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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 12:06

C’était un air ancien, sorti de la mémoire,

Des notes d’hier, confuses et discrètes,

Une sorte de chagrin, teinté de désespoir,

Musique transfuge, d’une âme secrète.

 

Un fredon intime, murmurant à l’oreille,

Le refrain du passé, et des vielles comptines.

Ces instants d’antan, uniques et non-pareils,

Surgissant impromptus, les jours de routine.

 

Comme une farandole cachée, une ribambelle,

Qui, qui sans n’y rien paraître, s’agite au-dedans.

Cavalcade d’enfants, d’une insouciance rebelle,

Piétinant du jour l’esprit, de cris redondants.

 

Sourd tempo feutré, répétitif et lancinant,

Écho d’orchestre tapi des souvenances,

Qui jouent moderato, les arpèges fascinants,

Sur ces cordes détendues de notre enfance.

 

C’est un murmure, un sanglot parfois,

Un rire, un cri, un mot, une chanson,

Qui s’invite en nous et en notre émoi,

Sourd, troublant, confus et sans façon.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 19:32

Clin d'oeil à la bulle bulle

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 14:50

 

 

 

Il fait froid dehors,

Il fait froid dedans,

L’engelure du corps

La gelure du vent.

 

Frissons intérieurs,

Rides d’un étang,

Vagues citérieures,

Par-delà le temps.

 

La lame de la brise,

Si tranchante acérée,

Sur l’onde qui se brise,

L’épiderme lacéré.

 

Les ramures austères

Découpées sur le ciel,

Lavis sombres mystères,

Ombrures tangentielles.

 

Nuages cotonnades,

De cobalt et de sombre,

L’ombreuse promenade,

D’une grise pénombre.

 

C’est l’hiver qui se meurt,

Agonise au printemps,

En ultime demeure,

D’un soleil hésitant.

 

Le baiser de la bruine

Sur ces terres endeuillées,

De labours et de ruines,

De rameaux effeuillés.

 

Un horizon lointain

Sur camaïeux de gris,

Livide fond de teint

D’un paysage aigri.

 

Dans le ciel un oiseau,

Prisonnier dans le vent,

Par-dessus les roseaux,

S’agitant au levant.

 

L’infini des labours,

Des pâtures et des champs,

Renaissance du jour

Dans la pluie contre-champ.

 

Les rafales humides

La course des nuages,

Collines pyramides

Découpant ce fluage.

 

Une lumière diffuse,

De crachin emmêlée,

En cette brume infuse

Ce brouillard lamellé.

 

Allongé de son temps,

Ce jour pluvieux se traîne,

Plus vieux d’une heure pourtant,

Il nous semble à la traîne.

 

Il verse et il fait froid,

Las, dedans, là, dehors,

En ce printemps étroit,

A l'automnal décor.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 14:31

Tout, tout ne fut que mensonge, de l’Arte la comédie, lumière factice, simple lueur de reflet, sur un miroir de passion, un spectre brisé dont le tain s’est usé à force de réfléchir, les images des autres. Que reste-t-il de ces levers du soleil ? De ces horizons soit disant nouveaux ? Des sourire à l’envi ?La douleur des brûlures, des chairs mises à nues, rongées par l’affection, par les coups répétés... et l’âme décharnée, suintante, rabougrie, refermée sur elle-même à l’instar d’un animal efflanqué qui crève à petit feu et se replie pour échapper à la réalité !

Un cadavre, pantelant moribond, là dans le matin des jours qui reviennent et se répètent inlassablement... comme pour dire d’être... de paraître et de rendre la pareille aux habitudes et conventions...., une errance silencieuse, le dégoût aux lèvres, au bord de l’estomac, que l’on retient... convaincu des fatalités, de la juste prégnance des palinodies, que les rêves ne sont que des rêves, et la réalité un cauchemar, duquel on n’échappe ni ne peut se départir, car les odieux ont le pouvoir des choses, des êtres, de la mise en scène, de la mise... à mort.

