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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:37

L'an dernier j'avais commencé un roman assez spécial dans sa présentation et écriture; cela parlait d'un amour dans toute son absoluité, d'une passion sans égale. je voulais aller au bout des émotions, des mots, réussir enfin à traduire, transcrire ce que l'on ressent, ce qui nous si humain, vraiment humain quand on découvre le partage et le désir, le vrai désir, celui espéré si souvent et rarement abordé. J'avais la fougue, le biais grâce à ce texte, un texte épistolaire, une jeune femme ayant trouvé des lettres qu'elle lisait dans le désorde total; et puis je me suis rendu-compte à l'écoute d'une critique que je n'y ariverais pas, que c'était vain, et surtout faux, et d'un coup j'ai perdu la capacité de continuer, et même de le relire, il végétait sur mon disque dur... Et puis je me suis dit qu'il serait dommage de perdre  ces morceaux d'émotion assez forts je crois, et même s'ils étaientsans réalité,  et donc peut être que un jour je pourrais les remettre dans un autre roman, Qu'ils pourraient s'insérer dans une autre trame, pour un dessein différent, mais qu'ils serviraient, qu'il renforceraient,...je vous, pour le simple plaisir de la lecture, en offre un extrait, pris au hasard, vous jurerez et me direz si cela doit végéter à jamais sur le disque dur ou revivre autrement.

 

 

Mon Soleil,

 

Saurai-je trouver les mots ? Peut-on dire l’indicible ? Transcrire l’émotion si pure et sa carnation ? J’en doute, bien qu’il me semble que je doive essayer. Il est impensable que je n’écrive pas, que je n’essaie pas de transcrire ce que j’ai…ce que nous avons vécu ce jour.

Je ne sais par où commencer, par quel bout prendre cette chose qui est là en moi, et bouscule tout ! Tout cela est si vivant, si bouillonnant… si intense. Elle est, cette chose, comme un taureau furieux, un de ces monstres espagnols qu’on lâche tous les ans dans les rues de Séville et qui va au-devant de lui sans aucune préoccupation que de foncer, donnant çà et là des coups de cornes pour dégager sa route…tout entier de force et de colère. J’ai en moi une bête furieuse, qui ravage tout sur son passage, et il me semble impossible de la maîtriser, de maîtriser son élan, son allant. Rien ne paraît pouvoir lui résister, freiner sa course. Comment puis-je faire pour dire, dire sa puissante, sa puissance irréméable et dévastatrice ?

Dire que je t’aime devrait se suffire, se suffire à lui-même, mais cela est très, trop insuffisant cependant. Comme est pauvre ce verbe au regard de ce qui m’habite. Il n’est qu’un misérable verbe du premier groupe, miteux, usé, dépenaillé, privé de tout apparat par l’usage, l’usage que l’on en fait depuis si longtemps !

Ce n’est qu’un manant, un rustre, que je ne veux plus conjuguer, tant il me semble pauvre et appauvri, si scélérat, usé jusqu’à la corde, vidé de sa substance, et bien trop étroit pour que je le remplisse de la mienne ! Ce verbe d’usage et hors d’usage mon amour ! Il ne peut convenir pour traduire à ce que j’éprouve et cherche à te dire.

Je ne sais par où commencer, quel mot choisir en préambule, tout semble si confus et net à la fois ! Il me faut dire l’extraordinaire alors que celui-ci s’inscrit, se circonscrit au banal, dans le sens où ce que nous avons vécu cette après midi, beaucoup d’autres l’ont déjà vécu, et le vivent aussi. Cet instant a été singulier, parce qu’il fut le nôtre, mais dans sa situation, son décor, sa gestuelle, il ne le fut pas. Nous n’avons rien inventé, sinon cette émotion, et c’est cela qui importe. N’est-il que nous pour la comprendre ? La ressentir si forte et si fortement ? Abstrait du contexte, de notre subjectivité, reste-t-elle singulière et si belle ? J’en suis convaincu, pourtant, maintenant que j’essaie de l’écrire, je me rends compte que les mots ne sauront pas lui rendre sa particularité, son unicité ! Je me rends compte que cet animal furieux qu’est mon désir, mon étonnement, ce bouleversement, je ne peut le décrire tel qu’il est en moi, le traduire, le mettre en mots, sans qu’il ne se dilue, se désacralise….et que de ce fait, l’écrire ne fera que le banaliser, l’appauvrir, le rendre contingent et si platement humain.

