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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 13:26

J'ai retrouvé celui-là :-)

 

Je sens venir le crépuscule, cet instant si confus,

Quand le jour s’attenue, s’estompe puis bascule,

Et que la nuit laisse choir son rideau diffus,

Nous laisse accroire que tout se fige, puis se recule.

 

La confusion des jours anciens à l’aujourd’hui,

Quand les rêves flous se superposent à l’éveil,

Que le silence s’appose et dérobe les bruits,

En l’étrange mélange où tout nous semble pareil.

 

L’on se retourne alors cherchant une issue,

Cet endroit d’où nous sommes partis, partis un jour,

Rien devant, rien derrière, ensembles confondus,

Espoirs et regrets emmêlant leurs décours.

 

Un pas en avant, l’hésitation du recul,

Puis un pas en arrière, comme pour se rassurer,

La chamade qui cogne et nous semble ridicule,

Dans l’étreinte étouffante de cette obscurité.

 

Je sens venir les jours aveugles et obscurs
Où étales les ombres ne dérangent plus personne,

Ces sombres heures si vides, si longues et sans allure,

Où seule, l’indifférence des autres résonne.

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 20:57

Postillons de la nuit, et des sombres colères,

Résonnent au-dedans les cris de la peur.

Au-delà des angoisses, terrées en leurs tanières,

Sont les mauvais rêves, ceux, si pleins de terreur.

 

Dans la saccade des insultes à la vie,

La rosée ne fera pas les gouttes de salive.

Les mots morsures jailliront à l’envi,

À l’instar d’un orage, qui gronde l’invective.

 

Dans tes yeux, en l’instant les ténèbres,

Ces abysses emplis d’une obscure lumière.

Messe noire,violente, que ton âme célèbre,

Par le sacrifice, de l’insupportable contraire.

 

Le crachin des questions lentement se dépose,

En la moiteur des incertitudes qui menacent.

Bien après le tonnerre des mots qui indisposent,

Tombe l’opaque brouillard, si dense et si tenace.

 

L’horizon n’est jamais qu’un lointain miroir,

Où se cherchent en vain nos lendemains,

Ces autres jours, teints au pigments de l’espoir,

Que le crépuscule repousse au petit matin.

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Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 20:52

Regards du ciel, qui en est le centre ?

De qui procède qui, pour l’existence ?

Faire de soi le seul occupant de l’antre ?

Ou ne vivre qu’en la honte et sa pénitence ?

 

De l’histoire qui appose l’incipit ?

Le verbe qui se conjugue au présent ?

Ou les versets qui proclament l’explicit ?

Qui, qui écrit l’histoire du temps ?

 

Dans la course des astres pour leur zénith,

La folie qui emporte les âmes affamées,

Rare est l’instant où le choix du désir hésite,

Empêchant en cela la raison de se déterminer.

 

Du chemin céleste, il n’est que le Nadir,

L’endroit secret où le soleil se meurt,

Intime obscurité où nous y enlaidir,

Pour ainsi nous faire face sans avoir peur.

 

Il n’est de raison sans les éternelles questions,

De dieu sans le doute et le refus des paroles,

L’homme n’est que quand il se fait opposition,

Acceptant de se contredire dans son propre rôle.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 19:23

La Pâques chrétienne et l'ascension sont l'acmée de l'acte d'amour, la rédemption de tous par le sacrifice de Dieu fait homme...c'est le début et la fin en quelque sorte...

Mais ne pourrait-on pas voir l amort du christ comme un autre message que celui d'une rédemption... Dieu signifiant aux hommes, ou alors les hommes se signifiant à eux-mêmes...que pour atteindre à l'humanité il faut se priver de sa chair, de la composante charnelle de l'être... de son "humanitude"...  (déjà abordé par les Grecs avec notion de raison) non pas l'âme accédant au royaume des cieux, dans l'idée d'une vie terrestre de souffrance afin d'accéder au paradis après la mort de la chair et du corps (vision doloriste), mais se départir de cet aspect de l'être, sorte d'élévation, pour échapper à cette perpétuelle demande de la chair, sa pollution de l'existence...cet existentialisme...

Devenir humain par son humanité...et non mourir pour atteindre un autre royaume...le royaume étant en l'être!

