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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:03

Encore  un "truc" de fond de tiroir numérique...si si j'en retrouve çà et là :-) Dès les vacances, je trie et je range.

 

 

Une poussière d’or,

Un rayon de soleil,

La courbe d’un corps,

Le matin, son éveil.

 

Une goutte de rosée

Telle une larme de lumière,

Par la brume déposé

Le chagrin d’une rivière.

 

Tes jambes nues,

Blanches tavelées,

Le ciel sous les nues,

Dans l’aube révélée.

 

Les parfums de l’aurore,

Lentement distillés,

Dans la brune qui s’endort,

Tes paupières dessillées.

 

Le flou plissé des draps

En la faible clarté,

Quand le tout s’en viendra,

Estompant l’aparté.

 

Ce déshabillé noir,

Silhouette levantine,

Siamoise du soir,

En la nuit palatine.

 

Par le vent la caresse,

Si fraîche liminale,

L’indolente mollesse,

D’une main matinale.

 

Le regard qui se traîne

Sur l’orbe et l’horizon,

Ce lointain qui l’entraîne,

Au delà la raison.

 

Les frissons, les murmures,

Sur la peau, sur l’étang,

La musique des ramures,

Dans la ride qui s’étend.

 

La chevelure du ciel

Par dessus les sous-bois,

A peine tangentiel

L’empyrée qui flamboie.

 

Balancier des chamades

La clepsydre du temps,

D’où s’écoulent nomades

Les images d’antan.

 

L’azur et l’incarnat,

De tes yeux, de tes lèvres,

En les replis grenat,

Le soleil et sa fièvre.

 

La lueur et les ombres,

Apostilles du jour,

Dans la tiède pénombre,

De ton corps le contour.

 

Balayure de la nuit,

De poussière matinale,

Dans la brume s’enfuit,

Le serpent du canal.

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 20:51

Flaque d’ombre et de gris,

Sur la ville macadam.

Flache qui stagne et luit ;

Sous vos pas madame.

 

Talons sur les trottoirs,

Échos qui rebondissent,

Se perdent dans le noir,

Impasses d’immondices.

 

Reflets de néons vitrines,

Bruits de caves et de bar,

Papiers caniveaux latrines,

Traces d’urine des lascars.

 

Coups recoins, crachats,

Girouettes de misère,

Pavés des entrechats,

Pantomime de colère.


Frissons de peau et de nuit,

Fatigue de maquillage,

Les yeux coulant d’ennui,

Rimmel dans leur sillage.

 

Langue pâteuse nicotine,

Senteurs goudron et de fumée,

Parfum d’alcool, âcre patine

Sourds acouphènes enfumés.

 

Doublure lumière d'une rue,

Façades de pénombre,

Silhouette haute d’une grue,

Vestiges et décombres.


Courtes enjambées hâtives,

Clin d’œil des réverbères,

Lueurs claires et poussives,

Éclats de rires impubères.

 

Tourne au coin de la rue,

Hanches, gaine de femme,

Staccato lascif disparu,

Retour silence de l'infâme.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 10:18

Le voici enfin retroouvé dans le fouillis digital... il doit en rester encore quelques uns  j ecrois, il faut que je fasse le tri...oui je suis bordélique, c'est ma façon de...ranger:-)

 

Ton visage par tes cheveux acourtiné,

Dans la lueur du jour naissant,

Cette lumière d’une souple matinée,

D’un soleil autre renaissant.

 

Tes yeux si clairs et si profonds

D’un regard différent,

Tel un astre pur en le fin fond

De ce ciel transparent.

 

De la nuit les ombres badaudes,

Enfin se sont endormies,

Faisant taire le murmure de l’ode,

De nos angoisses ennemies.

 

Nitescence de tes lèvres carmines

Au petit jour qui s’en vient,

Dans cette aurore qui se dessine

Sur cet ombrage pelvien.

 

Tu es là, mais ailleurs aussi,

Par la douceur de tes courbes,

Par le silence de tes soucis

En leur présence si fourbe.

