Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 23:56

Je t’emmènerai dans le pays de nous-mêmes, là, où toi et moi, sommes autrement. Nous ouvrirons les portes dérobées, celles que d’aucuns disent ne pas exister, mais que nous saurons trouver, pour les ouvrir doucement.

Nous irons, ensemble, plus avant, là où tout est possible, dans ce pays de l’ailleurs, où le ciel a la profondeur des attentes, et le vent la fragrance des soupirs.

Toujours plus loin je t’emmènerai, dans le crachin du désir, à la recherche de la source, par les vallées, leur brume, et les collines de ton intime à nouveau découvertes.

Par tes yeux je chercherai la route, en cet azur par tes larmes exhaussé, le tracé vers ce monde que nul avant nous n’a encore foulé. Guidé, guidé par le fredon de tes murmures, de tes mots retenus puis lâchés sans pudeur.

Plus rien ne pourra nous effrayer, même pas nous-mêmes, emportés par l’animalité de nos envies, de nos actes et de nos pulsions… mus par cet appel de la chair, dans la confusion des mots, des cris, des caresses, des regards et des morsures.

Avec toi et par toi, je remonterai le cours de tes humeurs, cette rivière aux rives secrètes et si molles, à l’écume de désir et de spasmes, dont la source de toi seule est connue, et que ta féminité abrite dans les tourbillons intérieurs.

Je boirai tes baisers goulûment  de salive et d'ambroisie, comme l’on se baffre de fruits trop mûrs et se saoule d'hydromel, dans la vulgarité de ma gourmandise, et la frénésie de cette bestialité dont tu auras ouvert la porte afin qu’elle soit enfin sans retenue.

Je fermerai les yeux pour être avec toi plus encore, mêlant nos souvenirs à l’instant, les parfums d’hier et les senteurs du moment, n’écoutant que ton souffle comme j’écoutais le vent, quand nous étions couchés, toi et moi, dans les blés de juillet. J’attendrais sa caresse tiède, prémices d’un baiser, d’un enlacement, d’une étreinte, d’une indistinction de nos corps... de nos âmes.

Plus rien n’aura de sens, plus d’hier, de demain, ni même d’aujourd’hui dans son écoulement… nous serons comme des enfants de ce monde, adolescents de cet ailleurs, sans calendrier ni éphéméride… mais aussi des adultes, par le désir et l’audace de nos corps, amants nouveaux par-dessus nos histoires anciennes, sans repère aucun, sans mémoire non plus, ni même comparaison.

Évadés de nous-mêmes, loin de la geôle quotidienne, fugitifs emportés par la complicité d’un partage, d’une envie sans vergogne, nous saurons ne plus nous retourner, ne plus chercher l’heure et l’égrènement des secondes, pour ne saisir que l’instant, le figer afin qu’il ne s’écoule plus et nous laisse réunis dans cet intervalle inventé.

En nous la poussière des âges ne saura se déposer, le soleil ne se couchera plus, ou alors s’étirera jusqu’à s’unir à des crépuscules incroyables, dans l’embrassement du ciel en des couleurs sublimes et confondues, où les mauves et les pourpres s’enlaceront dans l’azur tel un voile d’orient dont les plis sont des reflets.

En ton ventre, en le mien, seront des frissons, des spasmes, des ondes intérieures… vague scélérate qui impromptue gonfle et bouscule l’âme et les viscères, et que l’on ne contrôle pas ; cet emportement qui mène aux frontières de la vie, aux portes de l’ivresse folle et suprême, au bord de cette falaise éclaboussée par les embruns de la tempête, où le ciel semble s’être approché si près qu’il se confond avec le tout… Emportés, emportés auprès d’elle, à la côtoyer sans céder à son appel… à s’en approcher en souriant, en souriant à la mort, pour lui dérober cette part de la vie méconnue, inconnue, dissimulée en son giron, dans la brièveté et l’intense des émotions, ce ressenti magnifique, si fugace, si flou et insaisissable... si terrifiant.

Aller plus avant encore et sans crainte, dans la précipitation des chamades, sentir nos cœurs battre au travers de la peau, toujours plus amplement, s’agiter dans le désordre, échappant aux contrôles intérieurs, pour se cogner au-dedans si sourdement, au point de vouloir exploser et jaillir par-delà nos poitrines, dans un geyser de désir fluant pourpre et chaud. Sentir ces palpitations remonter jusque dans nos gorges, sourdre en nos intimités, se répandre dans nos oreilles par derrière les tympans, en une pulsation violente et spasmodique, puis de s’écouler, ailleurs, dans ces humeurs suaves, collantes, acides et impudiques.

 

Il est ce monde, cet ailleurs, cet univers aux couleurs différentes, où le vent à la tiédeur des soupirs, la pluie la moiteur des appels, et les nuées le contraste des mauves et des pourpres enlacés. Chacun le sait, le sent, le cherche, l’appréhende, et rarement le trouve. Il faut être deux pour en défricher l’entrée, pour s’y glisser doucement, ou violemment encore, dans une frénésie et un désir partagés, construit, ensemble, par les attentes et les provocations, les regards et la fuite des yeux. Petit à petit dans l’abandon des conventions, nourri par les amours et les déceptions d’auparavant, enrichi du frisson des mots, des vibrations internes, des images de l’instant et de celles que l’on se refusait juste avant. Ce monde où l’on devient spectateur de nous, acteur de soi et de l’autre, où chaque geste en entraîne un nouveau à sa suite, comme un complément qui le renforce, le fait perdurer, construisant cet amalgame du plaisir, du désir, ce mélange inédit de paroles, de peau, d’humeurs, de regards, de gêne et de caresses, d’outrance et de douceur. C‘est un tout fait de l’addition des détails, magnifique dans son ensemble, unique dans son accomplissement, mais où chaque partie devient aussi un tout, par le biais de l’acuité nouvelle qui s’est faite jour en cet ailleurs… un tout riche de l’infinité des choses que l’on ose y mettre et y trouver.

 

Un jour tu m’emmèneras là-bas, car sans toi jamais je ne trouverai la porte de ce monde enfoui en chacun, mais qui n’est accessible qu’à ceux qui savent s’unir pour le faire exister.

Partager cet article

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article

commentaires

babou 01/06/2012 00:08


ce monde fait de notre passé , construit notre devenir, il est permis d'y accéder pour ceux qui s'offrent la clef

Etsivousosiez 01/06/2012 02:56



oui il faut deux clés :-) attention aux faussaires :-)



Dame Céleste 18/09/2011 16:40



non non, surtout ne dénaturez pas votre texte : cela concourt à l'animalité de votre histoire, à son charme !



Etsivousosiez 18/09/2011 16:44



c'est fait Dame Céleste...faut-il y revenir? crachat n'allait pas mais je voulais que ce soit un peu animal comme dans le désir abouti


je vais y réfléchir:-)



Fathia Nasr 18/09/2011 16:15



Un très joli texte à lire et à relire, j'aimerai bien avoir une telle sublime plume, bisous mon ami, et bon dimanche.



Etsivousosiez 18/09/2011 16:21



Bon dimanche aussi à toi et merci pour le compliment sur ma plume... bise du vieil oiseau :-)



Dame Céleste 18/09/2011 09:39



j'ai trouvé ce texte magnifique rempli d'énergie animale... Un vrai plaisir à lire ( en dehors des baisers à boire comme des crachats ^^ ) Bon dimanche m'sieur le poète



Etsivousosiez 18/09/2011 11:20



Mecri Dame Céleste je vais pour vous modifier cela :-)