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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 17:05

Une brume légère flotte au-dessus du canal, il fait nuit, nuit épaisse et sombre, à peine éraflée par la lueur des réverbères de part et d’autre du pont.

 

- Il nage ?

 

- Je ne crois pas…s’en a pas l’air, à voir ses mouvements désordonnés.

 

- Il se noie alors ?

 

- Ça en à l’air en tout cas, je n’imagine pas qu’il ait choisi de prendre un bain à cette heure ci ! Habillé en plus !

 

Ils sont assis sur bord cimenté du canal, côte à côte, de temps en temps le passage d’une voiture, sur le pont, vient embrouiller le silence de la nuit et les oblige à hausser la voix.

 

- ça fait longtemps qu’il se débat comme ça ?

 

- Bien cinq minutes… oui disons cinq bonnes minutes pour arrondir.

 

- Suicide ou accident ?

 

- Il a sauté…ça oui il a sauté de son plein gré ! Il marchait devant moi sur le pont, s’est arrêté pour regarder l’eau, s’appuyant sur le parapet, et d’un coup l’a enjambé.

 

Le bruit des mouvements violents et désordonnés se répercute dans la nuit, il est le seul perceptible en dehors de celui des véhicules qui passent parfois. Des clapotis, des sortes de râles, et le scintillement discret de l’eau en mouvement pour en signaler la source.

 

- Tout à trac ? Il n’a pas réfléchi avant ? Tient il a coulé !

 

- Il va remonter, il doit avoir bu la tasse ! Et puis avec ses vêtements ce ne doit pas être facile de flotter… Non il a d’abord marqué un temps d’arrêt, comme pour réfléchir, à moins qu’il n’ait eu peur dans un premier temps… c’est haut quand même ce pont ! Et puis il s’est jeté…plouf que ça a fait, dans la nuit je n’ai pas trop bien vu !

 

- Cinq minutes ! Ça veut dire qu’il s’accroche…il sait nager à mon avis pour tenir aussi longtemps…en plus l’eau est froide.

 

- Tenez le revoilà, je vous disais qu’il allait remonter…c’est toujours comme ça…ils s’accrochent quand bien même ils veulent mourir.

 

- L’instinct…c’est l’instinct, leur fichu instinct de survie. Il se débat moins là ?

 

- Normal il fatigue.

 

Des vaguelettes viennent se briser sur la berge en béton, successives, en ondes concentriques, à peine moussues. Le bruit de la lutte qui se tient au centre du canal commence à diminuer. Une forme semble apparaître dans les reflets des lueurs venues de là haut, puis se fond dans l’obscurité, comme une scène stroboscopique au ralenti... Il faut savoir ce qui se passe pour réellement le distinguer.

 

- Je crois que c’est bientôt fini, il se débat moins là !

 

- Oui, vous avez raison, il ne s’en sortira pas tout seul, le froid et la fatigue le tétanisent…il va se résoudre je pense.

 

- Bon je vais y aller je dois faire mon rapport, je vous le laisse, il ne résiste plus… il ne doit plus avoir trop conscience de ce qui se passe. C’est la fin. Ce n’est plus de mon ressort.

 

Il se lève, salue son interlocuteur d’un sourire figé en posant sa main sur son épaule, et s’en va discrètement se fondant rapidement dans l’épaisseur de la nuit. A la surface de l’eau quelques vaguelettes résiduelles courent lentement vers la berge en agrandissant leurs cercles. L’autre reste assis attendant d’être sûr que le noyé ne remontra pas.

 

- eh l’ange sans rancune ! A charge de revanche ! La prochaine âme sera pour toi qui sait! On ne peut pas toujours gagner ! Attends-moi ! Il y a une jeune fille qui vient juste d’avaler des somnifères pas loin d’ici !

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Published by Etsivousosiez - dans Nouvelle
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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 22:50

Comme un mauvais hiver qui s’étend sans répit tissant sa toile de froid dans les moindres recoins, fieffant l’âme, la chair et l’espoir, en un domaine transi duquel on ne s’échappe point. Comme une nuit froide sans lendemain, à l’obscurité profonde et sans fin, où le ciel et la terre ne font plus qu’un dans un infini sans couleur. Comme un silence interminable, rumeur sans nom qui s’impose et écrase de tout son poids inaudible. Comme une absence incommensurable dont on n’arrive à définir l’objet, qui vous étouffe de ses non dit, c’est la vie interminable qui vous pèse et se poursuit.