 

Je n’ose un mot ni une parole,

N’ayant que mes yeux pour dire,

Le magnifique de cette corolle,

De ces pétales qui vont s’ouvrir.

 

Je te regarde et je me tais,

La lumière pâle te caresse,

Par le treillis de ces volets,

D’où s’immisce sa paresse.

 

Et le jour s’étale sur ta peau,

Peignant son grain de sa tiédeur,

Comme une vague qui étend son eau,

Sur les rivages maraudeurs.

 

Ton ventre lentement palpite,

Tel un cœur apaisé,

Par cette onde qui se précipite,

Sur tes chairs apposée.

 

J’écoute en moi ce doux violon,

Et sa plainte délicieuse,

Qui s’écoule lente tout le long,

De l’attente silencieuse.

 

Dans l’enveloppe du jour tu t’éveilles,

Cherchant au lointain ce qui est,

En cette brume moite du réveil,

Je te regarde ensommeillée.

 

L’aube se déploie sur les collines,

Y dépose sa clarté nouvelle,

Mais c’est ton corps qu’elle illumine,

Et ta beauté qu’elle renouvelle.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 18:36

J'ai retrouvé celui-ci, en le relisant je l'ai trouvé beau, c'est immodeste je sais,  et avec recul il m'apparait plus beau que je ne croyais en l'écrivant! Maintenant je me demande si je saurai  un jour retrouver cette inspiration... cet élan et fluidité? on verra bien, merci à vous...

 

 

Là bas, sur l’horizon

Si touchant si lointain,

Un soleil d’irraison,

Son aube de satin.

 

Ses reflets, ses couleurs

Qui s’irisent en moi,

Imprègnent ma pâleur,

Enrobent mon émoi.

 

Un jour, un autre nouveau,

Dans sa lumière vive,

Maillage d’écheveau

Que son éclat ravive.

 

Ses mèches blondes,

Incises dans le ciel,

Que sa clarté inonde

Etale tangentielle.

 

Bien plus qu’un mirage,

Qu’un rêve dans le jour,

Quand l’ombre des nuages

S’habille du contre-jour.

 

Oblitérant l’hier,

Les émotions anciennes,

Eponge de lumière,

Lueur magicienne.

 

Caresse de chaleur,

Frissons d’un autre temps,

D’un matin cajoleur,

D’un regard contretemps.

 

L’azur de son iris,

Laitance de sa peau,

Dans l’empyrée métisse,

Garance d’oripeau.

 

La rosée en son sein,

L’humeur de son intime,

Dans l’aube le dessin,

Le seuil de son abîme.

 

Résonnent les matines,

Cérémonie païenne,

En l’ombre des courtines,

Mon âme s’y aliène.

 

Là bas, sur l’horizon,

Si touchant si malin,

Un soleil d’irraison,

En robe de catin.

 

Ses reflets ses couleurs

Qui s’infiltrent en moi,

Imbibent de chaleur,

De sève mon émoi.

 

Un jour, un autre nouveau,

De sa lumière si ivre,

Désir d’un renouveau

Que cette aurore délivre.

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 13:32

Chose promise, chose due...voici donc une vieillerie de mon disque dur... à l'époque dont je parle, dans ce petit texte, il n'était pas facile de trouver des endroits où mettre les enfants quand les parents voulaient partir sans eux. Les miens  avaient trouvé cet orphelinat qui acceptait de prendre de nosu prendre  contre un peu d'argent, et donc j'ai passé quelques vacances avec mon frère dans cet établissement... lui  a vécu cela très bien... moi...à vous de voir.

 

Dans ce grand dortoir parsemé de petits lits, les âmes fragiles s’égaillaient dans des rêves diffus qui venaient butter sur le haut plafond, chacune courant après son papillon inventé. Décalés, les souffles disaient que les enfants dormaient et que la vie s’était mise en sourdine. Dans ce lit étroit et bien aligné je ne dormais pas, assise auprès de moi la peur me tenait compagnie. Dans ce dortoir d’orphelinat, au début des années soixante, tandis que les enfants sans parents s’assoupissaient et cherchaient au bras de Morphée leur hérédité oblitérée, moi petit garçon placé pour un temps de vacances, je me demandais quand les miens s’en reviendraient.