Un peu la version Tantrique du plaisir et autres dérivés spirituels:-)

 

Allez j'arrête mon délire, promis je retourne à l apoésie dès que je trouve muse et inspiration :-)

Petit coup de chaleur certainement

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 18:50

Il est des actes, en religion comme en amour, qui plus que blasphématoires sont blasphèmes, invalidant tout ce qui aurait pu être dit ou fait précédemment dans la sublimation des instants et des choses.. c'est par l'ignorance du symbole et de sa force unificatrice, existentielle, de ce qu'il nous rend si bellement humain et sensible de l'être, dans sa toute beauté, que se commet l'irréparable sacrilège... rendant les mots et les actes...vains.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 09:33

Un aréopage,une foule, des gens çà et là,

Grouillant désordre et troublant amalgame,

Des vieux, des jeunes, d’ici et de là-bas,

Entassement du nombre, hommes et femmes.

 

Ca bouge, ça vit, ça hurle, ça mord,

Dans l’agitation et les bousculades,

Des souvenirs, espoirs et remords,

D’inquiètes et d’étranges peuplades.

 

Rencognés, en une pesante promiscuité,

A fleur de colère et de confusion,

Oublieux des hier, pour la présente acuité,

Pleine d’immédiat, ivres d’effusion.

 

Violence des coups, des mots acerbes,

Ils s’accumulent dans les grandes villes,

Se toisent d’envies qu’ils exacerbent,

Errant en ce vide de leurs âmes serviles.

 

Une guerre molle, aux combats flaccides,

Sans excès, à distance d’indifférence,

Où chaque envie entraîne l’homicide,

Par le silence complice de l’intendance.

 

Sur la palette des peaux qui s’étalent,

Des climats, des lieux et des endroits,

Au soleil des amonts, et l’ombre des avals,

Des gens s’entretuent au nom du droit.

 

Ce droit d’être et de vivre, et celui d’avoir,

De posséder toujours plus, encore et encore,

Pour se sentir vivant, dessus dans l’entonnoir,

Dans l’espoir d’oublier, l’advenue de la mort.

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 18:39

Il fait chaud, l’air écrase de sa touffeur, les gestes sont pesants et difficiles, un goût de ne rien faire s’installe, chacun est en quête d’un simple courant d’air, d’un reste de fraîcheur. Jean regarde dehors la cité qui cuit sous le soleil de juillet, au loin la brume de chaleur masque la ville qui se dessine en estompe sur un azur surchauffé. Sa peau brille de la sueur qui profuse dégouline, il étouffe en lui et hors lui, ne sachant que faire dans cet appartement moite et bouillant. L’été s’imprime en relief dans cette brûlante caresse d’un soleil au zénith, nul n’ose sortir, la vie semble s’être arrêtée, on attend la nuit. Chaque geste est une dette, une quittance à payer de suite et les organismes débilités se traînent, le ventilateur brasse cet air torride qui semble palpable, rien n’a de saveur et l’eau alourdit les estomacs. L’attente perdure et s’installe, au-dedans fermentent les rancoeurs, se nourrissent les violences que la pénibilité de l’activité ne peut apaiser. Machinal il sort afin de trouver un peu de frais dans les escaliers. Tout est calme, comme si chacun dormait ou était mort, c’est un silence inaccoutumé, incongru, comme avant, lors des étés de l’enfance où il faisait bon et que les jours semblaient interminables et riches. Il descend les escaliers sans savoir vraiment où il va, son esprit est vide, alourdit par la matité de l’atmosphère, il descend simplement, et palier après palier se demande pourquoi ! Un bruit de porte le ramène à la réalité et devant lui apparaît madame Elhmadi ; comme elle a vieilli, les tatouages de son visage sont toujours là aussi mystérieux, entre rides et secret sur cette peau usée, fatiguée, sèche et tavelée. Elle est toujours là, seule rescapée de sa famille, les enfants sont partis, s’échappant de ce ghetto par l’échelle sociale qu’ils se sont construit, son mari est mort trop vite et elle n’est pas retournée au bled. Son bled c’est ici, c’est sa liberté qu’elle vit avec les traditions de là bas et son cancer qu’elle soigne chaque jour dans la modestie et la discrétion. Elle semble si petite, si frêle, si morte, descendant à petits pas fatigués les marches sales de ces escaliers sombres et souillés. Jean la suit, la regarde, elle lui a souri, un sourire d’avant qui dit tout, qui rappelle les histoires, le temps et les saisons passées ensemble dans l’austérité du béton. Elle le fascine, jamais il n’a entendu le son de sa voix, jamais elle n’a su parler le Français, elle est comme un dinosaure sortit d’on ne sait où, un vestige de ce temps révolu. Elle compasse ses gestes s’arrêtant après chaque groupe de marches, victime de son âge, de sa maladie, et de la chaleur terrifiante qui lèche les murs et les corps. Il la regarde entre les barreaux de la rampe, comme une bête, un animal, où va-t-elle ainsi ? Jean se penche et voit cette main tremblante et parcheminée qui glisse sur la bande de plastique et s’arrête pour repartir ensuite. Une sensation étrange s’empare de lui, c’est comme un signal, un appel, une clé qui se met à briller. La main continue son chemin et arrivée au rez de chaussée emprunte la rampe du sous sol. Que va-t-elle faire là, personne n’y va plus ! C’est le domaine des odieux, des barbares, c’est l’antre sale et puant des trafics, nul n’y va hormis le concierge pour sortir et entrer les poubelles lorsque dorment les tyrans, le matin de bonne heure. Les caves, elles furent le témoin de ses jeux, de ces amours naissantes et puériles, ces cavernes où chacun mettait ses rebuts et ses secrets, garages à vélomoteurs et refuges les jours de pluie. Mais maintenant elles sont le territoire des interdits, le siège des cérémonies païennes, là où les corps se prennent se vautrent, se vendent et se souillent. Elles sont les prémices de l’enfer, le no man’s land de ces guerres urbaines silencieuses qui se cachent et déchiquettent.

