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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 13:04

 

johanA vous, qui, par vos curieux regards continuez de faire exister mes mots...des mots que personne ne lit n'ont plus d'intérêt,  et l'émotion de laquelle ils furent enfantés alors se meurt.

 

 

Johan

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 12:53
  (Si vous le voulez, lire le texte après 1 min 20sec environ de musique, au moment du piano)

 

Une bouteille à la mer

Dessus des vagues blanches,

De la brume dans l’air

Mais aussi dans les branches.

 

Un soleil qui se lève

Un autre qui se couche,

Le matin qui s’élève

Où l’horizon l’accouche

 

Au lointain un navire

Si petit, immobile,

Là dans l’ombre chavire

Son destin malhabile.

 

Quelques mots griffonnés,

A l‘encre de la peine,

Un papier chiffonné,

Aux tracés de sa penne.

 

Sur le sable des pas,

Que les vagues cancellent,

Dessinant sans compas

Leurs volutes de sel.

 

A la côte amarrée

La crayeuse falaise,

Que la haute marée

Vient saper à son aise.

 

La dune et ses oyats,

Les restes d’un filet,

Une haie de thuyas

Qui semble un défilé.

 

Des coques et des couteaux

Carapaces calcaires,

Coquilles sans manteau

Vestiges saint jacquaires.

 

Le cri des goélands

Qui dansent dans le vent,

Chanteurs horripilants

Mais planeurs émouvants.

 

Galets et bois flottés

La caresse du temps,

L’azur abricoté

En ce jour hésitant.

 

Postillons de l’écume,

Le brouhaha des vagues,

L’invisible porte-plume

De l'aurore qui divague.

 

Sis là-bas au levant

En son aube marine,

Un soleil s’élevant

Arrobe mandarine.

 

Des confettis d’argent

Sur la mer se déposent,

Un crabe diligent

Dans les roches s’expose.

 

Sur le plissé de l’onde

Venant s’y réfléchir,

L’image de l'ancien monde

A l’heure de s’infléchir.

 

Une bouteille à la mer

S'échouant au rivage,

Dans l’éclat éphémère

D’un matin sans nuages.

15/06/2012

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 14:09

Ce poème est une ode, un hommage aux femmes  qui, nonobstant le temps qui passe, restent si désirables, ô combien sensuelles et n'en sont alors que plus belles! Il est possible de couper les alexandrins et de faire alors des vers de 6 pieds, comme j'aime le faire sous forme de quatrains, les rimes resteront, seul changera le rythme, àvous de voir ce qui "chante" le mieux.

 

 
 

Je vois le temps qui passe et ses rides certaines,

Acceptant de guerre lasse le tourment qu’il entraîne ;

Mais pourtant malgré tout, il est de beaux instants,

Ces heures pleines surtout qui modèlent le temps,

Regards outre brillants aux silences emplis,

Iris sémillants d’instances accomplies.

 

Les souvenirs présents dessinant un visage,

De lui contredisant l’irréparable outrage,

Toutes ces années pesantes, de votre vie passée,

Choses jadis outrageantes, sises à peine effacées ;

Mais le charme indicible, l'instante féminité,

Là, rendent encore possible, du corps... l’aménité.

 

Cet émoi si troublant cette vague intérieure,

Quand le cœur ci tremblant s’agenouille prieur,

Il murmure sa chamade, soliloque ânonné,

Paroles douces nomades d’un regard étonné ;

Face à lui cette femme, de ses rides embellie,

Réceptacle d’une âme en l’instant aboli.

 

Il est une musique, une intime rivière,

Au présent amnésique s’écoulant dans l’hier,

La beauté éternelle, son désir infini,

En l’étreinte charnelle à jamais définie ;

Par le ventre l’enchère, du regard et la peau,

Cet appel de la chair refusant son repos.

 

Vous voici là madame, tel un péché mortel,

Ici de corps et d’âme en désirable autel,

Là, riche de vos hier, sensuelle de votre âge,

Aux cils et paupières colorés de voyages ;

Halée par ce soleil astre du temps qui passe,

Si belle et nonpareille quand mes yeux vous enlacent.

 

Vous je ne peux qu’aimer, maintenant, pour toujours,

En cette ombre lamée de l’instant contre-jour;

De ridules exhaussées quand elles cherchent au loin,

Vos prunelles font danser les amants du refrain ;

Rien n’y fait, n’y fera, ni l’avant, ni l’après,

Sensuelles en l'aura, à jamais diaprées.