J’avais froid, dans la chair comme dans l’âme, mon frère n’était pas loin, dormant sans inquiétude, reposant son corps fatigué des courses du jour, n’attendant que demain pour recommencer, sans aucunement se tourmenter. Vacances ! vacance de parents pour des nuits de terreur, sourde, discrète comme pour montrer que j’étais grand. Mais dedans, dedans, comme je tremblais et comme je pensais et pensais à n’en plus dormir, n’en plus vivre puisque maintenant je suis bien incapable de savoir ce que je faisais lors de ces jours…qui encadraient les nuits !

Les nonnes, noires et blanches, pie à cornette du seigneur qui nous punissaient d’un péché originel sempiternel, comme pour nous châtier de ne pouvoir être nos mères ! Comme si la vie grouillante des enfants était une honte, un crachat à leur dévotion et ses privations obligées. Petits bâtards de Dieu témoignage d’un stupre honni ! C’était comme un infini obscur duquel ne perçait aucune lumière, un voyage à tâtons sans relief, longue nuit d’attente, recroquevillé afin de se sentir soi même ! Aux aguets, gibier d’un prédateur invisible, proie de la nuit sans défense, sans repère, oublié de tous, invisible et ne pouvant crier…hurler ! Je cherchais un réconfort, en vain, et pleurais secrètement mes larmes intérieures. Pourquoi ne pouvais je me fondre dans le quotidien des autres, entrer dans les rondes et ne plus voir l’insupportable de l’évidence ?

Dans le dortoir de la trinité, niché dans des draps froissés et glacés, j’écoutais les souffles des orphelins, je n’étais pas comme eux, n’avait pas ce costume de la chiourme infantile, et pourtant je n’avais plus de parents ! Chaque nuit n’était que l’attente de la suivante afin que le jour du départ s’en vînt au plus vite ! J’ai oublié les instants qui ont déroulés les heures de cette époque, ne retenant que l’angoisse de leurs crépuscules.

Voyage de l’aller en compagnie de mon père avec au ventre ce doute qui disait, bien avant que n’arrivât, le drame que quelque chose se tramait ! Ces paysages qui m’éloignaient petit à petit d’un horizon familier ! Cette fausse bonhomie d’un homme qui ne voulait voir l’angoisse qui s’inscrivait pour toujours en mon âme torturée. Est-ce cela que le condamné ressent à l’approche du gibet ? Est ce cela qui fait frissonner le cuir du bétail en route pour l’abattoir ?

Elles semblaient avenantes et gentilles, les sœurs, tout le temps que mon père était là. Moi je ne voulais imaginer qu’il allait repartir ...seul. Je m’efforcer de me mentir, de croire que nous n’étions venu que pour une visite ! Je me payais grassement de mots et d’illusions, repeignant l’évidence de ma candeur inquiète. Car à chaque fois il repartait, seul, tandis que nous jouions sans donner le moindre signe tangible de détresse sous le regard faussement tendre des fiancées du Très haut. Et lorsque la voiture paternelle disparaissait au bout du parc, alors la pièce changeait de décor mais aussi de livret et de dialogues ! Moi, tandis que la mère supérieure nous confiait à l’une de ses sbires moins paterne, j’entendais au-dedans le lourd bruit de cette porte invisible qui se refermait.

Dans cet immense réfectoire j’ai passé des après midi face à des assiettes qui refroidissaient tandis qu’au dehors résonnaient les cris des gamins repus et rassasiés. De longues après midi silencieuses à ne pouvoir déglutir ces bouchées longuement mastiquées, coupable d’un crime dont je n’avais pas conscience, gourmandé par des âmes nobles et martyres. Il était mal de ne pas manger ! Ma diète était péché !

