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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:03

 

 

 

Silhouette pensée,

Le fusain de Stendhal,

Son tracé nuancé,

Au contour de scandale.

 

De pourpre et de sanguine

Départie de l’encombre,

Sensuelle et câline

Se dessine son ombre.

 

Un mirage dans la tête,

Paysage insistant,

S’y révèle s’y entête,

Le désir de l’instant.

 

La mémoire qui devine

Dans le rouge et le noir,

Au travers de la bruine,

La passante du soir.

 

Son flou linéament,

Ses courbes et vallées,

Maîtresse sans amant,

Là-bas, s’en est allée.

 

La pluie fine sur son corps

Qui scintille à la lune,

Dans l’étrange décor,

Cette femme si brune.

 

Tel un rêve un espoir,

La voici qui s’approche,

Se distingue du noir

De son galbe l’ébauche.

 

Il fait nuit dans la rue

Sous le parme des cieux,

La pénombre s’est accrue,

Soulignant l’audacieux.

 

Les pavés, la chartreuse,

La scansion de ses pas,

La vision ténébreuse,

Crayonnant ses appas.

 

Dans l’onde des caniveaux

Où la lune se baigne,

S’entremêle l’écheveau

Des néons, des enseignes.

 

Il la voit, l’imagine,

Dessus ce marchepied,

Chalande sibylline

Passante de papier.

 

Griffonne sa mémoire,

L’attrait de son plaisir,

Se reflètent de sa moire,

Les traits de son désir.

 

Elle s’en vient prestement

De l’obscur se détache,

De sa ligne le vêtement,

D'où ses hanches s'attachent.

 

Silhouette mystère,

Le dessein de l’attente,

Il la croque et l’espère,

Tel le fruit qui le tente.

 

La voici qui le touche,

Puis ses bras qui enlacent,

Lente, elle approche sa bouche,

Il pleut sur la grande place.

 

Par devers les paupières,

Un baiser se prolonge,

Sans parfum des hier

Se consacre le songe.

 

Sous les effets trempés,

Plaqués, moulant son corps,

Sont ces formes estampées,

D’une lande sans écore.

 

C’est à lui qu’elle se donne,

Dans la nuit de ses rêves,

Sans défi, s’abandonne,

Se concède sans trêve.

 

(10/12/2011)

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Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
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commentaires

Hécate 23/02/2012 12:19


Les péplums ! Ah! oui...j'en ai vu ...Ma mère aimait bien le cinéma et le dimanche elle m'emmenait dans un petit cinéma de quartier où les ouvreuses portaient sur l'épaule un énorme noeud de
satin rouge ! Je ne savais pas lire ,je demandai donc les titres des films à ma mère .


Fascinantes ,oui...ces femmes de rêves à l'écran ...La petite fille que j'étais s'en emplissait les yeux ...Evidemment un garçon devait voir encore autrement tous ces charmes ...J'avoue que
je perdais la notion de ce que j'étais devant l'écran.


Madame de Rénal et Julien Sorel ...Cette scène où il regarde l'heure ...jamais oubliée ! Je revivais le soir ,une fois couchée tout le film en pensée !....:)


Et la si belle Maria Casares  !...si fine ,si merveilleuse ...


 

Hécate 23/02/2012 10:13


Je retrouve sous vos mots des visions ,des films vus dans l'enfance ,"Le rouge et le noir " ,"La chartreuse de Parme" ...images qui me ravirent ,alors inculte de Stendhal ...je ne sus
que plus tard que derrière ,il y avait des oeuvres écrites ...


A quoi tient le frisson devant la beauté qui se peint d'images et de mots !....Merci à vous .

Etsivousosiez 23/02/2012 11:08



J'ai beaucoup de souvenirs d'émotions d'enfant découvrant la sensualité en noir et blanc et en technicolor  le jeudi après-midi au cinéma où l'on projettait des peplums...ces femmes si
belles gorge déployée taille fine...là était notre seule approche du corps féminin...c'était incroyable



Alain 11/12/2011 15:53



Je ne sais comment tu fais pour être ainsi intarissable sur la revisitation du thème de la passante. Je croyais qu'après celle de
Baudelaire, qu'on avait atteint une espèce de finitude de l'écriture sur le sujet. Je ne te témoigne pas cette forme d'admiration pour faire plaisir à quelqu'un qui présente une création (et à
qui on se sent un peu obligé de dire que c'est bien), mais parce que c'est BEAU ; il y a comme un naturel dans l'écriture, le mot est le bon et à la bonne place. En même temps cette sombre
passante, sortie de la nuit et qui embrasse... c'est presque le baiser de la mort : belle, froide et désirable. Chapeau bas m'sieur.
@lain

Etsivousosiez 11/12/2011 15:54



Merci à toi indefectible critique et lecteur


Johan



marie-claude 11/12/2011 15:25


Combien beaux sont ces mots qui dessinent un rêve, une femme rêvée, une muse qui sans être remplit l'espace de l'écrit ... et se vit à les lire !


amitié .

Etsivousosiez 11/12/2011 15:52



Merci de ce magnifque commentaire, que vous ayez vu est le plus beau des compliments pour l'auteur que je suis!


je remercie le vent d'avoir, de l'outre Quievrain, apporté ces mots :-)


Votre presque voisin chti



lôre 11/12/2011 12:22


Je voudrais mettre vos mots en image, je vais tenter de le faire très prochainement. Sublime message ...Lôre

Etsivousosiez 11/12/2011 13:07



Vous saurez le faire sans problème Lôre, il vous faudra un peu de pluie un soir une rue déserte et votre talent fera les reste...


comme toujours


Merci à vous