Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:23

Bages

Voici la fin d’un jour par dessus cet étang,

Son soleil qui s’estompe, se couche et puis se meurt,

Là moribond sur le ciel étale de son sang,

Si pâle hémorragie fluante en la demeure.

 

Une langue de terre qui s’avance sur l’onde,

Au loin, des reliefs délinéant l’horizon,

Leurs reflets sur l’eau, plate copie de ce monde,

Et sa traîne si blême en ultime paraison.

 

Où donc est cette brune au charme si troublant ?

Si belle inconnue, sirène dans la brume,

Qui parfois se dessine au crépuscule tremblant,

En encre de lumière s’écoulant de sa plume.

 

Bien avant le couchant, le vent s’est assoupi,

Laissant ainsi sur l’étang cette image lisse,

Celle d’un visage sans rides aux agates lapis,

Dont les lèvres font les rives où les ondes se glissent.

 

Sises à même les collines sont les courbes d’un corps,

Orbes de jambes ombre des cuisses galbes de seins,

Qui se figurent en les penchants et les accores,

D’un paysage dont les traits défont leur dessin.

 

Quand le jour se finit et que s’endort le temps,

Alors, sortant de l’onde et se mêlant aux cieux,

Une brune femme et silhouette de l’étant,

Semble naître apparaître en l’instant silencieux.

 

Elle est la lueur et à la fois la pénombre,

De la nuit elle renait dans l’étang qui l’accouche,

Elle y danse, elle y vit, mais aussi elle y sombre,

Lorsqu’au petit matin l’obscurité se couche.

 

C’est en l’aube brumeuse, par-dessous son linceul,

Que la brune endormie de ces temps la fluente,

Agonise silencieuse en étant enfin seule,

Effacée par les rides de ces vagues affluentes.

(05/02/2012)

 (Essayez de lire à voix haute avec la musique à partir du piano 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:37

monte-farra-crop-copie-1.jpgDe la mémoire les ombres promeneuses,

Ces instants de jadis qui s’en reviennent,

Légères impromptues, floues ou lumineuses,

Passantes chalandes en valses de Vienne.

 

Parfums de madeleines aux figues mûres,

Au soleil si chaud de ces autres fois,

Les ombres qui lézardent sur les murs,

De ces bâtisses lointaines de l'autrefois.

 

Le profond silence des après midi,

Campanile au tocsin des heures passées,

Chaleur pesante de cet outre midi,

De l’astre, en son zénith si haut placé.

 

Dessous les paupières le voici venu,

Petit village de ces temps oubliés,

Décorum d’une enfance revenue,

De l’insouciance, aux ailes éployées.

 

De vieilles femmes, courbées, de noir vêtues,

Passantes troubles en l’ondoiement de l’air,

Les rues désertes, chauffées, comme revêtues,

D’une chaux de lumière ardente et claire.

 

Peu à peu, comme sortis de siestes molles,

Dans la touffeur apparaissaient des gens,

Qui par devers eux traînaient sur leur sol,

Leurs âmes tassées, sous ce ciel obligeant.

 

Le soir, la fraîcheur tombée des sommets,

Glissante et lente s’épanchait sur la plaine,

Caressante comme auparavant jamais,

Laissant en la sorgue une lune pleine.

 

Les réverbères, lamparo des ruelles,

Agglutinaient les insectes nocturnes,

Noces des fourmis et lunes de miel,

Etranges ballets des anneaux de saturne.

 

Il était des brouhahas et des bruits,

Harangues de cris et musiques lointaines,

S’égaillant en la brune de ces soird’hui,

Où chuchoteuses, s’écoulaient les fontaines.

 

Dans la nuit, sur le penchant des montagnes,

Scintillaient de surprenants vers luisant,

Feux follets, entre versants et campagne,

Logis agrestes de ces paysans.

