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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 13:09

Nous sommes en mil neuf cent soixante cinq, le siècle dernier déjà…C’est l’été et nous allons partir en vacances…en Italie. Ma mère a tout préparé, tout, comme d’habitude, elle a tout prévu, tout pesé, rien ne manque, rien sauf….sauf mon père que l’on attend ! On l’attendra toujours mon père, toute notre vie, aujourd’hui encore je l’attends, il est là mais dans son univers… ailleurs ! Il a du un jour, dans cet anéantissement du monde laisser un peu de lui-même, entre l’Italie et la Yougoslavie, lorsque l’Europe s’entre déchirait, dans sa chemise trop large, trop sale… trop noire !

 

On l’attend donc le rital, on a prévu de partir, pour nous c’est aujourd’hui, pour lui ?

 

La journée a passé, longue, pleine d’enthousiasme, de fébrilité, ma mère accumulant les vêtements, les tassant dans les valises et les sacs et dans…une malle ! De tout, pour toutes les saisons, on dirait que l’on s’en retourne au pays, que l’on emporte la maison, que rien ne pourra nous arriver car ma mère a tout prévu…anticipé. Pluie, neige, vent, tempête, tsunami, tremblement de terre…nous avons tout pour y faire face…rien ne manque mais…mais que de bagages pour un voyage d’été en Italie !

Rien ne manque donc et s’entasse dans le couloir de l’appartement, nous allons partir en Italie ce pays inconnu dans lequel nos racines ont puisé leur eau, leurs sucs essentiels ! Nous partons en Italie nous les gosses d’ouvrier, en Italie tandis que les autres restent, ils restent pour des vacances dans la cité, aux jours répétitifs et semblables…nous partons en Italie !

On l’attend le paternel, on ne sait plus tant la journée a été longue, on l’attend dans notre propreté du soir, baignés et coiffés, la chamade au cœur et le cerveau qui virevolte…on attend mon père et ma mère elle, s’énerve car elle sait, elle sait que rien n’est jamais sûr avec lui, que le monde peut s’écrouler il ne le verra qu’après sans s’en étonner.

Le voilà de retour comme ci de rien n’était, le travailleur, l’émigré qui se vautre dans le labeur, qui se donne à lui en amant consciencieux et fidèle, le voilà…. On part ! En Italie !

Ma mère comme avant et toujours, aujourd’hui encore, ma mère lui rentre dedans, forte de cette colère qu’elle a nourrie tout au long de cette attente éternelle d’une après midi…Lui la regarde se demandant ce qu’il se passe, comme toujours, quel est le problème ? Ah bon nous partons en Italie ! Il s’en étonne, ce qui relance, soutient et avive l’ire de cette femme qui se demande pourquoi elle a épousé cet hurluberlu qui semble sans cesse débarquer de ce monde calme, si calme que tout peut attendre…même les voyages en Italie.

C’est alors la dispute, cette musique sempiternelle dont nos oreilles sont coutumières, les cris et les tons, les mots qui font peur dans le silence de nos cœurs d’enfants, deux mondes qui se heurtent sans se comprendre, deux êtres qui ne peuvent et ne savent s’aimer car seul le hasard les a réuni…loin de la chamade et de ce que les histoires d’enfants appelle l’amour. Nous allons partir en Italie dans cette atmosphère de violence, dans ces mots qui vont trop loin, nous allons partir en Italie dans l’énervement et la joie enfouie…oui nous allons partir, partir vers ce monde inconnu, mystérieux qu’aujourd’hui encore je découvre et je cherche…celui duquel par le sang je viens !

Elle a de la gueule notre voiture, ce break vert bouteille chargé jusqu’à la garde des suspensions, pleine à raz bord, avec…avec cette malle d’acier sur le toit. Il a consenti le dabe, il a consenti à la prendre, à prendre toutes ces choses inutiles qui rassurent ma mère, après bien des paroles blessantes et outrées, mais elle est là, trônant sur le toit, comme ajoutant à la solennité du voyage…on part au bout du monde, à l’aventure, on part en Italie

C’est mieux que toutes ces histoires vécues dans les bois et terrains vagues, c’est mieux que ces souterrains explorés à la lueur des bougies, c’est mieux que ces fuites éperdues des maraudes avortées…c’est une bagnole aménagée, chacun son coin et des bagages qui dégueulent de partout ! Lui en chef de convoi, elle qui enfin s’apaise car l’on part, et nous, nous les quatre mouflets coincés derrière, heureux de se partager l’exiguïté.

