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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:59

Ne plus porter le regard sur l’horizon, comme si l’on ne croyait plus en demain, et que seul le reflet du jour ne pouvait qu’être en la réflexion de soi, cet égoïsme de chacun, et non plus dans la croisée des chemins, aux carrefours des émotions partagées et des questions irritantes. Se conformer au quotidien du soi dans la répétition d’aujourd’hui.

Réduire la cosmogonie aux émotions singulières et viscérales, subir sa colère, ne plus contenir les gestes et le flot des hormones, laisser la bave et les postillons remplacer les mots et les silences éloquents. Enfourner l’univers en soi et le restreindre aux frontières du dedans, faire de son désir l’infini des choses.

N’entendre que la voix intérieure, les cris qui réclament, devenir sourd et imperméable aux appels des autres qui veulent nous contredire et faire place en nous… aligner les solitudes dans la multitude des foules. Compresser les altérités pour ne plus avoir qu’une masse compacte sans fenêtres…compasser le monde à l’aune du moi et se ressembler à jamais.

L‘instant, l’éternité de l’instant, n’être que le créateur de soi, implacable démiurge du quotidien, écraser tout ce qui irrite et démange, broyer ce qui en nous vient bousculer la certitude, ne croire que l’on ne doit rien à personne et que notre âme s’est autocréée, ex nihilo, comme le ferment subtil d’une génération spontanée organisée par soi. Se reproduire constamment, clone de ses pensées, de ses désirs, tain de son propre miroir.

N’être qu’un maillon hors de la chaîne, à nul autre attaché, se vouloir libre de tout sauf de soi, prisonnier d’un lien intérieur bien plus contraignant, puisque indéfectible, garrot consubstantiel des peurs inexplicables, des doutes et de leurs certitudes, qui participe de nous, que de nous. N’être que le début et la fin, aliéné à soi même, se restreindre à son image et ce qui en fait l’épaisseur, ne rien voir d’autre que ce qui nous ressemble dans cet infini de nous même.

Vouloir, encore et encore, sans limites et satiété, se saouler des envies sans savoir mettre fin, sans ataraxie possible, dans la componction éternelle. Impérieux désir maître de nous, esclave d’une liberté d’avoir, encore et toujours, repu déjà avant d’avoir ingurgité, voulant sans cesse l’après, comme un bateau ivre qui n’a que l’illusion du cap ! S’empiffrer jusqu’à la nausée et la dépasser sans vomir, et ne rien connaître d’autre que la lourdeur des désirs inassouvis, pour éviter les gueules de bois de l’abstinence.

Réduire le temps aux ressentiments, à combler un vide insondable de solitude, à goinfrer son désir, convaincu et certain d’avancer, de comprendre et résoudre l’énigme des jours qui passent. Allonger la vie, agrandir l’image des choses et des lointains, se rassurer par ce plein où l’on entasse les certitudes formelles. Se tranquilliser d’être, se toucher pour s’en convaincre et étaler son envie sans se poser la moindre question, sans entendre la plainte des ombres que l’on écrase. Ne plus se retourner comme si notre livre n’avait qu’une page, celle du jour, éphéméride sans mémoire.

Verser des larmes de reptile, les larmes d’une faim gourmande, pleurs acides d’une colère maquillée et capricieuse…Gémir et se faire tourner la tête dans une ivresse sans contrôle, tournis d’un surplace, valse à contre temps. Mouvements et déséquilibres, images vives, cris et spasmes, sans cesse reprendre le nectar et l’ambroisie pour que la farandole ne cesse. Au bal de l’éternité chacun danse seul dans le brouhaha des musiques personnelles. D’aucuns bousculent et s’étonnent de l’être, chacun se cogne à la frénésie des autres et aussitôt se met en garde, prêt à frapper ce qui l’aheurte pour continuer de glisser dans l’uniformité étale de lui même.