 

En la mémoire, des ombres promeneuses,

Des instants de jadis qui redeviennent,

Légères incongrues, douces et capiteuses,

Allantes passantes qui s'en vont et viennent.

(29/01/2012)

 (Pour le plaisir d'écouter)

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 15:44

541.jpgFoule et folle folie,

Il n’est point de balcon,

Ni jardin d’ancolies,

En nos rêves si féconds.

 

De l’enfer le chemin,

Un regard sans détour,

Eurydice là demain,

L’impossible retour.

 

Montaigu Capulet,

Les amours interdites,

En ce monde esseulées

Sont des âmes maudites.

 

Couleur ou noir et blanc,

Un cliché de jadis,

Au regard si troublant

D’ineffables iris.

 

Quelques mots dans le vide,

Un appel sans destin,

Aux oracles livides

Des viscères l'incertain.

 

Bouteilles à la mer,

Attentes éternelles,

Sur les lèvres amères

Des regrets de cannelle.

 

Un appel, un refus,

Une porte qui se ferme,

Dans l’instant si confus

Qui réclame son terme.

 

Comme des corps à l’encan

De femmes oubliées,

Qui s’offrent aux décans,

Là mêmes publiées.

 

Par l’annonce des désirs,

En l’ombre du mystère,

Voilà qu’il faut saisir,

L’occasion de se taire.

 

En attendant Tristan,

Yseult se fait belle,

Son âme se contristant

Des mots de ces libelles.

 

Virtuel océan,

Pénélope et sa toile,

Ulysse n'est point céans,

Ni même son étoile.

 

Chevalier de la table

Cherche reine inconnue,

Rendez-vous au retable

D'un l’hôtel peu connu.

 

Défilé des enchères

Sur l’écran de l’attente,

Mais allons donc mon cher !

N’est il rien qui vous tente ?

(28/01/2012)

 

(Relisez avec la musique maintenant, à voix haute, au  choix de votre rythme évidemment

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:24

21 Sa brune chevelure,

Au vent des heures passées,

Altière son encolure,

Aux rides effacées.

 

En son regard l’azur

Sur ce lointain porté,

L’entière démesure

Venant s’y reporter.

 

Chimère du temps qui passe

Enfant de sa jeunesse,

Ses souvenirs repassent,

Arguant leur droit d’aînesse.

 

Son étrange beauté

Mélange d’une vie,

Au charme déjeté,

Teinté de ses lavis.

 

La voici là si belle

En cet âge avancé,

Ignorant sa querelle,

De ce temps l’avancée.

 

Ses lèvres son sourire,

Sa silhouette fière,

Semblant se départir

Du poids de ses hier.

 

Ni aube ni crépuscule,

Soleil sans horizon,

Qui jamais ne bascule

Aux heures des oraisons.

 

Dans le désir des uns,

Ou l’étonnement des autres,

Magnifique catin,

Détresse d’un apôtre.

 

Sur elle onc se retourne,

Cherchant sans bien savoir,

Ce que cet âge détourne

Pour ainsi l’émouvoir.

 

Qu’importent les années,

Amante que l’on désire,

A vouloir se damner

Condamner au plaisir.

 

Le temps l’a oubliée,

Se perdant en sa moire,

La laissant publier,

Du charme le mémoire.

(26/01/2012)

 

  

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 15:24

En l'attente vaine de  sa Juliette,  Roméo aurait pu écrire :  

   (Débuter lecture à la 20ème sec)

   

Comme un bruit dans la nuit,

Une frayeur ancestrale,

Une ombre qui vous suit,

L’écho lointain d’un râle.

 

Là, si présent en vous,

Si fort et si charnel,

L’intime au rendez-vous,

L’entrevous criminel.

 

Frissons dessous la peau

Des larmes dans les yeux,

En l’esprit ce dépôt,

De souvenirs trop vieux.

 

Le ventre qui se serre,

La peur qui l'envahit,

L'étreinte qui enserre,

Cette âme qu'elle trahit.