Ca y est on démarre lentement, chacun ayant au cœur et dans la tête son image, son désir et sa peur, on quitte la cité, sa douceur d’alors. Les enfants en pyjama qui jouent à la clarté de la brune qui se traîne, la chaleur de l’été qui embaume l’air et la quiétude des vacances qui s’annoncent pour tous au pied des bâtiments.

Nous partons comme en quarante sur les routes de la débâcle, dans cette voiture surchargée comme ci nous fuyions, estivale évacuation, migration d’une famille de drôles d’oiseaux… avec une malle sur le toit.

Le voyage, j’en ai qu’un vague souvenir, ce que j’en retiens c’est que le plaisir s’est peu à peu transformé en calvaire tant ce fut long et que mes frères prenaient de la place parmi les baluchons et les valises. Au début je fus content d’être le premier à apercevoir la tour Eiffel si vite si belle et de le signaler d’un cri enjoué, mais on me répondit en se moquant que ce n’était qu’un pylône électrique et j’en fus déçu. Il est vrai qu’il y en avait beaucoup de tours Eiffel tout au long du chemin. Soit ! Mon père nous avait donné son estimation du trajet, mais les petits enfants la notion du temps ce n’est pas leur fort et porte d’Italie je ne pus m’empêcher de demander avec un certain soulagement si nous étions déjà arrivés, ce qui ne laissait pas de m’étonner sur ce pays si lointain que l’on rejoignait aussi rapidement ! Comme pour la tour Eiffel on mit vitement fin à mon illusion et je sus qu’il valait mieux que je dorme sous cette couverture verte et rouge prêtée par des amis afin que passe le temps…d’ailleurs, ensuite j’ai souvent dormi pour éviter ce temps et les tourments qu’il nous impose lorsque l’on attend en compagnie de la peur et du doute. Il y eut le Mont Blanc et son tunnel où mon père nous montra une fois encore son innocence insensée en déclenchant les panneaux avertisseurs du non respect des distances, pour nous montrer simplement, pour nous montrer ! D’ailleurs mon père il ouvrirait la porte de l’enfer rien que pour le montrer quitte à foutre le feu à l’humanité, ce n’est pas son problème à mon père !

Ce fut magique cette traversée de la montagne, interminable et grise, sans intérêt, mais quoi nous étions sous le Mont Blanc ! Auparavant nous eûmes droit aux virages serrés et étroits de routes alpestres, où le break surchargé peinait de tous ses chevaux surchauffés, derrière ces camions poussifs que notre chauffeur entreprenait de dépasser. Mon père il conduit comme il vit, selon les règles de son monde, qui ne sont pas forcément jumelles de celles du notre…le vrai. Donc il s’engageait dans des surpassements au cordeau, entre précipice et essieux menaçants, avec en face des véhicules qui s’en venaient irrésistiblement à notre encontre ! Tout cela au rythme des hurlements de ma mère et des envies de vomir de la fratrie. On a bien dégueulé et acidifié les bas côtés des Alpes, et pour l’ambiance ce fut comme à la maison, mais là il ne pouvait pas tout casser pour se calmer, alors il doublait mon père, des dépassement de champion, au millimètre, se rabattant au poil…parfois je me demande s’il n’avait pas un peu …peur ? Ça dure pas car quand je le vois conduire aujourd’hui mon doute s’estompe presque aussi vite qu’il est venu…il est Fangio mon père, dans sa tête, dans son monde.

Il y eut aussi ces autoroutes italiennes celles de Duce bien plus belles et modernes que les nôtres d’alors, avec leurs ponts commerces aux baies vitrées où l’on pouvait tout acheter…tout ce superficiel qui rend si beaux les voyages interminables…Mon pater il nous parlait du soleil qui devait être là puis ici demain et là bas ensuite…il suivait la route mais à l’entendre on aurait dit et je le croyais, qu’il se guidait comme les pionniers, complice du secret des astres directeurs. Il savait plein de choses ce type infatigable qui roulait des heures sur ces routes étrangères parlant l’idiome comme pas un, se faisant comprendre de ces inconnus dans les guérites autoroutières et les stations connexes. Un père c’est souvent un champion dans le regard de ses enfants même si en grandissant parfois il laisse dépasser un peu de lâcheté, un bout de faiblesse, et parfois de la bêtise. A cette époque c’était le chef, chef de tout, et puis il nous menait à grand train vers cette contrée inconnue d’où parait-il nous venions par ses chromosomes interposés.