Aujourd’hui nous avons refait l’amour, dans cet hôtel qui nous est coutumier maintenant, et de l’écrire ainsi… me peine, me frustre, car nous n’avons pas fait l’amour comme tous ces gens le font, comme toi et moi avons pu le faire auparavant, avec d’autres… comme nous l’avons déjà fait ensemble ces derniers temps ! J’enrage devant mon clavier ! Ô oui j’enrage de ne pouvoir trouver les mots, les phrases… d’être incapable de me départir de cette image de banalité qu’ils ramènent dès que je les pose sur l’écran, alors que ce que nous avons vécu n’a rien de banal, de commun.. rien à voir avec ces histoires d’adultères et de baise…avec ces histoires d’amour vulgaires, dans l’acception première de ce mot !

Comme est grand mon orgueil en l’instant de traduire ce qui nous a lié, relié dans cette chambre ! Je revendique cette fatuité, cette prétention à l’unique, à l’exception…l’exceptionnel ! Car ce que nous avons vécu dépasse ce que nous avions vécu, et qui déjà était hors norme, surhumain… Aucun de nos instants n’est comparable, aucun ne peut se confondre avec son précédent, ni ne pourra servir de référence au prochain.

Bien sûr chaque amant tient en lui ce discours, s’enorgueillit de la singularité de sa passion, se prévaut de vivre l’unique, mais j’emmerde les autres et leurs pitoyables passions, leurs médiocres amours, leurs chamades bringuebalantes et de pacotille ! Ma bête à moi est puissante, sauvage, animale et destructrice… elle ravage, elle bave, meugle, donnant de violents coups de cornes, embrochant mon cœur, mon âme, mes tripes. Elle n’a pas de répit, le goût du sang l’agace… elle est une boule de muscles bandés, que rien ne peut arrêter…ni la raison, ni la force, ni même la mort je crois. Je l’ai affrontée cette après midi, dans l’arène de tes bras, dans celle de ton ventre… combien magnifique fut ce combat, cette lutte corps-à-corps, corps à cœur et cœur à cœur !

Elle est là, toujours en moi, grattant le sol et ma poussière, prête à repartir au combat, couverte d’un sang magnifique et luisant. Je l’entends, j’entends son souffle, sa chamade, sa colère et son désir de bataille.

J’aurais voulu te dire par les mots ce qu’aujourd’hui j’ai ressenti et vécu… mais je n’ai pas su… demain peut être y arriverai-je ? Là, j’attends la nuit, je la sais sans sommeil, mais ne la redoute point.

 

 

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Published by Etsivousosiez
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commentaires

Julie-Anne 15/12/2011 00:17


Il n'y a que toi qui puisse traduire ainsi l'intensité des émotions et la folle, indestructible passion qui unit deux êtres... Les mots d'un coeur aux profondeurs immergées de parfum d'amour.


Une perle, comme d'habitude.

Etsivousosiez 15/12/2011 08:16


Après un tel commentaire la perle c'est toi Julie la Folle! Tu sais ces lettres ont étét faciles à écrire cela coulait tout seul, j'étai sailleurs, je crois que ce sont les plus beaux textes que
j'ai écrits, je voulais en faire un roman, et pui sj'ai réalisé que dans cette passion j'étais le seul à être vrai, sincère, que la source était en moi...qu emoi seul resentait...et puis l'on m'a
dit que cela était pornographique, j'ai réalisé que cette émotion étéit asée sur un mensonge, un odieux et sale mensonge, une perversion cruel, et d'un coup la source s'est tarie... mais je vais
réutiliser cela dans un autre roman qui ne sera pas celui escompté, mais celui d'une vérité Merci à toi Julie d'avoir rendu hommage à cette passion qui n'avait qu emoi comme protagonite...je
t'offre cette perle Julie la Folle


marie-claude 12/12/2011 18:04


Et l'indicible s'est écrit, au-travers de mots puissants poussant la bête (s'il en est) à s'extérioriser, mots de combat singulier entre deux corps qui se désirent et se trouvent; entre deux
coeurs qui se confondent ... Ils ont aimé à se faire UN !


amitié .


 

Etsivousosiez 12/12/2011 18:36



Merci à vous car cela me peine de laisser dormir ce truc! Je ne peux pas le reprendre  l'émotion  inspiratrice n'est plus, mais il y a pas de choses fortes dedans, 40 pages je
crois...alors j'ai eu envie de voir les réactions à la lecture d'un extrait...j'ai envie, quand j'aurai le courage, de l'utiliser pour un roman, intercaler les lettres entre les chapitres, pour
compléter l'intrigue...je verrai bien.


Merci à vous de cette lecture et réaction positive et forte