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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 22:06

Tópicos de la noche

Un crépuscule qui se réveille,

Ses draps légers teintés d’opale,

La lune sortant de son sommeil

Dessus les nues aux reflets pâles.

 

Des arbres nus dressant leurs ombres,

Le cri d’un chien dans le lointain,

Le vent glacé dans la pénombre,

Là des ornières miroirs sans tain.

 

Un cœur serré pleurant sa vie,

Une chambre froide et ses mansardes,

Une âme lassée sans plus d’envie,

Un jeune chevreuil cherchant sa harde.

 

Comme un écho venu d’ailleurs,

Un air qui tourne dedans la tête,

Une musique toute intérieure

Qui se répète et qui entête.

 

Une lourde larme venue de loin,

Un gémissement là contenu,

Un étonnement, son coup de poing,

Nous saisissant sans retenue.

 

Un mauvais rêve comme un refrain,

Une vieille charpente qui craque et pleure,

Un vieux remord rongeant son frein,

Un courant d'air qui nous effleure.

 

L’éternité des cieux sans fin,

La terre qui danse oscille et tourne,

Un maigre chat criant sa faim,

Une musaraigne qui s'en détourne.

 

La sorge étire son noir satin,

L’oiseau de nuit s’envole et glisse,

L’aurore d’automne cherche le matin,

Les champs obscurs semblent si lisses.

 

Le temps qui passe, le ciel qui court,

La nuit qui tombe et se relève,

La lune gibier d’une chasse à courre,

Déjà demain le jour se lève

.

 

(14/11/2015)

 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 17:37

 

Apposer ses doigts sur les touches,

Dans cette émotion de l’instant,

De celle troublante qui nous attouche,

De ce frisson là si prestant.

 

Lors, les laisser faire cette musique,

L’étrange ballet de leurs mouvements,

Digitales danseuses aphasiques,

Légères dans leurs accordements.

 

Des lettres, phonèmes et syllabes,

Qui se créent, s’aboutent et s’enchainent,

Destriers de mots attelables

Libres, se succédant à la chaîne.

 

Dire, réaliser sa pensée,

Trahir l’émotion, la traduire,

Ces choses troubles et insensées,

Vouloir ci là les reproduire.

 

Clavier, des doigts la balade,

La partition sans clef de sol,

Tangos, valses, musettes et ballades,

L’étrange orchestre à l’entresol.

 

Ci composer sans instruments

Une symphonie de l’intérieur,

Sonner si fort incongrûment

Cette aphonie venue d’ailleurs.

 

Rire et pleurer du bout des doigts,

Sécher ses larmes par un retrait,

L’exclamation comme il se doit,

Une orthographe toute en portrait.

 

Hurler, crier par des appuis,

Chorégraphie de ces phalanges,

Comme s’en allant de puits en puits

Pour abreuver de sons les anges.

 

Jeter ensembles les mots épars,

En tapotant sur un clavier,

Tiret venant qui s’en repart,

Les alignant non abréviés.

 

Ecrire, écrire à en pleurer,

Vomir son ventre, vomir ses tripes,

Taper des doigts sans se leurrer,

Vider sa tête comme on l’étripe.

(14/11/2015)

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 15:05

De feu de fer de soufre,

Dieu est un assassin,

Car si ainsi l’on souffre

Tel est son dessein.

 

Non, point de paradis,

D’amour, de rédemption,

Nul n’est bon ou maudit,

Ni n’a de préemption.

 

Ci conçu par lui-même,

Depuis la nuit des temps,

Récoltant ce qu’il sème,

Instant après instant.

 

Le mensonge du bonheur,

Celui de la raison,

Que sera la bonne heure

Un jour dans la maison?

 

L’illusion des demains,

Des jours-là bien meilleurs,

De l’union des deux mains,

Dans un monde bien ailleurs.

 

Dieu n’est qu’un beau prétexte,

Pour nous tous faire accroire,

Que tout est dans les textes,

Qu’il nous suffit d’y croire.