 

(20/05/2012)

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 17:40

 

  (Attendre 24 ème seconde pour lire)
    Ciel de flammes et de feu

Son foyer rougeoyant,

De nuées en les cieux

Qui brûlent en poudroyant.

 

Epaisses incarnates,

Aux larmes des couleurs,

Tourmentes écarlates

Volutes de fureur.

 

Le souffle d’un dragon

Sur la toile étalé,

Hélianthe en le lagon

Garances d’un palais.

 

Un camaïeu de sang,

Tisons d’hémoglobine,

Pigments incandescents

Aux braises concubines.

 

Salamandre d’hier

Sfumato cramoisi,

Ardentes écuyères

Des cendres d’astasie. 

 

L’étrange d’un amalgame

De l’infini l’étale,

Ces rouges polygames

S’épousent  puis s’étalent.

 

L’instant est un brasier,

Le cœur de l’incendie,

D’où semblent irradier

Les pleurs de l’acédie.

 

Se convulse et se tord

Ce serpent de l’antique,

Doucereux et retors

Aux flammes d’encaustique.

 

Elle peint là sa colère

Du volcan les tourments,

Sa fougue maculaire

En fards et pigments.

 

Ci son pinceau se couche,

Là s’arrête puis s’agite,

D’arabesques en touches,

Dépose ses augites.

 

Artiste d’un orchestre,

Orfèvre d’une flamme,

De mouvances équestres

Se dessine la femme.

 

Coucher d’un orient,

Le souffle de la terre,

Qui là vient dépliant

Son voile de mystère.

 

(17/05/2012)

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 15:55

 

 

L’œil d’un monde infini,

Sur soi-même ce regard,

Quand bien même défini

Le pinceau s’y égare.

 

Sans ne rien figurer,

Ni chose ni modèle,

Sur ce cadre adiré

 L’émotion si fidèle.

 

Par les teintes le lointain

L’ailleurs existentiel,

Sur la psyché sans tain

La fractale arc en ciel.

 

Profonde galaxie

Vieil iris fatigué,

Stupeur ataraxie

Du regard intrigué.

 

La veine sur le marbre,

Le cratère en hélice,

Les écorces sans l'arbre,

Enroulées et si lisses.

 

La voûte d’un empyrée

Michel Ange céleste,

Volutes inspirées

Tournoyantes et lestes.

 

Maelstrom camaïeux

D’azur et de nuages,

Qui emporte les yeux

Par delà son fluage.

 

Les pigments se déposent

Ci se mêlent, là se cherchent,

S’enroulant se disposent

Imposant la recherche.

 

Une toile et ses couleurs,

Une palette, sa lumière,

Elle semble la douleur

La naissance première.

 

L’ivresse d’une danse,

Des sens, l’emportement,

En teintes et nuances

Son flou linéament.

 

Une pupille, cataracte,

Acryliques étoiles,

L’ouverture en l’entracte

De l'instant qui se voile.

 

Du plus profond de l’être

 Surgit l’inspiration,

De pastels et de lettres

L'artiste gestation.

 

(12/05/2012)

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:48

 

 (attendre le saxo pour commencer à lire)

 

Comme un ciel souffrant, torturé,

Qui là se pose lourd et pesant,

De gris et de gras aduré,

Aux faîtes de nos toits alezans.

 

Géantes agitées par le vent,

Semblant vouloir le découper,

Ces éoliennes ci s’élevant

Tournent inlassables et groupées.

 

Colzas qui s’étendent au loin,

Parure d’or d'une terre adornée,

Ondes d’un océan malouin

De corolles safranes ornées.

 

L’instant contrefaisant la nuit

Nous semble vouloir s’y blottir,

Car dans l’averse qu'il essuie

C’est du deuil qu'elle le vient vêtir.

 

Tout est si sombre endémené,

Les nues les herbes et l’horizon,

Car dans ces cieux enchifrenés

Le jour égare sa paraison.

 

C’est treillissé d’un froid crachin

Que le paysage se montre,

Terne tableau si maraîchin,

Sinistre toile et malencontre.

 

Le requiem la symphonie

Des éléments qui se démènent,

De la nature l’acrimonie

Ainsi soit-il bien peu amène.

