats de rosée d’un soleil rougeoyant,

Décrivant dans le ciel orangé sémaphore,

Le tracé, le dessin d’un destin foudroyant.

 

Combien furent ces matins, ces levers faux-semblants ?

Où s’enchaînait le temps, où s’enchaînait la vie,

Ces longs jours incertains si fades et ressemblants,

Dépourvus tout autant, tout autant de l’envie.

 

La vanité des choses, la vanité des êtres,

L’une et l’autre les saisons, aux heures indécises,

L’attente qui se forlonge et ressemble paraître,

En cette aube espérée, qui bien peu se précise.

 

Elle est là il le sent, indicible et confuse,

Par devers un regard, ou alors quelques mots,

Qui méfiante telle une femme, tout d’abord se refuse,

Pour ensuite se donner, sans qu’importent ses maux.

 

Entre chien et loup dedans la nuit qui s’étire,

Un matin qui attend, depuis l’aube naguère,

Un si vieux crépuscule que la brune s’attire,

Le rendant chaque jour, si simplement vulgaire.

 

Quelques notes, des silences, les touches d’un clavier,

En ce dimanche d’hiver, la courte après midi,

Du lendemain l’angoisse, impossible à obvier,

Prégnante et si pesante, l’attente d'un lundi.

(19/02/2012)

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 09:34

uvij3rny.jpgJ’aimerais vous voir marcher, si belle atournée,

Mais aussi vos yeux découvrir, prendre le temps,

Errante en la rue, puis vers moi vous retourner,

Si brune et Catalane, aux pas non hésitants.

 

M’approcher de vous, me rapprocher au plus près,

Et là, me perdre en l'obscur de votre regard,

Ne plus savoir l’avant, ne plus vouloir l’après,

N’être que dans l’instant qui s’enivre et s’égare.

 

Découvrir de vos lèvres empourprées et brillantes,

Le signe d’un étonnement, de votre hésitation,

La stupeur fugace en vos prunelles défiantes,

D’une arrogance méfiante pour cette invitation.

 

Marcher en retrait afin de vous admirer,

Pour contempler dans la foule, votre silhouette,

Cette féminité, en les regards se mirer,

Comme en ce beau miroir, s’admirent les alouettes.

 

Vous suivre et vous aimer, comme on aime silencieux,

Ne rien vous dire ni demander, vous découvrir,

Des yeux vous suivre, telle une étoile en les cieux,

Chalande et vive que des ombrages viennent recouvrir.

 

J’aimerais vous rejoindre en cette rue obombrée,

En ce passage sombre abrité où nul ne passe,

Puis là vous enlacer en me laissant sombrer,

Car enivré de vos lèvres en cette fausse impasse.

 

Laisser glisser mes mains le long de votre corps,

Par-dessous le tissu de ce fermé manteau,

Me plaquer contre vous comme on plaque un accord,

Vous étreindre comme la pièce est étreinte par l’étau.

 

Malhabile vous aimer dans la froidure du soir,

Caresser vos cheveux, dévorer votre bouche,

Puis me glisser en vous à la faveur du noir,

Fière, rétive berbère, abandonnée manouche.

 

Respirer vos soupirs, m’abreuver de vos cris,

En un unique regard lier mes yeux aux vôtres,

Aller si loin en vous nonobstant le décri,

Le décri de ces morales si lointaines des nôtres.

 

Rester ainsi sans bouger ni rien se dire,

Chimère dans la nuit, complices dans la chair,

Nous regarder sans la cesse, à n’en plus finir,

Liés tous deux en l’obscur d’une porte cochère.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:23

Bages

Voici la fin d’un jour par dessus cet étang,

Son soleil qui s’estompe, se couche et puis se meurt,

Là moribond sur le ciel étale de son sang,

Si pâle hémorragie fluante en la demeure.

 

Une langue de terre qui s’avance sur l’onde,

Au loin, des reliefs délinéant l’horizon,

Leurs reflets sur l’eau, plate copie de ce monde,

Et sa traîne si blême en ultime paraison.

 

Où donc est cette brune au charme si troublant ?

Si belle inconnue, sirène dans la brume,

Qui parfois se dessine au crépuscule tremblant,

En encre de lumière s’écoulant de sa plume.

 

Bien avant le couchant, le vent s’est assoupi,

Laissant ainsi sur l’étang cette image lisse,

Celle d’un visage sans rides aux agates lapis,

Dont les lèvres font les rives où les ondes se glissent.

 

Sises à même les collines sont les courbes d’un corps,

Orbes de jambes ombre des cuisses galbes de seins,

Qui se figurent en les penchants et les accores,

D’un paysage dont les traits défont leur dessin.

