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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 20:16

Sens le temps qui s’écoule

De saisons en saisons,

Fin fil que l’on déroule

Entrelacs des raisons.

 

Son regard vif, si clair

Et sa peau juvénile,

Dans la nuit qu’il éclaire

En son antre sénile.

 

Miroir plissé de rides,

Image qui obsède,

Lumières éphémérides

Qui passent et se succèdent.

 

Sur le couchant de l’âme,

Ciel de larmes treillissé,

Les émotions font drame,

Lourds nuages plissés.

 

Un sourire d’enfant,

Sur des lèvres carmines

Comme les plis étouffants

De regrets sans hermine.

 

Impossible désir

Des amours interdites,

Qui s’en viennent gésir

En ces landes maudites.

 

Femme, âme d’aujourd’hui,

Aux tiens hier si proches,

Que l’aube née produit,

Lorsque son heure approche.

 

La vieillesse ennemie,

Contemptrice implacable,

De ce cœur qui frémit,

De frissons qui l’accablent.

 

Les caresses pensées,

Sur ces formes novices,

En ces heures dépensées,

Impensable spectatrice.

 

Et les mots s’entrecroisent,

S’entrechoquent plus encore,

Quand les âges se toisent,

Puis se disent encore.

 

Crépuscule des temps

Aux lueurs étranges,

Les plaisirs d’antan

Maintenant nous dérangent.

 

Vient la bruine intérieure,

Quand en soi l’arc en ciel,

Illumine de couleurs,

Les reflets essentiels.

 

Quand l’automne se grime,

Se voulant le printemps,

De mots doux et de rimes,

En un souffle hoquetant.

 

Au rendez-vous des heures,

Le jour oublie la nuit,

Quand sa flamme se meurt,

La pénombre s’ensuit.

 

Cécité des espoirs,

Quand le cœur ne voit pas,

Aveuglé dans le noir,

Il rebat sur ses pas.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 13:45

Précipitation des obscurs, sombre descente,

Lumière tamisée, lueur ténue qui se meurt,

Longue chute entre les murs, pantelante,

Marches usées, de l’escalier sous la demeure.

 

C’est un jour, c’est une nuit, confusion,

Tout se ferme, s’obscurcit, s’éloigne et se replie,

La pluie, les larmes, crachin d’une effusion,

Tout se brouille, se grise, se plisse puis s’enfuit.

 

Chuchotis, sanglots, murmures de l’attrition,

Dans le noir, au plus profond des solitudes,

Plus rien, tombe, chute sans fin d’inanition,

Gouffre intérieur, vide, implacable infinitude.

 

Enfer grimé d’un paradis qui se dérobe,

Langueur étale d’une moiteur qui engloutit;

Atmosphère qui se resserre et qui enrobe,

L’âme dévêtue au purgatoire y aboutit.

 

Ivresse trouble des parfums de l’ailleurs,

De la dame en noir qui chuchote à l’oreille,

Qui à peine vous frôle vous caresse le cœur,

Pour l'ultime étreinte, à nulle autre pareille.

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 18:15

C’est là-bas que je t’attendrai, longtemps,

Au-delà les terrains vagues oubliés,

Bien après, outre le cimetière des amants,

Là-bas, derrière la haie de peupliers.

 

Au crépuscule tombant, dans son silence,

En la froideur de l’automne naissant,

Apprêté, pour une longue nuit de patience,

Je t’attendrais, jusqu’au jour renaissant.

 

Longue sera ma nuit, tout comme le jour,

A l’instar de ces instants de l’attente,

Quand le quotidien, banal, suis son cours,

Simple chemin, sans montée ni descente.

 

Loin, loin par delà le ciel et l’horizon,

Si loin, de tout ce que d’aucuns imaginent,

Bien après les frontières de la raison,

Je t’attendrais, seul, dans la brune câline.

 

Qu’importe que tu viennes ou non,

Je sais qu’il me faudra t’attendre,

Murmurant sans fin ce prénom,

Pour de toi, jamais me déprendre.

 

C’est là-bas, que je t’attendrai, toujours,

Au-delà les terres sauvages oubliées,

Bien après, le cimetière des amours,

Là-bas, derrière ces ombres dépliées.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:03

Encore  un "truc" de fond de tiroir numérique...si si j'en retrouve çà et là :-) Dès les vacances, je trie et je range.

 

 

Une poussière d’or,

Un rayon de soleil,

La courbe d’un corps,

Le matin, son éveil.

 

Une goutte de rosée

Telle une larme de lumière,

Par la brume déposé

Le chagrin d’une rivière.

 

Tes jambes nues,

Blanches tavelées,

Le ciel sous les nues,

Dans l’aube révélée.