 

Déjà les près sont des tourbières,

De pluies engorgés puis de fange,

Dans ce décor de mise en bière,

N’est que le vent qui les dérange.

 

Sis à la croisée des chemins,

Où s’élève un ancien calvaire,

Cloué par les pieds et les mains,

S'élave un pâle christ sévère.

 

Nues, les ramures semblent des doigts,

Des griffes qui s’agrippent au ciel,

Le déchirant en quelque endroit

Pour que s’évade l’arc en ciel.

 

Point de soleil moins de lumière,

Un empyrée bien chiffonné,

Sur le chemin jouxté d’ornières

Des tuiles cassées abandonnées.

 

L’eau, sur les penchants des talus,

Vive, dévale traçant des ravines,

Serpent qui cherche son salut

Par ces creux sentiers qu’il devine.

 

Pâtures, champs d’avril ennoyés

Sous l’abondance de l’averse,

D'un printemps par trop dévoyé

Dont l’ivresse ici se déverse.

 

(29/04/2012)

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 19:23

(Photo copiée sur http://bloncourt.over-blog.net)44-1284--Ecole-communale-pri.jpg 

 Peu de temps après leur installation, les premières grandes vacances passées, ouvrit l’école de la cité, les écoles plutôt, connexes, filles et garçons. L’ultime pierre de l’édifice, un monde à part mi ville mi champs, en autarcie complète et identité naissante !

L’école cocon de laquelle un nouveau monde devait naître, en attente d’exuvie, entre passé et présent avec ces jeunes maîtres porteurs de la tradition séculaire des hussards noirs, messager de l’idéal, missi dominici de la république convalescente et ambitieuse. L’école comme un cœur à part avec son rythme bien à lui, au fil des saisons de la nature et du calendrier, mais aussi des siennes propres, transmises par les habitudes et les rituels enfantins. Le temps des billes, de la maison au travail par le chemin des caniveaux, le temps des tournois improvisés à la craie dans la cour de récréation, des gouttes d’eau et porcelaines qui avaient une si grande côte à la bourse du désir. Billes en terre pour les pauvres sans aucune valeur que celle de l’humiliation. Les sacs cousus par les mères dans ces tissus oubliés, remplis et puis vite maigrelets après les défaites douloureuses et humiliantes infligées par ces as de la tiquette, gavroches débrouillards de la cité.

Le temps des osselets, des mains râpées sur le macadam par des fascinantes et intrépides balayettes au « trois sans bouge » ! Le temps des avions en papier planeurs infatigables qui ravissaient Jean lorsqu’il les regardait flotter dans ce ciel circonscrit des alentours, aéronefs fragiles, qui débordant les frontières invisibles de l’espace aérien de la cour, s’évadaient parfois et s’en allaient continuer leur périple ailleurs, accompagnés de la gloriole de leur ingénieur en culottes courtes ! Le temps des parties de morpions, tracées au calcaire des champs sur l’ardoise rugueuse de la cour, croix et ronds placés avec minutie puis vite oblitérés par la défaite et la mode d’un nouveau jeu ! Touche-touche, guerre inventées, bousculades d’une virilité naissante et à confirmer.

Le temps des saisons, le temps des rituels et des classements, le temps impérieux de l’école aussi avec sa rentrée et ses odeurs de plastique neuf des protège cahiers, une couleur pour chacun des travaux forcés : du jour, de composition, de brouillon… La distribution des fournitures qui rendait plus acceptable cet enfermement à venir. La répétition des semaines conséquentes et conformes, le poste de radio que le maître sortait chaque mardi de sa secrète cachette pour la séance de chant médiatique de France musique ! La classe qui se chauffait la voix synchro par des iiii, des aaaa, des oooo et uuuu sous la direction de ces ordres venus d’ailleurs le haut parleur.

La corvée privilège de plantes, de tableau, d’encrier, et les crayons à tailler avec cet appareil magique fixé au bureau ! Chacun son tour, sa semaine, l’impétrant arrivant plus tôt, sacrifiant la récréation du matin (celle où tout se disait, secrets et racontars de la veille) pour accomplir cette mission avec orgueil et parfois suffisance.

