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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:48

Ciel lourd, empesé, de sombre et de gris,

Dans les intervalles ténus de l’averse,

Une silhouette floue, treillissée de pluie,

S’éloigne, dans l’ombre qu’elle traverse.

 

Les lumières de la ville, dans les gouttes s’irisent,

Kaléidoscope d’un crépuscule qui se dépose,

Tandis que les formes, au loin s’amenuisent,

Et que du jour, la nuit, lentement dispose.

 

Filets d’une eau qui mousse dans les caniveaux,

La pluie lave la ville, cité quiète qui s’assoupit.

Les pas s’assourdissent, ne laissant qu’un écho,

Dans la matité d’un silence, que le soir ennoblit.

 

La vie s'endort, n’étant plus que dans les reflets,

La silhouette se fond, dans les rues qui se vident.

Les gouttes s’écrasent, se dispersent sur le pavé,

Se mêlant à la brune, sur les trottoirs humides.

 Les clapotis seuls, murmurent leur refrain,

Le fredon de la pluie, dans l’espace des ruelles.

Les gouttières goulues, dégorgent un chagrin,

La tristesse d’un automne, prisonnier des venelles.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:46

Je regarde ton ventre,

Ton ventre qui respire,

Qui respire et qui rentre,

Qui rentre et qui soupire.

 

Tu agites la tête

Tes mains cachant tes yeux,

Balancement qui entête

D’un plaisir séditieux.

 

Tu es là sans y être

Différente et ailleurs,

Départie de paraître

Pour un autre meilleur.

 

Tes spasmes et tes larmes,

Amante, femme et enfant,

En l’intime vacarme

D’un désir étouffant.

 

En toi je suis et je vais,

De ton regard épris,

Par la fièvre endêvé

De moi-même dépris.

 

Ton souffle et ta salive,

Ta langue, tes seins, tes hanches,

Tes caresses lascives

Ton ventre qui s’épanche.

 

Mes mots et tes soupirs,

Tes cris si retenus,

Ces mols diapirs,

Lave de nos âmes nues.

 

Tout en moi je retiens,

La bête qui enrage,

Pour que ce plaisir tien,

Se vête de l’orage.

 

Alors le temps n’est plus,

Pénombre d’une chambre,

Sans le moindre surplus,

Où tes lombes se cambrent.

 

Et l’oubli devient voile,

Toile qui nous enveloppe,

Où nos âmes se dévoilent

Étoiles interlopes.

 

Cérémonie étrange,

D’une union adultère,

De l’intime mélange,

D’un secret ministère.

 

Il n’est que toi, que toi,

En mes bras prisonnière,

Femme, fille de l’émoi,

Amante buissonnière.

 

Tu t’agites et tu pleures,

Me supplies de jouir,

Dans les plis des humeurs,

Je me laisse enfouir.

 

En toi je suis venu,

En quête d’un ailleurs,

D’un ailleurs devenu,

Revenu orpailleur.

 

Je regarde ton ventre,

Ton ventre qui soupire,

Qui soupire et qui entre,

Qui entre et qui respire.

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:30

Il est un pays, une vallée,

En des collines entichée,

Où des corolles ombellées,

Par le soleil sont aguichées.

 

Le vent y a une douceur,

Moite, caressante et tiède,

Comme un invisible danseur,

Du souffle de l’aède.

 

Les plaines y sont arrondies,

S’y étendent à perte de vue,

Comme des ventres rebondis,

Aux reliefs à peine entrevus.

 

Au secret intime d’un val,

Dessous les ombres des collines,

Qui se déversent sur l’aval,

En une longue capeline.

 

Là est le lieu dit des Fendus,

Où les écorces sont blessées,

Cuirasses fortes pourfendues,

Vieil épiderme damassé.

 

Un jour, d’une longue balade,

Dans la moiteur de l’air,

Par un chemin en enfilade,

Je découvris son aire.

 

Hors les penchants, dans les replis,

Là où ne viennent les bergers,

Dessus la terre qui s’assouplit

J’ai découvert ce vieux verger.

 

Le sol ingrat y est humide,

Soupir d’une source secrète,

Perspirante, discrète et timide,

Fille de la pluie dessus les crêtes.