 

Le verbe n’est que le nôtre,

En lui rien de divin,

Dieu n’est pas un autre,

Ni son fils dans le vin !

 

L’immanence est humaine,

Bien fade, bien terne et sombre,

Si peu loin elle nous mène

Nous ne sommes que des ombres.

 

Dieu n’est ni ne sera,

Oui le monstre est un être,

Un être, qui toujours fera,

L’offrande pour s’en repaître.

(14/11/2015)

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 21:43

( Une photo, une émotion, un corps nu sublime... des mots)

 

L’étale plaine de son corps,

De sa peau la finesse,

La lumière comme accore

Son parfum d'aloes.

 

Sur le dos étendue

Si bellement dénudée,

Ventre et lombes tendus

En l’instant éludé.

 

 

De sa gorge la vallée,

L’opulence de ses seins,

Aréoles halées

Emotion d’un dessein.

 

Le contour de ses hanches

Tel un bel aparté,

Silhouette si blanche

Sous la douce clarté.

 

L’ombilic, les sillons,

De ses muscles le dessin,

Délicats tourbillons

Dessinant son bassin.

 

Le delta de ses cuisses,

La sublime colline,

Réceptacle et calice

De ses lèvres salines.

 

Merveilleux paysage

De ce corps d’une enfant,

D’une femme sans âge

A l'éclat triomphant.

 

Là n’est rien de plus beau

Que cette émotion-ci,

Mon regard sur sa peau,

de lumière adoucie.

(11/11/2015)

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 18:50

Ces courbes et son corps

S’accorde son cœur,

Se courbe l’accord

L’accord de son chœur.

 

L’éclat de son âme,

De son âme jolie,

L’ancolie d’une femme

En sa mélancolie.

 

Sa dance et sa Geste

Gestes de sa dance,

Silence si leste

Céleste et si dense.

 

Ci belle et si jeune

Si jeune de son temps,

De son tant le jeûne

La gêne se l’ôtant.

 

Là nue sous le ciel

De ces cieux sans ses nues,

Ces dits cieux essentiels

Essentiels devenus.

 

Douce femme gracile

Qui enfante sa flamme,

Dans les fentes de ses cils

Son regard nous enflamme.

 

Ces courbes encore

L’angor de mon cœur,

Dans l'encore de ce corps

Où s’accorde son chœur.

(07/11/2015)

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 21:48

 

De la contradiction des êtres,

Des regards mais aussi des choses,

Avoir et bien souvent paraitre,

Le paradoxe ici se pose.

 

De la sacro-sainte raison,

De cet amour au coin des rues,

De ce progrès comme horizon,

Du bonheur traçant ses enrues.

 

La messe est dite depuis toujours,

Depuis ce temps de la pensée,

De cet instant du premier jour,

Où la main créa l’insensé.

 

Des désirs se fit l’addition,

De ces besoins continuels,

Les mécomptes de nos addictions,

De nos plaisirs habituels.

 

Les noces ne sont plus de Cana,

Le vin a le goût du vinaigre,

De ce monde que l’on dessina

Les restes sont ici bien maigres.

 

La vérité est un dilemme,

Choisir Charybde ou bien Scylla,

La vie, cette vie, celle qu’on aime,

N’a pas de sens, ici ou là.

(04/11/2015)

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 16:56

Infini étale et profond

Tel un océan qui s’enfuit,

L’horizon traçant sur son fond

Ce demain que l’on cherche et fuit.

 

Elle est là, floue, évanescente,

Légère comme un voile de satin,

Si froide, glacée chaude et brûlante,

Obscure claire rosée du matin.

 

Un lit de pétales, de feuilles mortes,

Sur un chemin d’été, d’hiver,

Une ligne sinuant de toutes sortes,

Une pièce tombant sur l’avers.