Le temps des plumes Sergent Major que Jean foulait et celui des stylos à bille formellement magiques mais bannis séant, de cette encre violette dans des encriers sitôt remplis par des morceaux de craies afin qu’elle fût changée au plus vite. Des doigts maculés de copiste débutant, langue dehors et coude sur la table commune, le buvard en garde fou de gestes malhabiles. Ce temps du respect et de la crainte aussi, du sifflet qui figeait la cour de récréation en une immense sculpture vivante, forêt d’enfants immobiles où deux ou trois ahuris, cependant le diktat sonore, continuaient leur courses échevelées et se voyaient tancer publiquement puis punis, publique opprobre devant toutes ces statues intérieurement rassérénées de ne pas en être ce jour !

Celui des filles en face, lointaines et interdites, en silhouette qui jouaient à la corde, à la marelle, avec leurs jeux secrets et copiés parfois, en douce pour savoir ! « Ce palais royal qui est un beau palais où les toutes jeunes filles sont à marier », ritournelle qu’elles répétaient à l’envi tout en sautillant par dessus la corde folle qui tourbillonnait ! Comme beaucoup eussent aimé être le préféré de «  mademoiselle unetelle qui veut l’épouser », oui non ? Oui non ? Et cette corde qui tournait et tournait comme un destin inexorable pour des amours à venir ou pas ! Ces jeux de l’autre côté de cette frontière virtuelle mais infranchissable, à tout le moins là, si féminines activités mais que les garçons regardaient à la dérobée comme curieux de les comprendre, pour essayer ensuite dans la cité avec les sœurs et voisines !

Le verre de lait ministériel pour une dose de calcium à la récréation, frais ou chaud dans de grandes marmites d’aluminium, avec cette peau si peu ragoûtante qui flottait et lui faisait choisir immanquablement le breuvage froid.

Le temps des rangs, alignés sur une tête ! Le temps des places au mérite, classement humiliant dans l’espace de la classe, des bulletins de satisfaction, une image pour dix bons points comme un trésor sans prix, des sorties en chenille humaine jusqu’au portail pour un égaillement général après un bonsoir monsieur ! Liberté conditionnelle jusqu’au lendemain et retour au bercail par le chemin le plus…long !

Ce temps des visites en sous vêtements, tous en slip blanc et docte regard d’un toubib sur des roubignolles immatures. Celui de l’orange de noël et de la brioche, des pieds mouillés dans des chaussettes reprisées, de Laurel et Hardy en noir et blanc nés d’un bruyant projecteur dont le faisceau traversait toute la salle de cantine, où les enfants ensemble et bruyamment faisaient le décompte qui s’égrenait sur le mur dans le cliquetis de la machine des frères Lumière. Des cassures de la pellicule, frustrant et prétexte à se laisser aller enfin sans risque dans la pénombre et la joie des fêtes à venir ! Le gros et le niais dans leur avion chaque année s’évadant de la légion, mais qu’importait la répétition puisque les âmes chantaient et frissonnaient de ce bonheur commun !

Celui aussi des timbres à vendre pour lutter contre l’infâme tuberculose millénaire, porte à porte dans les cages d’escalier à dessein de complaire au maître, cette époque aussi des vaccins et cutis ritualisés !

Le temps des odeurs de cire et de javel à la fin de l’année, lorsque chacun effaçait les traces de sa présence sur la table de labeur, pupitre sacré, pour ensuite le faire briller au mieux ! Oui Jean, le temps des interminables récréations de juin où l’étude du soir avait un goût d’enfin, saveur des grandes vacances à venir ; celui où il jouait en classe avec les jeux apportés, ce temps d’adieu pour le passage à niveau supérieur, se demandant ce que serait ce nouvel instituteur côtoyé l’année durant dont il ne savait mesurer le caractère, et que les plus grands bien sûr se régalaient cruellement à décrire comme terrible et implacable. Ces instants de fin d’année et de remise des prix dans la salle de sport surchauffée, des édiles barbonnants sur l’estrade, des spectacles en costumes et des dictions en public, de la pêche à la truite, des conserves à caramboler, des ballons gonflés à l’hélium pour un merveilleux voyage dans l’espace emportant un nom, une adresse, un espoir.

Le temps du petit train dans la cour, des sourires aux maîtres et de la visite des classes où s’étalaient et s’exposaient les œuvres du travail manuel. Le temps des vacances qui s’en venaient et d’une rentrée si lointaine dans une école qui peu à peu prenait les couleurs d’une autre époque pas encore entraperçue !