Saurons nous faire volte face et ne pas voir en hier qu’une page tournée ? Saurons nous remettre le jour dans l’intervalle des temps et ne plus en faire un orphelin de notre histoire ? Saurons nous rouvrir les fenêtres intimes condamnées et laisser l’horizon redessiner les aurores et les crépuscules, afin de ne pas toujours vivre et répéter l’identique…ce moi terrifiant et univoque ? Saurons-nous contenir les désirs impérieux, et vivre les pauses du dedans avec autrui qu’on laissera s’inviter en nous ?

Et ne plus confondre le bonheur et l’idée que l’on nous en fait ? Le bonheur et le plaisir...saurons-nous ?

Saurons-nous comprendre qu’aimer c’est servir, et non pas... se servir !

 

Aujourd’hui, plus qu’hier, j’en doute.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 12:53

Il s’écoule le temps, en torrent accidenté,

A l’écume trompeuse et brouillonne,

Heurtant les berges de contrées hantées,

Où des pécheurs, les âmes s’étonnent.

 

Sinueux en sa mouvance insigne,

Torturé de remous et de vagues,

Il dessine sa route qu’il désigne,

Sur un horizon qu’il extravague.

 

Ombres et tumultes, il glisse,

D’une avance imperturbable,

Pâle surface étale et lisse,

D’un parcours irréméable.

 

D’une rive à l’autre il sinue,

Chaloupe lente en ses méandres,

Et dans les terres s’insinue,

N’ayant de cesse de s’y étendre.

 

Flâne usure de l’érosion,

Lambine caresse des âges,

Teintes d’une corrosion

Déposées sur les paysages.

 

Dénivelé des heures, douce pente,

S’écoule la vie en son temps,

En le lit d’un fleuve qui arpente,

L’intime relief des instants.

 

Rides ronds et ricochets,

Sur le flou de l’onde courante,

Simples desseins empêchés,

Par les surfaces apparentes.

 

Serpent du jour, anguille de la nuit,

Le temps allonge sa mouvance,

Fulgurances ou dolences de l’ennui,

Mol, il s’étire et nous devance.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 12:34

L’ombre du vent, frisson dans la vague des blés,

Fuit et s’enfuit au-delà du jour et de l’horizon;

Par-dessus les prairies et les champs emblavés,

La tiédeur de l’air étale la douceur d’une saison.

 

Au loin porte ton regard, par delà les collines,

Au travers de l’azur où les étoiles sommeillent;

Des parfums cursifs embaument et câlinent,

L’âme inquiète de leurs fragrances plurielles.

 

Le soleil joue dans les contrastes des clairières,

S’amuse des interstices de ses rayons curieux,

Tissant entre les frondaisons ses fils de lumière,

Trame impalpable et claire d’un filet mystérieux.

 

Les insectes s’agitent dans la mollesse du vent,

Au loin, l’air ondule, troublant du fond le paysage,

Dans le ciel une buse étend son tournoiement,

S’élevant toujours plus, à son suivant passage.

 

Sur ta peau perle lentement et scintille la sueur,

La brise passe doucement sa caresse tiède,

L’herbe frissonne, et se couche sous la chaleur,

Là-bas, un corbeau, fredonne un étrange lied.

 

La poussière glisse et danse sur le sol lézardé,

Les ornières altérées se brisent et s’effritent,

Étalant leur cendre fine sur la terre défardée,

Au visage glabre de craie que le soleil irrite.

 

Dans tes yeux clairs l’éblouissement du jour,

L’éclat d’un soleil brûlant,

Le reflet des fleurs et des champs alentour,

Cet autre regard bousculant.

 

Dans le lointain, dans le trouble de l’air mitigé,

Ondulant lentement ses chaudes couleurs pastel,

S’étire dans le flou des draps rouges et orangés,

L’enfant de la nuit, ce lent crépuscule qui s’éveille.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 17:19

 

Voyage d'un arbre sur le fleuve,

Dérive vers l’océan là-bas,

Où roches et méandres ne peuvent,

Stopper cette course en contre bas.