 

Limbes si claires sombres et profondes,

Marais, eau limpide d’une rivière,

La nuit où les ombres se fondent

Un jour abaissant ses œillères.

 

Une caresse apaisant les âmes,

Un cautère dévorant les chairs,

Le baiser tranchant d’une lame,

L’inconnue d’une porte cochère.

 

Un soleil qui se lève et se meurt,

Le lointain orange et si noir,

L’esprit figé en la demeure

En la peur ou le nonchaloir.

 

Floues et impalpables pensées,

Lucides, transparentes et sombres,

Là pragmatiques ou insensées,

Abîmes insondables où l’on sombre.

 

Vent câlin ou vif tourbillon,

Parasites hôtes ou invitées,

Frelons couleuvres ou papillons

Ci nul ne peut les éviter

 

(04/11/2015)

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 12:21

(Sachez attendre le bon instant de cette musique pour commencer votre lecture, désolé pour la pub en intro)

 

La lumière intense du soleil,

Un tapis de feuilles étalées,

Les champs emblavés qui s’éveillent

Jeunes épis à peine dévoilés.

 

La froidure enveloppe la plaine

La terre humide est engourdie,

Les ramures glabres s’agitent à peine

De glaise leurs pieds sont alourdis.

 

Dessus le sol plane une brume,

Un voile léger humide et froid,

L’onde des labours et cette écume

Semblent une mer figée d’effroi.

 

Des goélands ci félatiers

Paraissent attendre les machines,

Ces lourds terrestres chalutiers

Ouvrant la terre en son échine.

 

Tout est frissons, tout est silence,

L’automne étale sa robe claire,

En sa présente désinence

Le ciel est pur de ce bleu clair.

 

C’est un dimanche de chrysanthèmes

De tombes grises et fleuries,

Les âmes attendent leur baptême

Ci dévêtues de leurs soieries.

(01/11/2015)

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 19:10

Posée sur la vitre la buée,

Une larme lente s'y glisse,

Dehors la nuit semble embuée,

L’automne, son chagrin, ses prémices.

 

Les arbres maigres sont dénudés,

Dessus leurs pieds gisent leurs feuilles,

Dentelle d’ombres venant préluder

Ces branches mortes qui les endeuillent.

 

Les âmes se trainent en leur paresse

Comme écrasées dessous leur bât,

Etrange cortège de pécheresses

Qui dans la fange boitent bas.

 

Le pointillé des réverbères

Dans le grand vide de la nuit,

Dessus des flaques se réverbère

La lueur triste de leur ennui.

 

Comme un grand mal qui nous enserre,

Qui nous embrasse et nous étreint,

Un nœud coulant qui se resserre

Garrotant là le moindre entrain.

 

Une danse lente qui ondoie

Valse triste d’un cœur fatigué,

Sur la vitre dessine le doigt

Ces larmes qu’il ne peut endiguer.

(29/10/2015)

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 20:41

Les jeux et chemins interdits

Car déjà le jour s’en est allé,

Ces jeux de mains d’un étourdi

Sur ces chemins sans plus d’allées.

 

Le temps lui passant bien trop vite

A l’instar de ces bals masqués,

Où par les transes folles on lévite

Pensant ne pas être démasqués.

 

Il est tant de jours après nous

De saisons et d’heures à passer,

Que l’on oublie ce qui se noue

Par devers ce nous dépassé.

 

Les rides se dessinent et se creusent,

Ces enrues des lendemains,

Lézardes sèches et douloureuses

Sur nos visages parchemins.

 

Souvenances, amours orphelines,

Aux chamades éprises d’angine,

Larmes salées si peu hyalines

La presse poisse sa margine.

 

Si vieille la chair frissonne encore,

De ce désir saoulant les âmes,

De ce plaisir brûlant du corps

Bûcher que nous érigent les femmes.

 

Les je et chemins interdits

Car déjà la nuit s’en est venue,

Ces jeux de demain étourdis

Sont nos impasses là devenues.

(28/10/2015)

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