 

L’on y entend du vent l’écho,

Ce doux murmure des connivences,

Sous le ciel gris tissé d’escot,

Par des nuages en abondance.

 

Dans la lueur des ajours,

Sous le travers des ramures,

En la ténuité du jour,

Viennent se tendre des amures.

 

En me glissant en son milieu,

Dans la pénombre de l’ombrage,

En un silence compendieux,

Je l’aperçus sous les nuages.

 

Il était là, lisse et gonflé,

Gorgé d’un suc de plaisir,

En ses contours et plis renflés,

Je n’avais plus qu’à le saisir.

 

De mes doigts doucement le prendre,

Puis à mes lèvres l’apporter,

Quand dans le ciel vint se pendre,

Une lune claire en aparté.

 

Au crépuscule d’une journée,

Dans un lieu dit, une vallée,

Où si peu  j’avais séjourné,

D’une alberge, me suis régalé.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:24

En la confusion des heures indécises,

Dans la traîne du jour disposées,

Le crépuscule hésite son incise,

Et se retient de l’apposer.

 

Elles y lambinent et s’y attardent,

Les vêpres semblant refuser,

Dedans cette lueur bâtarde,

Qu’elles s’obstinent à diffuser.

 

Égales et claires dans leur ciel,

Elles se traînent mollement,

Comme un invisible arc en ciel,

À l’unique scintillement.

 

Diversion de la nuit qu’elles repoussent,

Elles jouent sur le fil de l’horizon,

Puis étalent leur délicate housse,

Dessus leur ligne de flottaison.

 

Elles leurrent le jour et mentent à la nuit,

Dans cette trouble contrefaçon,

Sans lassement ni même d’ennui,

Ainsi, elles se prolongent sans façon.

 

Elles flânent dans une languide paresse,

Qui s’étire dans le jour fatigué,

Caravanes qui déclinent l’adresse,

Et se refusent à passer le gué.

 

Elles cheminent sans se voiler,

Insidieuses et si fières

En la flâne dévoilée,

De leur curieuse lumière.

 

Aux heures indivises de l’été,

Quand timide la brune se terre,

Par devers une étrange clarté,

De la nuit l’appel semble se taire.

 

Dans la lenteur de leur nitescence,

Elles vont enchéries,

Étalant leurs oranges essences,

Voiles d’empirie.

 

Quand le jour à la nuit s’adonne,

Aux heures imprécises,

L’aube au crépuscule pardonne,

Ses heures indécises.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:21

Ce jour là je te veux putain magnifique, offerte face à ce miroir en sublime catin, jambes nues, accroupie, sur ces talons hauts qui feront de tes chevilles des charnières ourlées, en ombres de tendons et de muscles raccourcis. Ce jour là tu ouvriras les cuisses comme jamais tu n’as osé le faire, pour m’offrir, sans tabou, ce sourire intime de tes lèvres humides et rasées niché au sein de ton entrejambe impudique. Par-dessus ton épaule je regarderai fasciné, dans le miroir, le reflet de tes seins débordants les bonnets de dentelle noire, provocants et tendus d’un désir outré et vulgaire, que tes prunelles salopes et brillantes me raconteront. Ce jour là, par derrière, ma main cherchera ton ventre pour le suivre en sa courbe et se glisser là où il fait chaud et mouillé, tandis que l’autre avide et furieuse empalmera la chair ferme et turgide de ta poitrine palpitante. Ce jour là tu pencheras la tête en arrière pour offrir à mes lèvres gourmandes la tension de ton cou Modigliani, espérant ma morsure et l’onctuosité nerveuse de ma langue sur sa gorge ferme. Tu seras femme et garce dans tes soupirs, fière et lascive, offerte et retenue, oubliant de respirer alors que mes doigts au plus intime de ton corps te fouilleront. Ce jour là, au creux de l’oreille, je te dirai les mots insanes, ces mots sales qui font grouiller le ventre et suinter les humeurs, qui choquent la raison mais de frissons habillent le murmure. Ce jour là le plaisir et le besoin iront à leur rencontre pour s’unir et se confondre, et mes doigts baignés de ton plaisir moite et parfumé sentiront la douce chaleur de ton urine libérée. Dans le bruit de cet abandon, de cette confusion des sécrétions et des outrances, dans ce mélange des liquides, dans ta gêne et ta provocation, je te fixerai là bas en cette image réfléchie, te plaquant contre moi afin que tu sentes la chaleur tendue de mon envie. Ce jour là nous irons au-delà du fantasme, tous deux accroupis, nous regardant sans honte, toi devant offerte sans limites, et moi derrière attendant que tu oses l’incroyable.