Cette école où personne n’osait entrer hors des périodes scolaires, lieu conventuel et sacré qui cachait c’est certain un passage secret seul connu d’un bossu que nul n’avait jamais vu, mais qui enlevait les petits enfants bien qu’aucun ne manquât jamais à l’appel lors des rentrées !

Une école en blouse et tableau noir, en craie et encre violette, entre sourire et crainte, une école souvenir entre deux époques comme couloir de lumière !

 

( A monsieur Dourdain ce Maître merveilleux de CE1 que je n'oublierai jamais...jamais)

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 18:31

(La musique est sous le texte si cela vous dit d'essayer ensemble)

 

traitement-insomnie.jpgOmbres et lumières des instants commencés qui se réclament à nous, impérieux et ostentatoires qui nous viennent chercher en la nuit. Les voilà qu’ils font leurs demandes, insistants, exigeant leur fin, ces heures qu’ils disent leur manquer... l’insomnie le cédant alors au sommeil. Fantômes, papillons nocturnes aux ailes brunes et de poussière, qui se déplacent légers et en tous sens, dans la syncopée d’une excitée chorégraphie, venant nous effleurer parfois, le front ou la chevelure, à dessein de nous éveiller et de nous maintenir en cet état d’hébétude angoissée. Rien ne les effraie, ni la flamme des bougies et des cierges sur laquelle ils pourraient consumer leurs ailes, ni encore les grands gestes désespérés qui tentent de les chasser. Ils virevoltent, changeant sans cesse de direction, affolant les esprits inquiets qui s’agitent comme des démenés, tourments impalpables qui s’obstinent et les harcèlent. Rien n'y fait et ne semble pouvoir y faire, ils insistent, provocateurs, harceleurs, essaim d'ombres et d'attouchemenst cursifs, caresseurs malséants et désagréables.

De conserve le piétinement de ces autres fâcheux, coléoptères non invités qui de leurs pattes poilues vous tapotent le front à n'en pouvoir mais. Qui se cognent et s'entrecognent, carapaces chitineuses contre carapaces de chitine, faisant résonner en votre crâne ces myriades de petits chocs, d'à-coups de charges et de heurts, dont l'écho se répète inlassablement, se nourrissant de lui-même, et paraîssant s'amplifier à chaque seconde, se répercuter à n'en plus finir! ils courent, entrent et sortent, vous envahissent, semblent vous dévorer de l'intérieur, s'agiter frénétiquement en vos yeux, en votre tête, en votre chair, sous votre peau, tandis que leur frères volants continuent de vous harceler de l'extérieur,complices ostensibles et entêtants; sardoniques et agiles aviateurs. L'armée vous détruit à petit feu, vous pille, vous absorbe, vous envahit, vous consume, vous ravage et vous ronge, impitoyablement, peu à peu, sans répit ni trêve, sans échappatoire possible... proie sans défense, dépécée de la nuit. 

 Ils vont et viennent, de gauche à droite, de droite à gauche, de façon aléatoire, trublions intrépides, agitateurs endemenés, n’ayant de cesse, de cesse de nous narguer, de maintenir cet éveil forcé jusqu’à la migraine, le martel séditieux et implacable, qui  défonce votre tête tout en vous maintenant malgré tout vivant. Noctambules agités, vampires impalpables et enragés par cette fin qui leur manque, ils réclament ce dû,leur bien sans crédit... que ce qui a débuté finisse, afin de clore leur parenthèse, leur étant... alors seulement ils repartiront, disparaitront, s'évanouiront, repus et satisfaits, dans cette complétude de laquelle ils se sentent invalides, mutilés et boiteux... si pleinement imparfaits.

 

 

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 19:08
  

Une voix dans la nuit, tu es là, simplement par les mots, ces petits rires qui parfois les entrecoupent, mais aussi par ces silences qui semblent dire et que je n’ose interpréter, pris par cette non assurance, par cette peur que tout ne s’arrête incontinent, et que le vrai, le long et pesant silence ne s’installe. Alors je t’écoute dire, rire, me parler de cette voix si belle, si légère, pleine d’alacrité et de douceur... épris, empli de ce charme qui émane de l’instant, de ce charme qui le constitue en sa matière, sa temporalité... de cet émoi nouveau et singulier qui s’empare de moi, là, dans cette pénombre nocturne, cette obscurité qui nous réunit, te rend si proche, si présente à te toucher presque, bien que nous soyons distants.