Comme une peur inscrite aux tréfonds d’une mémoire infidèle qui trace son chemin depuis le premier jour… comme un cri qui résonne en cascade dans l’intimité de la viande, se répète et s’amplifie sans que d’aucun n’y prête l’ouïe. C’est la vie qui déroule son fil inlassable sur un chemin raviné qui court au hasard… comme un trait torturé aux reliefs incertains, un chemin sans destin, ni même destinée, qui ne mène nulle part.

Comme une chanson à l’unique refrain ayant perdu son couplet, une comptine sans entrain qui se répète et oublie. Comme des lettres sans lien, des syllabes en hiatus, prosodie sans chemin, assonances qui toussent, la parole s’emporte mais le verbe s’émousse, et le discours se tord, puis s’égare dans un brouhaha assourdissant à l’ivresse terrible. Comme, comme un regard sans vie qui cherche une lumière et ne trouve que l’ombre, comme un enfant qui dessille les yeux et se brûle au soleil, comme la lame du froid qui vous tranche la lèvre, comme toi qui n’est point et que l’on cherche sans pause. Comme l’incertitude qui frappe à grands coups à la porte du doute pour lui faire un enfant qu’elle appellera “demain”, comme un mauvais présage qui recouvre vos jours d’un linceul qui poudroie en une cendre mauvaise, moyen âge d’une pensée qui s’impose le joug, pilori d’un autre temps, c’est la roue du passé qui résonne des coups. Comme une attente de ce qui ne viendra jamais, enfant perdu qui se met à pleurer, tout s’effondre et pourtant il nous faut durer. Comme une chamade qui court jusqu’aux lèvres et s’expulse en nausées, une toux qui s’en vient puis s’étouffe hoquetée, brûlure d’un souffle qui ne peut s’expanser. Comme la garce qui rôde depuis toujours en attente de charogne, hyène de la nuit, carnivore de l’ombre, qui s’engraisse de nos peurs et de nos jours qui passent. Comme un combat déjà perdu, sans arbitre ni règle, du plus fort au plus faible aux blessures pareilles, c’est le coup perfide et imprévu qui décide de l’issue. Comme une douleur qui grandit puis s’incruste, chronique des moments de la chair, une histoire en souffrances racontées, spasmes après spasmes, carmines cicatrices à peine refermées. Comme un pus qui raconte les mauvaises rencontres, comme une peau déjà flétrie par le vent des jours qui passent, rides marquées aux coins des sourires d’antan, vieilles grimaces sculptées au burin des saisons oubliées. Comme ce goût amer qui brûle la bouche, évanescentes fragrances d’un instant de jadis, on éructe, on salive puis on crache le souvenir usé. C’est la gueule de bois du bal des dépassés, le tournis des vieux qui regardent en arrière, se penchent tombent et vomissent leur passé. C’est la samba des faux semblant, la rumba des tronches fardées, maquillages outrés comme de mauvais décors dans une pièce ratée, carton pâte au couleurs poudre de riz, trompe l’oeil en pastel sur un stuc vieilli; c’est la farandole des oublieux, la chenille des âmes en peine qui s’égaillent pour ne pas rester sur place, de peur que l’on allume et que chacun dans la pâleur de l’autre se voit : face contre face; comme un musée de cire aux statues vieillies, couche de vernis sur couche de vernis, costumes délavés et regards de verre. Comme des billes qui renvoient seule la lumière et sans elle ne sont rien, comme des prunelles au reflet de cataracte, vies laiteuses et regards opaques, c’est la société qui bouge aux heures d’ouverture.