Les baisers ont bien le prix des deniers, des trahisons... et précèdent forcément les crucifixions sur les monts du crâne ! Brûlants comme des cinglures sur la chair, et du sel qui lèche les blessures... évidemment les cœurs saignent, quand bien même leurs hémorragies restent discrètes et invisibles trop souvent... et les infarctus, ces angines intérieures, ces spasmes douloureux et cruels, sont des étaux bien trop puissants pour que l’on puisse les desserrer à dessein que s’en revienne la vie, l’envie de la vie.

Il est des mots, des regards, des caresses qui ne sont que des mains qui étranglent les âmes et les cœurs, lentement, puissamment, afin de pouvoir goûter à l’agonie, se délecter des soubresauts, se goberger de cette terreur affreuse qui envahit celui qui se sent partir, et lutte, lutte, sans réel espoir de survie... par réflexe... sachant que s’en viendra l’abandon et la nuit, l’instant du rien, de la non souffrance... mais à quel prix ! Au prix d’infinies secondes de douleur et de désespérance. L’amour est un monstre gourmand que se repait de la fragilité des uns et que d’aucuns aiment à rassasier... serviteurs de la bête qui les habite.

Là est le goût de la vie, l’essentiel d’être, pour ceux, ceux, là, qui se nourrissent de la faiblesse des autres et se complaisent à la déchirer... car c’est la condition, leur condition, pour qu’ils se sentent vivants.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 13:01

Noria, tourne l’eau,

Marche des hommes,

Quêtes à vau-l’eau,

Bêtes de somme.

 

Pluie, neiges et bruines,

L’alternance des pas,

Quand le soleil décline,

Le jour ne le sait pas.

 

Feuilles qui tombent,

Passent les saisons,

Entre les tombes,

S’égare la raison.

 

Marabunta des êtres,

Sur les routes de demain,

La silhouette des hêtres,

Sur l’horizon du chemin.

 

Sonne le glas des jours,

La tierce des souvenirs,

Hier n’aura plus cours,

Aux guichets à venir.

 

Danse dans le vent qui souffle,

A la croisée des instants,

Où personne ne s’essouffle,

Sachant trop ce qui l’attend.

 

L’ombre des tribus dans la nuit,

Formes troubles qui ondoient,

Lorsque la lumière s’enfuit,

Le crépuscule poudroie.

 

Grain à grain il s’écoule,

Cet âge en notre endroit,

Va et vient d’une houle,

Sablier maladroit.

 

S’éloignent à tire d’ailes,

Les années de jeunesse,

Discrètes et sans zèle,

Ces puériles ivresses.

 

Il grêle sur le printemps,

Et la clepsydre se gèle,

Se fige sur l’entre temps,

Des journées qu’on dégèle.

 

C’est au bal des ces ombres,

Que dansent les saisons,

Qu’enlinceule la pénombre,

En l’étoffe d’irraison.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 12:50

Je l’ai un jour cherchée, sans trop oser,

D’abord dans les histoires de ceux qui savent,

Ne sachant si je pourrais en disposer,

Comme avaient osé en disposer ces braves.

 

D’aucuns, dans l’intimité des conversations,

A l’heure fatiguée des confidences,

Où langues et esprits s’animent d’agitation,

Osaient à dire enfin son existence.

 

Pleins de précautions, à l’aune des murmures,

Ces adeptes ravis parlaient de leur trouvaille.

D’une découverte incroyable au-delà des murs,

Seule connue des initiés, aventuriers du sérail.

 

On la disait nichée dans une anfractuosité,

A l’abri du regard des nomades,

Dans les replis des dunes molles peu visitées,

Dans ce désert interdit aux peuplades.

 

Fleur mystère, au bouton de soie fermé,

D’une couleur douce en l’obscur de sa faille,

Étoile rose sans tige ni épines, désarmée,

À l’instar d’un sourire par derrière l’éventail.

 

D’une caresse des doigts ses pétales s’ouvrent,

Offrant au baiser son bouton amolli,

L’âme d’une fleur, d’un coeur qui s’entrouvre,

Dans la fine rosée du désir accompli.

 

Il ne faut jamais la cueillir, dit-on, mais l’effleurer,

La regarder s’épanouir dans son calice tendre,

Fleurir et s’offrir sous la caresse puis se refermer,

Pour disparaître et dans le désir se faire attendre.