 

Les parfums de l’aurore,

Lentement distillés,

Dans la brune qui s’endort,

Tes paupières dessillées.

 

Le flou plissé des draps

En la faible clarté,

Quand le tout s’en viendra,

Estompant l’aparté.

 

Ce déshabillé noir,

Silhouette levantine,

Siamoise du soir,

En la nuit palatine.

 

Par le vent la caresse,

Si fraîche liminale,

L’indolente mollesse,

D’une main matinale.

 

Le regard qui se traîne

Sur l’orbe et l’horizon,

Ce lointain qui l’entraîne,

Au delà la raison.

 

Les frissons, les murmures,

Sur la peau, sur l’étang,

La musique des ramures,

Dans la ride qui s’étend.

 

La chevelure du ciel

Par dessus les sous-bois,

A peine tangentiel

L’empyrée qui flamboie.

 

Balancier des chamades

La clepsydre du temps,

D’où s’écoulent nomades

Les images d’antan.

 

L’azur et l’incarnat,

De tes yeux, de tes lèvres,

En les replis grenat,

Le soleil et sa fièvre.

 

La lueur et les ombres,

Apostilles du jour,

Dans la tiède pénombre,

De ton corps le contour.

 

Balayure de la nuit,

De poussière matinale,

Dans la brume s’enfuit,

Le serpent du canal.

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 20:51

Flaque d’ombre et de gris,

Sur la ville macadam.

Flache qui stagne et luit ;

Sous vos pas madame.

 

Talons sur les trottoirs,

Échos qui rebondissent,

Se perdent dans le noir,

Impasses d’immondices.

 

Reflets de néons vitrines,

Bruits de caves et de bar,

Papiers caniveaux latrines,

Traces d’urine des lascars.

 

Coups recoins, crachats,

Girouettes de misère,

Pavés des entrechats,

Pantomime de colère.


Frissons de peau et de nuit,

Fatigue de maquillage,

Les yeux coulant d’ennui,

Rimmel dans leur sillage.

 

Langue pâteuse nicotine,

Senteurs goudron et de fumée,

Parfum d’alcool, âcre patine

Sourds acouphènes enfumés.

 

Doublure lumière d'une rue,

Façades de pénombre,

Silhouette haute d’une grue,

Vestiges et décombres.


Courtes enjambées hâtives,

Clin d’œil des réverbères,

Lueurs claires et poussives,

Éclats de rires impubères.

 

Tourne au coin de la rue,

Hanches, gaine de femme,

Staccato lascif disparu,

Retour silence de l'infâme.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 10:18

Le voici enfin retroouvé dans le fouillis digital... il doit en rester encore quelques uns  j ecrois, il faut que je fasse le tri...oui je suis bordélique, c'est ma façon de...ranger:-)

 

Ton visage par tes cheveux acourtiné,

Dans la lueur du jour naissant,

Cette lumière d’une souple matinée,

D’un soleil autre renaissant.

 

Tes yeux si clairs et si profonds

D’un regard différent,

Tel un astre pur en le fin fond

De ce ciel transparent.

 

De la nuit les ombres badaudes,

Enfin se sont endormies,

Faisant taire le murmure de l’ode,

De nos angoisses ennemies.

 

Nitescence de tes lèvres carmines

Au petit jour qui s’en vient,

Dans cette aurore qui se dessine

Sur cet ombrage pelvien.

 

Tu es là, mais ailleurs aussi,

Par la douceur de tes courbes,

Par le silence de tes soucis

En leur présence si fourbe.

 

Je n’ose un mot ni une parole,

N’ayant que mes yeux pour dire,

Le magnifique de cette corolle,

De ces pétales qui vont s’ouvrir.

 

Je te regarde et je me tais,

La lumière pâle te caresse,

Par le treillis de ces volets,

D’où s’immisce sa paresse.

 

Et le jour s’étale sur ta peau,

Peignant son grain de sa tiédeur,

Comme une vague qui étend son eau,

Sur les rivages maraudeurs.

 

Ton ventre lentement palpite,

Tel un cœur apaisé,

Par cette onde qui se précipite,

Sur tes chairs apposée.

 

J’écoute en moi ce doux violon,

Et sa plainte délicieuse,

Qui s’écoule lente tout le long,

De l’attente silencieuse.

 

Dans l’enveloppe du jour tu t’éveilles,

Cherchant au lointain ce qui est,

En cette brume moite du réveil,

Je te regarde ensommeillée.