Comme la main qui tremble à saisir le ticket du lendemain, jour de chance ou numéro rien, mise la vie au grand loto du chagrin, tirage ce soir dans tes rêves en direct, six numéros, complémentaire : tintin ! Faites vos jeux ! Rien ne va plus ! La bille tourne et la tête suit, noir, rouge, croque mort imper et passe, corbillard des faux jetons, on ramasse ses pions et l’on se barre. Compte les cartes au sabot de la nuit qui s’achève, l’interminable poker des parties de solitude, petits matins des grandes incertitudes que l’aube dispute au crépuscule. Comme la bouche pâteuse qui a soif, comme les yeux fatigués que l’on frotte, la vie se cherche le chemin du repos afin de sauvegarder cette ivresse factice et ne pas s’encastrer dans la paroi du quotidien. Rideaux ! Noir sommeil dans l’agitation des autres, silence je rêve !!! Pair et manque, je triche au baccara des songes.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 17:44
 (Lire à partir 1min07 de musique)

 

 

 

Errer seul dans le jour,

Comme être dans la nuit,

Cécité de toujours,

Au soleil qui s’enfuit.

 

Thébaïde oubliée,

Solitude de l’âme,

D’un silence publié,

Où se taisent les pâmes.

 

Souvenirs des mots,

Des instants magnifiques,

De caresses et de maux

De regards mellifiques.

 

Une peine qui se traîne,

Tel un fardeau trop lourd,

Une chamade à la peine,

Entraînant son balourd.

 

Si proche si lointaine,

De paroles et d’attentes,

Adorable certaine,

Incompossible aimante.

 

Au vent des solitudes,

Sont les notes passées,

En la lourde lassitude

Des non-dits ressassés.

 

Un chemin sans trajet

Dans un monde nouveau,

Amoureux étrangers

Sans passage à niveau.

 

Sa peau, ses cris, ses larmes,

Son sourire, son silence,

L’étrange de son charme,

Quand son âme se balance.

 

En elle dans un ailleurs

Impossible réel,

Par le rêve meilleur,

Et pour l’éveil cruel.

 

Un soleil différent,

Aux couleurs si nouvelles,

En son monde afférent,

Déroulant sa tavelle.

 

Sur mes lèvres son souffle,

Son souffle que je respire,

Qu’elle expire et qu’elle souffle,

Qu’elle souffle et que j’inspire.

 

Et le manque s’installe,

A peine repartie,

Étirant l’intervalle

De son temps départi.

 

Astre d’un jour unique,

D’un là-bas espéré,

D’un soleil tunique,

Dans un ciel en perré.

 

Errer seul et sans elle,

Comme être dans la nuit,

Tel un oiseau sans ailes,

Sous le ciel de l’ennui.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 12:16

_DSC9787.jpegIl me souvient, l’ombre de tes paupières,

De l’éclat pourpre de tes lèvres,

De ce  reflet de la lumière,

Sur cette peau couleur de Sèvres.

 

Te souvient-il de ces regards brillants,

De ce désir intense, profond,

De nos instants doux et sémillants,

Tendres miroirs de nos tréfonds ?

 

Il me souvient, tes seins lourds et fermes,

Sous le tissu noir de ta robe,

Gorge opulente, blanche d’épiderme,

Ampleur massive de ses orbes.

 

 Te souvient-il de mes mains curieuses,

Sur ton ventre rond frémissant,

De leurs folies enfiévrées, contagieuses,

 D’un paradoxe alentissant ?

 

Il me souvient, ton souffle irrégulier,

Et tes soupirs  surprenants,

Quand mes doigts si curieux, épistoliers,

 Allaient écrire plus avant.

 

Te souvient-il, de ma bouche gourmande,

De sa langue allante et vive,

Dans l’arrogance des demandes,

Mariage avide, de lèvres et de salive ?

 

Il me souvient, tes chevilles ourlées,

Sur des talons, lacées de cuir,

De tes mollets tendus et fuselés,

Que les tensions, faisaient reluire.

 

Te souvient-il, de ton souffle haletant,

De ces baisers fous, sans pudeur,

Tièdes et humides oiseaux voletant,

Volatils, fols maraudeurs ?

 

Il me souvient, la force de ta cambrure,

Quand en ton ventre je venais,

Sublime enfer, aux magiques brûlures,

Où lent, j’allais et revenais.

 

 

Te souviens-il, de ces mots prononcés,

Impudiques, et si provocants,

Des ces morsures, voulues et annoncées,

Telles les prémices d’un volcan ?

 

Il me souvient, de tes larmes chaudes,

En tes pupilles coruscantes,

De ton plaisir la lueur badaude,

Sous tes paupières capricantes.