Une voix, simplement une voix, sa tessiture, la hauteur de son timbre, son harmonie, son écoulement, me voilà épris, pris, emporté dans ce flot ténu et caressant, tendre doux et lisse... j’échappe à la pesanteur, à la réalité, à ma réalité, à mon instant pour le tien, le nôtre, ce moment qui procède de toi, qui est toi et se révèle en moi, qui s’inscrit en moi, en l’émotion qui se fait et que tu es, crée, instille... cette émotion dont tu participes tout en l’étant à part entière... il suffira que tu te taises, qu’un clic vienne fermer cette parenthèse,clore cet instant, et il n'en  restera qu’un souvenir de cet émoi, qu’une évanescente perturbation, une sorte de chimère, mélange de bonheur et d’incertain, d’incertitude... de frustration mêlée de joie, d'une joie à peine née...

Une voix pour renaître, reprendre le cours interrompu d’une existence, d’un long et douloureux sommeil, d’un coma violemment arrivé... d’une mort encéphalique et sensuelle. Une voix, un être, une âme, un e étoile dans une nuit sans soleil,  univers ravagé par un soleil noir, avide et sans pitié, froid... un rayon de lumière, de vie et de vérité... qui efface derrière ces ombres malsaines et malséantes, ces fantômes insanes et  délétères...une voix dans la nuit comme un autre soleil, vrai, à la caresse douce et non brûlante, sinon de la sincérité, d’une tiède et apaisante humanité.

Je reprends les mots anciens, si salis, si torturés, et je les nettoie, cherche à leur redonner un éclat, une vérité, un sens, leur sens, départis de la souillure dont on les a tachés, entachés... ils semblent lentement se réveiller et reprendre leurs couleurs, leur chaleur,leur vie... ils ne sont plus interdits, plus univoques ni tabous... libérés de cette geole, de la gangue, où on les avait enfermés, torturés, bafoués et violés... comme des fleurs, des bougeons, des alevins en leurs oeufs trop étroits,  ils renaissent et ne demandent qu'à éclore.... pour être offerts, t'être offerts...ce bouquet est encore fragile mais il prendra de l'ampleur, des couleurs nouvelles et uniques, un parfum jamais diffusé, jamais exhalé, bien plus doux, suave, envoûtant que toutes ces autres fleurs, désormais fanées, ont pu développer et répandre...comme un printemps qui s'en vient, un regain... un désir...

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 20:18

Ecrit ce soir en attendant le repas et avoir lu le dernier article d'Hécate (Adonis)...

 (J'aime ce morceau excusez de la répétition)
 

P1010953a1-copie-1.JPG

Comme une cérémonie

Adornée de trémières,

Par l'encens les nénies

S'enivre de prières.

 

Les grandes orgues en les âmes,

L’émotion qui étreint,

Les yeux aux bords de larmes

Si pleins de leur chagrin.

 

Des vitraux la couleur,

Leurs images compassées,

Scènes emplies de douleur

D'espérance exaucée.

 

Là, s’élance la voûte

Comme poussée vers le ciel,

Flou vertige qui envoûte

En l’instante officielle.

 

Les perles des chandelles

Qui coulent transparentes,

S’allongent en cordelles

Se figeant larmoyantes.

 

Il fait chaud, il fait froid

La caresse d’un frisson,

L’extase et puis l’effroi

Sublimes en l’unisson.

 

Les niches et les absides

Le transept en sa croix,

Du dieu l’infanticide

En la lumière qui croît.

 

Silencieuse elle s’avance

Là compacte et légère,

C’est à peine si elle danse

Cette foule étrangère.

 

Des sanglots vient le temps

Des chamades aussi,

Celles des cœurs haletants

En ce chœur que voici.

 

Du parvis vers l’autel

L'allante procession,

Mosaiques et catelles

Dallant son accession.

 

Le chemin les stations

Des êtres qui se cherchent,

Communes expiations

De plurielles recherches.

 

En l’instant d’un silence

D’un émoi si troublant,

Les âmes libellances

S'écrivent en tremblant.

 

Par l’aveu des péchés

La quémande du pardon,

C’est au fils dépêché

Qu’ils délivrent leurs dons.

 

Des lèvres des murmures

L'offrande de l'hostie,

La passion sur les murs

La Cène l'Eucharistie.

 

 

(16/04/2012)

 

 

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