 

Elle se fond dans la pénombre et sa main disparaît. Jean se met à dévaler les escaliers, la chaleur l’écrase, sa tête chavire, son ventre se serre, un appel irrésistible et le voilà dans le sous sol, essoufflé, trempé, cherchant à droite puis à gauche dans cette sombreur tiède aux fragrances ammoniaquées. La frêle silhouette est appuyée sur un mur cherchant dans sa poche quelque chose. Jean la regarde, son cœur cogne un effort pénible, elle lui sourit en sortant son trousseau de clés. Il avance comme un automate, elle le regarde comme si elle venait de comprendre ce que lui ne sait pas encore, son sourire reste pourtant. La sueur lui brûle les yeux, la chaleur le mouille, il dégouline et respire par saccades tout en s’approchant. Elle s’appuie plus sur le mur avec cette douceur sur les lèvres et dans les yeux, sa main frêle tenant les clés. Son regard s’habitue à la pénombre, il voit ces tatouages enfin, cette peau séchée aux taches brunâtres, les os qui saillent dessous, son foulard sur la tête bien que l’air torride semble coller à l’épiderme. Tout s’en vient, s’en revient et lentement ses mains montent, ses yeux fixent les siens, c’est comme une communion, une extase insensée, ils sont ensemble comme autrefois, sans parler, ils vont ensemble ôter le voile, dépouiller le monstre de son habit de lumière, ils vont sortir les âmes pour les exhiber au soleil. Les bouts de ses doigts frôlent la peau sèche du cou, un cou si menu, si mort déjà. Doucement d’une tendresse érotique et complice ils enserrent la gorge, passant sous l’étoffe comme pour étreindre. C’est chaud, elle le regarde avec ce sourire figé et doux, en lui un frisson indicible et terrible court, lentement les muscles se bandent et les mains se referment. Son corps de vielle réagit et se tend mais accepte l’étau. Il ne sait plus, il écrit la suite d’une histoire, il ne sait plus mais il doit…il doit aller au bout, au bout de cette aventure irrémédiable, l’écrire pour qu’enfin ils comprennent que cette route n’est pas la bonne. Elle cherche par des spasmes chétifs à reprendre ce souffle coupé, cet air qui ne passe plus, ses mains saisissent les poignets de Jean, il manque de tout lâcher mais comprend qu’elle l’aide qu’elle le maintient afin qu’il ne lâche pas, plus, qu’il aille au bout. Sa bouche se tord, son corps se rebelle malgré tout, les muscles se tendent, sursautent, l’étreinte s’amplifie, Jean pleure et pantelle, il n’est plus qu’une force bestiale qui écrase un larynx fragile, ses tempes battent la folie, l’air est irrespirable. D’un geste vif de la tête il évacue la transpiration qui ruisselle de son front. Elle vacille et ne tient plus, ses jambes se dérobent, sa poitrine va et vient mais l’air ne passe plus, elle glisse doucement le long du mur, Jean l’accompagne ses yeux dans les siens soutenu par cet étrange sourire qui l’encourage. Elle s’effondre sur ses genoux et se recroqueville, elle est toute petite, sa main tient encore le trousseau. Jean l’enjambe et accentue sa prise il sent les vertèbres qui saillent sous la nuque, la glotte qui se convulse. Le voile a glissé, les cheveux noirs et gris clairsemés se détachent, ses paupières clignent de plus en plus et la chair se relâche peu à peu. Périodiquement la cage thoracique se gonfle, des hoquets partent dans la gorge, la viande tressaille puis plus rien ensuite jusqu’au prochain réflexe de survie. Les deux corps se battent alors que les esprits sont d’accord et insensiblement la mort s’en vient. La main d’un coup s’ouvre et le trousseau tombe sur le sol, elle a fermé les yeux et sa chair ne refuse plus l’étreinte et son verdict. Jean desserre lentement les mains, la tête tombe sur le côté…elle ne sourit plus ! Un filet de bave coule sur le tatouage du menton.