 

Te souvient-il, de ces si longs silences,

Tous deux, blottis l’un contre l’autre,

Unis, par cette douce inconvenance,

Compendieux, en cet instant nôtre ?

 

Je me souviens de toi, de moi, de nous,

De ces instants nôtres ensemble,

Où nos cœurs battaient, sans garde-fou,

En métronomes qui se ressemblent.

 

Te souviens-tu de ces belles amours ?

De nos chamades impudentes,

De ces caresses fortes et sans détours,

En nos paroles imprudentes ?

 

Les souvenrances se rappellent à nous,

En nos frissons, en nos rancoeurs,

S’en reviennent, et puis lentes se dénouent,

Dans les sursauts de notre cœur.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 12:14

PhotoFunia-3bf6ab.jpgSur le vieux miroir oublié,

Ce feu reflet de ton visage,

Comme une image dépliée,

Dessus ce passé paysage.

 

Traces de doigts et de poussière,

Éclat des ors estompé,

Le tain qui s’écaille derrière,

Les regards venant s’y tromper.

 

Voile des hier qui se pose,

En ces traits tiens que l’on devine,

Que cette lumière dépose,

Tout contre les ombres divines.

 

Femme, vieille femme qui se dédouble,

Souvenirs confus et présents,

Amalgame et mélange trouble,

Moire flou d’un soleil alezan.

 

L’orbe de tes seins, leur profil,

Tes lèvres colorées qui brillent,

Ce mouvement rapide de tes cils,

Sensuelle, noble jeune fille.

 

Fard à paupières, sombres pastel,

Pinceaux de sourire, Mascaras,

Sourcils que l’on épile, Rimmels,

Orles rosés ou nacarat.

 

Peau flétrie et rides profondes,

En tes prunelles la laitance,

Chevelure grise autrefois blonde,

Veinules mauves et garances.

 

Face à face, duelles épures,

Nue silhouette d’une amante,

Festons dentelles et guipures,

Formes austères et dirimantes.

 

Bas de soie, mante de ta peau,

Blanc de ton ventre et mailles noires,

En lui, se donne le tempo,

Sous l’échancrure du peignoir.

 

Sur tes jambes des veines bleues,

Tes cuisses molles et marbrées,

Assise, une main dans les cheveux,

Buste droit et lombes cambrées.

 

Si belle, d’envie et de désir,

D’espoir, sans doute ni attente,

Imperméable au déplaisir,

Jeunesse folle et envoûtante.

 

Sur la musique des jours anciens,

Des bals d’été de drôles de soir,

Gilbert Fernand, ou bien Lucien,

Valses musettes et périssoires.

 

Soleil d’automne et crépuscule,

Les souvenirs sont bien rangés,

En ces coffrets bien minuscules,

Que la mémoire vient déranger.

 

C’était demain, c’était hier,

Des jours trop longs, des jours trop courts,

Une beauté fière et si altière,

Une vieillesse, dans l’arrière-cour.

 

Il n’est plus qu’un miroir brisé,

Mille facettes, mille visages,

Vieilles blessures cicatrisées,

Traces de vie, secrets messages.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 12:11

PhotoFunia-5e5228.jpgFace au miroir seule,

En cet instant de toi,

Loin de ce monde veule,

En l’intime matois.

 

Tes formes et reflets,

Les ombres et contrastes,

Et ton ventre soufflet

Qui lui s’agite chaste.

 

Tu provoques ton âme,

Par une image outrée,

Que l’impudeur réclame,

De ce moment feutré.

 

Tes mains, tes lèvres vives,

Tendons, ourlets de chair,

Quand le désir avive,

Les dévotes jachères.

 

Ouverte cathédrale,

Aux dentelles carmines,

D’une messe amorale,

Où des ombres gaminent.

 

Bénitier de ton ventre,

Baptême de tes doigts,

Dans l’humide de l’antre,

Que l’outrance coudoie.

 

Sur ta peau blanche claire,

Des veines bleues s’écoulent,

En ce miroir qu’éclairent,

Les reflets de l’ampoule.

 

Tes yeux cherchent l’image,

Ce spectacle du corps,

Ultime de l’outrage,

Sublime désaccord.

 

Le spasme se propage,

S’élance, gagne le choeur,

Intime aréopage,

Où palpite ton cœur.