 

L’aube se déploie sur les collines,

Y dépose sa clarté nouvelle,

Mais c’est ton corps qu’elle illumine,

Et ta beauté qu’elle renouvelle.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 18:36

J'ai retrouvé celui-ci, en le relisant je l'ai trouvé beau, c'est immodeste je sais,  et avec recul il m'apparait plus beau que je ne croyais en l'écrivant! Maintenant je me demande si je saurai  un jour retrouver cette inspiration... cet élan et fluidité? on verra bien, merci à vous...

 

 

Là bas, sur l’horizon

Si touchant si lointain,

Un soleil d’irraison,

Son aube de satin.

 

Ses reflets, ses couleurs

Qui s’irisent en moi,

Imprègnent ma pâleur,

Enrobent mon émoi.

 

Un jour, un autre nouveau,

Dans sa lumière vive,

Maillage d’écheveau

Que son éclat ravive.

 

Ses mèches blondes,

Incises dans le ciel,

Que sa clarté inonde

Etale tangentielle.

 

Bien plus qu’un mirage,

Qu’un rêve dans le jour,

Quand l’ombre des nuages

S’habille du contre-jour.

 

Oblitérant l’hier,

Les émotions anciennes,

Eponge de lumière,

Lueur magicienne.

 

Caresse de chaleur,

Frissons d’un autre temps,

D’un matin cajoleur,

D’un regard contretemps.

 

L’azur de son iris,

Laitance de sa peau,

Dans l’empyrée métisse,

Garance d’oripeau.

 

La rosée en son sein,

L’humeur de son intime,

Dans l’aube le dessin,

Le seuil de son abîme.

 

Résonnent les matines,

Cérémonie païenne,

En l’ombre des courtines,

Mon âme s’y aliène.

 

Là bas, sur l’horizon,

Si touchant si malin,

Un soleil d’irraison,

En robe de catin.

 

Ses reflets ses couleurs

Qui s’infiltrent en moi,

Imbibent de chaleur,

De sève mon émoi.

 

Un jour, un autre nouveau,

De sa lumière si ivre,

Désir d’un renouveau

Que cette aurore délivre.

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 13:32

Chose promise, chose due...voici donc une vieillerie de mon disque dur... à l'époque dont je parle, dans ce petit texte, il n'était pas facile de trouver des endroits où mettre les enfants quand les parents voulaient partir sans eux. Les miens  avaient trouvé cet orphelinat qui acceptait de prendre de nosu prendre  contre un peu d'argent, et donc j'ai passé quelques vacances avec mon frère dans cet établissement... lui  a vécu cela très bien... moi...à vous de voir.

 

Dans ce grand dortoir parsemé de petits lits, les âmes fragiles s’égaillaient dans des rêves diffus qui venaient butter sur le haut plafond, chacune courant après son papillon inventé. Décalés, les souffles disaient que les enfants dormaient et que la vie s’était mise en sourdine. Dans ce lit étroit et bien aligné je ne dormais pas, assise auprès de moi la peur me tenait compagnie. Dans ce dortoir d’orphelinat, au début des années soixante, tandis que les enfants sans parents s’assoupissaient et cherchaient au bras de Morphée leur hérédité oblitérée, moi petit garçon placé pour un temps de vacances, je me demandais quand les miens s’en reviendraient.

J’avais froid, dans la chair comme dans l’âme, mon frère n’était pas loin, dormant sans inquiétude, reposant son corps fatigué des courses du jour, n’attendant que demain pour recommencer, sans aucunement se tourmenter. Vacances ! vacance de parents pour des nuits de terreur, sourde, discrète comme pour montrer que j’étais grand. Mais dedans, dedans, comme je tremblais et comme je pensais et pensais à n’en plus dormir, n’en plus vivre puisque maintenant je suis bien incapable de savoir ce que je faisais lors de ces jours…qui encadraient les nuits !

Les nonnes, noires et blanches, pie à cornette du seigneur qui nous punissaient d’un péché originel sempiternel, comme pour nous châtier de ne pouvoir être nos mères ! Comme si la vie grouillante des enfants était une honte, un crachat à leur dévotion et ses privations obligées. Petits bâtards de Dieu témoignage d’un stupre honni ! C’était comme un infini obscur duquel ne perçait aucune lumière, un voyage à tâtons sans relief, longue nuit d’attente, recroquevillé afin de se sentir soi même ! Aux aguets, gibier d’un prédateur invisible, proie de la nuit sans défense, sans repère, oublié de tous, invisible et ne pouvant crier…hurler ! Je cherchais un réconfort, en vain, et pleurais secrètement mes larmes intérieures. Pourquoi ne pouvais je me fondre dans le quotidien des autres, entrer dans les rondes et ne plus voir l’insupportable de l’évidence ?