 

Il se relève, la cave semble maintenant éclairée, le silence est maître, l’air torpide lui tourne la tête, un petit être cassé et replié gît à ses pieds comme une poupée de tissu. Il vient de tourner la clé et d’entrouvrir la boite sans vraiment l’avoir voulu sur l’instant. Il ne sait pas, ne sait plus, ne comprend pas ni ne réalise, il a fait ce qu’il devait faire. Il s’éloigne sans réagir, se retourne puis remonte chez lui. Il fait chaud, à la télé on annonce quarante degrés pour demain…

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 21:31

DSCF0123.JPGCeci est tiré de la réalité, chaque année on amiSandrone crée cet instant de vie...   (PS essayez sur goggle earth avec les noms vous verrez les lieux et suivrez l e parcours))

 

Le Solstice s’en allait vers l’équinoxe, le ciel en avait la couleur et les nuages épaississaient l’azur, lui n’avait rien d’autre à faire que d’attendre que passe le temps et vienne la nuit. Son esprit flânait au gré de pensées furtives, sur ces choses que la vie a laissées passer sans grande émotion et qui reviennent tout à trac dans un parfum de regret, une senteur de mélancolie; morceaux de vie mal digérés qui reviennent en émois hoquetés. Au dehors les gens allaient, derrière la vitre du café ils n’étaient que des ombres dans le crépuscule qui peu à peu revêtait la ville.

 

“ Qu’est ce qu’un être humain sur cette terre si riche de vie ?”

 

Cette question vint déchirer le voile qui l’isolait à l’intérieur de sa rêverie. C’est vrai pensa-t-il, sans d’ailleurs savoir si s’était lui ou un autre qui venait de poser cette question : Qu’est-ce qu’un être humain ? Quelles différences entre nous et tous les autres cousins de la planète, de l’algue microscopique à l’éléphant en passant par le coquelicot et le tatou. Comment répondre à une telle question, alors que tant de personnes bien plus savantes ou réfléchies n’ont pu ou voulu le faire? A qui répondre d’ailleurs ? A soi ou à cette... cette pensée qui s’impose, étrangère mais prégnante, comme une présence de lui seul ressentie. Il leva la tête et son regard fit le tour du café comme pour chercher quelqu’un. Il accepta l’idée d’une pensée extérieure à lui, supra humaine, voire extraterrestre qui l’aurait choisi afin de se renseigner sur cette planète terre troisième à droite dans le système solaire.

La mission le flatta tout en l’inquiétant car il lui fallait maintenant penser tout bas, en douce, sans en avoir l’air, contrefaire le client tout en étant en contact secret avec l’autre : le curieux intersidéral.

Définir l’Homme, l’humanité de ce mammifère appelé Homo Sapiens Sapiens, fils de Cro magnon et créature de Dieu pour certains. Expliquer ce subtil mélange de matière et d’esprit, de bien et de mal, le beau et l’horreur dont il est capable. Quels mots choisir pour raconter le temps et l’être humain qui s’y est inscrit ?

