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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 18:37

Douleur toi ma compagne

Qui me rends si vivant,

Brûlure qui m’accompagne,

Chaque jour me poursuivant.

 

Indicible sentiment

Si pluriel et vivace,

Qui jamais ne me ment

Toi l'amante de guerre lasse.

 

Ce cautère si brûlant

Qui lancine et dévore,

Ce poignard virulent

Qui traverse mon corps.

 

Quotidienne torture

Sans rendez-vous manqué,

L’invisible créature

A mon être flanquée.

 

Lentement il me ronge

Cet acide du dedans,

Ce vampire de mes songes

Qu’il déchire à pleines dents.

 

Elle cogne, frappe et lacère,

Sans répit ni fatigue,

De ses griffes de ses serres

Ourdissant son intrigue.

 

Caresse lancinante

D'une ronce aiguisée,

Incisive et brûlante

Me laissant épuisé.

 

O douleur ma maîtresse

Toi qui m’éprouve autant,

Enfer de la détresse,

Compagne de mes instants.

(11/07/2015)

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 14:20

(Lecteur de musique sous le poème)

 

Le sol par les temps-là figé,

La roche gercée de son usure,

De l’âge si durement affligé,

Le cœur balbutie sa mesure.

 

Poussières des anciennes chamades,

Fissures des chagrins de naguère,

De jadis les délices nomades,

Lascives sauvages et berbères.

 

Enceint d’une froide campagne,

Sa lave étouffée par les cendres,

Le volcan n’est plus que montagne,

Que la pluie d’hiver vient descendre.

 

En l’instant d’une aube nouvelle,

Souriante sur vos lèvres naissant,

L’horizon qu’un soleil tavelle,

Lumière en ce jour renaissant.

 

Le parfum jamais oublié,

Sempiternel premier désir,

Petit grain du grand sablier,

Qui de nos âmes s’en vient saisir.

 

Aimer comme en ce premier jour,

Unique instant qui se répète,

Chamade brève et de toujours,

D'un cœur bercé par la tempête.

 

Son rire si plein de la vie,

Son corps estompe dessinée,

Charnelles renaissent les envies,

L’esquisse d’un rêve destiné.

 

Si belles douloureuses interdites,

Amours des extrêmes contraires,

Car les messes jamais ne sont dites,

Aux âmes ci voulant s’en abstraire.

(22/06/2014)

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 14:18

(Lecteur de musique sous le texte)

 

Ma main qui lente vous dessine,

Mes yeux épousant ce contour,

Ce sang si brûlant qui lancine,

Ce tracé courbe en son détour.

 

De votre gorge l’ombre sensuelle,

Ce val étroit moite et si lisse,

En le silence conventuel,

Du temps qui lentement se glisse.

 

Sur le chemin de votre chair,

Du ventre jusqu’au sein de vos lèvres,

Votre peau énonçant l’enchère,

A la mienne envahie de fièvre.

 

Vos lombes si fermes et tendues,

Vallée en le creux de vos fesses,

De vos cuisses l’oblongue étendue,

Ecart d’un désir qu’elles confessent.

 

La source en l’aval de ce mont,

Icelle où se baignent mes doigts,

Vénus descendant de l’amont,

Colline à l’antre qui ondoie.

 

Cette fleur labiale et carmine,

Humide et tiède de votre humeur,

Pourpre digitale sans étamines,

Calice où ce pistil demeure.

 

Gourmandes, mes lèvres sur les vôtres,

Ma langue reptile entre leurs plis,

Elle s’y abime et puis s’y vautre,

En ces festons et leurs surplis

 

Au plus intime de votre corps,

De sa corolle gorgée de sève,

Je vous pénètre dans l'accord,

De cette nuit qui nous enlève.

(08/06/2014)

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 19:40

(Lecteur musique sous le texte)

 

Impalpable la caresse du vent,

Les frissons au froid de la brise,

Au loin le soleil du levant,

La nuit aux étoiles qui s’irisent.

 

Dorés, les tapis de l’automne,

Pâtures emblavées de l’été,

L’hermine d’un hiver monotone,

Un printemps semblant s’arrêter.

 

Le temps, sans cesse qui se répète,

S’efface se dessine et se crée,

Les jours à sa suite s’y apprêtent,

Au vrai il n’est point de secret.

 

Du fleuve l’avancée serpentine,

Ses ondes dans les risées du ciel,

Sa source, dans l’aube levantine,

Reflets d’un orange arc en ciel.

