Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 21:08

(Bon la bulle, il fait trop chaud pour écrire, j'ai retrouvé ce vieux truc de 2008, mais promis  j'écrirai bientôt quand je trouverai les mots pour traduire)

 

 

Égaré dans les plis, perdu dans les recoins,

Quand la nuit se déploie, et lentement s’étale.

Empêtré dans le silence de l’obscur qui point,

A chercher son souffle en cet instant fatal.

 

Écouter l’âme qui couine, l’entendre gémir,

Dégoulinante d’une peur qui suinte ;

Se battre contre des ombres et frémir,

Intimes fantômes, qui font des pointes.

 

S’ébattre en vain, cogner dans le vide,

Supplier, grogner, crier pitié sans cesse,

Les yeux écarquillés, le visage livide,

Se battre, renoncer, terrassé de détresse.

 

Frapper sa coulpe, pleurer, encore, pleurer,

Se retourner, chercher le jour, celui d’hier,

Vouloir agripper le vent, pour se leurrer,

Se mentir, se rassurer, sortir de l’ornière.

 

S’effondrer, se relever, puis, tomber à nouveau,

Se déchirer à coups d’ongles sales le visage,

Sentir la douleur du corps dans son caniveau,

S’étouffer dans les remugles du naufrage.

 

Perdu dans l’ampleur du doute,

Absorbé, dans l’angoisse confondu,

Sans force, malmené par la déroute,

Se coucher, se fondre en l’étendue.

 

Se perdre, disparaître dans la pénombre,

Devenir aveugle, sourd, invalide du temps,

Dévoré vivant dans l’hallali des ombres,

Victime des autres, et de soi tout autant.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 12:47

Nice dans cette nuit d’un été,

A l’ombre Russe de cathédrale,

En robe Anglaise sur sa jetée,

Tel un ourlet du littoral.

 

En le silence de la vieille ville,

Et l’abandon d’une amitié,

Les rues étroites qui sautillent,

Dans ce regard du vieux quartier.

 

La tête tourne du souvenir des bars,

Il n’est personne dans la rue,

Elle se sent seule en son bazar,

En sa détresse comparue.

 

Elle va, sous le Cimiez, titubante,

Incapable d’une mémoire,

Seule, dans les ruelles adjacentes,

Dedans sa peur et son déboire.

 

L’autre est parti, lâche de lui-même,

La laissant en l’inconnu de l’ivresse,

Égarée, dans ce brouillard d’elle-même,

Hagarde perdue, et sans une adresse.

 

Elle erre, dans la moiteur de la brune,

Larmes aux yeux, peine au cœur,

Sans voir même, l’éclat doux de la lune,

Si aveugle de rancœur.

 

Çà et là elle va, au petit bonheur,

Rues et ruelles anonymes,

Emplie d’alcool, mais aussi de malheur,

D’une porte à l’autre synonyme.

 

Elle est seule dans son dégoût,

Celui d’un passé, d’un présent,

Vomissant dans les égouts,

Sa peur d’hier et de l’instant.

 

Nice ville endormie se tait,

Marie cherche en vain son chemin,

Par les vapeurs entêtée,

Laetitia pleure son lendemain.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 12:36

 

 

Le soir attend que parte le jour,

Que sa lumière comme un sillage s’efface,

Pour enfin prendre place à son tour,

Sur l’horizon, trait lointain qui lui fait face.

 

Dans cette pavane le crépuscule s’attarde,

Enfant de l’arrière saison qui se traîne,

Lueur mystère d’une chimère bâtarde,

Robe des cieux, forlongée par sa traîne.

 

Dans les rouges et les mordorés,

Sa caresse plaine s’étale et s’enfuit,

Traversant prairies bois et forêts,

Puis, ombre, s’estompe et se réduit.

 

Sur le ciel les langues d’un feu s’étirent,

Ondoyantes mauves et lointaines,

Dans la lumière d’un jour qui expire,

Et laisse se perdre son haleine.

 

Flous, l’azur et son reflet sont face à face,

Où sont les cieux ? Où est la moire ?

Quand les nues se perdent à la surface,

D’un calme étang devenu miroir.