La tâche semblait simple et complexe à la fois, il pouvait raconter l’histoire de ce bipède, époque après époque, se faire l’encyclopédiste de la question et dérouler le temps à l’aune des découvertes et des grands noms associés. Parler de l’Egypte, de Babylone, de la Grèce et des philosophes, des mythes, des religions, de l’écriture, des guerres, des sciences, des arts des techniques, citer chacun des points de ce mouvement infini dont l’intégrale se nomme l’Histoire. Erectus, Ergaster, Robustus, Habilis, Sapiens, Platon, Socrate, Aristote, Euclide, Sumer, Rome, Babylone, Athènes, les Perses, Atilla, Confusius, Pasteur, Galilée, Copernic, Einstein, Bohr, Descartes, Archimède, Pascal,Thomas d’Acquin, Newton, Linné, Mendel, Moïse, Arago, Darwin, Fleming, Colomb, Gutemberg, Jésus, Mahomet, Boudah, Al-Kharezmi, Gandhi, Freud, Lavoisier, Hippocrate, Lenine, Hiroshima, Marx, Leonard de Vinci, Hooke, Watt, Edison, Ptolémée, Oparine, Luther, Rouseau, Washington, Mandeléïev, Calvin, Hitler, Géronimo, Napoleon, La Calas, César, Toricelli, Volta, Curie, Dante, Hugo, Molière, Marco Polo, Shakespeare, Michel Ange, Saladin, Bach,Watt, Mozart, Jimmy Hendrix, Caruso, Verdi, les Beatles, Auschwitz, Wegener, Apollo... L’amour, la haine, la mort, la peur, le rire, la pensée, l’avenir, hier, pourquoi, l’espoir, l’envie, la violence, le désir, la guerre, la duperie, la domination, le regret, le savoir, la curiosité, l’insatisfaction, le doute, l’angoisse, la conscience, l’amitié, la solitude, la joie, jouer, pleurer, rêver, écrire, peindre, chanter, créer, penser, se souvenir et oublier.

Tous ces mots pouvaient servir à construire une réponse somme toute satisfaisante mais encore fallait-il les ordonner, les relier dans des phrases élégantes, équilibrées, s’appelant les unes et les autres, se répondant, s’annonçant, démêler le galimatias pour en faire un texte chronologique et argumenté. Il aurait pu avec du temps, des recherches, de la volonté, construire ce texte, ce texte qui aurait à peine effleuré l’essence de la nature de l’Homme.

Mais avait-il envie de faire ce travail ? Ce curieux d’outre atmosphère ne pouvait-il pas aller voir plus docte que lui, courir les bibliothèques et autres médiathèques, inspecter les âmes et les universités où tout serait bien mieux dit ? Trop dur pour lui ! Pas capable d’être le plénipotentiaire de l’Humanité, le missi dominici des Hommes, pas aujourd’hui en tous cas !

Il continuait de regarder vaguement la nuit qui habillait les reliefs de la ville, tout en se demandant pourquoi il avait accepté de commencer à penser à cette idée imbécile. Il lui semblait réellement qu’une présence confuse attendait de lui une réponse et cela l’agaçait; d’abord parce que c’était ridicule mais aussi parce qu’il se savait incapable de réduire la réponse à une explication simple, de mettre en mots l’incroyable réalité de la vie. Il sentit qu’une migraine perverse et puissance prenait doucement naissance dans les tréfonds de son crâne ce qui augurait une fin de journée apocalyptique.

 

Un être humain ça se dit pas , ça se vit !!!

 

Voilà c’est la réponse ! Tu remontes dans ton engin, à la vitesse de la lumière tu repars d’où tu viens et arrivé chez toi tu annonces à tes semblables, deux points je cite : “l’humanité ça se vit !! ”

 

- Ciao, bonne route, garçon un autre café !!! S’entendit-il dire.

 

Il avait cru mettre fin à ce conflit intérieur par cette réponse subtile et humoristique mais le doute ne pouvait se satisfaire de cela. Et l’antienne de revenir : qu’est qu’un Homme ?

L’idée vint sans qu’il en soit vraiment conscient, comme un souvenir qui se rappelle à l’improviste au bon moment, une chose typiquement humaine. Acte manqué de l’esprit qui se cherche.

 

- Bon j’ai la réponse, ensuite vous partez sans plus aucune question ! Pour savoir ce qu’est un être humain je vous ai en partie répondu : çà se vit. Maintenant je vais vous donner le moyen de le faire. Ecoutez, prenez des notes ou autre chose, je ne sais pas comment vous faites chez vous. Attention je n’explique rien, je raconte, je renseigne, j’indique, c’est tout!

 

Ses lèvres bougeaient sans qu’un son vraiment audible n’en émane, elles ne faisaient qu’accompagner son soliloque.

