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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 20:22

Voici l’aube, enfant rebelle nocturne, qui, curieuse, soulève le voile déposé, satin d’ombre et de jais s’étirant sans fin, découvrant alors, encore endormi, le jour, que sa mère la nuit avait hier dissimulé. Curieux des éclats qui lui parvenaient de cette toile obscure, déjà elle avait voulu, aussitôt après l’instant entre le chien et le loup, lever le coin de son interrogation, incontinent sa mère le lui interdit, lui expliquant que ce n’était là que les reflets des fils d’or dont était cousue cette parure, tissu obscur que le soir à ses pieds avait déposé, que rien n’était dessous et que cet effet singulier n’était que le fruit des reflets des toiles. Evidemment, l’enfant ne put et ne sut se contenter de l’explication maternelle, voulant à tous prix voir, de ses propres yeux, ce que dessous le drap la Brune avait dissimulé. N’y tenant plus, l’aube indocile leva, du plus loin qu’il pouvait, le drap sépulcral d’où s’échappa aussitôt un rai ténu de lumière, qui bientôt se répandit alentour sans qu’elle ne puisse le contenir. En un instant imprécis Aurore venait de paraître, fille du matin, fringante légère et lumineuse. Cette dernière lui sourit et s’en fut aussitôt sur le chemin de la journée qui venait à peine de se dessiner sous ce regard nouveau de sa lumière. Rien ne semblait pouvoir arrêter sa course ni le flambloiement sa chevelure d’or flottant dans un azur éclatant. Mais, quand le jour se fut envieilli, aux dernières heures d’une après midi prolongée, alors qu’elle cheminait aux abords de l’empyrée, sans qu’aucun des prémices ne puisse l’avertir, le soir silencieux et retors, précédé de son bâtard mielleux le crépuscule, tous deux courtisans de la nuit sans morale que la leur, jetèrent sur elle leur sinistre voile de bure, la portant dans l’effet de la surprise aux tréfonds du château de la Sorgue, pour l’y maintenir soumise et prisonnière. Là, l’aube s’ennuyant de tout au petit matin, curieuse et insoumise, alla fouiller les douves d’un horizon enténébré, cherchant çà et là dans les encombres un secret de famille, et bien sûr réveilla, aux heures des matines, sa puinée assoupie nuitamment séquestrée.

Il était une fois...

 

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Published by Etsivousosiez
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commentaires

Hécate 01/03/2012 12:28


Il était une fois....


J'avais lu déjà ,et ,puis j'avais perdu la page ...Tant de symboliques enclos dans cette ritournelle ,tant d'images qui soulèvent d'invisibles tentures entre crépuscule et nuit
...


Les mots ruisselent sous vos doigts de rêveur , attouchements subtiles et qui me renvoient un peu vers les chansons ,les vieilles complaintes où se plaisaient un autre poète auquel
vos phrases me ramènent ,je pense à Maeterlinck ...

valdy 07/12/2011 15:48


L'aube d'hiver, si tardive,


garde,


comme vos mots revenus,


sa douceur attendue


Valdy

Etsivousosiez 07/12/2011 17:40



Voilà un joli compliment  délicieusement tourné, merci Valdy



ceciliabulle-bulle-bulle 04/12/2011 23:44


C'est encore moi, une petite merveille, Johan, vous avez retrouvé votre allure papillon, quel plaisir ;o))))))))))))

Etsivousosiez 05/12/2011 09:32



un papillon de nuit alors :-)



Fred Milongeroz 04/12/2011 16:00


La magie de l'écriture! On commence comme l'on entre dans un labyrinthe, peut-être celui de  notre âme? de notre esprit? On finit par revenir à la "réalité" avec un texte écrit, tapé. C'est
une aventure tant pour l'auteur que pour le lecteur. Vous souhaitant un bel après-midi!

Fred Milongeroz 04/12/2011 00:01


Que vous soyez "Aurore" ou bien "Goéland", votre univers est une brume dans laquelle des images s'installent... d'abord des contours, ensuite, des mystères, pour se révéler à la fin. Faut savoir
doser les mots pour obtenir cet effet sur le lecteur...


Expérience intéressante.


Bienvenue à bord du Sarmiento!

Etsivousosiez 04/12/2011 10:29



Merci de l'accueil, suis souvent étonné de ce que les lecteurs trouvent dans mes écrits car pour ma part je ne fais que de taper sur de stouches en proie à l'envie d'écrire et l'émotion.Il n'y a
rien de construit en moi, un mot parfois est à l'origine de cela, une idée sans plus...je ne sais jamais où je vais lorsque je commence à écrire...meri encore de votre demande d'intégrer votre
communauté