Il nous avait parlé un peu de son enfance, des souvenances magiques, dans une vie d’antan aux couleurs des vieilles photos bordurées de blanc…des histoires embellies par la mémoire, des coups pendables et merveilleux d’avant guerre, de ce grand père, père mort trop tôt, placide et débonnaire à la guitare infatigable. De sa moto rouge vrombissante d’après guerre sur des routes blanches et de cailloux…des bals et des bêtises, de cette vie où le temps et le travail ne semblaient pas être. Oui, il nous l’avait brodée sa jeunesse, en fils d’or et d’argent tissée à la lumière d’une époque sans Histoire que celle de ses souvenirs. Alors on les imaginait ces chemins de poussière, la route des cow boys qu’il disait pour nous faire rêver, on attendait de les voir ces panaches de fumée derrière notre chariot mécanique surchargé…on allait lentement vers ce pays de cocagne où mon père avait laissé sa mère et son enfance…nous on en avait que cette photo de ses récits, rien d’autre.

La route des cow boy on ne la vue bien qu’après parce qu’on est arrivé de nuit par une campagne sans montagnes, ces montagnes de son enfance si bien racontées. Elles étaient là pourtant, en ombre sur l’horizon, même maintenant je les aperçois toujours au dernier moment, et j’ai encore cette peur qu’elles n’y soient pas…c’est idiot mais c’est comme ça.

Il était tard, une place éclairée faiblement par un lampion qui pend sur un fil qui la traverse. Le silence, un silence qui n’existe plus de nos jours, un beau et mystérieux silence plein de moucherons, de chauves souris et fourmis à ailes. Un silence emplit de ce parfum des campagnes, de cette odeur de calme et de nature coupée des senteurs de ferme. Elle est dans tous les pays cette odeur, légèrement différente, mais procurant la même quiétude. Chacun de nos mouvements s’en venait rompre ce calme nocturne nous sortant de la léthargie du voyage…nous étions arrivés, nous étions en Italie ! L’Italie de mon père, la vraie, celle de sa jeunesse, celle de ses racines, de nos racines…de mes racines. Une Italie endormie, silencieuse, tiède, déroutante et mystérieuse. Tout le village et cette grand-mère inconnue dormaient et nous les français venions d’arriver…dans l’indifférence. Mon père fut magistral comme d’accoutumée, égal à lui-même, merveilleux de délicatesse…il grimpa sur le balcon de la maison familiale (maison décrite comme la plus belle de toutes…dans son monde évidemment) et à grands coups dans le volet réveilla la vieille, sa mère, qui dormait et certainement aussi une bonne partie du village. On entendit comme une plainte de colère et d’étonnement après une longue série de coups et d’invectives proférées sans ménagement par ce fils heureux de venir présenter sa progéniture et si peu soucieux du sommeil de sa mère. Ce fut un éééh (son éééh caractéristique qu’elle prononça sa vie durant pour manifester son mécontentement) qui répondit enfin puis des bruits, et mon père descendit pour nous mener tous à la porte. J’étais un peu moins heureux de découvrir cette Italie ancestrale, cette façon de s’annoncer n’augurait rien de bon pour moi. Et puis une lumière se fit derrière la porte, petite lueur fade, sans force... qu’allait on voir apparaître ?

Que vous dire de ce qu’apparu dans l’entrebail ? Comment vous parler de cette femme, de cette vieille, car elle a toujours été vieille pour nous ! Ma grand-mère parce que on me l’a dit, ma grand-mère parce que mère de mon père…mais en fait une inconnue, une femme voûtée, aux cheveux blancs décoiffés, ridée et ronde, édentée…une houri encore endormie qui voit débarquer une famille, et sait sans comprendre que sa tranquillité est terminée…Pauvre nonna toute sa fin de vie durant elle nous verra débarquer, pire que les boches puis les ricains, envahir sa maison, fieffer sa vie et ses habitudes sans lui demander son avis ! Chaque année nous reviendrons envahisseurs souriants et impudents nous installer et décider de tout chez cette grand-mère qui fut au vrai …une étrangère jusqu’à la fin! Dois je parler des retrouvailles du fils prodige?…il est fort dans ces scènes mon père !

Ce fut un coup, le réveil et aussi une sorte de peur, de dégoût, une fade lueur dans une maison sale, une femme que l’on doit embrasser comme si on l’aimait de suite par atavisme évident…elle est moche cette Italie ! Et puis il y a des bêtes, un scorpion géant de quelques millimètres dans les toilettes que notre héros fatigué écrase dans un sourire emplit d’insouciance…un scorpion !!! Nous allons dormir dans la maison des scorpions, dans la maison d’une sorcière, dans cette odeur qui nous donne envie de faire le voyage à rebours et retourner jouer dans la cité…cette belle cité dans l’été indolent.