 

Ci, les occurrences d’un jour,

En les yeux de celui qui est,

De celui qui dans ces ajours,

Oublie là qu’il peut être inquiet.

 

Le temps qui lentement s’étire,

S’éploie s’allonge jusqu’en mai,

Poussant nos âmes à se mentir,

A s’égailler sans pouvoir mais.

 

Abrupt, l’orage qui se déchaine,

La pluie qui cingle et dégouline,

Les nues gravides brisant leurs chaînes,

L’air frais, humide, qui nous câline.

 

Nos doigts qui au froid s’engourdissent,

Un ciel si bas enfantant la nuit,

Les champs que les flocons blanchissent,

Le soir contrefaisant minuit.

 

La jeunesse qui masque ses rides,

L’amour, qui arrête le temps,

Les âges devenant plus arides,

Se vide le placard aux instants.

(07/06/2014)

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:03

(Le lecteur de musique est sous le poème)

 

Imperturbable elle se déroule

Glissante d’écume sur le sable,

Cette marée aux vagues qui roulent,

S’étalent se meurent et puis s’ensablent.

 

Semblables mais si différentes,

Ci consœurs mais fausses jumelles,

Litanie combien apparente,

D’ondes furieuses et gémelles.

 

De toutes les lunes elles sont les heures,

L’éphéméride du temps qui passe,

Cet inlassable fossoyeur,

Des jours vieillards qu'il nous efface.

 

Falaises qu’elles frappent cognent et martèlent,

Aux pieds si friables de craie,

Aspre attrition qui nous rappelle,

Que chaque jour meurt dès qu’il se crée.

 

Les chevaux en leur cavalcade,

La bave au mord de leur colère,

Cristaux blancs de sels en cascades,

Dessus ces robes gémellaires.

 

Voici la grande marée des jours,

Des heures des êtres et des choses,

Qu’elle aheurte ici sans détour

Car nul jamais ne s’y oppose.

 

De ses lames froides et assassines

Si pleine, allante et sans répit,

Elle trace dessine et redessine,

La côte les dunes et leurs épis.

 

Mer, mère amère, amertume,

La vie en les ondes divague,

Marée nostrum notre coutume,

Nos jours s’effacent vague après vague.

(03/06/2014)

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 17:49

(Le lecteur est sous le texte, lisez en musique)

 

Là, pouvoir dilater le temps,

Pour sans limites qu’il s’expanse,

Que ne soit plus que cet instant,

En ce bonheur qu’il nous dispense.

 

Qu’il repousse au loin les hier,

Puis empêche que n’arrive demain,

Que ne s’écoule plus sa rivière

Ni ne se trace son chemin.

 

Enfin pouvoir goûter les choses,

Les parfums émois et sourires,

Que rien au moment ne s’oppose,

Pour le vivre sans le voir mourir.

 

Ne savourer que l’immédiat,

Pour abolir ce qui s’en suit,

Faire taire de demain les media,

Qu’hier cesse et ne nous poursuit.

 

Le temps d’une pensée, d’un regard,

Celui d’un baiser, d’un ennui,

D’une heure qui se perd et s’égare,

D’un rêve, au-delà de la nuit.

 

De la mer du nord la marée,

Si pleine interminable et longue,

Rouge, à l’horizon amarré,

Le soleil en la baie d’Along.

 

Faire perdurer la pleine lune,

La douce émotion d’une lettre,

Une sieste niché dans les dunes,

Etre vivant, heureux de l’être.

 

Plus de péril en la demeure,

D’action de vitesse et de temps,

Que nous revienne ci la lenteur,

Laissons-nous vivre, vivre l’instant.

(28/04/2014)

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 13:15

(Essayez aussi lecture avec la musique, lecteur sous le texte)

 

Le souffle du vent, son haleine,

Qui ploie et chahute les branches,

Le ciel, brumeuse porcelaine,

En la lueur qui s’y retranche.

 

Silence, l’étrange de l’instant,

Avril qui lentement se meurt,

Son souffle là si persistant,

Par ses rafales en la demeure.

 

Les traces grasses des labours,

Les éoliennes qui tournent folles,

Les nues s’en viennent à rebours

Comme encimbrées d’une auréole.

 

La terre est meuble et retournée,

Toute de bruine recouverte,

L’autre saison semble ajournée,

Les plaines sont nues et découvertes.