 

13 novembre 2006

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:13

Ta bouche cicatrice

En lèvres d’une blessure,

Pulpeuse médiatrice

De paroles si sûres.

 

Ourlet tiède carmin

D’une épure estompée,

Comme travers d’un chemin,

D’un dessein détrompé.

 

Ses baisers incarnats

De salive et de sang,

Que le temps incarna,

En instants languissants.

 

Ces morsures de la vie,

Si légères, si profondes,

En prégnance d’envies

Qui dans l’âme se fondent.

 

Ta bouche tes baisers

Cicatrice d’un visage,

Sur un ciel apaisé

Sigillé paysage.

 

Son dessin peu commun,

Cet oblique joli,

Ce tracé parchemin,

D’une labiale embolie.

 

L’étonnement par tes lèvres,

Puis ce trouble incroyable,

Ce ferment d’une fièvre,

D’une fièvre effroyable.

 

Ta bouche, en évidence,

Par ses lèvres blessées,

Muettes confidences,

S’en vient se confesser.

 

Telle un fruit défendu,

Carnation torturée,

Chair et pulpe fendues

D’une beauté ignorée.

 

Si chaude si gourmande

Avide de morsures,

De paroles gourmandes,

Qui gourmandent et rassurent.

 

Comme un biais, un travers,

De ravines ourlées,

Se traçant en dévers

En intimes bourrelets.

 

Ta bouche cicatrice

En visible blessure,

Pulpeuse délatrice

De propos et murmures.

 

Là, si belle attirante,

Comme un gouffre charnel,

Entrouverte envoûtante

En stigmate éternel.

 

Apostrophe magnifique

D’une entaille empourprée,

De saveur mellifique

Et détails diaprés.

 

Ourlet tiède grenat

A l’esquisse estompée,

Si précieux juvénat

D’un destin détrompé.

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:09

Dans l’onde de l’ombre,

Par elle habillée,

Habillée de pénombre,

En ce noir déshabillé.

 

Douce de satin et de peau,

Appuyée, contre le mur,

Du guerrier ce repos

D’un combat sans armure.

 

Belle, magnifique putain,

Gorge blanche et tendue,

Là, offerte, provocante catin

Face à moi étendue.

 

Tes yeux, en cet ailleurs,

Monde qui n’existe pas,

Délicieux intérieurs

Aux sublimes appâ(t)s.

 

De baisers et morsures

Violente tendresse,

Sous mes mains la cambrure,

La douceur de tes fesses.

 

En toi, au plus profond,

En l’humide et le mol,

Dans le trouble sans fond

D’une ivresse sans alcool.

 

La prière profane

En gisants de désir,

Nos murmures insanes

Gémissants le plaisir.

 

Tout entier de péché

De folie d’abandon,

Nullement empêchés

Refusant tout pardon.

 

Sans cesse et plus encore,

Cette folie, ce combat,

Ce combat de nos corps,

Plus encore nos ébats.

 

Animal et aimant

De passion carnassier,

Amoureux et amant,

En ton ventre associés.

 

Si belle et impudique

Ouverte sans pudeur,

Délicieuse apostolique,

Couverte d’impudeur.

 

Dans l’ombre de l’ombre,

De sombre habillée,

Satinée de pénombre,

En ce noir déshabillé.

 

Douce, de soi(e) et de peau,

Je te prends, contre ce mur,

Du guerrier le repos

Ce trépas sans armure.

 

Belle, magique putain,

Gorge blanche détendue,

Là, offerte, évidente catin,

Sur ce mur blanc étendue.

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:08

C’est un piano là, qui joue,

Comme la pluie sur les vitres,

C’est un piano la qui joue,

Qui joue, qui fait le pitre.