 

Tes cuisses tu déploies,

Les ouvrant plus encore,

Du plaisir l’emploi,

Tu t’offres le décor.

 

De ta Geste l’actrice

Sur la scène du tain,

Avide spectatrice

Malicieuse catin.

 

Ta matrice tu fouilles

Et explores ton ventre,

Tes prunelles se mouillent

À l’instant où tu entres.

 

Images emmêlées,

Tu gémis et soupires,

Mirage sang-mêlé,

D’intérieurs sourires.

 

Belle, putain de toi-même

Peinture de psyché,

De ce corps bohème

Aucunement empêché.

 

Coule en toi cette vie

D’une limpide moiteur,

Subreptices envies

D’une sapide lenteur.

 

Face au miroir seule

En cet instant passé,

Où le silence feule

Les soupirs dépassés.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 21:44

A l’approche de la nuit, en son flou,

Con, d’avanti a me, la nebbia,

Apposée sur l’air, le sol par-dessous,

Aspetavo che san venisse la luna.

 

J’attendais, face à ce voile sombre,

Che la sua lucce, sul lenzuolo scuro,

Estompe l’épaisseur de l’ombre,

Per commiciare a dipingere l’azzuro.

 

Dans le treillis des frondaisons de chine,

All’orrizonte, ha fatto la sua comparsa,

Nimbant l’encre des cieux en leur échine,

Come neve in cima la montagna si posa.

 

Du crépuscule au petit matin je restai,

Stupito della sua corsa attraverso il cielo,

Tandis que matinale, la brume délestait,

Una rugiata che bagnava l’erba del campo.

 

La nuit au jour échangeait son odalisque,

Lasciante il sole nuovo svelarsi,

Oblitérant dans sa lumière le ménisque,

E luna stanca addormentarsi.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 17:14

J’ai vu le temps voleur s’enfuir avec sous le bras mes sourires d’enfant. Je l’ai vu me dérober la fraîcheur de ma vie, mes amis, la jeunesse de mes parents et l’attente sans fin des lendemains. Je n‘ai pu le rattraper, le saisir et lui reprendre mes biens, il s’en est allé sans même se retourner, vigoureux et moqueur. Il m’a laissé là, seul, dépouillé, les bras ballants, les mains serrées dans le vide, me demandant pourquoi, pourquoi moi ? J’ai vu le temps cynique, aller de ville en ville, de vie en vie, chaparder des enfances, des jeunesses, saccager des instants, et rire, rire dans le vent des années courant d’air. J’ai crié seul dans l’obscurité des détresses, hurlant dans la nuit des angoisses : au voleur, au voleur ! Mais personne n’a réagi, ne s’est arrêté ! Ils allaient tous le front bas et le regard au loin, comme s’ils voulaient ne rien savoir, comme si c’était bien fait pour moi, et qu’il n’y avait rien à faire que de le laisser s’enfuir. Chacun redoutant que n’arrive son tour et ne devienne victime.

J’ai regardé le temps s’éloigner avec dans sa besace tout ce que la vie m’avait offert, ne m’en laissant que les souvenirs, les traces incertaines de leur mémoire floue, ces parfums, ces images, ces troubles qui semblaient n’avoir jamais été. Il s’est gobergé de mes amours anciennes, des mes désirs d’antan, s’est goinfré des mes frissons de jadis, jetant çà et là mes émois, mes chagrins et mes regards, épars dans la vie sans y attacher une quelconque valeur, pour ne garder que le plaisir qu’il m’avait dérobé. J’ai vu le vent des jours emporter les papiers des douceurs de mon âme dont ce larron s’était repu, me disant que ces saveurs devaient être miennes.

J’ai vu s’éloigner le temps à grands pas des jours solitaires, goguenard, sans pouvoir le suivre, perdu dans cette ville sans âmes des souvenirs, silhouettes grises des années passées, des amis disparus et des proches envieillis, des amours chiffonnées et des baisers oubliés. Aux carrefours des décisions anciennes, j’ai cherché sa trace et son enjambée, son ombre incertaine, et n’ai trouvé que des rues vides et des arbres sans feuilles, des trottoirs déserts, des portes closes, et derrière les croisées aux rideaux grisâtres, des visages ridés, qui, subreptices, à mon passage, s’effaçaient.