 

Puis le jour petitement s’en va, pas à pas,

Emportant lors avec lui son flambeau,

Ultime spectre, à l’instant du trépas,

Quand le crépuscule, trouve son caveau.

 

Le soir en la brune s’étend

Quand le crépuscule s’y dispose,

Sur la terre et le firmament,

Comme un linceul que l'on dépose.

 

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:59

Ne plus porter le regard sur l’horizon, comme si l’on ne croyait plus en demain, et que seul le reflet du jour ne pouvait qu’être en la réflexion de soi, cet égoïsme de chacun, et non plus dans la croisée des chemins, aux carrefours des émotions partagées et des questions irritantes. Se conformer au quotidien du soi dans la répétition d’aujourd’hui.

Réduire la cosmogonie aux émotions singulières et viscérales, subir sa colère, ne plus contenir les gestes et le flot des hormones, laisser la bave et les postillons remplacer les mots et les silences éloquents. Enfourner l’univers en soi et le restreindre aux frontières du dedans, faire de son désir l’infini des choses.

N’entendre que la voix intérieure, les cris qui réclament, devenir sourd et imperméable aux appels des autres qui veulent nous contredire et faire place en nous… aligner les solitudes dans la multitude des foules. Compresser les altérités pour ne plus avoir qu’une masse compacte sans fenêtres…compasser le monde à l’aune du moi et se ressembler à jamais.

L‘instant, l’éternité de l’instant, n’être que le créateur de soi, implacable démiurge du quotidien, écraser tout ce qui irrite et démange, broyer ce qui en nous vient bousculer la certitude, ne croire que l’on ne doit rien à personne et que notre âme s’est autocréée, ex nihilo, comme le ferment subtil d’une génération spontanée organisée par soi. Se reproduire constamment, clone de ses pensées, de ses désirs, tain de son propre miroir.

N’être qu’un maillon hors de la chaîne, à nul autre attaché, se vouloir libre de tout sauf de soi, prisonnier d’un lien intérieur bien plus contraignant, puisque indéfectible, garrot consubstantiel des peurs inexplicables, des doutes et de leurs certitudes, qui participe de nous, que de nous. N’être que le début et la fin, aliéné à soi même, se restreindre à son image et ce qui en fait l’épaisseur, ne rien voir d’autre que ce qui nous ressemble dans cet infini de nous même.

Vouloir, encore et encore, sans limites et satiété, se saouler des envies sans savoir mettre fin, sans ataraxie possible, dans la componction éternelle. Impérieux désir maître de nous, esclave d’une liberté d’avoir, encore et toujours, repu déjà avant d’avoir ingurgité, voulant sans cesse l’après, comme un bateau ivre qui n’a que l’illusion du cap ! S’empiffrer jusqu’à la nausée et la dépasser sans vomir, et ne rien connaître d’autre que la lourdeur des désirs inassouvis, pour éviter les gueules de bois de l’abstinence.

Réduire le temps aux ressentiments, à combler un vide insondable de solitude, à goinfrer son désir, convaincu et certain d’avancer, de comprendre et résoudre l’énigme des jours qui passent. Allonger la vie, agrandir l’image des choses et des lointains, se rassurer par ce plein où l’on entasse les certitudes formelles. Se tranquilliser d’être, se toucher pour s’en convaincre et étaler son envie sans se poser la moindre question, sans entendre la plainte des ombres que l’on écrase. Ne plus se retourner comme si notre livre n’avait qu’une page, celle du jour, éphéméride sans mémoire.

Verser des larmes de reptile, les larmes d’une faim gourmande, pleurs acides d’une colère maquillée et capricieuse…Gémir et se faire tourner la tête dans une ivresse sans contrôle, tournis d’un surplace, valse à contre temps. Mouvements et déséquilibres, images vives, cris et spasmes, sans cesse reprendre le nectar et l’ambroisie pour que la farandole ne cesse. Au bal de l’éternité chacun danse seul dans le brouhaha des musiques personnelles. D’aucuns bousculent et s’étonnent de l’être, chacun se cogne à la frénésie des autres et aussitôt se met en garde, prêt à frapper ce qui l’aheurte pour continuer de glisser dans l’uniformité étale de lui même.