 

C’est une belle âme qui pleure,

Violon, celle sombre au-dedans,

C’est une belle âme qui meurt,

Violoncelle redondant.

 

Des cymbales un éclat,

Cri dans la nuit austère,

Une des cinq balles en tas,

Décrit ses bonds par terre.

 

Caresse douce du hautbois,

Dans la langueur d’un crépuscule,

D’un ciel sombre sur les hauts bois,

En sa langueur majuscule.

 

Métronome, jours qui passent,

Balancier qui s’agite,

Mettre aux normes qui lassent,

Ces cœurs qui palpitent.

 

Là-bas, à portée de main,

Comme un horizon facile,

Espoir apporté demain,

Qui s’approche et se défile.

 

C’est un air qui emporte,

Qui enivre les têtes folles,

Tête en l’air qu’importe,

Nocturnes esthètes fols.

 

Partitions et chevalets,

Tournent les pages du temps,

Ce galop d’un cheval laid,

Tout en âge le mors aux dents.

 

Claviers et touches d’ivoire,

L’araignée se promène,

Les doigts sans rien n’y voir,

Y tissent et s’y démènent.

 

Valses tangos et pavanes,

Tourbillon de la vie,

Jeunesse qui pavane,

Tourbillonne à l’envi.

 

Dans la fosse on s’accorde,

Au diapason des autres,

Les cuivres puis les cordes,

Qui s’exclament et se vautrent.

 

Le concert se déroule,

Petite musique de chambre,

D’un cancer qui s’enroule,

En sa tunique d’ambre.

 

Une table d’harmonie,

Des couacs et fausses notes,

Notables armes honnies,

Quoi que poings et quenottes.

 

Soprani d’opéra,

Octaves et contre-ut,

La magie s’opéra,

Les braves contre les putes.

 

Un frelon dans la tête,

Un soupir, qui s’exhale,

Un fredon qui s’entête,

Qui soupire léthal.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 19:28

 

 

P1010283bLà, au dedans les vagues,

Dans les vagues de l’âme,

De l’esprit terrain vague,

Malmené par les lames.

 

Souriante et si belle

Dans le flou d’une écume,

Intérieure citadelle

Immergée dans la brume.

 

Une image, un sourire,

Si lointaine et si proche,

Quand s’en vient accourir,

La marée sur les roches.

 

Dans l’ombre du soleil,

Eclipse d’un instant,

L’épure sans la pareille,

D’un monde inexistant.

 

Plus rien n’est, ni ne semble,

Sinon la silhouette,

En l’onde qui s’assemble

Mais jamais ne s’arrête.

 

Le temps ne parait plus,

Le sable s’est figé,

L’horloge n’ose plus,

Les heures lui affliger.

 

Comme un rêve, un ailleurs,

Une image, une flagrance,

L’advenue d’un meilleur

Aux tréfonds de l’errance.

 

Sur le ciel dessinée,

Nimbée par la saumure,

Interdit fasciné,

Je lâche les amures.

 

Là, au dedans le vague,

Dans le vague des lames,

Entourée par les vagues,

Silhouette d’une âme.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 19:24

Comme une ombre sans nom,

Un reflet clandestin,

Un verbe sans pronom,

Un verbe sans destin.

 

Une silhouette lasse,

D’une allure fatiguée,

En cet instant qui passe,

Au franchissement du guet.

 

Souvenirs et mensonges,

Sans cesse ressassés,

Meurtriers de nos songes

De nos rêves effacés.

 

Illusions égarées,

Abandonnées, perdues,

Quand le ciel disparait

Dans le temps suspendu.

 

Le vide et le néant,

En le corps et dans l’âme,

Dans ce cœur si béant,

D’une béance qui s’y pâme.

 

Plus de mots ni de souffle,

Du silence, le vacarme,

Le vouloir qui s’essouffle,

Puis dépose les armes.

 

La douleur dans la chair,

Le brûlis des pensées,

Intérieures jachères,

Austères insensées.

 

Dans le noir, dans la nuit,

Crépuscule volontaire,

La lumière qui s’enfuit,

Refusant l’inventaire.

 

Comme une ombre au dedans,

Comme un miroir sans tain,

Un verbe redondant,

Un verbe qui s’éteint.

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