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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 20:36

 

 

Le temps a ralenti sa course

Me laissant de l’avance,

Et bien que suivant la grande Ourse,

N’ai trouvé que l’errance.

 

Me suis perdu dans les attentes,

Transi de solitude,

Sur ces traverses aux ondes lentes,

Si longues d’incertitude.

 

Pressé, j’ai couru au devant,

Au devant de la vie,

Boutant, jetant les paravents,

Empressé par l’envie.

 

Avide, gourmand de ressentir,

Les bras j’ai écartés,

Chien fou me suis mis à courir,

Mon cœur à l’éclater.

 

Volant, de chamade en chamade,

De mirage d’illusions,

Fol, telle la rivière en balade,

Se chargeant d’alluvions.

 

Imprudent me suis égaré,

En des venelles obscures,

Impasses déparées,

Ruelles insanes et impures.

 

En vain, vainement je t’ai cherché(e),

Si convaincu de toi,

Soleil sur l’horizon perché,

Descendant sur les toits.

 

J’ai cru pouvoir tout oublier,

Pour enfin revenir,

Le temps nouveau redéployer,

Malgré les souvenirs.

 

Dans l’ébriété des faux songes,

Des sourires patelins,

Naïf, ignorant le mensonge,

J’ai suivi ce chemin.

 

Me voici maintenant vieilli,

Rattrapé par le temps,

Fatigué envieilli,

Esseulé tout autant.

 

Et le temps a repris sa course,

M’emportant avec lui,

Là-haut, il n’est plus de grande Ourse,

Dans ce flou de la nuit.

(08/06/2011)

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:53

Là bas, il y a du vent,

Et des choses légères,

Derrière des paravents,

Que les ombres suggèrent.

 

Là bas, il ne pleut jamais,

Ou alors des larmes belles,

Translucides parfumées

Déposées sur les ombelles.

 

Là bas, le vent s’amuse,

Danse, souffle et caresse,

Joue de la cornemuse,

Sans note maladresse.

 

Là-bas, le crépuscule est infini,

Badaud se traînant dans le jour,

En cet instant bizarre indéfini

Où l’aube devient un contre-jour.

 

Là-bas, le temps fait une pause,

S’assied au pied des arbres,

Sous les ombrages qu’ils déposent,

Sur le soleil de marbre.

 

Là-bas, il fait toujours beau,

Il n’est plus de fatigue,

Quand le ciel se fait flambeau

Sensuel et prodigue.

 

Là-bas, les attentes sont douces,

Les impatiences délicieuses,

En ces heures que le temps détrousse,

De ses secondes malicieuses.

 

Là-bas, il n’est plus de douleurs,

De cicatrices vives,

Ne sont que câlines couleurs

Que la lumière avive.

 

Là-bas, le vent efface les sanglots,

Puis dessine des sourires,

Taille les amarres et les câblots,

Redessine les navires.

 

Là-bas, souvent je m’en vais,

Quand l’insupportable me tient,

Vers ce pays emblavé,

Où nulle peur ne me retient.

 

Là-bas, je te sais et t’attends,

Puis te cherchant je te retrouve,

En ces regards et nos instants,

Loin des absences qui m’éprouvent.

 

Là-bas, tu y seras toujours,

Intérieur pays des émois,

Quand la nuit embrasse le jour,

Dans les blés, à l’ombre des moyes.

(2009)

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:50

J’ai peur, peur de cette bête qui vit en moi et que d’autres ont délivrée d’eux-mêmes, parce qu’un jour ils ont laissé la porte du dedans entrouverte, et l’on regardée s’enfuir. Je sais qu’elle vit, qu’elle grandit, et n’attend, tapie, que cet instant d’inattention, que je faillisse, pour s’échapper et à coups de dents déchirer les chairs, dépecer les âmes, et me faire oublier qui je suis parmi les autres, pour n’être qu’elle toute entière.

Je sais qu’elle est là, je la vois sans cesse dans le quotidien d’aucuns, dans leurs mots insanes, leurs colères impérieuses, leurs regards brûlants, dans ces moments fébriles de leurs avidités, de leurs envies, de leurs pulsions inextinguibles, et des jalousies intenables. Dans la froideur pateline de leur égoïsme cynique, leur désir implacable de prédation.