 

Attendez fin juillet, cette époque où l’été se rengorge de lui même et exprime sa plénitude, et descendez plein sud jusqu’à ce que vous rencontriez des reliefs majestueux et enneigés: nous appelons cela les Alpes, c’est sur nos cartes en bas à gauche. Là filez plein Est, face au soleil, suivez les déchirements et replis de ces roches torturées par les affrontements ancestraux des filles de la Pangée; si vous faites attention à un moment vous sentirez que les tons sont plus chantant, ne vous inquiétez pas vous serez en Italie et nos cousins portent haut cette voix qui n’appartient qu’à nous : les Hommes. La montagne, on appelle ça comme ça ces excroissances de la croûte terrestre, sera le même mais les accents changerons au fil du chemin, Suisse, Allemagne, Autriche, selon que vous irez plus ou moins droit. A un moment sur votre droite au loin vous apercevrez la mer, mare Nostrum Adriatica, mère de Venise la grande d’autrefois, ralentissez alors car vous serez proche. Le relief maintenant sera moins abrupt, moins martial, plus doux, comme plus... plus vivant. Parmi tous ces sommets il en sera un plus vert, plus arrondi, plus autre. Il est le premier, l’avant garde du massif et de sa puissance infinie, en rupture de la plaine qui s’y niche, repoussant à peine l’océan. Là il vous faudra ralentir, c’est Pala Altéi, les gens là bas le nomme “Sarodénis”. Sur la deuxième bosse, la plus petite vous verrez une croix qui domine la plaine et affirme la certitude et les doutes des gens qui y sont allés, qui rappelle au marcheur qu’il n’est pas seul après de longues heures de marche qui souvent vous ont laissé penser le contraire. Descendez.! Suivez alors l’étroit chemin incertain, au fil d’Ariane blanc et rouge qui vous mènera à cette gorge aride, empierrée, silencieuse et inquiétante: c’est Forrador, impérieux monument de la nature, d’où s’offre toute la plaine jusqu’à la mer, là bas derrière le rideau de brume qui monte peu à peu brouillant l’horizon. Continuez la descente jusqu’à la casera Rupeit, petite cahute de pierre, souvenir des pastorales d’antan, morte maintenant parce que peut-être trop proche, trop facile à atteindre donc bafouée par l’irrespect de mes semblables oublieux de cette histoire montagnarde pourtant si proche. Un large coup d’oeil sur la vallée et les massifs au loin, autres reliefs, autres pays, et la route à ‘l’à-pic qui serpente sur les flancs, accrochée, taillée. Les signes sont évidents : bandes rouges et blanches sur la roche et les troncs, descendez encore à flanc de montagne, comme un chevreuil local, “capriolo”, pour peu à peu entrer dans les bosquets.. Vous irez parmi les hautes herbes et le vrombissement agaçant des insectes versicolores et ostentatoires. et retrouverez la route de pierres et de cailloux qui sinue doucement sous chaleur de l’été et du sud. D’un pas retenu entraîné par la pente, après quelques lacets s’appuyant sur le vide vous tomberez sur l’observatoire qui resplendit sa brillance d’inox aux rayons du soleil qui tape tout le jour. Encore un peu et la maison des pasteurs, au terrain jonché de crottes des ovins qui font revivre le passé de ces basses altitudes, transhumance moderne en souvenir. Le goudron et la fête de la montagne, ses baraques qui résonnent chaque année des bruits de la tradition qui s’accroche dans les coeurs et les mémoires, pour que perdure la petite histoire des hommes, de ceux là qui se sont accrochés ici un jour de préhistoire. Les courbes serrées, la voie étroite qui sinue, les villages et les routes qui se perdent au loin et racontent le pays comme une carte en relief. Voilà le “Monte Spia” et son motel qui annonce le retour au monde civilisé, quelques virages plus ou moins serrés et vous déboucherez sur Grizzo. A la fourche en bas prenez à droite c’est plus joli, plus calme. Marchez au gré des abords, fermes ancestrales remises au goût du jour et maisons modernes. La route est étroite, petit je me souviens qu’elle était blanche, poussière et cailloux, sente tracée par les pas de ceux qui voulaient voir ailleurs ce qu’était le monde. Au S du chemin vous atteignez “Alzetta”, rien ne vous le dit c’est la mémoire des gens d’ici sans plus, on le revendique, sorti du village çà ne veut plus rien dire, mais pour ceux d’ici c’est important. Marchez, marchez au fil de ce tracé qui longe le canal de ciment, où seul un filet d’eau pure court encore sur la mousse et les herbes sauvages qui reprennent possession de leur fief. Il vient de loin ce canal, d’au travers la montagne, son eau est celle du ciel qui a dévalé là bas les parois blanches de Claut et Cimolais, villages d’hommes durs comme les hivers d’antan, “montanaro”, puis battu les roches des vallées profondes jusqu’à Barcis et son lac si artificiellement naturel. Elle a des choses à dire cette eau, un passé à raconter, l’intelligente folie des humains qui a percé jadis les flancs des massifs pour qu’elle livre sa force aux immenses turbines de fonte et de cuivre. La centrale lovée dans la colline n’est plus que le souvenir de ce miracle électrique, passez devant et jetez un oeil sur sa façade blanche et ces grandes vitres derrière lesquelles dorment les génératrices, pièces de musée. Vous voilà maintenant au croisement, au gauche Malnisio et sa place où fier de l’orgueil de ces gens s’impose un campanile massif, haut, hiératique, comme taillé dans la montagne, sculpté à même la pierre. Tout droit encore et c’est le pont, prenez à droite et montez vers la petite place et sa fontaine d’où coule une eau limpide qui vient d’on ne sait où : Cao Malnis!!! Quartier qui sonne dans l’esprit qui s’affirme dans sa prononciation : “ Cao Malnis”. Ceux d’ici bien que de Malnisio revendiquent cette appartenance territoriale: Cao malnis!!! Les ruelles, les fermes étroites et intriquées et leurs escaliers externes donnant sur des balcons de bois, entrelacs de familles qui se partagent au fil du temps les courées, les étages; vivant indéfiniment ensemble, comme des albums de photos en chair aux interminables palabres qui courent dans l’air du matin au soir. Petit j’y venais avec ma grand mère , “la nonna”, au lieu de la fontaine il y avait un lavoir en pierre où les femmes battaient et battaient le linge, le purifiant à l’eau du ciel par les montagnes transportée. C’était pour moi l’enfant en couleur comme un retour vers un passé en noir et blanc.