 

(2008)

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 16:02

C’est un lent poison

Une douce cigüe,

Etouffant la raison,

En sa housse exigüe.

 

Une peste un régal

Un délice cruel,

Petite mort sans égale,

Dans l’étroite ruelle.

 

Il s’instille chaque jour,

Lentement dans la chair,

Sans possible retour,

En notre âme s’insère.

 

Feu ardent qui couve

Une lave discrète,

Incendie qui s’accouve

En sa braise secrète.

 

Larve intérieure,

Qui dévore sans cesse,

Pour le pire, le meilleur,

Carnivore caresse.

 

Dans la tête, dans le cœur,

L’éternelle migraine,

Larmes, hauts le cœur,

En le temps qui s’égrène.

 

Le doute, la peur, l’errance,

Lancinante douleur,

Pulsatile garance

Impulsive couleur.

 

Si présente d’absence,

Continuelle sourde,

Dans la tête s’élance,

Puis s’y écrase lourde.

 

Horloge sensuelle,

Balancier qui lacère,

Mécanisme virtuel,

Au-dedans les viscères.

 

Fatigué, impuissant,

Incapable de faire,

Souriant, languissant,

Interdit dans sa chair.

 

Fuir en la demeure

Partir et rester,

De silence, de clameur,

Se taire, et protester.

 

Silencieuse agonie

Dans le bruit des chamades,

Aux abois, agoni,

Par ce cœur si malade.

 

C’est une lèpre magnifique,

Un curare sans pitié,

Une gangrène prolifique,

Qui détruit sans quartier.

 

De passion infesté

Au plus profond de l’âme,

Ne pouvant contester

La souffrance qui s’y pâme.

 

(Dec 2010)

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 15:50

Sauras tu dans l’approximation de mes mots, ces imparfaits traducteurs des choses et des émotions, ressentir ce que j’éprouve lorsque je te dis je t’aime, et que je cherche à te le faire savoir et partager ?

Dans l’émoi de l’instant qu’entendras tu vraiment de ce murmure? Ce trouble mien, aux couleurs du dedans, si évident, et confus cependant au moment de le traduire, dans le compromis des paroles, n’éveillera-t-il pas en toi les souvenances des amours anciennes, qui de leur palette s’en viendront aussitôt colorer mes mots, pour ensuite les éclairer des lueurs tiennes de jadis ?

Ce que tu entendras transmettra-t-il vraiment mes vibrations intimes ? Ou bien ne sera ce qu’un lamento qui t’est propre parce que résonnant des douleurs passées ? En toi qu’en sera-t-il de mon désir et de ton importance, quand les saveurs de naguère auront retrouvées le chemin de tes pensées ? Que sera ma chanson sinon un autre babil dans le brouhaha de tes souvenirs !

Quel sera ton émoi quand mon regard semblera s’arrêter à jamais sur ton visage, et que mes mots n’auront que la grammaire de ta nécessité ? Quels seront les temps et les modes qui se déclineront en toi ? Ceux du moment, d’un unique présent ? Ou alors ceux d’antan, aux désinences de l’imparfait, moult fois conjuguées ?

Quelle sera la vérité de ton émotion en cet instant de l’aveu de mon abandon ? Où tes larmes à venir iront elles prendre leur source ? Dans la fontaine oubliée des souvenances, au soleil couchant de tes chamades d’hier? Ou alors sourdront elles des fractures et des lézardes de ces peines de cœur enfouies, résurgences obligées des jours d’avant ?

Quels parfums auront mes paroles dans le jardin de ton âme où beaucoup de senteurs déjà se sont évaporées ? Quelle saison trouveront elles pour les accueillir ? Un automne au ciel bas et contristé ? Un printemps de cigales et de regain ? Un été alourdi de touffeur ou un hiver sinistre à l’horizon assombri ?

Comment saurai je que mon aveu a trouvé le chemin de ton être, et non celui des références d’ailleurs ? Ces traverses de ton cœur tracées par d’autres déclarations et ce que tu fus, avant que je ne sois pour toi ! Cette offrande ne se perdra t elle pas dans les tortils de ton ressenti, dans ce labyrinthe doré de tes sentiments appris et maintes fois répétés ?