Dans un orphelinat lointain, au début des années soixante, j’ai compté des secondes à rallonge, j’ai appelé sans bouger les lèvres mes parents chaque nuit, j’ai lu dans le regard des âmes dévotes des cruautés incroyables. Tout me semble n’avoir été qu’un mauvais rêve, et pourtant je sais que cet enfant qui cherchait à comprendre pourquoi, pourquoi parfois ses parents devaient l’éloigner, a cessé de grandir à jamais, et que maintenant, chaque nuit, la peur réclame sa place à son côté. Je sais pourquoi au-dedans l’enfant ne cesse de murmurer une prière sans réponse !

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 17:36

Comme suite à une panne d'inspiration et d'inventaire intropectif le blog du poète, du vieux poète, est "fermé" pour une durée non déterminée :-) Vous pouvez cependant errer en sa réserve :-) (il y a de quoi lire)

J'espère trouver, en cette période de brocante et bientôt de soldes, une muse qui me premettra de partager à nouveau avec vous  "nombreuses et nombreux" fans (4 à 6 selon les jours, peu mais de qualité évidemment).. certes j'ai encore quelques nouvelles et poèmes en réserve...mais bon, le mieux est la nouveauté je crois...

Merci encore

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 18:58

A l’instar d’un soir d’automne,

Au crépuscule adouci,

Dans l’orage qui détone,

D’un lent écho raccourci.

 

Lointaine musique étrange,

Du dehors au-dedans,

Une ribambelle mélange,

D’échos si redondants.

 

Caresse de l’air et doux effleurement,

D’une main invisible,

Traçant dans le ciel le linéament,

D’un lent demain visible.

 

Dans les ombres qui se perdent là-bas,

Silhouettes qui s’égarent au loin,

En le sombre de l'ultime combat,

La brune, du jour ferme le pourpoint.

 

Les gris se disputent aux mauves,

Sur le drap d’un horizon,

Où ne s’étalent plus les fauves,

À l’heure des oraisons.

 

En ces nuits des chagrins intimes,

Où les réverbères troublent l’espoir,

Sur l’obscur des pensées ultimes,

Se pose le voile d’un désespoir.

 

Étale pays de l’univoque,

Et des chagrins rencognés,

Que de tièdes sanglots évoquent,

Fugitifs prisonniers.

 

Dans la nuit des âmes en peine,

Gronde un tonnerre singulier,

Qui exhale son haleine,

De son souffle régulier.

 

Étroite vastitude de l’oppression,

Quand cette angoisse vous embrasse,

Sous le ciel abaissé d’une dépression

Dont les nuages vous enlacent.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 19:54

Prendre son cœur à pleine main,

L’extirper d’un geste violent,

Se l’arracher d’un tournemain,

Et qu’enfin cesse son tourment.

 

Empêcher ses soubresauts,

Le serrer plus encore,

Jusqu’à son dernier sursaut,

Le tenir loin du corps.

 

Le vider de son sens,

En exprimer le sang, la sève,

En sa déliquescence,

L’étreindre, jusqu’à ce qu’il crève.

 

Ne plus le sentir battre, cogner,

Ni pulsation ni chamade,

Frémir en son sein rencogné,

Pour ses amours nomades.

 

Faire en sorte de plus aimer,

Qu’il cesse et cesse de battre,

Et que taise cette chair à jamais,

Son désir de s’ébattre.

 

L’écraser le broyer,

Que gicle son poison,

Sans même s’apitoyer,

Qu’il rende sa raison.

 

Le laisser se dessécher, se durcir,

Devenir silence et puis poussière,

Puis que s’en viennent s’obscurcir,

Les vaines délices meurtrières.

 

S’épargner le vide des attentes,

Martel qui frappe et résonne,

Sa lente complainte assonante,

Qui vous happe et vous arraisonne.

 

Vivre sans toi, par l’oubli de lui,

En cette vacuité de son battement ;

Ainsi se convaincre qu’en la nuit,

Le jour tisse muet son vêtement.

 

Se vider à plein, s’écœurer,

Freiner, finir sa cavalcade,

Pour ainsi vidé, décœuré,

Ne jamais plus être nomade.