J’ai peur de me voir quand je les observe et qu’ils oublient pour ne penser qu’à eux, par eux et pour eux. Je tremble de ce reflet qu’ils me renvoient, de ces paroles qui pourraient être miennes, de ces gestes qu’ils commettent et que je retiens. J’ai peur de ce que je suis et que je contiens, peur de me voir m’agiter sous mes yeux dans la silhouette d’un autre, de lui ressembler sans y pouvoir mais.

Je sais qu’un jour une lune invisible se fera pleine dans la nuit des angoisses, et alors la bête tombera le masque pour enfin être. Que dans la pénombre d’une colère, d’un refus, d’une humiliation, d’une trop grande douleur, je n’aurai la force de la maîtriser et qu’elle jaillira, toute violence, inhumaine, éructant et bavant une démence inouïe, qu’elle ira faire ses ravages dans la campagne de l’irraison, me laissant au ventre un coupable plaisir.

J’ai peur de ce que je serai un jour, de ce que je suis quand les autres sont ainsi, peur de cette part de nous-mêmes dont on ne peut se départir, et qu’il faut sans cesse dompter, contenir, apaiser, au risque un jour de perdre notre humanité. J’ai peur des colères, des coups, des mots, des haines, des morsures et des crachats qui sans cesse nous contredisent et nous affirment cependant. J’ai peur de n’être que moi, comme vous n’êtes que vous, sans autre possible que nous.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 17:56

Elle est là, tel un alevin vif et fier,

Fuyant d’une ondulation nerveuse,

Dans l’éclat de tes yeux si clairs,

Le temps, d’une rencontre délicieuse.

 

Elle est là, comme un frisson cursif,

Une ride sur l’eau qui court puis s’efface,

Dans l’espace d’un regard doux et lascif,

Lorsque deux âmes fragiles se font face.

 

Elle est là, légère et ténue, palpitante,

Dans l’ombre qui s’approche, si lente,

Par le dessin d’une bouche, envoûtante,

Silhouette qui se dessine et s’invente.

 

Elle est là, en le galbe de tes seins,

Dans les yeux qui les contemplent.

Glisse, s’écoule, au creux de tes reins,

Cire muette, en le silence du temple.

 

Elle est là, nichée dans ton ventre,

Dans le secret des mots et des choses,

Humide et chaude en cet antre,

Où, brutalement, le plaisir se dépose.

 

Elle est là, fleur, pleine d’épines,

Au calice parfumé, corolle brillante,

Sur sa tige rugueuse et assassine,

Pétales de satin, et sève scintillante.

 

Elle est là, putain du temps qui passe,

Sur le trottoir des attentes obscures,

Fille prude et catin, chimère salace,

En ces brefs plaisirs qu’elle procure.

 

Elle est là, qui se traîne et gémit,

Dans la nuit des angoisses et des peurs,

Par ces jours longuement émis,

En le sablier interminable des heures.

 

Elle est là, si longue et douloureuse,

Si bellement douce et si labile,

En nos âmes faibles malheureuses,

Elle est là, la vie, chienne fragile.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 20:32

Plus encore que les mots,

Le silence nous relie,

Aube qui se lève tôt,

Puis s’étend et se délie.

 

Inhabituelle attention,

Qui s’installe commune,

Parmi toute cette agitation,

Des ces heures importunes.

 

Sous cet oubli de façade,

S’agitent les souvenirs,

Porté par un vent maussade,

Qui les fait s’en venir.

 

C’est l’intérieur brouhaha,

De la foule des pensées,

Qui se bousculent là-bas,

Car sans cesse relancées.

 

Invectives des questions,

Bousculades des doutes,

Sombres interrogations,

Réponses que l’on redoute.

 

L’antienne se répète,

Impitoyable et cruelle,

Paroles qui halètent,

L’interminable duel.

 

Dans l’intervalle des instants,

Se glissent les attentes,

Elles vont calmes nous molestant,

Sereines et intrigantes.

 

Les images défilent,

Anciennes et subreptices,

Reviennent et se faufilent,

Passé flou qu’elles retissent.