Saurons nous faire volte face et ne pas voir en hier qu’une page tournée ? Saurons nous remettre le jour dans l’intervalle des temps et ne plus en faire un orphelin de notre histoire ? Saurons nous rouvrir les fenêtres intimes condamnées et laisser l’horizon redessiner les aurores et les crépuscules, afin de ne pas toujours vivre et répéter l’identique…ce moi terrifiant et univoque ? Saurons-nous contenir les désirs impérieux, et vivre les pauses du dedans avec autrui qu’on laissera s’inviter en nous ?

Et ne plus confondre le bonheur et l’idée que l’on nous en fait ? Le bonheur et le plaisir...saurons-nous ?

Saurons-nous comprendre qu’aimer c’est servir, et non pas... se servir !

 

Aujourd’hui, plus qu’hier, j’en doute.

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 12:53

Il s’écoule le temps, en torrent accidenté,

A l’écume trompeuse et brouillonne,

Heurtant les berges de contrées hantées,

Où des pécheurs, les âmes s’étonnent.

 

Sinueux en sa mouvance insigne,

Torturé de remous et de vagues,

Il dessine sa route qu’il désigne,

Sur un horizon qu’il extravague.

 

Ombres et tumultes, il glisse,

D’une avance imperturbable,

Pâle surface étale et lisse,

D’un parcours irréméable.

 

D’une rive à l’autre il sinue,

Chaloupe lente en ses méandres,

Et dans les terres s’insinue,

N’ayant de cesse de s’y étendre.

 

Flâne usure de l’érosion,

Lambine caresse des âges,

Teintes d’une corrosion

Déposées sur les paysages.

 

Dénivelé des heures, douce pente,

S’écoule la vie en son temps,

En le lit d’un fleuve qui arpente,

L’intime relief des instants.

 

Rides ronds et ricochets,

Sur le flou de l’onde courante,

Simples desseins empêchés,

Par les surfaces apparentes.

 

Serpent du jour, anguille de la nuit,

Le temps allonge sa mouvance,

Fulgurances ou dolences de l’ennui,

Mol, il s’étire et nous devance.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 12:34

L’ombre du vent, frisson dans la vague des blés,

Fuit et s’enfuit au-delà du jour et de l’horizon;

Par-dessus les prairies et les champs emblavés,

La tiédeur de l’air étale la douceur d’une saison.

 

Au loin porte ton regard, par delà les collines,

Au travers de l’azur où les étoiles sommeillent;

Des parfums cursifs embaument et câlinent,

L’âme inquiète de leurs fragrances plurielles.

 

Le soleil joue dans les contrastes des clairières,

S’amuse des interstices de ses rayons curieux,

Tissant entre les frondaisons ses fils de lumière,

Trame impalpable et claire d’un filet mystérieux.

 

Les insectes s’agitent dans la mollesse du vent,

Au loin, l’air ondule, troublant du fond le paysage,

Dans le ciel une buse étend son tournoiement,

S’élevant toujours plus, à son suivant passage.

 

Sur ta peau perle lentement et scintille la sueur,

La brise passe doucement sa caresse tiède,

L’herbe frissonne, et se couche sous la chaleur,

Là-bas, un corbeau, fredonne un étrange lied.

 

La poussière glisse et danse sur le sol lézardé,

Les ornières altérées se brisent et s’effritent,

Étalant leur cendre fine sur la terre défardée,

Au visage glabre de craie que le soleil irrite.

 

Dans tes yeux clairs l’éblouissement du jour,

L’éclat d’un soleil brûlant,

Le reflet des fleurs et des champs alentour,

Cet autre regard bousculant.

 

Dans le lointain, dans le trouble de l’air mitigé,

Ondulant lentement ses chaudes couleurs pastel,

S’étire dans le flou des draps rouges et orangés,

L’enfant de la nuit, ce lent crépuscule qui s’éveille.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 17:19

 

Voyage d'un arbre sur le fleuve,

Dérive vers l’océan là-bas,

Où roches et méandres ne peuvent,

Stopper cette course en contre bas.