Dans le dortoir de la trinité, niché dans des draps froissés et glacés, j’écoutais les souffles des orphelins, je n’étais pas comme eux, n’avait pas ce costume de la chiourme infantile, et pourtant je n’avais plus de parents ! Chaque nuit n’était que l’attente de la suivante afin que le jour du départ s’en vînt au plus vite ! J’ai oublié les instants qui ont déroulés les heures de cette époque, ne retenant que l’angoisse de leurs crépuscules.

Voyage de l’aller en compagnie de mon père avec au ventre ce doute qui disait, bien avant que n’arrivât, le drame que quelque chose se tramait ! Ces paysages qui m’éloignaient petit à petit d’un horizon familier ! Cette fausse bonhomie d’un homme qui ne voulait voir l’angoisse qui s’inscrivait pour toujours en mon âme torturée. Est-ce cela que le condamné ressent à l’approche du gibet ? Est ce cela qui fait frissonner le cuir du bétail en route pour l’abattoir ?

Elles semblaient avenantes et gentilles, les sœurs, tout le temps que mon père était là. Moi je ne voulais imaginer qu’il allait repartir ...seul. Je m’efforcer de me mentir, de croire que nous n’étions venu que pour une visite ! Je me payais grassement de mots et d’illusions, repeignant l’évidence de ma candeur inquiète. Car à chaque fois il repartait, seul, tandis que nous jouions sans donner le moindre signe tangible de détresse sous le regard faussement tendre des fiancées du Très haut. Et lorsque la voiture paternelle disparaissait au bout du parc, alors la pièce changeait de décor mais aussi de livret et de dialogues ! Moi, tandis que la mère supérieure nous confiait à l’une de ses sbires moins paterne, j’entendais au-dedans le lourd bruit de cette porte invisible qui se refermait.

Dans cet immense réfectoire j’ai passé des après midi face à des assiettes qui refroidissaient tandis qu’au dehors résonnaient les cris des gamins repus et rassasiés. De longues après midi silencieuses à ne pouvoir déglutir ces bouchées longuement mastiquées, coupable d’un crime dont je n’avais pas conscience, gourmandé par des âmes nobles et martyres. Il était mal de ne pas manger ! Ma diète était péché !

Dans un orphelinat lointain, au début des années soixante, j’ai compté des secondes à rallonge, j’ai appelé sans bouger les lèvres mes parents chaque nuit, j’ai lu dans le regard des âmes dévotes des cruautés incroyables. Tout me semble n’avoir été qu’un mauvais rêve, et pourtant je sais que cet enfant qui cherchait à comprendre pourquoi, pourquoi parfois ses parents devaient l’éloigner, a cessé de grandir à jamais, et que maintenant, chaque nuit, la peur réclame sa place à son côté. Je sais pourquoi au-dedans l’enfant ne cesse de murmurer une prière sans réponse !

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 17:36

Comme suite à une panne d'inspiration et d'inventaire intropectif le blog du poète, du vieux poète, est "fermé" pour une durée non déterminée :-) Vous pouvez cependant errer en sa réserve :-) (il y a de quoi lire)

J'espère trouver, en cette période de brocante et bientôt de soldes, une muse qui me premettra de partager à nouveau avec vous  "nombreuses et nombreux" fans (4 à 6 selon les jours, peu mais de qualité évidemment).. certes j'ai encore quelques nouvelles et poèmes en réserve...mais bon, le mieux est la nouveauté je crois...

Merci encore

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 18:58

A l’instar d’un soir d’automne,

Au crépuscule adouci,

Dans l’orage qui détone,

D’un lent écho raccourci.

 

Lointaine musique étrange,

Du dehors au-dedans,

Une ribambelle mélange,

D’échos si redondants.

 

Caresse de l’air et doux effleurement,

D’une main invisible,

Traçant dans le ciel le linéament,

D’un lent demain visible.

 

Dans les ombres qui se perdent là-bas,

Silhouettes qui s’égarent au loin,

En le sombre de l'ultime combat,

La brune, du jour ferme le pourpoint.

 

Les gris se disputent aux mauves,

Sur le drap d’un horizon,

Où ne s’étalent plus les fauves,

À l’heure des oraisons.

 

En ces nuits des chagrins intimes,

Où les réverbères troublent l’espoir,

Sur l’obscur des pensées ultimes,

Se pose le voile d’un désespoir.

 

Étale pays de l’univoque,

Et des chagrins rencognés,

Que de tièdes sanglots évoquent,

Fugitifs prisonniers.

 

Dans la nuit des âmes en peine,

Gronde un tonnerre singulier,

Qui exhale son haleine,

De son souffle régulier.

 

Étroite vastitude de l’oppression,

Quand cette angoisse vous embrasse,

Sous le ciel abaissé d’une dépression

Dont les nuages vous enlacent.

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