C’est là qu’il faudra être Ce soir, là au bout de la rue étroite après la petite place, ce soir de fin juillet, où la nuit s’en vient plus tôt parce que le soleil a passé derrière la montagne. La chaleur déjà sera moindre, l’air frais glissant de la colline et enveloppant les jardins accrochés aux flancs. Peu à peu vous verrez les gens sortir de chez eux, ceux de Cao Malnis, et tous se diriger au fond de cette placette, Contrada piave, à l’opposé de via Concordia, de part et d’autre de la vierge insérée dans le mur du fond, face au marcheur, oblation ou rappel votif de la crainte des Hommes d’antan et d’aujourd’hui peut être. Suivez les, grimpez cette entrée rupestre qui mène à la vieille bâtisse de pierres, c’est là que vous apprendrez à devenir un Homme, un être humain. Vous passerez par l’appentis, baissez la tête au risque de vous écorcher le crâne, au sortir devant vous le jardin, la colline plutôt, au pied de la maison, raide, brute; abrupte et sauvage; on dirait qu’elle pousse le mur qui la retient comme les gens d’ici ont résisté dès le début, au temps où l’Homme devenait lui-même dans sa course de l’évolution. En levant les yeux un étroit chemin fleuri qui serpente et mène à un replat creusé dans la pente par le maître du lieu vous apparaîtra. Des mats y sont plantés soutenant un toit de tôles qui protège une longue table d’hôtes, frustre, simple mais si accueillante. Ces gens iront chacun leur tour déposer les plats qu’ils ont apportés sur ces nappes vieillies par le temps et les intempéries, car il faut savoir que dans cette soirée l’on mange de tout, ce tout étant la somme du peu de chacun; menu composé par le plaisir de faire découvrir à l’autre son plaisir, son envie, ses secrets. Farandole culinaire éclairée de la lueur du partage : Vins, bières, entrées, charcuteries, salades et fromages, grillades, polenta, chants, rires et sourires, odeurs et parfums, fumée appétissante du barbecue, éclats de voix et apostrophes, fragrances dans la nuit fraîche qui s’en vient, les esprits dansent sur la musique des âmes qui vibrent.

On s’installe au gré des accointances, des souvenirs communs, des lignées et des lignages, voisins, parents, cousins et amis, voyageurs du monde et sédentaires qui n’ont connus que le bout de leur rue, de leur vie. Mais petit à petit l’ordre de cette cérémonie païenne se verra corrigé par les envies de se dire, de se connaître, se reconnaître. Les anciens se verront comme avant dans le filtre de leur mémoire, leurs yeux brilleront des émotions communes d’autrefois et les notes des airs de là bas, pays de leur enfance, viendront aviver leurs regards fatigués. Ils chanteront les mots sur lesquels ils dansaient jadis, glisserons autrement les pas qui les enivraient naguère, mais le coeur lui battra de la même chamade. Vous serez pris par une émotion si simple mais si forte en essayant de leur dire qui vous êtes à chaque plat que l’on vous offrira d’un sourire. Dans le brouhaha des paroles qui s’emballent, des libations qui se font s’exclamer et parler fort, vous vous demanderez pourquoi la vie est si belle en cet instant banal s’il en est, pourquoi ces Hommes sont capables de tant d’émotion, de tant d’insouciance, si peu souvent. Vous regarderez les enfants en ribambelle fuir les plats pour courir dans la fraîcheur du crépuscule; vous écouterez ce récital de dialogues, aux cymbales des plats qui tintent, des braises qui claquent, des rires et des apostrophes qui s’appellent et se répondent. Vous fermerez la chemise et poserez le pull sur vos épaules étonné de ce frisson d’été. Vous les regarderez tous comme dans un film , acteur ébahi de moment qui grouille qui explose et s’emballe. Vous serez peut être spectateur ému d’un instant de vie, de vie d’ être humain : ecce homo !!!