 

Qu’en est-il de la vie,

Par devers le mensonge ?

Quand devant les envies,

Se démentent les songes.

 

Chemins dans la forêt,

Etranges souvenances,

Images remémorées,

Chamade en résonnance.

 

Les anciennes prières,

Les dévotions d’antan,

Les malles aux charnières,

Qui grincent toutes au temps.

 

Qui es-tu ? Où es-tu ?

Présente en mon attente,

Quand bien même s’est tu,

L’appel de l’autre absente.

 

Je t'ai toujours aimée,

Sans jamais te connaître,

A plus n'en pouvoir mais,

Mais sans n'y rien paraître.

 

Le chant des violons,

Aux accords monotones,

Sanglote tout au long,

De l’instant qui s'étonne.

 

Le soyeux des nuages,

Ce coton de douleur,

Les plis de son tissage

Si noir en sa couleur.

 

Déjà hier n’est plus,

Mais pourquoi donc demain ?

Aujourd’hui il a plu

Des larmes de chagrin.

 

La parabole du jour,

 Son orbe dedans le ciel,

Ces instants de toujours,

A jamais essentiels.

 

Comme un cri dans l'ennui,

Une lueur automnale,

Le présent qui s’enfuit,

Dans l’ombre qui s’étale.

 

Un jour me viendras-tu?

Dans l'aube printanière,

Si belle et dévêtue,

Juliette de lumière.

 

(21/01/2012)

 
Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 18:55

theatre-92174-copie-1.gifLa vie comme au théâtre

En l’avers d’un décor,

Feu de bois, feu plâtre,

Fausses flammes encore.

 

Des paroles et des mots

Un décalogue de sourds,

Les errances de nos maux,

Les entrées coté cour.

 

Brigadier que voilà,

Résonance des à-coups,

Le rideau dévoila,

L’arrogance tout à coup.

 

La poursuite de lumière,

Le halo qui vadrouille,

Les ombres costumières,

La porte qui se verrouille.

 

On s’agite çà et là,

On s’étonne dans la salle,

Qui est-il celui là ?

Ce curieux commensal.

 

Des larmes et des pleurs !

L’on crie, l’on parle et rit !

De beaux bouquets de fleurs,

Que l’on jette aux orties.

 

Pince fesses et princes sans rire,

Petits meurtres entre amis,

L’un esquisse un sourire,

L’autre à peine un demi.

 

Des rimes et des vers,

Pantomimes et silences,

Le traitre par devers,

L’amant dans sa romance.

 

Un balcon bien trop bas,

Un nez par trop petit,

Le tonnerre ici-bas,

Qui gronde et retentit.

 

Sortie côté jardin,

Le soleil dans les cintres,

Rayons incarnadins

Dessinés par des peintres.

 

On éructe on déclame,

Sa colère ou sa joie,

L’un demande ou réclame,

La tête des bourgeois.

 

Une pièce en ses trois actes !

Respectant l’unité,

Qui oublie les entractes,

Si pleine de vanité.

 

Voici madame moi-je,

Qui parle, qui parle d’elle,

De la vie fait un jeu,

Un je de demoiselle.

 

  Cyrano qui supplie,

Roméo qui se meurt,

Sur le cap les complies,

Récitent la rumeur.

 

La vie comme au théâtre

En l’amer d’un raccord,

Feu de joie, feu dans l’âtre,

Jeux de drôles et de corps.

 

 ( Clin d'oeil à Juliette;19/01/2012)

  

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:18

"Je passe un instant ici pour rendre hommage à A.B, comédienne et metteur en scène, qui a posé son regard sur mes textes, et par ses mots leur a rendu hommage,  me le signifiant longuement par écrit et à voix haute. Ce petit poème est un rendu, bien modeste en comparaison du prêté!"