 

Une bouteille à la mer brisée,

Dans les remous intimes perdue,

Tout au fond de criques envasées,

Où nul jamais ne s’est rendu.

 

Rêves de perles aux galets interdits,

Nus, échoués sur les rivages,

Bois flottés et verres dépolis,

Débris, d’un vertige voyage.

 

Se déroule le dépli de l’onde,

Sous la dentelle de son écume,

De part et d’autre de ce monde,

Face à face, de hauts phares s’allument.

 

Sur le sable s’échouent des questions,

Naufragés de ces latitudes,

De la lune, la révolution,

Des vagues, l’allante infinitude.

 

Car sur les plages opposées,

Sont des regards qui s’interrogent,

De ce lointain là disposé,

Dans l’horizon, se fond l’éloge.

 

Parti de loin dedans les terres,

En émigrés de ces forêts,

Morceaux de bois, lambeaux de mer,

Sculptures éparses, tant ignorées.

 

Que dansent les ombres sur l’eau,

Récifs navires et reflets,

D’un ancien monde le nouveau,

Le vent, dans les voiles gonflées.

 

De part et d’autre face à face,

Là-bas, chacun sur son rivage,

Sur ces dunes que la brise efface,

Germent des rêves de voyage.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 12:10

J’irai, aujourd’hui et demain,

Tout comme j’y suis allé hier,

A la croisée de ces chemins,

De ces vieux sentiers de naguère.

 

Sur les ocres arides des pierres,

Faisant face au soleil du jour,

Dans les tourbillons de poussière,

Patient, je chercherai toujours.

 

J’y chercherai ton doux sourire,

L’ombre oblitérée de nos pas,

Sous la cendre des souvenirs,

Cet avenir qui ne fut pas.

 

Quand viendra la douceur du soir,

Sur ce désert intime brûlant,

Au crépuscule de la mémoire,

Les rêves, iront en reculant.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:28

Si tu étais archet et moi violon,

Ô princesse tzigane !

De ma vie tu serais lamentation,

Une plainte gitane.

 

Dans la nuit profonde, interminable du temps,

Pieds nus, un long foulard sur tes cheveux,

Tout au long de la brune, l’obscur du dedans,

Tu danserais vêtue de noir, autour d’un feu.

 

Si femme, lascive romanichelle,

Tes yeux serpents, prunelles d’orient,

Ballerine légère, noire tourterelle,

Sur mes cordes, tu ballerais en riant.

 

Chaque pas, chaque note, serait blessure,

Vielles cicatrices, souvenirs douloureux,

Musique entêtante, d’une lente torture,

Femme tentatrice, d’un désir malheureux.

 

Si tu étais archer et moi violon,

De tes caresses sourdraient mes pleurs,

Larmes de nacre, perles de passion,

Irisés sanglots, d’un orphelin bonheur.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:12

 

 
 

 

Dans la lassitude des jours et des nuits attenantes,

Du temps infini et uniforme s’écoule la rivière,

Entre des rives plurielles, alternées et changeantes,

S’égrènent imperturbables les secondes singulières.

 

Dans le chatoiement des choses et de leur probabilité,

En l’incertitude des particules invisibles et des ondes,

Par le carré inverse des distances s’exprime la gravité,

Quand l'abscons quantique chante l’hymne du monde.

 

Dans les entrelacs des possibles se perd la raison,

Celle de l’être qui est, et qui se demande s’il est;

Son existence a-t-elle le choix des futures saisons ?

Sans le risque de se perdre ou encore de s’aliéner ?

 

Dans l’agitation des foules et des passions afférentes,

Aux instants de précipitations, de folies et de dédain,

Se bousculent les envies et leurs colères inhérentes,

Assassines des altérités et des possibles lendemains.