 

Loin devant, mais loin derrière,

Le regard cherche sa route,

Marche avant et marche arrière,

C’est hagard qu’il se déroute.

 

Plus encore que nos paroles,

Le silence nous rapproche,

Pantomime jeu de rôles,

Éloignés nous restons proches.

(2010)

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 20:56

C’est l’histoire d’un homme qui tousse sans cesse, pour expectorer le crabe, qui s’est glissé un jour, alors qu’il somnolait, dans ses poumons.

C’est l’histoire d’un homme qui pousse une brouette, et qui répond, quand on lui demande pourquoi, parce qu’il faut bien aller de l’avant.

C’est l’histoire d’un homme qui pleure, et qui renifle sans cesse, pour que ses chagrins s’en repartent d’où ils viennent.

C’est l’histoire d’un homme qui frappe à une porte qui ne s’ouvre jamais, gardant ainsi l’espoir d’être enfin accueilli.

C’est l’histoire d’un homme qui gratte une plaie, empêchant que se forme une croûte, car il a peur d’oublier.

C’est l’histoire d’un homme qui fredonne, ne se rappelant plus des paroles, mais qui continue de s’émouvoir du refrain qu’il murmure.

C’est l’histoire d’un homme qui tourne en rond, sans vouloir avancer, car ainsi il pense ne jamais vieillir.

C’est l’histoire d’un homme qui attend, ce qui ne viendra jamais, mais qui croit que cela arrivera un jour.

C’est l’histoire d’un homme qui n’ouvre pas son parapluie bien qu’il pleuve, car il pense que peut être le pire est à venir.

C’est l’histoire d’un homme qui marche en se retournant sans cesse, car il pense pouvoir surprendre son ombre.

C’est l’histoire d’un homme qui saigne, et qui regarde couler son sang en souriant, car il se dit qu’il est toujours vivant.

C’est l’histoire d’un homme qui frissonne, qui a froid, et se vautre dans la neige en se disant qu’il doit être agréable d’être au chaud.

C’est l’histoire d’un homme qui se regarde dans un miroir, et ne comprend que cet autre ne lui répond pas.

C’est l’histoire d’un homme qui écrit, qui efface et recommence, racontant une histoire, qu’il écrit et recommence.

 (Août 2010)

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 17:01

Comme un amour trop grand,

Pour un cœur si fragile,

Un délit trop flagrant,

Un butin pulsatile.

 

En inconnu(e) du jour,

Du passé, du présent,

L’effraction de toujours,

Plus jamais, plus n’osant.

 

Sans savoir ni repères

Sans même d’horizon,

Douces heureuses amères

Les fragrances d’irraison.

 

A l’étroit dans le monde,

Si perdu dans la vie,

Détaché de la ronde,

Tout entier de l’envie.

 

Tant dépouillé de soi

Apatride du temps,

Que plus rien ne déçoit,

Ni le peu, ni le tant.

 

Le mendiant devenu

De ces quelques instants,

Dans l’ivresse advenue,

D’un poison l’infestant.

 

A perdre la raison

A ne plus rien penser,

Plus de temps, ni saison,

Que ces heures dépensées.

 

Ne plus jamais dormir,

Ne plus vouloir manger,

Par ce manque à vomir

De ce monde étranger.

 

A quoi bon les hier,

Les émois de jadis,

Quand dessous les paupières,

Ne sont plus les indices.

 

L’errance dans le rêve,

Les songes d’un banal,

D’une éternelle trêve,

D’une alliance finale.

 

Comme un amour trop grand,

Pour un corps, si fragile,

Survenant déflagrant,

Palpitant, mal habile.

(Nov.2010)

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 09:43

Jeux, mots, regards, paroles et mensonges,

Dis-moi, que faut-il faire, qui faut-il croire ?

Quand le réel, oxymore, contrefait le songe,

Et que le jour, hésitant, se fait accroire.

 

Gestes, coups, caresses, baisers et morsures,

Dis-moi, que faut-il attendre redouter ?

Quand la main, paradoxe, touche et torture,

Et que la peau frisonne, ou se couvre de plaies.

 

Danse, fuite, hésitations, courses et tournis,

Dis-moi, que faut-il faire, qui faut-il attendre ?