Mes mots dans la lumière de ton altérité, ne se confondront ils pas dans l’ombre de tous ceux que tu as écoutés ? Auront-ils la sonorité qui leur est propre, ou peut être celle des chansons encolorées que d’autres ont fredonnées ? Quelle sera la musique que tu leur laisseras jouer en toi lorsqu’ils viendront pour y danser ? Ne seront-ils pas emportés par les vents venus de ton lointain ?

Qui me dit que ce que je ressens les mots peuvent te le transmettre ? Te l’offrir, tel quel, dans cette virginité des émotions, alors que chaque parole est une clé qui rouvre ces vieux coffres intérieurs, dissimulés aux tréfonds de chacun, où sont rangés les oripeaux effrangés des passions anciennes, qui n’attendent que de revêtir les amours nouvelles pour les grimer ! (10/01/2007)

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 19:20

Assis face à face,

Les autres autour,

Le regard qui se glace,

Une peur tour à tour.

 

Tes larmes et mes mots,

Ton chagrin et sa fatigue,

Deux cafés, un bistrot,

Une table une digue.

 

Tes rides ta maigreur,

Ma fausse assurance,

Dans le ventre cette aigreur,

D’une plaie qui élance.

 

Des gens, qui viennent,

Qui vont insipides,

Partent et reviennent,

Arrière salle livide.

 

Tu hoquettes ta peine

Désespérance si forte,

Incroyable mise en scène,

Le décor peu importe.

 

Un ciel trop haut,

Un soleil trop loin,

Je ne sais plus trop,

Je ne sais plus rien.

 

Partir, sans se retourner,

Baste des souvenirs !

Des anciennes journées,

N’en plus rien retenir.

 

A quoi bon attendre,

Puisque rien ne sera,

Dans cette herbe s’étendre,

Car le jour s’enfuira.

 

Ton regard, ta supplique,

Demain tout recommencera,

Les paroles et les piques,

Le quotidien ressèmera.

 

Céder, parce que l’on aime,

Quand bien même la vanité,

Sachant que demain sera carême,

Absence inanité.

 

Rendez-vous dans une impasse,

Se payer de mots, de prétextes,

Au-dedans ou en terrasse,

En répétant chacun son texte.

 

Assis face à face,

Les autres autour,

Nos regards qui se glacent,

Plein de peur tour à tour.

 

Mes larmes et tes mots,

Mon chagrin et sa fatigue,

Deux cafés, un bistrot,

Une table qui endigue.

 

Demain ne sera pas,

Que trop nous le savons,

Côte à côte pas à pas,

A jamais nous l’oublierons.

(Octobre 2010)

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 19:12

Quelques notes, une odeur, une image,

Et renaît hier qui s’était enfoui,

En des souvenirs vagues et bien sages,

Dans le grenier des aujourd’hui.

 

Tout s’en revient comme un flot,

Telle une marée de là-bas,

Qui s’en vient sur le sable chaud,

Dérouler son branle-bas.

 

Du plus profond ressurgissent les chamades,

Les frissons anciens, les sanglots, les sourires,

Qui dans une folle et incroyable cavalcade,

Sous la peau, dans le cœur, se remettent à courir.

 

Des enfants, des baisers, des courses des veillées,

Un tournis, des farandoles, des rires, des regards,

Les émois des premiers désirs doucement réveillés,

Dans ce train du passé qui d’un coup entre en gare.

 

Et l’âme dans l’ivresse d’antan se laisse emporter,

Entraînant avec elle le corps dans cette sarabande,

S’égarant dans ce que les souvenirs ont apporté,

De ces rues perdues des émotions non chalandes.

 

Tout est clair, évident, comme si c’était l’instant,

Des voix, des mouvements et des couleurs.

Tout est là, dans cet hier disparu mais insistant,

Si prégnant des parfums des anciennes chaleurs.

 

Quelques bruits, une odeur, une lumière,

Alors s’enfuient ces jours passés,

Qui dansaient allègres sous nos paupières,

Pour en notre mémoire s’entasser.

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