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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 19:41

Encore  2 à 3 parties à écrire ce w.e et ce sera terminé, mais je crois qe j'ai perdu tous le spassagers dans cette histoire! Mais je dois finir ce truc sinon ça va me travailler sans cesse...

 

 

Une légère dépression était sur la mer du Nord et la manche ce qui l’avait incité à sortir afin d’éprouver la houle dans une mer plus formée, plus effective dans ce qu’elle offrirait aux sensations corporelles, de plus la goélette devrait lutter et de là naîtrait d’autres sons, d’autres efforts, d’autres sonorité matérielles. Plus il avançait dans son analyse des données recueillies, plus il se rendait compte que ce qu’il cherchait était un tout, et ne passait pas que par les notes reconnues, la simple écoute mélodique. Ce voyage autour du monde lui avait ouvert l’esprit, mais aussi la curiosité, une autre forme de curiosité, et son approche de la situation avait changé, au vrai tout avait changé en lui, comme si c’était le bon moment, qu’il était enfin armé et surtout perméable à de nouvelles hypothèses, à de nouveaux ressentis. Les premiers retours qu’ils avaient eu la semaine dernières des gars du CNRS n’avaient fait que l’encourager en cette voie, ils avaient entraperçu quelque chose qu’ils ne pouvaient pas encore bien définir, ni quantifier, et non plus vraiment qualifier, mais les analyses des fréquences, des périodes, en combinant, après avoir isolées le sources diverses des sons, laissaient apparaître un début de ce qui pouvait ressembler à une musicalité, pas encore bien isolée et continue, mais il y avait matière à approfondir lui avaient-ils dit. Il s’était senti revigoré par ces nouvelles positives, reboosté, terminés les doutes, la mélancolie, il fallait repartir en mer, na-viguer, travailler l’émotion, en musique afin de trouver les correspondances, d’affiner son acuité auditive, sensibiliser plus encore son corps, mettre en sourdine les réflexes et sensations du marin, ces choses qui orientaient l’esprit vers la navigation pure et privaient la perception, de la sensualité. Il était prêt, tout ce qu’il n’avait pas appris à l’école, ayant quitté celle-ci assez vite, il l’avait découvert lors de ses lectures, mais aussi au contact des gens, ces gens cultivés et d’horizons différents qu’il avait fréquentés, grâce à sa notoriété, dans des émissions télé, ou encore lors de conférences, personnalités en leur domaine avec qui il avait tissé certains liens souvent ; cependant c’était surtout parce qu’il était curieux, et soucieux de comprendre, comprendre au mieux ce qu’il était dans ce monde, et ce qu’était ce monde dans lequel il était, qu’il avait acquis cette large ouverture d’esprit.

Ils étaient partis tôt dans le but d’être de retour le lendemain après avoir fait la tra-versée jusqu’à Plymouth, une sorte de triangle sur la manche avec Cherbourg comme autre sommet. Il avait besoin de cette eau grise et froide, d‘y la nuit dessus, chahuté par sa mouvance, dans la combinaison du tangage et du roulis, d’être bousculé, dans le déséquilibre, de devoir affaler, border, brasser, carguer, choquer, virer, de sentir la goélette se battre, résister, s’imposer, glisser, esquiver, qu’elle soit soumise aux forces des éléments, semble renoncer et se rendre, et se reprendre in extremis, pour repartir contre la vague et l’affronter. Il voulait ressentir tout cela, entendre la souffrance de la coque, celle des voiles, ressentir les prémices du doute et de la peur, puis le contentement, la superbe émotion de celui qui essaie trouve et réussi, de celui qui vainc, qui déjoue les chausse-trapes des éléments courroucés. Il avait besoin de cela, intimement besoin de ces bousculades, de l’agitation, de l’incertitude maîtrisée. La saison des dépressions qui s’en venait l’aiderait à avancer dans son étude, il pressentait que la clé de l’énigme s’y cachait, il lui suffisait d’attendre le bon moment, de savoir saisir l’opportunité que lui offriraient les éléments.

Diogène comme toujours était du voyage, couché sur son trésor, se demandant où ils allaient par ce temps à ne pas mettre un Labbe dehors ! Mais il n’avait pas rechignait à venir, bien que réveillé avant les aurores et ne pouvant aller faire son petit vol matinal en compagnie de ses cousins et cousines du littoral. Vivaldi se prêtait bien à l’atmosphère de ce temps, au gris de la mer, à son agitation, au claquement des voiles, au fracas de l’étrave tailladant la vague austère, oui il avait une musique pour chaque musique que lui livrerait l’océan, une réponse, un entrain, aux murmures de ce monde. Bien que court « l’adagio de l’automne » les accompagnait, Vivaldi en boucle sur pont, en illustration sonore de cette lutte, de cette danse.

Plus il avançait plus il s’ancrait profond en ce ressenti des choses, plus il naviguait, plus il se convainquait que ce monde avait fait fausse route en ignorant l’âme de la nature et son altérité, que le naturalisme avait fait perdre aux gens une partie d’eux-mêmes en croyant qu’ils étaient seuls à vivre sur cette planète avec ce que l’on appelait l’intentionnalité ! Terrible et invalidant dualisme nature-culture, mêmes contraintes physiques mais uniques possesseurs de l’intériorité, de la sensation d’être, de la mémoire et du projet, bien au-delà des réflexes vitaux et conditionnés, riches d’un langage et de ses infinis combinaisons, chacune ouvrant sur une pensée, un savoir, un sentiment, une sensation, une projection...Riches de ce génome, de notre Histoire, de notre transmission du savoir. Mais si aveugles et ignorants parfois, car ce monde n’avait-il pas d’autres... d’autres paradigmes, d’autres intériorités, qui elles nous avaient échappé parce que nous avions nié leur probabilité d’être ? Pourquoi refuser un autre regard sans pour autant se renier ? Pourquoi ne pas explorer d’autres modes de pensée, y prendre, y prélever des outils qui nous pénétraient de voir autrement, différemment, et de comprendre alors, plus encore.