 

Une bouteille à la mer brisée,

Dans les remous intimes perdue,

Tout au fond de criques envasées,

Où nul jamais ne s’est rendu.

 

Rêves de perles aux galets interdits,

Nus, échoués sur les rivages,

Bois flottés et verres dépolis,

Débris, d’un vertige voyage.

 

Se déroule le dépli de l’onde,

Sous la dentelle de son écume,

De part et d’autre de ce monde,

Face à face, de hauts phares s’allument.

 

Sur le sable s’échouent des questions,

Naufragés de ces latitudes,

De la lune, la révolution,

Des vagues, l’allante infinitude.

 

Car sur les plages opposées,

Sont des regards qui s’interrogent,

De ce lointain là disposé,

Dans l’horizon, se fond l’éloge.

 

Parti de loin dedans les terres,

En émigrés de ces forêts,

Morceaux de bois, lambeaux de mer,

Sculptures éparses, tant ignorées.

 

Que dansent les ombres sur l’eau,

Récifs navires et reflets,

D’un ancien monde le nouveau,

Le vent, dans les voiles gonflées.

 

De part et d’autre face à face,

Là-bas, chacun sur son rivage,

Sur ces dunes que la brise efface,

Germent des rêves de voyage.

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article
22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 12:10

J’irai, aujourd’hui et demain,

Tout comme j’y suis allé hier,

A la croisée de ces chemins,

De ces vieux sentiers de naguère.

 

Sur les ocres arides des pierres,

Faisant face au soleil du jour,

Dans les tourbillons de poussière,

Patient, je chercherai toujours.

 

J’y chercherai ton doux sourire,

L’ombre oblitérée de nos pas,

Sous la cendre des souvenirs,

Cet avenir qui ne fut pas.

 

Quand viendra la douceur du soir,

Sur ce désert intime brûlant,

Au crépuscule de la mémoire,

Les rêves, iront en reculant.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:28

Si tu étais archet et moi violon,

Ô princesse tzigane !

De ma vie tu serais lamentation,

Une plainte gitane.

 

Dans la nuit profonde, interminable du temps,

Pieds nus, un long foulard sur tes cheveux,

Tout au long de la brune, l’obscur du dedans,

Tu danserais vêtue de noir, autour d’un feu.

 

Si femme, lascive romanichelle,

Tes yeux serpents, prunelles d’orient,

Ballerine légère, noire tourterelle,

Sur mes cordes, tu ballerais en riant.

 

Chaque pas, chaque note, serait blessure,

Vielles cicatrices, souvenirs douloureux,

Musique entêtante, d’une lente torture,

Femme tentatrice, d’un désir malheureux.

 

Si tu étais archer et moi violon,

De tes caresses sourdraient mes pleurs,

Larmes de nacre, perles de passion,

Irisés sanglots, d’un orphelin bonheur.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article
21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:12

 

 
 

 

Dans la lassitude des jours et des nuits attenantes,

Du temps infini et uniforme s’écoule la rivière,

Entre des rives plurielles, alternées et changeantes,

S’égrènent imperturbables les secondes singulières.

 

Dans le chatoiement des choses et de leur probabilité,

En l’incertitude des particules invisibles et des ondes,

Par le carré inverse des distances s’exprime la gravité,

Quand l'abscons quantique chante l’hymne du monde.

 

Dans les entrelacs des possibles se perd la raison,

Celle de l’être qui est, et qui se demande s’il est;

Son existence a-t-elle le choix des futures saisons ?

Sans le risque de se perdre ou encore de s’aliéner ?

 

Dans l’agitation des foules et des passions afférentes,

Aux instants de précipitations, de folies et de dédain,

Se bousculent les envies et leurs colères inhérentes,

Assassines des altérités et des possibles lendemains.

 

Dans l’univers des droites infinies ne se croisant jamais,

Les espèces avancent, mutent et changent leurs allèles,

Allant de l’avant, au gré du hasard et de la nécessité,

Là où peut-être un jour, se joindront les droites parallèles.

Repost 0
Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
commenter cet article