 

Un bien grand froid de courants d’air,

D’humidité qui enveloppe,

Qui vous étreint et vous enserre,

De ses caresses interlopes.

 

Mouvants, tel un tapis roulant,

Les cieux défilent en leur grisaille,

Lapis obscur se déroulant,

Pour ces si mornes épousailles. 

 

Le jour hésite à devenir,

Là retenu par son aurore,

Comme refusant cet avenir,

Se traine transi en ce décors.

 

(27/04/2014)

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 17:01

(Pensez à activer la musique  dont le lecteur se trouve sous le texte)

 

Dans le ciel une lune rouge,

Volutes d’une nuée ardente,

La nuit, qui s’avance et qui bouge,

Epaisse, secrète et affidente.

 

Sur la moire son reflet ondule,

Pourpre ballet dessus les ondes,

Aux heures des âmes incrédules,

Les pensées ruminent en rondes.

 

Perdue dans un sombre tumulte,

Sous l’épaisseur des cendres chaudes,

La ville, que la poussière occulte,

Se meurt, bien plus qu’elle ne s’érode.

 

Résonne, la plainte des nénies,

Tandis que s’écoulent les plaies,

Par trois fois, chacun se dénie,

Egrenant ainsi son chapelet.

 

Les voici filant sous le vent,

Grises, tourmentées, sombres et grasses,

Ces ombres des moulins d’avant,

Nues dans le ciel qu’elles embrassent.

 

Ici donc l’heure des sacrifices,

Offrande nocturne des souffrances,

Victimes des sombres maléfices,

Agneaux des instantes flagrances.

 

Le temps lui s’enfuit plus avant,

Laissant nos hier à la traîne,

Le ciel si sombre paravent,

S’étale obscur et nous entraîne.

 

En le chaos et la pénombre,

En l’apocalypse des choses,

Les êtres deviennent des ombres,

La nuit, en le jour se dépose.

(13/04/2014)

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 14:17

(Mettre le lecteur sous le texte  en marche avant de lire)

 

Petite femme d’aujourd’hui

Si belle et mystérieuse,

Qui nous trouble et séduit,

Délicate et rieuse.

 

Une aurore sensuelle

Au printemps de sa vie,

Singulière et duelle

Tel un ciel qui revit.

 

De ce jour tu parais,

Mais d’hier tu te sembles,

Car ton âme égarée

A tes heures ne ressemble.

 

Princesse des hier

Troublante en ton reflet,

Aux autres vont tes prières,

Par elles emmitouflée.

 

Sensible et si fragile,

Perdue en ces jours d’hui,

Ton âme si peu agile,

Etouffe en ce réduit.

 

L’entrelacs des pourquoi,

Vierge vigne intérieure,

T’enserrant en ses doigts

Ostensibles et broyeurs.

 

En ta quête de raison

Mais d’amour avant tout,

Il n’est plus de saison,

Ni de doute surtout.

 

Soleil d’un nouveau monde,

Ton aube est un sourire,

La caresse d’une onde,

Ci venant accourir.

 

Pensive conventuelle,

Native de l’instant,

Si jeune et sensuelle,

Infante nonobstant.

(29/03/2014)

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:20

 

 

Je regarde vos lèvres

Aux replis si troublants,

Damasserie d’un orfèvre

Aux dessins s’assemblant.

 

Si douces et si fines,

De rose pigmentées,

Ourlées et serpentines,

Charnelles et rudentées.

 

Votre main là si près,

Si bellement déliée,

Semblant être en l’apprêt,

Voulant s’y relier.

 

Vos ongles finement peints,

Exhaussant là ce charme,

Clair pastel d’alapin,

Nacre, reflétée de parme.

 

Votre chair glabre et lisse,

Saint suaire et surplis,

Que les caresses ennoblissent,

Lorsqu’elles gorgent leurs plis.

 

Si mon regard s’y glisse,

Ma bouche les désire,

Ces acides abysses,

Si mols dans le plaisir.

 

D’un baiser cette envie,

Délicat et humide,

L’apposer à l'envi,

Sur leurs chairs si sapides.

 

Les voilà désirées,

Totalement découvertes,

Vos lèvres étirées,

Par vos doigts entrouvertes.


De la bouche à la coupe

Dans l’ivresse délicieuse,

Quand se cambre la croupe,

Provocante, dévotieuse.

 (01/03/2014)

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