 

Dans l’univers des droites infinies ne se croisant jamais,

Les espèces avancent, mutent et changent leurs allèles,

Allant de l’avant, au gré du hasard et de la nécessité,

Là où peut-être un jour, se joindront les droites parallèles.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 20:05

Regards du ciel, qui en est le centre ?

De qui procède qui, pour l’existence ?

Faire de soi le seul occupant de l’antre ?

Ou ne vivre qu’en la honte et sa pénitence ?

 

De l’histoire qui appose l’incipit ?

Le verbe qui se conjugue au présent ?

Ou les versets qui proclament l’explicit ?

Qui, qui écrit l’histoire du temps ?

 

Dans la course des astres pour leur zénith,

La folie qui emporte les âmes affamées,

Rare est l’instant où le choix du désir hésite,

Empêchant en cela la raison de se déterminer.

 

Du chemin céleste, il n’est que le Nadir,

L’endroit secret où le soleil se meurt,

En Intime obscurité nous y enlaidir,

Pour ainsi nous faire face sans avoir peur.

 

Il n’est de raison sans les éternelles questions,

De dieu sans le doute et le refus des paroles,

L’homme n’est que quand il se fait opposition,

Acceptant de se contredire dans son propre rôle.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 18:40

Qui suis-je ? Ce que je crois être ?

Celui que tu vois ? Ou ce que tu imagines ?

De moi n’est-il ce que je laisse paraître ?

Ou le peu que tu sens, et peut-être devines ?

 

Suis-je celui d’hier, dont j’ai le vague souvenir ?

Ou cet être d’aujourd’hui, qui se questionne ?

Suis-je en partie ce reflet qui semble me dire ?

Ou ce que je vois de moi, et qui m’étonne ?

 

Suis-je par vous ? En vous ? Par moi ? En moi ?

Que suis-je vraiment ? Une facette parmi tant ?

Un, en silhouettes plurielles selon l’endroit ?

Ou puzzle, dispersé, en pièces d’instants ?

 

Dans l’intervalle, en les contrastes des jours,

En les regards, les silences et les paroles,

J’essaie de me savoir, de sonder le pourtour,

De ce décor dans lequel se déclame mon rôle.

 

Ombres d’un être sans réels contours,

Éparpillé dans le désir et les attentes d’autrui,

Bâtard de la haine et de l’amour,

Je me cherche… sans savoir qui je suis.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 14:10

Comme un petit caillou dans la chaussure,

Comme une idée coincée dans la tête,

Insensible, au début, aux effets de l’usure,

Le marcheur, le penseur, va, et puis s’entête.

 

Il s’avance d’un ostensible pas,

Chemine et réfléchit, malgré l’irritation,

Marchant, marchant, pensant tout bas,

Au fil du sentier, de sa contemplation.

 

Le caillou va et vient, frottant, frottant la chair

Peu à peu la démarche se biaise, se fait de guingois,

L’idée s’en va, puis revient, fredonnant son air,

Les pensées s’empèsent, à l’envers, et à l’endroit.

 

Malgré la gêne, le frottement, le marcheur continue,

Une idée parasite, ce n’est rien, dans un si grand débat,

Elle est si infime, cette douleur, si discrète, si ténue.

Où la raison tranquille, ignore, et fait feu de tous bois.

 

L’enjambée se fait difficile, et le pas, plus douloureux

Il boite le marcheur, pense et se déplace de travers,

La migraine petitement se distille, dans l’esprit, peu à peu,

Claudiquant plus encore, sur ce joli sentier désert.

 

Pourquoi ? Pourquoi l’avoir ignoré ? Ne pas l’avoir ôté ?

Plus de paysage maintenant, plus de rêves enchanteurs,

Mais rien que l’idée, le gravier, lancinantes douleurs;

Dans la tête, le soulier, ce petit caillou, cette petite idée.

 

C’est un petit caillou dans une chaussure

C’est une petite idée, coincée dans la tête,

Qui ont fait tout oublier, pour devenir tortures,

Qu’on a laissé s’installer, et nous gâcher la fête.

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