 

Prendre son cœur entre ses doigts,

Et l’y sentir palpiter,

Encore un peu, une dernière fois,

Avant de le précipiter.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 11:18

violoncelle-crop.JPGJe te regarde, de dos, immobile et nue, t’enlaçant toi-même, et je cherche la facture de ce violoncelle vivant, si sensuel, si délicat. Quel luthier a donc dessiné ces formes de désir, l’ampleur des courbes, l’arrondi des ombres de ta cambrure, et le mystère callipyge de ton cul ?

 

Tes reins, tendus, nerveux, en attente de l’archet, tes fesses généreuses, fermes dans le vernis de ta peau si souple, si lisse. Je te regarde et je sens monter le frisson de cette musique intérieure qui s’en vient. De ces notes obscures d’un oratorio païen.

Quelle est la vibration de ton âme ? Quelles cordes faut-il frotter pour l’entendre en moi résonner ? Je regarde ton corps sans savoir comment faire pour pouvoir en jouer…en jouir. Mes mains tremblent et mon ventre se serre, j’ai le trac d’avant le concert, et la peur du couac, mais l’envie est plus forte que l’idée de renoncer ou de faillir.

 

Approcher mes doigts, doucement, de la table, pour en sentir l’harmonie, le vernis de ta peau, et la tension de tes muscles surpris. Les promener délicatement et suivre les courbes, comme l’on caresse pour trouver l’émotion, de peur de trop appuyer et même de frôler. Suivre les bords, effleurer à peine, ressentir les filets comme pour les deviner plus que de les toucher.

Partir de cette vallée basse, sifflet de ton instrument, et remonter lentement, le pouce à la traîne, cherchant cette barre d’harmonie dissimulée sous ton épiderme. Suivre les voûtes, à pleine paume, et se laisser aller aux échancrures, se retenir de vouloir empoigner les éclisses au sortir de tes hanches, et continuer doucement de savourer le galbe sans jamais s’arrêter.

Chercher du regard les plis nés du sillon de tes muscles tendus, ouies imaginaires d’où jaillira la musique de ton plaisir, lorsque mes doigts courront sur la touche, à l’instant du renversement, lorsque par ta bouche s’en viendront les murmures, et la plainte discrète de tes gémissements.

Je te regarde et m’apprête à jouer, je te frôle et déjà je sens les cordes  frissonner sur le chevalet de ton désir. Peu à peu, sans même toucher les chevilles pour en chercher l’accord, elles vibrent, du cordier à la tête, et entament ce lamento déchirant qui nous emmène, toi et moi, ailleurs sur une portée que nous seuls sauront lire.

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 17:59

 

 

 

 

Sur son visage ce pinceau

Il va, il va et vient,

Déposant dessus la peau

Déjà ce qui advient.

 

Il oblitère l’instant,

Les caresses les baisers,

Passant et repassant

Dans un geste léger.

 

Lui, la regarde faire,

Emu, plein de stupeur,

La voyant là défaire,

Les traces d'un bonheur.

 

Couleurs du quotidien

Que ce pinceau dépose,

Traçant le méridien,

Qui termine la pause.

 

Si belle si altière,

A peine rhabillée,

Posant sur ses paupières,

Les contours oubliés.

 

Présente mais partie,

Si proche si lointaine,

La voilà départie,

Devenir incertaine.

 

Crayons et Mascarat,

Petite boite cassée,

Des lèvres l’incarnat,

Pulpeuses exhaussées.

 

Penchée vers ce miroir,

Reflétant son visage,

Elle trace sur la moire

Son ancien paysage.

 

Traits et poudre de riz,

Estompes et couleurs,

Extraits poudre d’oubli,

Déguisent sa pâleur.

 

Sublime de l’instant,

De sa Geste légère,

L’amante s’effaçant,

Devenant étrangère.

 

Elle retrace son épure,

Silhouette de femme,

L’esquisse de l’impur,

Cachée dedans son âme.

 

Entre les pleurs, l’émoi,

La voyant disparaitre,

Il hésite le choix,

Ne laissant rien paraitre.

 

Sa main danse, ballerine,

Si leste découplée,

Effaçant assassine,

Les traces accouplées.

 

Il la regarde faire,

Elle-même redevenir,

De l’instant se défaire,

De lui se désunir.

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