Quand l’autre, hiatus, te donne ou t’ôte la vie,

Et qu’en la demeure, tu cesses de le comprendre.

 

Pensées, faits, gestes, idées et renoncements,

Dis-moi, que faut-il taire, que faut-il dire ?

Quand la parole, anaphore, se fait tourments,

Et que le silence, parfois, te pousse à médire.

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 20:02

C’est une eau qui emporte

Tel un vent allégé,

Bien loin, et peu importe

Le ciel ennuagé.

 

Qu’importe qu’elle s’écoule

Que les rives défilent,

Que l’azur se déroule

Dans un gris qui s’affile.

 

Impassible courant qui va

Qui glisse et s’éloigne,

Lente navette d’un canevas

Dans le vent qui l’empoigne.

 

Voyage sans retour

Dont on connaît la fin,

Aux pluriels contours,

Et singuliers confins.

 

Elle est une danse folle,

Un surplace un tournis,

Une chasse à la trolle

Pour une meute fournie.

 

L’onde glisse et serpente

D’un décours régulier,

Ce tracé qu’elle arpente,

De son cours séculier.

 

Mélange des saisons

Camaïeux de l’automne,

Reflets et paraisons

D’un cristal monotone.

 

Rien ne peut retenir

Ni refréner sa course,

Ni même contenir,

Les surplus de sa source.

 

J’écoute sa complainte,

Ce murmure des remous,

L’écoulement de sa plainte,

Sous la meule qui l’émoud.

 

Par sa lente dérive

D’alluvions elle se pare,

Dans la valse des rives

De ces terres qu’elle dépare.

 

Onde claire qui se grise

Se charge de sédiments,

Puis lentement égrise

La marge des sentiments.

 

Rien n’arrête son cours,

Ni ne change son lit,

La trace de son pourtour,

Sous le ciel qui pâlit.

 

C’est une eau qui m’emporte

Qui m’emmène là-bas,

Sur ses flots qui me portent

Et me parlent tout bas.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 18:21

(Essayez aussi avec le lecteur de musique en fin poésie)

 

aaa.jpgLà, dans mon imagination,

Au plus secret de mon désir,

Si présente, en mon admiration,

Par cette quête du plaisir.

 

Vos jambes et votre silhouette,

Vêtues de soie et de dentelles,

Tel un chemin que rien n’arrête,

Vers l’horizon qui s’écartèle.

 

Vos cheveux noirs et vos yeux clairs,

Vos jambes longues et si blanches,

Ces bas ambrés sur votre chair,

Porte-jarretelles sur vos hanches.

 

Ce galbe tiède de votre gorge,

Orbes et courbes sensuels,

Qui s’échappant du soutien-gorge,

Caresse l’âme sans pareil.

 

Vos lèvres, si bien dessinées,

Pulpeuses, carmines et frissonnantes,

Par l’éclairage bassinées,

Charnelles, scintillent rayonnantes.

 

Votre regard et votre ventre,

L’un qui appelle, l’autre palpite,

D’un unisson qui les concentre,

Les unissant les précipite.

 

Entre vos cuisses écartées,

Au plus profond de leurs replis,

Vos lèvres humides en aparté,

Gorgées de sève d’elle emplies.

 

Je vous regarde, je la devine,

De votre taille son élancée,

Femme païenne et si divine,

En mon esprit, par mes pensées.

 

Dans mon bas ventre  vous ressens,

En ce frisson qui le parcourt,

Du plus intime s’en vient naissant,

Ce fou désir au souffle court.

 

Je vous appelle, je vous attends,

Je vous respire et je vous bois,

Le souffle fol et haletant,

Votre plaisir est aux abois.

 

Je sais vos lombes se durcir,

Se définir entre mes doigts,

Votre cambrure s’accourcir,

Votre bassin s’offrant à moi.

 

Comme d’une rose le bouton,

Sous le baiser s’en vient éclore,

Langue gourmande et à tâtons,

La vient lécher, l’intime flore.

 

Du plus profond, du plus lointain,

Je la sens venir ma folie,

De mes entrailles et dans ma main,

D’un coup fleurir cette ancolie.

 

 

  (04/06/2011)

 

  
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