 

Vous voici là juchée, mademoiselle,

Allante et si vivante sur ces tréteaux,

Vous ébattant tel un oiseau sans ailes,

Qui piaille et crie sans apprêt tôt.

 

Fardée de costumes, habillée de fards,

Sur ces planches, vous allez et revenez,

Déclamant la vie, ses instants épars,

Comme si là même, celle-ci vous advenait.

 

Habitée des maux, du bonheur d’autrui,

De leurs joies ou de leurs peines,

Mendiants de leurs mots ou d’iceux instruits,

Marchant de bonne heure ou marchant à peine.

 

Vous arrêtez le temps, en damoiselle,

Le restreignant ainsi par vos propos,

A l’aune du peu ou de l’excès de zèle,

Usant de l’accessoire et d’à-propos.

 

Quand cognent les trois coups du brigadier,

Que du parterre le brouhaha se tait,

Que la pénombre le jour s’en vient radier,

C’est du réel, que vous nous délestez.

 

Dès lors que s’ouvre et lève le rideau,

Ici, là-bas, jadis ou bien ailleurs,

En Fille de roi, ou même de chalandeau,

De Mademoiselle, rien bien que le meilleur.

 

Aucun outrage, sur vous rien n’y fera,

Ni même le temps et ses répétitions,

Libre de l’âge, et de son embarras,

Toujours serez, en d’autres l'impression. 

 

A jamais ici bas mademoiselle,

Comédienne, à l’affiche sur le livret,

Juliette, Marie, Fantine ou bien Gisèle,

Du temps des rides, à jamais délivrée.

 

14/01/2012

 

Pour le plaisir sans autre motif que celui-là, pas lien direct avec le texte... 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 12:24

Les fins d'années amènent souvent les bilans, alors je vais faire le bilan de 2011, année à part dans ma vie, ensuite j'attaquerai 2012 en espérant qu'elle ne ressemblera en rien à sa soeur précédente, ce sera mon dernier article ici  je crois, pour diverses raisons, la plus notable étant le peu de succès rencontré par les écrits de ce blog, quant aux autres j'essaierai de les définir... un jour. L'une d'entre elles, m'a bien été expliquée par Valdy, qui osa un jour me dire que mes écrits étaient bien trop lourds, abscons et compliqués pour être appréciés sur OB... mais je ne sais écrire autrement! Bref on verra bien si je retrouve une nouvelle inspiration ... 

 

En gros 2011 année à oublier! Donc je la supprime de mon passé!

 

Meilleurs voeux à ceux qui passent et surtout à la Bulle a qui je dois tant, à Marie Claude pour ses mots, et à vous...

 

En guise de cadeau de fin d'année (lisez avec la musique en fond, lecteur ci-dessous)

 

Sublime blasphème

 

Ames divines immortelles, du désir possédées,

Missa, l’indicible union en l’après de l’aître,

Qui, par cette eucharistie vient là concéder,

A l’adbitum mentis, les secrets de son être.

 

Tous deux, en ce chœur circonscrit par ses arcades,

Sur l’autel, ombres enlacées face à l’abside,

Sans autre témoin qu’Eli, l’invisible alcade,

Se donnant l’un à l’autre extasiés si lucides.

 

Corpus mysticum, gisants, cariatides de chaire,

Sous la lueur éthérée filtrée des meneaux,

Chœur à corps, corps à cœur, et corps à corps de chair,

L’accordée des plaisirs nus et libidinaux.

 

Le feu des enfers, braises de stupres et de flammes,

Sous le regard du Tout Autre, sans honte ni péché,

La jouissance des chairs, mais aussi celle des âmes,

Que nulle eau de baptême ne saurait empêcher.

 

Du cogito à l’éros, de l’insane la foi,

Sans leur confession de la luxure en l’amour,

Trempant dans le bénitier longuement les doigts,

Puis les lèvres, puis le cierge pareillement sans détour.