On avance et se déshabille dans une sorte de nuage de fatigue et de crainte, il va falloir dormir dans cette chambre si grande, avec la certitude que des milliers d’insectes inconnus et autres arachnidés vont venir nous mordre, piquer, déchiqueter, courant sur notre peau pour y introduire des venins mortels et irritants. La fatigue nous abrutit, c’est un malaise complexe, c’est le côté caché de l’Italie de mon père…c’est un voyage dans le temps…on a changé d’époque ! Au secours ! Personne ne l’a entendu cet appel, je l’ai murmuré dans mon âme d’enfant…et me suis endormi.

C’est magique et troublant le sommeil, ça efface la fatigue mais ça redresse aussi les regards biaisés…En sortant de ce lit si grand je quittais la nuit, celle intérieure qui écrasait mes rêves et découvris la lumière du jour, le soleil d’Italie. Certes le palais latin des comptes rendus paternels avait dû être pillé par quelque explorateur de passage car il n’en restait plus qu’une simple maison en bordure de place au confort des plus spartiate, avec en plus un occupant ! Un prestigieux occupant qui renforça encore plus le mystère et l’incongruité de cette maison de vacances. La moitié du rez de chaussée était dévolue au médecin du village qui chaque matin consultait et donc…nous pourrissait la vie à nous les gosses car il fallait être calmes ! Mais j’en parlerai une autre fois !

Que vous dire de cette Italie de la première fois…des ces aller et retour partout dans cet arbre généalogique, famille multiple qui resta toujours étrangère ? Que vous dire sur les amis des histoires merveilleuses qui étaient devenus des types quelconques entourés des leurs ? Des comme nous quoi ! Mais qui parlaient italien…La montagne ? La montagne somme toute…bref un pays de vieux en noir, d’ânes et de carrioles, aux cafés vétustes et sombres, sans commerces dignes de ce nom…un village du siècle dernier…enfin presque ! Bien plus tard, et aujourd’hui encore je découvre ses secrets et ses charmes, j’ai appris à l’aimer ce pays de mes ancêtres, mais là c’était une terre de radicelles ! Les racines je mis du temps à les voir pousser et se nourrir dans les anfractuosités de cette mémoire intime et reconquise. J’ai appris à entrer dans les souvenirs des autres à la recherche de ce que mon père a oublié de dire, j’ai refait les chemins initiatiques à flanc de montagne, j’ai nourri mes questions des histoires d’autrui, j’ai appris les lieux et les mots…je suis entré dans ce costume trop grand et usé de mon nom en espérant qu’un jour on ne me voit plus en …étranger dans ce village de ma mémoire.

Nous avons donc pissé notre statut de propriétaire sur chaque centimètre carré de cette maison réquisitionnée, autorisant cette vieille à y dormir sans plus. Pauvre nonna, elle l’a décapée sa baraque ma mère, elle l’a rangée à sa façon, et l’autre impassible, au rythme de sa vision du monde a continué à vivre dans son espace…occupé.

Un matin comme les autres…au réveil ! Je me levais dans la chaleur déjà pesante de l’été, dans ce silence aux touches des bruits de la place, bien après les mâtines titinnabulentes, et je descendis déjeuner dans cette cuisine austère et pas d’équerre. Il régnait une drôle d’atmosphère, il manquait quelque chose, indicible, mais que l ‘on ressentait sans pouvoir le définir. Un silence tiède, un calme inhabituel…il manquait les bruits des autres ! Ma grand-mère était là parlant toujours cette langue que je ne comprenais pas et puis personne d’autre…personne hormis mon petit frère. Où donc était le reste de cette famille avec qui j’étais venu de si loin. Les choses on les pressent, on les ressent sans vouloir les accepter au prime abord. On se paie de mots, d’excuses, on s’invente les raisons, les théories, les prétextes et les scénarii les plus tordus, sachant que ça ne tient pas, pour survivre, pour avoir le temps de respirer avant que la réalité…ne vous étouffe. Alors j’échafaudai les explications rassurantes, concluant que mes parents adorés et pleins d’attention s’en étaient allé faire un tour préservant mon sommeil sacré. Ils en firent un sacré de tour, putain ! Le tour de l’Europe qu’ils firent ces romanichels !

