Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 22:36

Des vaches placides, noires et blanches, museau rose, qui paissent et ruminent dans une pâture ;

Un couvreur, en équilibre sur un toit, alignant des tuiles rouges ;

Une lèvre supérieure de femme dont le maquillage masque mal les rides ;

Un type, avec une chasuble fluorescente, qui court au petit matin, du mauvais côté de la route ;

Un merle qui remue frénétiquement l’humus cherchant de la vermine ;

Une route qui tourne, à l'aube, ou dans la nuit, et se perd dans la brume, ailleurs, autrement alignée ;

Un ciel gris, griffé par des ramures dénudées ;

Un Caddie rouillé, oublié dans un taillis, en bordure d’une cité ;

Un vol d’oies sauvages, là-haut, qui passe et cancane ;

Des éboueurs au crépuscule, en banlieue, qui finissent leur tournée ;

Des poubelles éparses, en quinconce sur un trottoir, dans la lueur des réverbères ;

Un cheval qui marche, s’approche de la clôture, dodelinant de la tête ;

Une jeune femme qui se retourne et puis sourit ;

Un pot d’échappement qui vibre et qui goutte, à l’arrêt d’un sémaphore ;

Un tas de fumier en hiver exhalant sa brume tiède,

De l’eau dans un caniveau qui contourne une canette et déborde sur la chaussée ;

Un tracteur qui laboure une terre meuble, et fait tourner sa charrue à six socs pour repartir dans l’autre sens ;

Un faucon crécerelle qui scrute, figé en l’air par l’agitation effrénée de ses ailes ;

Des gens quelconques attendant le bus ; assis, debouts, appuyés contre l'abri, sur les publicités;

Un serveur qui prend une commande en terrasse ;

Une vitrine éclairée la nuit et que personne ne regarde ;

Un gros type qui se cure le nez en attendant que le feu passe au vert ;

Des jeunes qui se parlent tout en scrutant leur téléphone portable ;

Une demoiselle, l’air ailleurs, assise dans un train, un casque sur les oreilles, écoutant de la musique ; qui grésille pour les autres.

Une file à la caisse d’un super marché, une file de gens absorbés par leurs pensées ;

Un gosse qui pleure, qui braille, qui occupe l’instant des autres ;

Une crotte de chien, molle, sur un trottoir, sale ;

Un gars accoudé à un comptoir sirotant sa bière, le gars, pas le comptoir ;

Une vieille femme trop maquillée, appesantie de bijoux et de caricature ;

Un lapin mort sur le bord d’un chemin, sec et décomposé, le lapin ;

Un pneu usé sur l’extérieur à force de toujours prendre des rond point ;

Une haie de troènes mitée et mal coupée, qui fait des vagues en son sommet et laisse passer les regards;
Un capot ouvert, un moteur chaud, qui sent l’huile minérale ;

De la mousse sur un toit ;

Des emballages usagés, décolorés, et du polystyrène, dans le fossé d’une route de campagne ;

Une mégère qui passe son tour dans une file d’attente comme si de rien n’était ;

Un adolescent qui crache par terre, après s’être raclé la gorge de tout son mieux ;

Une main qui caresse des lèvres vives sous la douche, et la buée qui se dépose sur la porte vitrée ;

Des gouttes d'eau sur les carrelages du mur, qui coulent doucement et s'étirent;
Des bouches qui mastiquent, des traces de lèvres sur un verre, des miettes sur la nappe, un couteau sale ;

Une chasse d’eau que l’on tire, un tourbillon de papier rose…ou blanc ;

Un autoradio qui beugle et fait vibrer les vitres et se taire les passants ;

Une gouttière déboîtée, en zinc corrodé, déformée par les chocs, en partie descellée du mur ;

Une télécommande sur une table basse, et la télé qui est allumée pour personne ;

Un cachet d’aspirine effervescent, qui pétille comme du champagne, dans un verre en pyrex;

Une feuille morte qui s’accroche encore à sa branche, sous le vent de l’hiver ;

Un homme et une femme qui s’embrassent dans une voiture, au bord d’un chemin gras, non loin d’une autoroute ;

Un agriculteur, les mains dans les poches, devant sa ferme ;

Son chien qui aboie, dès que l’on passe devant cette ferme ;

Un panneau indiquant l’entrée d’une ville,

Un panneau indiquant la sortie d’une ville ;

Ente les deux, une ville ;

Une grue, immense, qui bouge dans le ciel qui bouge lui aussi ; ou pas.

Moi, qui vois tout cela ;

Des gens qui ont faim ;

Des gens qui ont froid ;

Des gens qui s’ennuient ;

Des gens qui bougent, qui dansent, qui pleurent, qui souffrent, qui ont peur ;

La terre qui tourne ;

La lune qui tourne aussi ; sur elle-même et autour de la terre.

Des têtes qui tournent et s’enivrent ;

Des têtes qui se détournent, des gens qui se retournent et s'en retournent;
Des gens qui meurent, d’autres qui naissent, certains qui renaissent ;


Moi qui procède et participe de tout cela, totalement, ou en partie… qui sait ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Etsivousosiez
commenter cet article

commentaires

Céleste 18/04/2011 21:23



tout un potentiel de réalité,  tout un univers de possibilités...



Etsivousosiez 18/04/2011 21:28



un diaporama...maintenant on dira powerpoint rama :-)