La Valéria tapait les vagues, se freinait puis d’un superbe effort passait outre l’obstacle et remontait pour se cogner à la vague suivante, dans une pluie d’éclaboussures salines et froides qu’elle projetait par-dessus le pavois et qui ve-naient retomber sur le pont à le recouvrir, le trempant au point que Diogène avait dû quitter son poste pour se percher près de la barre. La bataille était belle, égale, chaque adversaire répondant aussitôt aux coups ou aux parades de l’autre, dans un combat continu, violent, sans pose ni quartier. Et lui tenait la barre, la sentait ferme et rétive en ses mains calleuses et robustes, parfois d’un brusque à-coup le gouvernail lui échappait un instant, mais faisant front il reprenait les commandes et remettant le navire à la cape, muscles tendus, yeux plissés, et l’âme enivrée par ce que le corps éprouvait dans cette lutte dantesque. L’affrontement était grandiose, David et Goliath dans un corps à corps impitoyable où aucun ne voulait rendre grâce à l’autre, ajustant parades et ripostes, se couchant et se relevant sans cesse, rendant coup pour coup sans ne jamais faiblir ! Aucunement il n’avait ainsi disputé à la mer le droit de son passage.

L’eau, le vent, les vagues, la goélette, le labbe, le ciel et la nuit, le soleil et l’horizon, chacun, chacune, avait son langage, sa musique, son intention, en une sorte d’animisme sans limite, mais aussi pouvait se regrouper selon leurs qualités, leurs volontés, leurs humeurs, leurs désirs et attentes, en un totémisme universel qui s’ajoutait à l’altérité des choses et des êtres, tous tant qu’ils étaient en leur identité. Toutes ces façons de penser le monde devaient s’additionner, se compléter, s’épauler, s’enchevêtrer mais aussi se disputer, se combattre et s’inspirer des l’autres afin que ressortent les invisibles des choses, que s’entendent les inaudibles des silences et les mutismes des éléments, et que se complètent les analogies. C’était cela qui le guidait, non pas dans une folie, une lubie de vieil homme lassé de tout, rompu à tout, fatigué de tout... non, il allait aller à la rencontre des éléments, répondre à leurs invitations jusqu’à ce qu’il puisse traduire leur langage, leur culture, leurs messages, pour approfondir ce qu’il ressentait de la vie et de ce la peuplait, pour devenir plus humain encore, plus sensible, plus à l’écoute, plus vivant, partie et totalité du monde. Sublime fractale en partie ignorée.

Clavecin et violons mêlaient leurs notes à celles des vagues, à celles du vent et des voiles, tandis que la Valéria ahanait dans l’effort, de toutes les forces de sa carène et de sa coque, de toute la résistance et la souplesse de ses mats et ses haubans ; elle râlait à chaque coup reçu, à chaque coup donné, conquérante insensible au mal, brave parmi les braves, dans l’ostentation imperturbable de son courage. Si petite et si grande dans l’adversité, si ardente dans le vent, elle tossait

Il percevait les murmures du monde, ils lui parvenaient encore faiblement, mais bientôt il les entendrait, les écouterait, concerto, une symphonie, il était prêt, prêt à recevoir, et sa musique à lui aussi était prête, merveilleuse musique des Hommes qu’il tenait en réserve, prête à être offerte en retour. Il souriait tout en chevauchant les vagues, le ciel était gris, tourmenté, et la mer se voulait sa jumelle. Diogène, lui, ne cessait de le regarder, sans cesse à la recherche de son équilibre.

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Published by Etsivousosiez - dans Nouvelle
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commentaires

valdy 17/11/2011 16:57



Il y a de l'harmonie dans cette nouvelle. Elle tient de "Into the wild" et du "Grand bleu", avec le supplément d'âme que donne la musique. Ce tour du monde mêlé d'introspection a régénéré notre
navigateur .... formidable !


Bisou,


Valdy



Etsivousosiez 17/11/2011 18:12



Merci beaucoup j'espère que la fin vous enthousiasmera aussi



ceciliabulle-bulle-bulle 16/11/2011 23:03



Ps, vous ne visitez guère les autres pendant vos escales...ils ont peut être pris le large aussi ;o))))))))))))))))



Etsivousosiez 17/11/2011 18:15



Si si je vai svoir les blogs mai sparfois difficile laisser un com, je ne veux pas laisser com banal qui n'apporte rien à celui ou celle qui écrit, un simple bjr ...et comme fatigué pas toujours
l'inspiration



ceciliabulle-bulle-bulle 16/11/2011 23:00



bonsoir Johan,


je suis revenue à la nage, l'eau était plutôt fraîche et j'ai bu la tasse plusieurs fois.


Les plats que je vous servais à table étaient trop épicés à votre goût, vous m'avez demandé de quitter le Valeria. Je me suis exécutée. Heureusement, je suis toujours en vie
;o))))))))))))))))))))))))))))))))))



Etsivousosiez 17/11/2011 11:06



Non je ne jette personne à la mer voyons!


La bulle flotte c'est normal et sa cabine est toujours libre, le voyage touche à se fin normalement samedi ou dimanche... attention fin tumultueuse il faudra s'accrocher