Ma grand-mère tentait placidement de m’expliquer une chose que je ne voulais savoir ni comprendre, et puis en italien vous pensez !

Le midi nous mangeâmes peu, d’ailleurs j’avais pleuré toute la matinée et Marco, mon petit frère, aussi mais sans comprendre où si peu. Ils étaient partis ! Mais ils allaient revenir je le savais j’en étais certain car…car en haut sur le palier il y avait la couverture verte et rouge ! Jamais ils n’oseraient retourner en France et faire face à ces gens sans cette couverture qu’ils devaient rendre ! Oui ils seraient obligés de revenir pour la récupérer et là comptez sur moi, le coup du sommeil, une fois, pas deux ! Ils allaient revenir, mon cœur, mon âme s’accrochaient à ce lamento intérieur aux larmes votives et incantatoires…ils allaient revenir…revenir pour la couverture.

Ils sont revenus….à la fin des vacances ! Moi j’ai peu à peu cherché les bouées de sauvetage, celles qui permettent aux enfants de flotter sur leurs peurs…j’ai regardé mon frère si petit et décidé d’être le grand, celui qui rassure donc qui affronte…J’ai appris à parler à cette vieille, à voir en elle ce qu’il y avait de nous…j’ai appris à découvrir ce monde si calme où l’on parlait une autre langue…oui j’ai appris à ne plus rien attendre des couvertures des autres que l’on emprunte et ne rapporte pas…elles ne sont pas un espoir mais un leurre…

J’ai appris à vivre sans eux…mes parents, comme un petit sauvage d’été au village merveilleux de cette Italie des mes ancêtres…envoyant presque chaque jour une carte postale où j’écrivais malhabilement : « au secours revenez me chercher !!! » L’affranchissant de vagues timbres fiscaux trouvés dans des tiroirs oubliés…bouteilles à la mer sans espoir réel mais qui voulaient leur dire: je vous aime et j’ai peur sans vous !!!

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Published by Etsivousosiez
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commentaires

valdy 15/05/2011 14:11



Merci Johan,


Pour ce texte plein de nostalgie, avec beaucoup d'images qui se succèdent. Comme un film qui nous procurerait des souvenirs. Cinema Paradisio par exemple.


Amicalement, Valdy



Etsivousosiez 15/05/2011 14:16



Magnifique film! L'hommage est flatteur Valdy



C comme Corinne 14/05/2011 19:38



hi hi hi ! il faut aller pieds nus, se cramponner à la terre ! en sauvageon, libre !



Etsivousosiez 14/05/2011 19:43



Oui...pourquoi pas :-)



C comme Corinne 14/05/2011 19:26



ces souvenirs d'enfance sont quelquefois terribles ou l'ont été. On en sort avec quelques fêlures, des peurs qui nous suivent des années durant. Et puis finalement, on s'en sort avec des petits
cailloux dans nos poches. Et c'est plutôt bien...



Etsivousosiez 14/05/2011 19:32



Oui mais certains petits cailloux restent coincés dans...la chaussure :-)



ceciliabulle-bulle-bulle 14/05/2011 15:49



ce n'est pas l'encre qui me manque, c'est la ramette de papier ! je cours chez le distributeur ! belle journée. Vent frais, ciel bleu brodé de nuages coton. :))



Etsivousosiez 14/05/2011 15:57



Toujours aussi...vous...adorable



marie 14/05/2011 15:31



Je vous rejoins tous les deux. Quand bien même, Johan montre sa détresse d'enfant, qu'il vit comme un abandon. Il se construit bringue balant. Je crois que bonnes ou mauvaises, nos expériences
enfantines, adolescentes révèlent ce que nous sommes aujourd'hui. Peut être Johan n'aurais tu pas eu cette sensibilité si tu n'avais eu à vivre cet abandon rempli de ces choses que tu as su,
voulu apprivoisées. Elles sont devenues belles, enchanteresses tout en gardant l'épice  de l'angoisse. C'est cela, pour moi, qui rend ton texte si vivant. De l'épaisseur des personnages dans
tes descriptions. J'accroche. Je les vois. Aussi de cette Italie brulée par la chaleur de l'été, de cet endroit perdu qui donne à imaginer, à se construire de son histoire. Bravo. Un bouquin à
écrire de cette enfance. Tellement d'images que l'on regarde un film en le lisant...Merci toujours.



Etsivousosiez 14/05/2011 15:56



Vous allez me tirer des larmes...merci de ces mots...suite de calimero demain :-)