 

Quand le jour se finit et que s’endort le temps,

Alors, sortant de l’onde et se mêlant aux cieux,

Une brune femme et silhouette de l’étant,

Semble naître apparaître en l’instant silencieux.

 

Elle est la lueur et à la fois la pénombre,

De la nuit elle renait dans l’étang qui l’accouche,

Elle y danse, elle y vit, mais aussi elle y sombre,

Lorsqu’au petit matin l’obscurité se couche.

 

C’est en l’aube brumeuse, par-dessous son linceul,

Que la brune endormie de ces temps la fluente,

Agonise silencieuse en étant enfin seule,

Effacée par les rides de ces vagues affluentes.

(05/02/2012)

 (Essayez de lire à voix haute avec la musique à partir du piano 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:37

monte-farra-crop-copie-1.jpgDe la mémoire les ombres promeneuses,

Ces instants de jadis qui s’en reviennent,

Légères impromptues, floues ou lumineuses,

Passantes chalandes en valses de Vienne.

 

Parfums de madeleines aux figues mûres,

Au soleil si chaud de ces autres fois,

Les ombres qui lézardent sur les murs,

De ces bâtisses lointaines de l'autrefois.

 

Le profond silence des après midi,

Campanile au tocsin des heures passées,

Chaleur pesante de cet outre midi,

De l’astre, en son zénith si haut placé.

 

Dessous les paupières le voici venu,

Petit village de ces temps oubliés,

Décorum d’une enfance revenue,

De l’insouciance, aux ailes éployées.

 

De vieilles femmes, courbées, de noir vêtues,

Passantes troubles en l’ondoiement de l’air,

Les rues désertes, chauffées, comme revêtues,

D’une chaux de lumière ardente et claire.

 

Peu à peu, comme sortis de siestes molles,

Dans la touffeur apparaissaient des gens,

Qui par devers eux traînaient sur leur sol,

Leurs âmes tassées, sous ce ciel obligeant.

 

Le soir, la fraîcheur tombée des sommets,

Glissante et lente s’épanchait sur la plaine,

Caressante comme auparavant jamais,

Laissant en la sorgue une lune pleine.

 

Les réverbères, lamparo des ruelles,

Agglutinaient les insectes nocturnes,

Noces des fourmis et lunes de miel,

Etranges ballets des anneaux de saturne.

 

Il était des brouhahas et des bruits,

Harangues de cris et musiques lointaines,

S’égaillant en la brune de ces soird’hui,

Où chuchoteuses, s’écoulaient les fontaines.

 

Dans la nuit, sur le penchant des montagnes,

Scintillaient de surprenants vers luisant,

Feux follets, entre versants et campagne,

Logis agrestes de ces paysans.

 

En la mémoire, des ombres promeneuses,

Des instants de jadis qui redeviennent,

Légères incongrues, douces et capiteuses,

Allantes passantes qui s'en vont et viennent.

(29/01/2012)

 (Pour le plaisir d'écouter)

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 15:44

541.jpgFoule et folle folie,

Il n’est point de balcon,

Ni jardin d’ancolies,

En nos rêves si féconds.

 

De l’enfer le chemin,

Un regard sans détour,

Eurydice là demain,

L’impossible retour.

 

Montaigu Capulet,

Les amours interdites,

En ce monde esseulées

Sont des âmes maudites.

 

Couleur ou noir et blanc,

Un cliché de jadis,

Au regard si troublant

D’ineffables iris.

 

Quelques mots dans le vide,

Un appel sans destin,

Aux oracles livides

Des viscères l'incertain.

 

Bouteilles à la mer,

Attentes éternelles,

Sur les lèvres amères

Des regrets de cannelle.

 

Un appel, un refus,

Une porte qui se ferme,

Dans l’instant si confus

Qui réclame son terme.

 

Comme des corps à l’encan

De femmes oubliées,

Qui s’offrent aux décans,

Là mêmes publiées.

 

Par l’annonce des désirs,

En l’ombre du mystère,

Voilà qu’il faut saisir,

L’occasion de se taire.

 

En attendant Tristan,

Yseult se fait belle,

Son âme se contristant

Des mots de ces libelles.

 

Virtuel océan,

Pénélope et sa toile,

Ulysse n'est point céans,

Ni même son étoile.

 

Chevalier de la table

Cherche reine inconnue,

Rendez-vous au retable

D'un l’hôtel peu connu.

 

Défilé des enchères

Sur l’écran de l’attente,

Mais allons donc mon cher !

N’est il rien qui vous tente ?

(28/01/2012)

 

(Relisez avec la musique maintenant, à voix haute, au  choix de votre rythme évidemment

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article