J’ai pris au hasard, des chemins pas très sûrs, des sentiers boueux et des routes improbables, dans l’espoir de le retrouver et lui faire rendre gorge, pour reprendre son larcin, mais je me suis épuisé à vouloir le débusquer là où il n’était, tandis qu’il savourait ma jeunesse insouciante, et gaspillait ma vie, que je n’avais su goûter, dans une frénétique ripaille. J’ai erré sur les traces du temps, demandant çà et là son adresse, qui l’avait vu passer, entendu rire, espérant que d’aucuns me diraient où il avait sa tanière, dans l’espoir de fouiller ses poubelles, et d’y trouver les restes de ce qui m’était dévolu.

J’ai perdu mon temps à la recherche du temps, j’ai perdu ma jeunesse à vouloir la retrouver, alors que sur l’instant je ne savais pas que déjà elle m’échappait, séduite par la course folle du temps et ses vaines promesses. J’ai perdu ma vie à chercher demain, alors que c’est aujourd’hui qui était, j’ai fouillé les poches d’hier et les ai retournées, mais il n’y avait que poussière, car le temps chapardeur, à mon insu, m’avait tout volé.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 17:09

Un soleil qui se couche,

Par delà les collines,

Ciel et terre qui se touchent,

Au lointain se câlinent.

 

Aux heures convalescentes
Des passions amoureuses,
Nos chamades incessantes
A jamais douloureuses.

 

Les vicinales traverses
Des chemins de l'amour,
Quand la lumière s'inverse,
A la tombée du jour.

 

Epis d'orge mélangés
En les champs emblavés,
Sous un ciel orangé,
Leurs couleurs élavées.

Mauves, gris et mordorés,
Les reliefs et leurs ombres,
Sur les bois, à l'orée,
Se déploie la pénombre.

C'est la nuit qui s'en vient,
Qui lentement s'appose,
Crépuscule qui advient,
Qui devient et se pose.

C'est l'heure des souvenirs,
Des chagrins, des frissons,
Où les notes viennent s'unir,
En un triste unisson.

Requiem de la nuit,
Pour le deuil des hiers,
Car le jour s'est enfui,
Nonobstant les prières.

Rien n'y fait, n'y fera,
Tel un fleuve en son lit,
Notre temps s'enfuira
Commettant son délit.

Espérés, attendus,
Ces instants partagés,
Dans la brune éperdus,
D'un présent viager.

C'était demain, hier,
Les attentes délicieuses,
Ces journées pleines entières,
Du réel, séditieuses.

Un été, son soleil,
Coquelicots, mirabelles,
Ses senteurs, ses abeilles,
La chaleur, les ombelles.

Mais tout s'en est allé,
Les baisers, les regards,
Disparus, envolés,
En ce temps qui égare.

Dans la nuit si profonde,
En les âmes, les collines,
Ciel et terre se confondent,
Quand le jour se termine.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 12:21

Prendre son cœur à pleine main,

L’extirper d’un geste violent,

Pour l’arracher d’un tournemain,

Et qu’enfin cesse son tourment.

 

Empêcher ses soubresauts,

Le serrer plus encore,

Jusqu’à son dernier sursaut,

En un extrême accord.

 

Le vider de son sens,

En exprimer le sang, la sève,

En la déliquescence,

L’étreindre, jusqu’à ce qu’il crève.

 

Ne plus le sentir battre, cogner,

Ni pulsation ni chamade,

En son sein frémir rencogné,

Pour ses amours nomades.

 

Faire en sorte de ne plus aimer,

Qu’il cesse, cesse de battre,

Et que cette chair taise à jamais,

Son désir de s’ébattre.

 

Le laisser se dessécher, se durcir,

Devenir silence et puis poussière,

Puis que s’en viennent s’obscurcir,

Les vaines délices meurtrières.

 

S’épargner le vide des attentes,

Martel qui frappe et résonne,

Sa lente complainte assonante,

Qui vous happe et déraisonne.

 

Vivre sans toi, par l’oubli de lui,

En cette vacuité de son battement ;

Ainsi se convaincre qu’en la nuit,

Le jour tisse muet son vêtement.

 

Prendre son cœur entre ses doigts,

Et l’y sentir palpiter,

Encore un peu, une dernière fois,

Avant de le précipiter.

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