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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 19:14

   

 

Je te regarde, face au miroir, si toi, si femme et si belle... de ton pinceau tu effaces l’instant, notre instant... te repoudrant le visage, y déposant les teintes de l’après, l’ombre de ce quotidien qui nous sépare et qui déjà semble t’appeler.

Si légère dans le geste, là, penchée à peine, douce cambrure devinée, sur la pointe des pieds... concentrée, sous tes yeux tu traces la ligne d’un nouvel horizon... déjà tu disparais, lente et douloureuse métamorphose, si discrète exuviation, mais d’évidence pourtant... mon amour...ô mon amour.

Déjà peu avant, remettant tes vêtements, déjà, tu me quittais,tu t'éloignais, un peu, à peine, beaucoup cependant, tout en me souriant, encore parfumée de moi, de toi, de nous....de mon désir.

Poudre de riz, traits de crayon, le tain d’un miroir, poudre d’oubli, glose sous les yeux fermant la parenthèse,... comme tu es belle, malgré cela, dans tes gestes, insouciante, femme qui s’en repart... et me quitte bien avant de partir

Nue il y a si peu, le regard si brillant, de soupirs et d’abandon, blanche et si altière... te voici, habillée de nouveau, gracieuse dans cette buée qui se dépose alentour sur les parois de la petite douche... appliquée à redessiner ce visage de tout à l’heure. Silhouette d’un passé si présent...si proche...mais déjà oblitéré.

Je te regarde disparaitre sous ce maquillage ténu que tu déposes, ému de ce spectacle si intime, si bellement offert, donné à mes yeux... toi mon amante, toi ma putain si admirable et gourmande...toi ma femme, ma femme d’un instant, d’un instant de paradis...d’un instant dérobé au quotidien...toi ma femme qui s’en repart, toi si belle... si impossible pourtant.

Il est des notes intérieures qui chantent, qui jouent, silencieuses, mais si langoureuses au-dedans, ce refrain, ce fredon d’il y a peu... cette musique de nos murmures et de nos cris, de tes larmes impossibles à retenir... ce lamento de nos râles, de nos paroles insanes et merveilleuses. Danseuse dans tes gestes, ballerine d’un moment, tu traces et caresses l’épure, l’esquisse de ce portrait d’un toi-même acceptable, ce chemin vers cet avenir qu’il te faut rejoindre... seule, dans cette autre lumière, en cette autre chorégraphie... figurante du temps, de l’ombre commune, qui passe et se répète... qui passe et se répète auprès de lui.

Entre les larmes et l’émotion j’hésite, tant ce que tu me donnes à voir est sublime... là, avec ce pinceau qui s’agite doucement, déposant, sur ton visage détendu, le pigment d’une autre saison... bientôt tu as fini, et aérienne tu me rejoins, avec dans les yeux un azur si profond, si serein... et je ne peux que t’enlacer, pour une dernière fois, et sentir, ressentir, les fragrances de ta peau, et de ton corps ce linéament qui s’inscrit si bien contre le mien. Bientôt il nous faudra nous quitter... repartir dans la vie, l’autre... sans rien se dire, ou peut-être... que nous nous aimons, ici, et ailleurs.

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Published by Etsivousosiez
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commentaires

Hécate 26/02/2012 21:53


Oui...C'est vous ,rien que vous...C'est une telle évidence !...

Hécate 26/02/2012 21:48


Je comprends cette décision .Gardez-les à titre posthume ...Oui ,si elle vous a fait tant de mal ,elle ne mérite pas la gloire .Vos poèmes ,sont une offrande de vous ,et qui les lit ,s'émeut
de votre sentiment et non de celle qui les a inspirés à travers une illusion bien traîtresse .


Cela est ma pensée :c'est votre âme qui est dans les mots...C'est vous que l'on entrevoit ...

Etsivousosiez 26/02/2012 21:49



Merci cela me rassure car elle s'est vantée de cela! Il n ereste rien, ces mots ne sont plus les siens! merci de me le confirmer



Hécate 26/02/2012 16:10


Ne détuisez rien surtout !!!!!!!


          Ce serait un grand crime .

Etsivousosiez 26/02/2012 20:39



un crime? non mais quand cela est écrit à partir d'un mensonge on ne le lit plus pareil, pour moi tous ces poèmes ne valent plus rien et si j'étais édité je refuserais qu'il le soit tant que je
vis et que ce monstre est en vie, ce serait lui faire trop d'honneur! Il n emeérite que mépris et indifférence



Hécate 26/02/2012 15:57


Pigment d'une autre saison...


Comme ces mots sont là sont tout ce paysage de votre histoire !...


Je songe encore à cette situation inverse avec la Fanfarlo fardée ,et désirée fardée par son amant .Là ,la comparaison s'abstrait .


Tout de beauté et de mélancolie ...L'inspiratrice en at-elle eu connaissance ? Oh! si mon indiscrétion est ,omettez la réponse .Il m'est si difficile de penser qu'une muse  ne se
soit  point penchée sur vos mots ...

Etsivousosiez 26/02/2012 16:05



Oui la muse a lu comme tout ce qu'elle inspira mais on orgueil sa jalousie, son égoisme, l'empêchaient de dire que c'était beau...  Elle ne valait pas cela... j'ai voulu tout détruire
car sali, souillé par le mensonge initia...mais je pense que c'est beau et dépasse l'être pour s'offrir aux vraies femmes digne de ce regard énamouré et stupéfié



C comme Corinne 17/05/2011 10:44


superbe ! Du vécu, ne me dit pas que ça n'est pas du vécu...


Etsivousosiez 17/05/2011 11:17



L'ai-je rêvé? Vécu?


Ce que je sais...c'est que c'est en moi! Si bellement, fortement en moi!