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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 17:37

 

Apposer ses doigts sur les touches,

Dans cette émotion de l’instant,

De celle troublante qui nous attouche,

De ce frisson là si prestant.

 

Lors, les laisser faire cette musique,

L’étrange ballet de leurs mouvements,

Digitales danseuses aphasiques,

Légères dans leurs accordements.

 

Des lettres, phonèmes et syllabes,

Qui se créent, s’aboutent et s’enchainent,

Destriers de mots attelables

Libres, se succédant à la chaîne.

 

Dire, réaliser sa pensée,

Trahir l’émotion, la traduire,

Ces choses troubles et insensées,

Vouloir ci là les reproduire.

 

Clavier, des doigts la balade,

La partition sans clef de sol,

Tangos, valses, musettes et ballades,

L’étrange orchestre à l’entresol.

 

Ci composer sans instruments

Une symphonie de l’intérieur,

Sonner si fort incongrûment

Cette aphonie venue d’ailleurs.

 

Rire et pleurer du bout des doigts,

Sécher ses larmes par un retrait,

L’exclamation comme il se doit,

Une orthographe toute en portrait.

 

Hurler, crier par des appuis,

Chorégraphie de ces phalanges,

Comme s’en allant de puits en puits

Pour abreuver de sons les anges.

 

Jeter ensembles les mots épars,

En tapotant sur un clavier,

Tiret venant qui s’en repart,

Les alignant non abréviés.

 

Ecrire, écrire à en pleurer,

Vomir son ventre, vomir ses tripes,

Taper des doigts sans se leurrer,

Vider sa tête comme on l’étripe.

(14/11/2015)

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Published by Etsivousosiez
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commentaires

Régine 15/11/2015 18:16

Comme j'aimerais pouvoir manier les mots ainsi !!! ...