Si votre ventre se serre et si vos yeux s’irritent, de cette démangeaison qui amène des larmes mais que l’on retient, par pudeur certainement. Si l ‘envie de leur dire votre amour de l’instant vous vient, si le besoin de leur prendre la main, pour leur signifier que vous êtes des leurs quant bien même votre sang n’a pas pris source ici, vous prend. Si ce désir de leur parler vous vient bien que vous ne sachiez pas leur langue, d’entrer dans la ronde des histoires grivoises, répétées depuis la nuit des temps mais si neuves à chaque fois. Si cette envie s’empare de votre être, avec les larmes, les spasmes de la chair, alors mon cher vous saurez ce que c’est d’être un Homme, un être humain, homo sapiens sapiens, l’espace d’une soirée là bas à Cao Malnis, dans ce jardin sauvage et pentu, chez mon ami Sandrone, “Il principe del Val Senons[1]”.. N’oubliez pas de le saluer en partant car cet instant de vie si rare parmi ces gens qui l’espace d’une soirée semblent s’aimer, c’est lui qui en est l’auteur.

 

Il déposa les pièces sur la table près du ticket et s’en fut sans se retourner, comme soulagé cependant. Dehors il regarda le ciel et ne put s’empêcher de sourire. La nuit recouvrait la ville .

 



[1] Le prince du Val Senons :  Val Senons petite vallée où des vachers font la Ricotta fumée à l’ancienne, dans les pré-Alpes Italiennes où j'allais en vacances quand je le pouvais encore

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 09:51

Dans la farandole du vent la feuille s’envole,

Dansant nue dans le ciel d’un azur épuré,

Libre de toute attache, elle amplifie son vol,

Croisant dans ses volutes, un  papier déchiré.

 

De fleur en fleur l’abeille brune butine,

Puisant nectar et pelotes de pollen,

Curieuse et gourmande d’étamines,

Elle va et vient, sans perdre son haleine.

 

Les vagues roulent et s’étalent sur le sable,

Dans le bruissement de leur écume blanche,

En la succession de rouleaux interminables,

La mer lascive défile, ondule, et se déhanche.

 

Sur les champs de blé le vent passe sa main,

Sous la caresse légère, à peine effleurée,

Les épis ploient, faisant s’incliner leurs grains,

Puis se redressent lames souples de fleurets.

 

Dans une flaque, un oiseau se toilette,

S’ébrouant, de bec de plumes et d’eau,

Surprenant instant, et fragile silhouette,

De l’intimité matinale d’un moineau.

 

Impérieuse et massive la montagne s’impose,

Muraille de granit où les lichens s’accrochent.

Dans le soleil les neiges éternelles sont roses,

Découpé châle d’hiver apposé sur la roche.
 

Au loin, les regards se perdent jusqu’à l’horizon,

Dans l'attente placide  et lente d’une survenue.

Au-dedans, doucement l’émotion s'apaise de raison,

Donnant alors un sens aux instants advenus.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 12:48

Donne moi les douces infinies,

Les grand vides sombres,

Ces flous instants indéfinis,

Là-bas, par-delà les ombres.

 

Ouvre tes bras, ouvre les grands,

Tel un espace sans fin,

Que ton baiser devienne le temps,

Rosée tiède des lointains.

 

Écoute, ce cœur édicter,

Sur la portée des émotions,

Coucher sous sa dictée,

Du métronome les pulsations.

 

Regarde devant et alentour,

Au plus loin que porte l’ennui,

Tu y verras le matin des jours,

Puis le crépuscule dire la nuit.

 

Donne moi les douces attentes,

Les grands retards redoutés,

Ces instants aux secondes lentes,

En les âmes lasses déroutées.

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