 

Que cette église suinte du transept à sa croisée,

En le plus intime de sa nef et de ses fonts,

Que son humeur s’écoule de ses jambes décroisées

Jusqu’au chevet du cœur des êtres qui la font.

 

Confiant, pénétrant ici par la sacristie,

A rebours du parvis et des collatéraux,

Dans la béatitude de l’offrande à l’hostie,

Il s’en fut au plus loin, en ces fonts baptismaux.

 

Agnus Dei, c’est au plus secret des annales,

De Gomorrhe à Sodome, ces cités agonies, 

Qu’interdites, s’en renaissent dès lors les bacchanales,

Ces callipyges ivresses des inverses réunis.

 

Quand le sens du caché s’en revient au vrai corps,

Lui délivre l’extase et sa nue jouissance,

Alors l’âme au mystère du sacré s’incorpore,

Faisant naître en la chère la divine renaissance.

 

Du trivial au profane, s'en faisant l’exégèse,

Par la débauche et l’orgasme, les multiples stations,

Ne se privant aucunement, sinon de l’ascèse,

De la concupiscence, viendra l’absolution.

 

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans etsivousosiez
commenter cet article
27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 20:20

 

Une parole, des mots, vous,

Là, présente et lointaine,

L’absente d’un rendez-vous,

D’une attente incertaine.

 

Comme une ombre sans lueur,

Un chemin sans entrée,

Où s’égrènent toutes ces heures

Des instants sans attrait.

 

Des présents impossibles,

Aux demain improbables,

Tant de verbes indicibles,

De murmures ineffables.

 

Contumace des désirs,

Caresses imaginaires,

Le corps en son plaisir

Se cherche solitaire.

 

Sur vos reins en leur val,

Mes mains imaginées,

De l’amont vers l’aval

Vos seins vont dessiner.

 

Des soupirs entendus

Tel le souffle qui réclame,

Ces paroles retenues

Quand l’encore se déclame.

 

Le respire qui s’arrête,

Le ventre qui se noue,

Qui se voue et se prête

S'apprête au rendez-vous.

 

Parfum de votre humeur,

Lubrifiante et tépide,

S’écoulant en primeur

De votre antre sapide.

 

Sur mes lèvres et doigts,

Humides et parfumés,

Vos fragrances je me dois,

De naguère exhumer.

 

Il n’est rien que j’attends

Rien d’autre que cela,

Quand mon désir s’étend,

A vous donner ce la.

(27/12/2011)

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 14:51

Taïaut, taïaut, la cavalcade dans les allées,

Rosée de sang de peur de larmes et de salive,

La traque s’enivre, se saoule de cris, se laisse aller,

C’est le temps de la fuite et celui de l’esquive.

 

Flashs, images et stroboscope, la voilà qui halète,

Chamade, terreur, à-coups du cœur dans la forêt,

Le souffle court dans un effroi qui ne s’arrête,

La nuit s’en vient quand la bête hésite à l’orée.

 

Chiens, c’est la meute folle cruelle qui hurle et aboie,

C’est la courre carnivore, de l’aube au crépuscule,

Voici sa course, ses cors, la proie est aux abois,

Dans sa fougue du sang, la foule la traque et l’accule.

 

Hélas, la haine et la mort ont suivi sa trace,

Et lasse, l’envie de vivre l’abandonne,

Les jeux sont faits, rien ne va plus, rouge impair et passe,

Tapis de feuilles mortes, la mise se couche et se donne.

 

Las, au-dedans, exsangues, les âmes sont livides,

La dague, son éclat vif par la lueur happée,

Flots pourpres, la vie se meurt de la veine qui se vide,

Et l’œil ouvert, enfin, la peur voit s’échapper.

 

Chahuts, mâchoires, canines, le goût de l’amertume,

Flots empourprés, entrailles et gluantes babines,

La terre boit son sang, et son cadavre s’embrume,

Les gueules se battent et jappent, las! La chasse se termine

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article