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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:48

 

 (attendre le saxo pour commencer à lire)

 

Comme un ciel souffrant, torturé,

Qui là se pose lourd et pesant,

De gris et de gras aduré,

Aux faîtes de nos toits alezans.

 

Géantes agitées par le vent,

Semblant vouloir le découper,

Ces éoliennes ci s’élevant

Tournent inlassables et groupées.

 

Colzas qui s’étendent au loin,

Parure d’or d'une terre adornée,

Ondes d’un océan malouin

De corolles safranes ornées.

 

L’instant contrefaisant la nuit

Nous semble vouloir s’y blottir,

Car dans l’averse qu'il essuie

C’est du deuil qu'elle le vient vêtir.

 

Tout est si sombre endémené,

Les nues les herbes et l’horizon,

Car dans ces cieux enchifrenés

Le jour égare sa paraison.

 

C’est treillissé d’un froid crachin

Que le paysage se montre,

Terne tableau si maraîchin,

Sinistre toile et malencontre.

 

Le requiem la symphonie

Des éléments qui se démènent,

De la nature l’acrimonie

Ainsi soit-il bien peu amène.

 

Déjà les près sont des tourbières,

De pluies engorgés puis de fange,

Dans ce décor de mise en bière,

N’est que le vent qui les dérange.

 

Sis à la croisée des chemins,

Où s’élève un ancien calvaire,

Cloué par les pieds et les mains,

S'élave un pâle christ sévère.

 

Nues, les ramures semblent des doigts,

Des griffes qui s’agrippent au ciel,

Le déchirant en quelque endroit

Pour que s’évade l’arc en ciel.

 

Point de soleil moins de lumière,

Un empyrée bien chiffonné,

Sur le chemin jouxté d’ornières

Des tuiles cassées abandonnées.

 

L’eau, sur les penchants des talus,

Vive, dévale traçant des ravines,

Serpent qui cherche son salut

Par ces creux sentiers qu’il devine.

 

Pâtures, champs d’avril ennoyés

Sous l’abondance de l’averse,

D'un printemps par trop dévoyé

Dont l’ivresse ici se déverse.

 

(29/04/2012)

 

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Published by Etsivousosiez - dans Poèmes
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commentaires

Nina 02/05/2012 20:41


Il me tardait de revenir me balader sur votre blog pour lire vos nouvelles oeuvres, voilà qui est fait !


Encore une fois, je suis touchée par cette écriture belle et tourmentée ....


Tous les éléments déchainés font bloc en ce jour funeste sur fond de requiem pour accompagner le défunt dans sa dernière demeure (le froid, le ciel menaçant, la pluie battante, même les arbres
élèvent leurs branchages en signe de lamentation....)


Vivement les beaux jours !!!


Bonne soirée Johan


Amitiés --- Nina


 

Etsivousosiez 04/05/2012 07:37



merci comme toujours la nature est la pus belle des muses et elle ne trahit jamais On sait qu'elle peut être cruelle mais jamais à dessein tendrement



Marie-Claude 29/04/2012 16:54


c'est bien là le triste climat qui nous assomme, la mer était bien agitée ce matin encore à le vouloir chasser ...


amitié .

Etsivousosiez 29/04/2012 17:04



la mer à l'image grise du ciel cela malgré tout devait être beau à voir, comme souvent la colère des éléments


tendrement



Hécate 29/04/2012 16:18


Quand les toits portent le ciel ,cavalier emporté de tourmentes d' Avril ,si ce n'étaient les colzas,il me semblerait voir ,marchant ,gifflé par levent ,Heatcliff ,maudit par le sort ,cloué au
calvaire de ses jours sans repos !


Le poème est  corps , chair sont les mots ,le poète en est l'âme ....


                                                                                          
Bien à vous Johan


                                                                                                      

Etsivousosiez 29/04/2012 17:03



La poésie est aussi en celle qui laisse de tels mots!